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EAN : 9791097465759
560 pages
Goater (15/10/2021)
4.71/5   7 notes
Résumé :
Dans ce monde futuriste, les humains ne sont plus que quelques millions sur terre et les bots sont depuis les lois d’autonomie, privilégiés par la société. Parallèlement, pour découvrir l’univers, des vaisseaux explorent l’espace à la recherche de planètes à ensemencer.

Deux récits se succèdent. Celui qui raconte Roz, un homme transgenre qui se réveille à bord d’Arime, un vaisseau spatial autogéré ; et celui d’Asha, une bot transgenre qui épouse la ca... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Badquilla
  14 novembre 2021
Au sein de cet agréable petit pavé de 580 p., ce sont deux voix uniques qui s'entrelacent, racontant le quotidien de deux personnes qui semblent représenter une bonne partie de l'humanité (le concept est quelque peu déconstruit dans ce roman, englobant également les IA).
D'un côté, Roz, homme transgenre à bord d'ari-me, le vaisseau qui sillonne l'espace, et de l'autre, Asha, bot philosophe, spécialiste des questions reliées à sa condition.
Malgré son ton alarmant (les conditions climatologiques sont loin d'être bonnes et le système en place n'est pas loin de rappeler ce qu'il se passe actuellement en Chine), l'humour reste au rendez-vous, marqué, souvent, par une touche mordante.
Les rêves, les aspirations des bots m'ont rappelé cet androïde, nommé Mindar, qui incarne la déesse Kannon dans un temple bouddhiste au Japon.
Les robots peuvent évidemment être vus comme l'incarnation de l'hubris humain, mais touche importante de l'oeuvre de Saul Pandalekis, la réflexion va plus loin, grâce à l'interruption du récit par des interludes récurrents, qui narrent la création des IA autonomes.
A ce niveau, j'ai trouvé le roman construit de façon intelligente. Sa trame narrative, à la fois porteuse d'espoir et de désillusions, se situe à mi-chemin entre l'oeuvre de Becky Chambers et les meilleurs épisodes de la série Black Mirror.
En ce qui concerne la transidentité de ses personnages principaux, Saul sait de quoi il parle. J'ai déjà mentionné sa voix de velours, repérée lors d'une table ouverte des Utopiales. Au sujet des représentations dans son roman, les personnages sont très inclusifs et c'est une réussite : rien ne semble forcé, tout paraît couler de source.
"Quand on ne se voit pas, on n'existe pas." avait dit Saul lors de la table ouverte sur les biais sexistes et racistes.
Je rejoins son avis sur la question : c'est vraiment agréable de voir des personnages aux caractéristiques diverses et variées s'animer d'une intense vie intérieure, être complexes.
Actuellement, les IA n'en sont qu'aux balbutiements et Saul se permet de spéculer sur leur possible évolution.
A quoi ressemblera le paysage technologique à la fin du XXIe siècle ? Comment gérer des androïdes de plus en plus autonomes ? Doivent-iels être considéré·es comme de "vraies personnes" ? A ce stade, l'auteur se place dans la lignée des auteur·ices de science-fiction qui ont déjà écrit sur le sujet (Tout sauf un homme, d'Isaac Asimov, entre autres). Au point de départ du roman, l'autonomie est déjà acquise. Asha est un être à part entière, qui défend des idéaux, des principes qui lui sont chers, qui a une vie romantique et sociale bien développée.
Au final, la présence des bots dans cette société futuriste pose les bases d'une cohabitation entre deux formes de vie aux expériences différentes.
Malgré la déferlante d'informations en tous genre, le roman est très abordable au niveau technologique (je suis une brêle en sciences, aha). On se laisse facilement happer par les vies des protagonistes, très attachant·es. Et l'auteur semble aborder certaines problématiques bots pour dénoncer en sous-texte quelques injustices criantes au sujet de la transidentité.
Le roman n'est donc pas si éloigné que cela de notre réalité.
Quant à la vague de nouvelle science-fiction française, dont la séquence Aardtman fait partie, elle est prometteuse.
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GracieM
  23 décembre 2021
Une lecture dont je sors fortement marquée.
Peut être est-elle destinée à un public très spécifique auquel j'appartiens d'où mon engouement excessif ?
Je tente encore de démêler un sentiment à première vue contradictoire apporté par la lecture: À la fois une forme de familiarité, de chez soi, se sentir vue et comprise à un niveau d'intimité rare. Et à la fois se sentir tiré hors de sa zone de confort, se questionner, grandir au fil de la lecture.
Peut être que les deux aspects sont complémentaires, que le premier permet le second.
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-Des IA incarnées dans des corps anthropomorphes et une réflexion extrêmement poussée sur des questionnements identitaires qui leur seraient propres. Réflexions dont la pertinence et l'intérêt dépasse largement la simple fonction d'élément de world building SF
-Un monde dystopique au capitalisme libéral poussé à l'extrême où la précarité est omniprésente dans un contexte d'effondrement écologique
-Une réflexion politique (dans le sens militante) complexe
-Du QUEER dans tous les sens. À un niveau que j'avais pas encore vu dans la littérature. Ça s'immisce partout dans le récit ou plutôt ça en fait partie intégrante
-Un world building de SF complet et efficace, sensé
Une écriture vraiment belle et intelligente. de celles dont je sais, dès la lecture des première ligne, qu'elle va me plaire. Réaliste et directe dans les dialogues. À la fois précise et imagée dans les descriptions et réflexions menées
Une seule petite critique me vient. Des références à la réalité du début du XXIe siècle trop présente à mon goût pour un récit qui se déroule dans les années 2130. C'est surtout dans des détails comme des expressions utilisées ou des groupe de musique écoutés (Sigur Ross par ex) qui, a mon avis, serait désuets dans plus de 100 ans.
Peut être est-ce une lecture plus immédiatement destinée un certain public (queer, qui aime la SF) mais ce que le récit à touché en moi va au delà de ça et peut atteindre, il me semble, un grand nombre de lecteur.ices quels que soient leur parcours de vie.
Je constate avec plaisir que le récit et les réflexions qui y sont menées continuent à m'accompagner une fois la lecture terminée.
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ledevorateur
  07 décembre 2021
J'ai pas peur des grands mots : c'était une de mes lectures préférées de l'année ! Un véritable coup de coeur !
Et je me dis que La séquence Aardtman pourrait plaire aux fans du genre, mais aussi à tout un lectorat qui pourrait venir à la sf via de nouveaux questionnements (notamment sur le genre et le corps), et de nouvelles représentations (les deux protagonistes sont des personnes trans).
Je m'explique : on retrouve dans La Séquence Aardtman des réflexions classiques sur les robots et l'éthique robotique, la recherche de nouvelles planètes habitables, les voyages dans l'espace et toute la dimension scientifique et/ou politique de ces questions.
Mais l'auteur va plus loin. Parce que la question robotique est dans ce livre liée à la question du corps (ça peut paraître idiot mais dans tous les livres de sf que j'ai lu jusqu'à présent c'était pas le cas, comme si les robots n'avaient pas de corps). le corps et le genre, le corps et le sexe (relations entre humains et bots), le corps et le travail (capitalisme et main d'oeuvre humaine vs. bots), etc, et tout est cohérent et fonctionne !
En plus Asha et Roz sont si attachants ! Alors que je n'ai a priori rien en commun avec les deux personnages principaux, je me suis facilement identifié, et je peux même avouer un crush pour Roz. Son côté geek, le nez dans le code, écoutant Björk et Sigur Rós, qui détonne avec les scientifiques qu'on croise en général en sf !
Pour tout ça, le roman de Saul Pandelakis est une petite merveille. C'est pas sans petits défauts (j'ai trouvé le début peut-être un peu lent, c'est pas forcément facile de rentrer dans l'histoire), mais c'est quand même incroyable, surtout pour un premier roman ! Et puis surtout ça devient de mieux en mieux au fil des chapitres. le rythme va crescendo et à un moment je ne pouvais plus lâcher le livre. Et les 100 dernières pages, je les ai lues avec comme un coup au coeur : vous savez ce moment où tout s'emballe et où vous n'arrivez pas à vous décider entre finir le livre au plus vite et faire des pauses pour mieux le savourer.
Bref, ça fait près de 600 pages mais c'est très bon, alors n'hésitez pas à vous lancer !
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Ananamouts
  21 novembre 2021
J'ai acheté ce livre pour sa couverture.
Elle m'a sauté au yeux et je me suis dit qu'il me le fallait ce livre. Sans même savoir de quoi il parlait.
Je ne lis pas de Science-fiction. "La horde du contrevent" d'Alain Damasio étant le premier et l'unique du genre que jai lu (et que j'ai dévoré).
"La séquence d'Aartman" de Saul Pandelakis est le deuxième, que j'ai dévoré aussi.
Au delà du genre littéraire, je n'ai jamais lu de livre comme celui-ci.
Il est féministe et Queer, mais sans forcement le revendiquer. Il l'est tout simplement. de part ses deux narrateurs et les différents personnages. Les identités queers y existent naturellement comme elles existent IRL, l'auteur à tout simplement choisi de les rendre visible.
C'était nouveau pour moi, et pourtant si naturel à lire. Ça m'a fait du bien.
Ça parle de droits humains, mais ça va encore plus loin, puisque le concept d'humanité est étendue. Ici il est aussi question de droits Bots, des intelligences artificielles incarnées et sensientes.
C'est un beau pavé de presque 600 pages que je n'ai pas sentie passer.
Il m'a fait passer par plusieurs émotions et réflections. Et tout au long de la lecture, j'ai des chansons qui me sont arrivées en tête. C'est aussi la première fois que ça m'arrive. Une sorte de bande originale très personnelle qui apparaissait dans ma tête comme des pop ups.
Je parlerais pas plus du livre ni de quoi il parle. Je vais juste vous poser là ma bande originale de la séquence d'Aartamn dans l'ordre chronologique à laquelle elle m'est venue.
Je vous invite à le lire, et je serai curieuse de savoir quelle sera votre bande originale à vous.
-DELTRON 3030 : "Virus"
- LE TIGRE : "Deceptacon"
- HYUNA + DAWN : "Ping Pong"
- HEARTCORE : "Yuppie"
- OTIS REDDING : "The dock of the bay"
- JOY DIVISION : "Disorder"
- YSEULT : "Rien à prouver"
- PEAKBOY : "Kelly"
- THE VOIDZ : "Human sadness"
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
BadquillaBadquilla   14 novembre 2021
"Ces corps rêvés, notre prison , se dit Asha ; si sa note n'était pas achevée, peut-être qu'elle écrirait qu'il ne leur resterait rien à accomplir, si ce n'est boire des limonades pendant que leurs dieux se meurent."
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