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ISBN : 2709628961
Éditeur : J.-C. Lattès (22/08/2007)

Note moyenne : 4/5 (sur 8 notes)
Résumé :

Un voyage époustouflant dans l’Amérique latine de la Conquista, sur les traces de Pedro de Ursúa, jeune basque de 17 ans, dont l’histoire incroyable a inspiré à Werner Herzog un film mythique : Aguirre ou la colère de Dieu. Ursúa a obtenu le Prix National de Littérature en Colombie et a été le plus grand best-seller de l’année 2005. « Le roman le plus important de l’anné... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Pecosa
  24 août 2017
Quand la puissance lyrique de l'écriture transcende la violence de la conquête.
L'écrivain colombien William Ospina a consacré une trilogie aux conquistadors espagnols dont Ursúa constitue le premier volet. Ces quelques 400 pages retracent l'odyssée de Pedro de Ursúa, qui mourut assassiné lors d'une expédition sur l'Amazone le 10 janvier1561. Témoignage dramatique et flamboyant de la colonisation à la manière des Chroniques des Indes -William Ospina a dit son intérêt pour les Elegías de varones ilustres de Indias du poète Juan de Castellanos-, le roman n'est pas une biographie même s'il attache à décrire la vie d'Ursúa , sa jeunesse navarraise et son périple américain. Le Basque quitta la Navarre, explora le nord de la Colombie, fonda la ville de Pamplona, monta une expédition pour trouver l'Eldorado en voyageant sur le fleuve Marañón. C'est lors de cette dernière expédition qu'il fut assassiné sur l'ordre de Lope de Aguirre, lorsque des expéditionnaires l'exécutèrent en 1561, ainsi que sa maitresse Inés de Atienza. On connait la suite de l'aventure pour l'avoir vue chez Werner Herzog dans le film Aguirre, la colère de Dieu ou chez Carlos Saura dans El Dorado (où Lambert Wilson incarne Pedro de Ursúa). Aguirre prit la tête de l'expédition et se déclara ennemi de la couronne d'Espagne.
William Ospina possède une écriture poétique d'une rare puissance d'évocation. Son roman est pétri de sensualité cruelle. Ursúa est un parcours hallucinant sur un vaste territoire constitué de milliers de tribus, un long périple sur ce que sont aujourd'hui le Vénézuela, la Colombie et le Panama, restitué à la manière des Chroniques compilant les faits les plus marquants comme les plus terribles des conquistadors espagnols. La voix du chroniqueur nous plonge avec effroi et fascination dans les heures noires de la conquête. Les Européens passent de l'émerveillement à la cruauté la plus sanglante aveuglés par la soif de l'or. La voix s'enfonce dans les forêts, se perd dans les savanes, marche sur les cadavres des Muzos de Colombie, des Tayrones, des cimarrones…
Le choix de faire d'un sang-mêlé, fils d'un juif converti et d'une indienne d'Hispaniola, le chroniqueur et le témoin privilégié de l'aventure espagnole en terre colombienne nous renvoie à ce que deviendra dès lors la population d'Amérique du sud, une population métissée et donne une résonance particulière aux vers de Pablo Neruda, "Salimos ganando… Se llevaron el oro y nos dejaron el oro… Se lo llevaron todo y nos dejaron todo… Nos dejaron las palabras."
Je n'ai qu'une hâte, me laisser de nouveau porter par l'écriture sublime d'Ospina, avec Le pays de la cannelle, consacré la découverte du fleuve Amazone par Francisco de Orellana et aux tribulations de Gonzalo Pizarro puis La serpiente sin ojos qui clôt la trilogie avec Pedro de Ursúa et Lope de Aguirre.
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Pacomeux
  05 août 2014
AUX BASQUES DE L'ELDORADO
Que voilà un beau roman !
Qui plus est pour un premier roman.
William OSPINA, colombien de Bogota, nous conte là l'histoire d'un basque espagnol Pedro de URSUA et de sa quête de l'El Dorado.
L'action se déroule en 1544, 52 ans après la découverte des « Indes » par Christophe COLLOMB.
Depuis cette date fatidique de l'Histoire des Amériques, c'est la boucherie.
Comme toujours, après les explorateurs, les « gestionnaires »… Et quels gestionnaires !
Ceux, dont l'Histoire avec un grand H a finalement retenu les noms, en étaient pourvus de multiples Haches.
Pour la plupart, ces « conquistadors » étaient issus des bas fonds de la société espagnole : aventuriers en tout genres, spadassins en manque d'action, soldats désoeuvrés. Ils sont partis avec des chevaux (qui effrayaient tant les indiens), des chiens d'attaque, des arquebuses et autres technologies guerrières de l'époque testées sur les grands champs de bataille européens.
En face, la multitude des nations indiennes, avait initialement reçu respectueusement ces « dieux » tant attendus. Puis, ils ont rapidement déchanté car la beauté de leur art aurifère a fait leur malheur. La cupidité des explorateurs combinée aux énormes besoins politiques de la couronne espagnole a fait le reste. Ce fut le début de la boucherie et de la quête de l'or et de l'El Dorado.
C'est dans ce contexte que Pedro de URSUA, jeune noble basque espagnol avide d'histoires du Nouveau Monde, a la possibilité de quitter ses Pyrénées et de s'embarquer pour le Nouveau Monde.
A partir de là débute pour le lecteur un remarquable épopée épaulée par la carte du « Nouveau Royaume de Grenade au XVIème siècle » en double page au début du livre.
Apparaissent tour-à-tour la Castille d'Or et Panama, les « Gouvernorats » de Cartagena, Popayan, San Juan, les fleuves Cauca et Magdalena, les ethnies des Zenues, Chitareros, Guanes, Panches, Popayan, Catios, Emberas, Aburraes, Tayronas…
Au fil des pages, le lecteur rêve des ces paysages. Par contre les « indiens » eux cauchemardent.
Sitôt débarqué à Panama avec ses compères basques, Pedro de URSUA tombe dans ce creuset d'ambitions, de pouvoir et de violence.
Tout y passe : le jeu politique, les intérêts bien compris de chacun, les expéditions punitives…
Peu à peu l'adolescent devient Homme, lui aussi avec sa Hache. Avec en toile de fond, son rêve d'El Dorado.
Conclusion : un livre 5+ étoiles – une chronique historique racontée par un sang-mêlé qui prend en compte la « perspective colombienne » - un récit chatoyant, doré, el doradesque…
P@comeux - 2014/08 ©
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oblo
  06 mai 2015
Roman historique, Ursua narre la vie d'un conquistador d'origine navarraise, Pedro de Ursua, arrivé dans le Nouveau Monde à l'âge de 17 ans et qui y mourut, assassiné par Lope de Aguirre, à l'âge de 31 ans. le rêve d'Ursua, c'est de découvrir le pays d'Eldorado, pays mythique de l'or, ce métal qui rend fou les Européens, lesquels, au nom du métal précieux, massacrent, découpent et pendent tous les Indiens qu'ils trouvent. Ursua impressionne par son courage et ses qualités de guerrier, même s'il n'est pas un fou destructeur comme Lope de Aguirre ou un politique redoutable comme Pedro de Heredia.
A travers ses campagnes, Ursua affronte des Indiens belliqueux par tous les moyens. En réalité, Ursua s'affronte lui-même, lui et ses rêves de gloire et de richesse. Il n'est pas le seul : le Nouveau Monde est le champ de bataille de tous les orgueils démesurés des hidalgos espagnols. Ces rivalités débouchent sur des trahisons, des meurtres, des passions qui sont difficilement imaginables aujourd'hui. Ce monde, que les conquistadores ont connu, n'existe plus : un monde encore inconnu où la légende revêt encore les apparats de la réalité. Ursua, c'est l'itinéraire d'un homme fasciné et fascinant, peu inquiet mais inquiétant qui tente tout pour imposer sa volonté même au détriment d'autrui.
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
PecosaPecosa   23 août 2017
Beaucoup de gens ont des récits fictifs et des aventures rêvées, mais moi je ne connais que des histoires réelles. Ma vie est comme le fil qui relie les perles entre elles, comme l'Indien que je vois travailler le métal pour créer grenouilles, libellules, colliers d'oiseaux, de grillons ou de chauve-souris en or. J'ai des histoires de perles et d'émeraudes. Je sais comment Diego de Almagro a perdu son oeil à l'embouchure du San Juan et comment frère Gaspar de Carvajal a perdu le sien sur les plages du grand fleuve. Je sais comment Tisquesusa a caché dans les cavernes du sud le trésor que poursuivait en vain le poète Quesada, et comment les Incas ont rempli de pièces d'or une très grande salle de Cajamarca, pour payer la rançon de l'empereur. Je connais le mystère des sphères de pierre enterrées dans les forêts de la Castille d'Or et l'origine des têtes géantes qui ont de la mousse dans les pupilles. Je connais l'histoire de l'homme qui a été allaité par une truie dans les basses-cours d'Estrémadure et qui plus tard s'est nourri de salamandres dans les îles des mers du sud. Je connais les deux cent quarante Espagnols qui ont gravi les monts enneigés et franchi les falaises de glace pour aller au Pays de la Cannelle, avec quatre mille Indiens lourdement chargés de deux mille lamas transportant le matériel, deux mille chiens de chasse aux colliers à pointes et deux mille porcs qu'on avait bouclés...
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PecosaPecosa   24 août 2017
Un demi-siècle de guerres avait réduit en poussière et saigné des millions d'indigènes, et avait aussi réduit en poussière des Indes les grands conquistadors. Leurs fantômes erraient un peu partout, perdus au milieu d'une infinité de fantômes d'Indiens: Balboa sans tête hantant les forêts, Juan de la Cosa hérissé de flèches et dévoré, Blasco Núñez de Vela dormant sans escorte sous les pierres. Des spectres errant parmi les Indiens empalés et les guerriers pendus, au milieu des mains crispeés et des crânes dispersés, près des fantômes de chevaux précipités en bas des falaises, des fantômes des chiens de chasse transpercés de lances et de flèches. En quelques années, ces pouvoirs avaient révélé leur caractère illusoire; et l'or semblait encore plus illusoire que le jaune des crépuscules, le sang lui-même, à peine séché, n'était plus qu'une des couleurs de la terre insensible.
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Videos de William Ospina (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de William Ospina
William Ospina .www.ameriquelatine.msh-paris.fr
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