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EAN : 9782897411183
Triptyque Editions (21/08/2017)
3.61/5   79 notes
Résumé :
Dans ce récit en fragments ciselés, Maggie Nelson raconte l'amour fou, le sexe, la grossesse, la famille, le travail, l'écriture. L'accouchement. La mort. Ce que c'est que de prendre soin. Et comment, sans l'amour, on tombe en morceaux.

Mi-essai, mi-autofiction, voici un livre à la fois amusant et indigné, souvent emporté. Nelson nous y présente ses mères spirituelles, celles qui lui ont appris à vivre. Au fil de ses lectures, elle nous emmène à la p... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
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Stelphique
  05 avril 2022
Ce que j'ai ressenti:
Perdue, en fragments, sur le plancher
Je réfléchis aux mots qui s'envolent
A ceux qui éclatent le plafond, ceux
Qui ont des ailes, et les autres qui
Paraissent parfois désuets.
J'ai toujours adoré la modernité
Cherché, inlassablement, la liberté
Compris que c'est dans les silences
Que les mots suffisent…
Je réfléchis grâce à Maggie Nelson
A des mots, comme maternité, genre
Amour. Amour toujours. Amour nouveau.
Poésie. Poésie toujours. Poésie féminine.
Des mots comme couleurs, triangle, joie.
Des mots comme homme, femme,entre-deux
Des mots qui en appellent à l'éthique
Au soin, à la politique, à l'intersectionnalité
Et dans ma solitude, les argonautes
Les rois, le ventre, deviennent énigmes
Je veux bien crever de ne pas les résoudre
Mais vivre avec, et, de ces questions….
Je réfléchis aux mots qu'on lance en l'air
Des mots qui riment avec dignité
Des mots plus grands que moi
Des mots qui résonnent et qui
Pourtant m'échappent, alors
J'y cours derrière! Tu penses bien
Que si les mots suffisent alors
Il me faut les comprendre, les faire miens
Les prononcer, les dire dans la nuit, les
Mettre en équilibre, en accrocher sur
Les murs, les faire vivre et mourir,
En attendre la gestation…
J'essaie de comprendre le corps
Qui se transforme, qui évolue, qui
Envoie des messages, qui est là.
J'essaie mais je garde toujours
Autant de questions, autant
De doutes, d'intuitions, d'instincts
Parce que le corps exprime
Désir, amour, mal-être, douleur
Tout cela, avec parfois des doses
De contradictions et d'évidences
D'envies et de rythmes saccadés
Alors je travaille, perplexe, enthousiaste
Parce que je n'oublierai pas l'expérience
Je pourrai bien tomber en tous les morceaux
Il n'en reste pas moins que porter la vie
Est, puissant. Et c'est de cela
Dont il est question dans cette lecture
Voilà, des mots qui suffisent à dire
Que ce livre est un hybride intelligent
Entre essai, poétique, politique, autobiographie
Une réflexion révolutionnaire enflammée
Une histoire d'amour contre le rien
Peut-être pas tout à fait un coup de coeur
Peut-être pas si loin, non plus, parce que
Mes mots ne m'ont pas suffi à tout entendre
J'irai donc en chercher d'autres, forcément,
Parce que quand meme, c'était stimulant!
Lien : https://fairystelphique.word..
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JIEMDE
  17 mars 2022
Poursuivant le fil de mes lectures féministes, j'ai embarqué sur l'Argo de Maggie Nelson, pour une traversée identitaire interrogative et introspective. Dans cette galère en perpétuelle recomposition, s'effectuent deux parcours en parallèle : la grossesse de Maggie qui verra naitre Iggy et le traitement hormonal de Harry, son compagnon née femme.
Une longue réflexion sur le genre et son acceptation totale en dehors de toute binarité. Celui qui conduit Wendy à Rebecca puis à Becky, Butch, Harriet et enfin Harry. Ou en effet miroir, celui qui pousse Maggie avide d'échapper à toute forme de catégorisation sociale, à se lancer dans la procréation, reproduction d'un schéma d'un classicisme ancestral.
Mais à la frontière de l'autobiographie, de l'essai et de la poésie, Les Argonautes – traduit par Jean-Michel Théroux – m'a entraîné au-delà de mes limites sur le sujet et j'ai traversé ce livre sans jamais totalement comprendre ce que je lisais, ni totalement percevoir les intentions des interrogations profondes et légitimes de l'auteure.
Pourtant intéressé par ce témoignage Queer engagé, j'y ai vu passer Barthes, Sontag ou Deleuze appelés en appui des théories de Maggie. Mais c'était trop loin, trop haut, trop confus pour moi.
Alors à mon petit niveau de compréhension, j'y ai néanmoins vu de l'amour, beaucoup d'amour. Dans la marge et la difficulté, mais dans une Argo qui ne sombre jamais et finit après de multiples changements par atteindre son but.

Lien : https://www.instagram.com/p/..
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Agathethebook
  04 mars 2018
Je ne suis que très peu convaincue par cet essai auto-fictionnel, bien que les premières pages avaient aiguisé ma curiosité. Il m'a vite laissé sur le bas-côté de la route… Contrairement à ce que suggère la quatrième de couverture, vous pouvez le lire, je vous rassure, il ne remettra pas en cause votre vision de la maternité.
L'idée était bonne, raconter la transformation de deux corps, celui de l'auteure enceinte et celui de son compagnon transgenre, et philosopher autour en convoquant Susan Sontag et Roland Barthès.
Il aurait pu être un roman positif et solaire, je l'ai trouvé rageux et décourageant. Paradoxale et tourmentée, l'auteure le truffe de débats féministes à l'heure où il faudrait juste rassembler. « Queer », elle pousse le lecteur à débattre sur l' »hétéronormalité » afin de remettre en cause le genre et l'identité. Il est indéniable que ce sont des sujets tabous et nécessaires, seulement je ne sais pas si c'était la meilleure façon de s'y prendre. Je ne sais pas non plus si je suis capable de juger ce roman, je vous livre simplement mon ressenti.
J'imagine que sa sortie aux Etats-Unis a été utile lorsque chez nous cet essai me parait désuet et stérile.
« Les argonautes » aurait pu tout aussi bien s'appeler #balancetesphraseschoc . Un petit «tu m'encules » Entre Winnicot et et Judith Butler, allez ça va passer crème et donner un air intello au bouquin. Ou cette punchline aussi, allez c'est cadeau je vous l'offre ( attention c'est fin, très fin ça se mange sans fin ) : « J'avais toujours présumé que donner naissance me ferait me sentir invincible et ample, comme le fist-fucking ». Niveau philosophie je vous avoue c'est un peu cliché mais je préfère Raphael Enthoven.
Attention à ce que je dis Maggie semble très susceptible. Maggie est une intellectuelle, Maggie n'a pas de leçon à recevoir, Maggie n'aime pas quand on parle du genre et pourtant elle est obsédée par cela. Les gens les plus réac me semblent souvent les plus intolérants. Car Maggie est comme tout le monde en fait : elle considérait les mères de haut, les nommait « les éleveuses » avant de découvrir les joies et la révolution intérieure qu'offre la maternité. J'ai donc pris son roman comme un mea culpa raté.
Le style n'est pas fluide, l'écriture pas terrible, les transitions mal faites… Heureusement il y a tous ces grands noms dans la marge , telle une thèse et sa bibliographie bien renseignée.
Un peu de tout donc dans cet essai très documenté que l'on dit « moderne » et « révolutionnaire »… à voir ce qu'il vous en restera à la fin de la lecture…
Je ne veux pas polémiquer, je suis décue, j'attends toujours de ce genre de roman qu'il fasse avancer les choses, et en fait il ne fait que dénoncer ou cliver. Dommage !

Lien : https://agathethebook.com/20..
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Borntobealivre
  27 mars 2022
Complètement passée à côté de cette auto-fiction signée Maggie Nelson, poétesse, essayiste et critique d'art américaine, considérée comme une écrivaine à avoir lu absolument...
C'est à présent chose faite, même si je crains de l'avoir mal lue, clairement pas comprise. La tentation de revenir en arrière pour comprendre ce que je venais de lire était surpassée par l'envie d'avancer, d'en terminer avec cette lecture qui s'apparentait, dans mon esprit, à un embrouillamini de références éparses (parfois simplement mentionnées en marge comme s'il s'agissait d'évidences) peu éclairantes, de bribes parfois très "Los Angeles focused", de saillies intellectuelles n'évoquant rien à celles ou ceux évoluant en-dehors des cercles de Maggie Nelson et de son mari.
Le propos, pourtant, m'attirait énormément : j'étais curieuse de lire cette histoire d'amour hors du commun entre la poétesse et son mari, Harry Dodge, né femme, leur désir fou d'avoir un enfant. J'avais envie de connaître les trajectoires parallèles de ce couple dont les corps changent respectivement sous l'effet de la grossesse et de la testostérone.
J'étais toute ouïe, parée à l'écoute de réflexions profondes et accessibles sur le féminisme, le genre, l'identité, la maternité. Je n'ai trouvé que propos traités en surface et immense confusion.
J'aurais aimé embarquer à bord du vaisseau des Argonautes, aux côtés de ce couple en quête de la Toison d'Or, voyant leur embarcation - et celle de leur moitié - changer au fil d'un voyage mené à deux, contre vents et marées. J'ai plutôt terminé cette lecture avec l'impression d'avoir été laissée sur le port. Tant pis ! Un livre est un voyage qui vaut, toujours, un détour.
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luxinlisbon
  07 mars 2022
Petit mais costaud. C'est ainsi que je pourrais résumer "Les argonautes". Il fait partie des livres dont j'entends parler depuis des années, auquel mes copines mettent (presque) unanimement 5 étoiles. Pourtant, je ne m'étais jamais penchée sur sa description, à tel point que j'ai cru jusqu'au dernier moment que j'allais lire une fiction ! Que nenni. Grâce à Babelio et l'opération Masse Critique, j'ai enfin pu jeter mon dévolu sur cet OVNI.
Dès la première page, je relis plusieurs fois certaines phrases. Je me demande ce qui cloche avec moi. Mais je crois qu'il faut se rendre à l'évidence : Maggie Nelson a une passion pour les phrases (très) longues, les références / citations et l'écriture sans structure apparente. Ne cherchez pas de chapitres. Tout au mieux, vous aurez des paragraphes qui s'enchaînent, parfois traitant du même sujet, parfois pas du tout.
Je ne vais pas être dithyrambique, même si j'aurais aimé ! Je n'arrive même pas à donner de note, aussi je vais laisser le champ vierge - ce qui est rare de moi. Les passages qui m'ont le plus parlé sont, sans surprise, ceux consacrés à la grossesse, l'accouchement et la parentalité quand on est queer : c'est vif, animal et parfois brutal. D'autres m'ont touchée (particulièrement la mort de la mère d'Harry, qui m'a tiré quelques larmes), fait réfléchir (sur la course à la parentalité, sur l'assimilationnisme quand on est LGBT+). Et d'autres, encore, m'ont laissée de marbre tandis que je les survolais, ne comprenant pas tout et ne cherchant plus vraiment à y parvenir.
En fin d'ouvrage, on apprend que le livre est composé de plusieurs textes et/ou extraits de conférence. Cela m'a aidée à comprendre la structure du livre, et mon impression d'être perdue. En conclusion, je dirais que Maggie Nelson doit être une personne passionnante avec laquelle discuter, mais qu'elle doit également être épuisante - en tout cas, pour moi !
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critiques presse (2)
LesInrocks   25 juillet 2022
En partant de sa propre vie, l’essayiste déconstruit brillamment tous les codes, qu’ils soient hétéros ou homonormatifs.
Lire la critique sur le site : LesInrocks
LeMonde   19 janvier 2018
Ce n’est pas un livre de poésie, pas un livre de critique d’art, de philosophe, de théoricienne du queer, ce n’est pas une fiction, ni une autobiographie, pas seulement le portrait de trois personnages principaux en devenir, mais c’est sûrement un livre de poète.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
KirzyKirzy   03 janvier 2018
Je voudrais simplement que tu te sentes libre, ai-je dit par colère déguisée en compassion, par compassion déguisée en colère.
Tu ne comprends toujours pas ? as tu crié.
Je ne me sentirais jamais libre commet toi, je ne me sentirais jamais chez moi dans le monde, je ne me sentirais jamais chez moi dans ma peau.
C'est comme ça et ce sera toujours comme ça.
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foxinthesnowfoxinthesnow   19 mai 2021
Dans The Baby book du Dr Sears (…) il y est dit que vous êtes au fond un bouillon d’hormones et que, comme les hormones libérées par l’allaitement sont les mêmes que celles libérées par le sexe, vous pouvez être pardonnée de la confusion. Mais pourquoi parler de confusion, si ce sont le mêmes hormones ? Comment peut-on départager un sentiment sexuel d’un autre, présumé plus « réel » ? Ou, plus pertinemment, pourquoi départager ? Ce n’est pas comme une histoire d’amour. C’est une histoire d’amour. Ou, plutôt, c’est romantique, érotique et dévorant, mais sans tentacules. J’ai mon bébé et mon bébé m’a. C’est un éros enjoué, un éros sans téléologie. Même si je me sens excitée pendant que j’allaite ou que je le berce jusqu’au sommeil, je ne ressens pas le besoin de répondre au stimulus (et si je le faisais, ce ne serait pas avec lui). Dans les années à venir, cette histoire a toutes les chances de n’être plus réciproque, si j’en crois la rumeur. Raison de plus pour apprécier la souveraineté du moment. C’est si sombre, ce recoin, sombre et moite… Ses fins cheveux sont humides, sentent le bonbon et la terre, j’y fourre ma bouche et inspire. Je voudrais ne jamais faire l’erreur d’avoir besoin de lui autant ou plus qu’il n’a besoin de moi. Mais je ne peux nier que parfois, quand Iggy et moi dormons ensemble dans la caverne du lit inférieur, son grand-frère s’agitant au-dessus, bercés par la douce musique de la pluie artificielle, l’horloge digitale verte égrenant les heures, c’est le petit corps d’Iggy qui soigne le mien. (p. 74)
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womens_bookswomens_books   25 janvier 2019
Il s'est avéré que mes peurs étaient infondées. Ce qui ne veut pas dire que tu n'as pas changé pour autant. Mais le plus grand changement a été une bonne dose de paix. Elle n'est pas sans faille, mais après une angoisse suffocante, une dose de paix n'est pas négligeable. Tu as en effet quelques regrets aujourd'hui, mais seulement d'avoir attendu trop longtemps, d'avoir dû souffrir si intensément pendant 3 décennies avant de finalement trouver un peu de répit. Voilà pourquoi chaque fois que je compte les 4 barreaux de l'échelle bleue tatouée dans le bas de ton dos, que j'étire la peau, que je plante l'aiguille de près de 5cm et que j'injecte la T dorée et huileuse au plus profond de la masse musculaire, je suis certaine de te faire un cadeau.
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JIEMDEJIEMDE   14 mars 2022
Je trouve ça irrésistiblement intéressant quand les gens assument la fétichisation de leur style moche au lieu d'oublier qu'ils en ont un.
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JIEMDEJIEMDE   15 mars 2022
C’était comme si un épileptique avec un pacemaker était marié à un éclairagiste stroboscopique.
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