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EAN : 9782246820666
336 pages
Éditeur : Grasset (20/03/2019)

Note moyenne : 4.02/5 (sur 22 notes)
Résumé :
Au XIX siècle, lorsque l'homosexualité est inventée comme crime et maladie mentale en Europe, l'écrivain Karl Heinrich Ulrich est le premier à se déclarer "uraniste" et à affirmer les droits de "ceux qui aiment différemment". Après lui, Preciado refuse le protocole médico-légal de changement de sexe et entreprend un projet de transformation de son corps et de sa subjectivité via l'auto-administration de testostérone. Il relate cette traversée, ce devenir "homme-tran... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
ATOS
  17 mai 2019
« Nous comprenons mieux le monde, dit Glissant lorsque nous tremblons avec lui, car le monde tremble dans toutes les directions » C'est le récit d'un voyage. D'un voyage à travers l'espace, à travers soi, le temps, l'histoire, la chair, un voyage du dedans qui porte beau un futur déjà naissant. C'est un journal de bord, de l'ouverture d'une voie, l'écrit d'un premier de cordée. C'est un livre de chevet. Rêver ce n'est pas se perdre, s'égarer, c'est voyager, imaginer, inventer. C'est une évolution, c'est au-delà d'une révolution. C'est une marche, construite, informée . Paul B. Preciado nous parle de ce que nous sommes, ce que nous faisons, ce que nous pensons croire, ce que nous redoutons, de ce qui nous entrave, nous enchaîne, nous retient ; Il nous parle de ce qui nous sommes, de ce que nous pouvons oser, tenter. Ce qui aujourd'hui nous semble inconcevable, au même titre qu'il était inconcevable de penser que la terre était ronde…
C'est le monde comme il fut, est et espérons qu'il deviendra. C'est philosophique, politique, organique, poétique. Cela fait longtemps qu'un livre ne m'avait pas traverser de la sorte. L'écriture est belle, percutante, rebelle, pertinente, poétique, délicate, fracassante, bouleversante.
Je pourrais extraire nombres de pages, de phrases du livre de Paul B. Preciado. J'ai envie de tout retranscrire pour mieux partager mon émotion avec vous, gens du Livre voyage. Ce n'est pas un roman c'est un recueil d'écrits. Une bouteille à la mer, le signal lancé à travers nos espaces, la lanterne palpitante à la proue d'un vaisseau. le monde sera tellement plus grand avec quelques Paul B Preciado en plus.. Après tout... l'imprimante 3d est déjà entre nos mains.
« les transitions sont ta maison ». « Tu écris à des enfants qui ne sont pas encore nés, et qui vivront eux aussi dans cette transition constate- qui est le propre de la vie ».
« Ils disent crise. Nous disons révolution ». Puisque c'est « une relation politique de domination qui
associe, espèce, race et nation ». Amis, tremblons ! Non de peur mais d'émotions, de vouloir !
Le corps, la peau, l'esprit, la terre , la patrie, le nom… de quel pavés emplissons nous les barques de toutes nos folies, de toutes nos haines, de toutes nos déraisons ?. « Le corps n'est pas propriété, mais relation. L'identité ( sexuelle, de genre, nationale ou raciale) n'est pas essence mais relation ».
«  L'espoir est la plus belles des putes » écrit Ika Knezevic. « Alors je désire que cette pute passe la nuit avec moi. Je veux la caresser et dormir avec elle.Je veux me mettre au lit avec cette pute.Je veux m'asseoir à côté d'elle et lui laver les pieds.Parce que cette pute est tout ce qui nous reste et qu'elle est le meilleur ». Exil, transit, frontières…Lisez ces textes, réfléchissez, écoutez le monde trembler, trembler entre nous, contre nous, vers nous, en dedans nous. Tremblons de tout notre plus bel ensemble. L'immobilité est éphémère, le mouvement est perpétuellement en nous. Vouloir changer, changer le monde, la vie, proposer des itinéraires, des pistes, des routes, passer des montagnes, des vallées, rejoindre d'autres rives...C'est ainsi que nous marchons depuis la première algue, la première cellule, depuis le premier soleil, depuis la première pluie. Merci Paul B. Preciado merci Les pôles sont en migration ! le soleil n'est que révolution !
Astrid Shriqui Garain

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zarline
  17 janvier 2020
Un appartement sur Uranus rassemble une septantaine de chroniques écrites pour le journal Libération par Paul B. Preciado entre 2013 et 2018, période qui correspond à sa transition sexuelle de femme à homme. Il y est ainsi beaucoup question de genre mais pas uniquement. Car Paul Preciado est un militant, révolté par ce qu'il appelle l'hétérosexisme et de manière plus générale par les normes imposées par notre société dirigée par le 'capitalisme technoscientifique'. Ses chroniques alternent ainsi entre récit de sa transition et actualité, de la crise grecque au référendum catalan.
J'ai aimé le point de départ de la pensée de Preciado qui est de rejeter la catégorisation imposée par notre société. Pourquoi au final doit-on toujours se définir comme homme ou femme, comme hétéro ou homo, comme blanc ou noir? Nos identités ne peuvent-elles pas être plurielles? Preciado a ainsi cherché à flouter ces cases en commençant par prendre une petite dose de testostérone, le rendant "gender fluid", jusqu'à finalement céder à l'injonction sociétale en décidant de devenir homme complètement. L'introduction et les chroniques traitant de son ressenti et des étapes importantes de sa transition sont clairement celles que j'ai préférées et correspondent à ce que je recherchais dans ce livre, peut-être à tort. Même si cela peut paraître voyeur, j'aurais clairement souhaité que cela soit plus approfondi.
En dehors des chroniques sur son expérience personnelle, reste donc une majorité de tribunes plus politico-philosophiques où nos avis ont divergé. L'auteur semble affirmer que la liberté passe forcément par le refus de la procréation et la transsexualité et que tout autre voie est un asservissement à "l'hétérosexualité nécropolitique hégémonique". J'aurais voulu que Preciado revendique le respect de ses choix de vie, sans dénigrer à demi-mots les miens.
Si je n'ai pas totalement trouvé satisfaction dans les chroniques de Preciado sur les questions de genre, j'ai malheureusement carrément sombré dans celles traitant de sujets plus politiques. J'ai trouvé les attaques constantes contre le "nécrolibéralisme" ennuyeuses à mourir. En essayant de m'abstenir de juger les opinions politiques de Preciado, qui ne sont certes pas totalement compatibles avec les miennes d'où une partie de mon agacement, ce sont également dans ces chroniques-là que j'ai trouvé le style plus ampoulé et prétentieux, adoptant une terminologie révolutionnaire faite de néologismes composés des plus exaspérante.
Un appartement sur Uranus est un livre qui aura au final en partie heurté mes opinions et c'est probablement là le but de Preciado. J'aurais toutefois voulu qu'il m'explique et approfondisse sa pensée pour me permettre de mieux la comprendre à défaut de la partager en tout point. Je pense que le format de cet assemblage chronologique de chroniques écrites pour la presse explique en grande partie cette frustration. Alors qui sait, j'essaierai peut-être un jour un vrai essai de l'auteur...
Lien : https://unmomentpourlire.blo..
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enlivrezvous
  06 septembre 2019
"Le bonheur se tient dans la conviction qu'être vivant, c'est être témoin d'une époque, et ainsi se sentir responsable, vitalement et passionnément responsable, de la destinée collective de la planète."
Un appartement sur Uranus reprend les chroniques publiées par Paul B.Preciado entre 2015 et 2018 dans Libération. A travers ces textes, il raconte la traversée : la sienne, de lesbienne radicale à homme trans, mais aussi celle du monde qui nous entoure à travers les événements qui occupent l'actualité de ces chroniques.
Cette façon de lier son expérience intime au politique est passionnante et permet d'aborder la crise migratoire, l'utilisation de Candy Crush saga, le mariage pour tous, le droit d'importuner ou encore l'indépendance de la Catalogne sous le prisme de la transition et de la transformation. Il nous amène à repenser le récit que nous impose l'hétéro patriarcat pour transcender les limites du binarisme du genre et des frontières économiques et politiques et nous invite à nous réinventer.
« Je pense mon propre processus transgenre et le voyage comme autant d'expériences sur la subjectivité. Rien de ce qui m'arrive n'est exceptionnel. Je fais partie d'une métamorphose planétaire. le temps est venu de se réinventer. »
Le format de la chronique est à la fois efficace et parfois frustrant : il permet d'aborder multitude de sujets de façon accessible et efficace, mais survole parfois un peu des problématiques complexes. D'autant que Paul B.Preciado est philosophe et qu'à plusieurs reprises, je sentais qu'il me manquait certains concepts pour bien saisir les enjeux de sa pensée.
Alternant entre des moments de poésie pure et le développement d'une pensée critique, cet essai nous permet de nous décentrer, de saisir les limites que les normes nous imposent et que nous avons intégrées. Même si je me suis sentie parfois dépassée par cette lecture, elle m'a apporté un regard neuf sur le monde qui nous entoure et souvent émue par la beauté de ses phrases.
"Les commémorations les plus belles sont celles que célèbrent les révolutions invisibles, les transformations sans date de commencement ni de caducité. Qui célèbre l'herbe quand elle pousse ? le ciel changeant de couleur ? Qui célèbre la lecture d'un livre ? L'apprentissage d'un nouveau geste? Qui célèbre le dernier instant de bonheur avant une mort subite ? Il faut oublier les anniversaires. Il faut oublier les repères et laisser tomber les reliques. Pour célébrer toutes nos autres naissances possibles."

Céline
Lien : https://enlivrezvous.typepad..
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
micheleranklsherpamicheleranklsherpa   28 mai 2019
Ce qu’il faut, comme le dit Franco Berardi Bifo, c’est érotiser la vie quotidienne, c’est déplacer le désir capturé par le capital, la nation ou la guerre, pour le redistribuer dans le temps et l’espace, qu’il traverse tout et qu’il nous traverse tous.
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BandiFuyonsBandiFuyons   13 mai 2019
C'est l'histoire de la fin des démocraties dans l'Occident. Comment la finance a découvert qu'elle s'accommodait très bien des régimes autoritaires – et même qu'elle préférait les régimes autoritaires car on consomme encore mieux les poings liés.

Préface de Virginie Despentes
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lagnilagni   08 juin 2019
Les commémorations les plus belles sont celles que célèbres les révolutions invisibles, les transformations sans date de commencement ni de caducité. Qui célèbre l’herbe quand elle pousse?

Le ciel changeant de couleur? Qui célèbre la lecture d’un livre? L’apprentissage d’un nouveau geste? Qui célèbre le dernier instant de bonheur avant une mort subite? Il faut oublier les anniversaire. Il. Faut oublier les repères et laisser tomber les reliques. Pour célèbre toutes nos autres naissances possibles.
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PatpotinkPatpotink   15 avril 2020
Le sexe et la sexualité ne sont pas la propriété essentielle du sujet, mais bien le produit de diverses technologies sociales et discursives, de pratiques politiques de gestion de la vérité et de la vie.[…] Il n'y a pas des sexes et des sexualités mais des usages du corps reconnus naturels ou sanctionnés en tant que déviants.
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BandiFuyonsBandiFuyons   21 mai 2019
La révolution ne commence pas par une marche au soleil, mais par un hiatus, une pause, un déplacement minuscule, une déviation dans le jeu des improvisations et des apparences.
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Videos de Paul B. Preciado (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de  Paul B. Preciado
L'entretien infini - Beatriz Preciado - Conversation avec Hans Ulrich Obrist - 2014.
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