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EAN : 9782897411183
Éditeur : Triptyque Editions (21/08/2017)
3.54/5   50 notes
Résumé :
Dans ce récit en fragments ciselés, Maggie Nelson raconte l'amour fou, le sexe, la grossesse, la famille, le travail, l'écriture. L'accouchement. La mort. Ce que c'est que de prendre soin. Et comment, sans l'amour, on tombe en morceaux.

Mi-essai, mi-autofiction, voici un livre à la fois amusant et indigné, souvent emporté. Nelson nous y présente ses mères spirituelles, celles qui lui ont appris à vivre. Au fil de ses lectures, elle nous emmène à la p... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Agathethebook
  04 mars 2018
Je ne suis que très peu convaincue par cet essai auto-fictionnel, bien que les premières pages avaient aiguisé ma curiosité. Il m'a vite laissé sur le bas-côté de la route… Contrairement à ce que suggère la quatrième de couverture, vous pouvez le lire, je vous rassure, il ne remettra pas en cause votre vision de la maternité.
L'idée était bonne, raconter la transformation de deux corps, celui de l'auteure enceinte et celui de son compagnon transgenre, et philosopher autour en convoquant Susan Sontag et Roland Barthès.
Il aurait pu être un roman positif et solaire, je l'ai trouvé rageux et décourageant. Paradoxale et tourmentée, l'auteure le truffe de débats féministes à l'heure où il faudrait juste rassembler. « Queer », elle pousse le lecteur à débattre sur l' »hétéronormalité » afin de remettre en cause le genre et l'identité. Il est indéniable que ce sont des sujets tabous et nécessaires, seulement je ne sais pas si c'était la meilleure façon de s'y prendre. Je ne sais pas non plus si je suis capable de juger ce roman, je vous livre simplement mon ressenti.
J'imagine que sa sortie aux Etats-Unis a été utile lorsque chez nous cet essai me parait désuet et stérile.
« Les argonautes » aurait pu tout aussi bien s'appeler #balancetesphraseschoc . Un petit «tu m'encules » Entre Winnicot et et Judith Butler, allez ça va passer crème et donner un air intello au bouquin. Ou cette punchline aussi, allez c'est cadeau je vous l'offre ( attention c'est fin, très fin ça se mange sans fin ) : « J'avais toujours présumé que donner naissance me ferait me sentir invincible et ample, comme le fist-fucking ». Niveau philosophie je vous avoue c'est un peu cliché mais je préfère Raphael Enthoven.
Attention à ce que je dis Maggie semble très susceptible. Maggie est une intellectuelle, Maggie n'a pas de leçon à recevoir, Maggie n'aime pas quand on parle du genre et pourtant elle est obsédée par cela. Les gens les plus réac me semblent souvent les plus intolérants. Car Maggie est comme tout le monde en fait : elle considérait les mères de haut, les nommait « les éleveuses » avant de découvrir les joies et la révolution intérieure qu'offre la maternité. J'ai donc pris son roman comme un mea culpa raté.
Le style n'est pas fluide, l'écriture pas terrible, les transitions mal faites… Heureusement il y a tous ces grands noms dans la marge , telle une thèse et sa bibliographie bien renseignée.
Un peu de tout donc dans cet essai très documenté que l'on dit « moderne » et « révolutionnaire »… à voir ce qu'il vous en restera à la fin de la lecture…
Je ne veux pas polémiquer, je suis décue, j'attends toujours de ce genre de roman qu'il fasse avancer les choses, et en fait il ne fait que dénoncer ou cliver. Dommage !

Lien : https://agathethebook.com/20..
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foxinthesnow
  27 juillet 2021
Ce livre est une forme qui tient à la fois de l'autobiographie et de l'essai, un peu comme le King-Kong théorie de Despentes. L'histoire s'ouvre sur l'amour fou et la passion sexuelle, les mots sont crus et emportés.
Dans certains passages, on comprend que l'autrice fait sûrement partie d'un petit milieu artistique et universitaire bien codifié. Elle mélange références intellectuelles et underground, se construit un personnage subversif, à la fois "in" et un peu présomptueux. Il y a beaucoup de name dropping et c'est parfois irritant.
Malgré cela, l'autrice nous parle de l'amour, de la grossesse, de la maladie et de la mort. En passant par le genre, l'identité... qui ne sont pas fixes, mais en mouvement. L'autrice enceinte vit la transformation de son corps en parallèle de celle de son conjoint Harry, une personne non binaire. Par moments, l'ambition littéraire atteint son but, et l'écriture délivre sa poésie brute. L'autrice défend le droit d'être soi, loin de toutes les étiquettes, et c'est ce que j'ai beaucoup aimé.
C'est un texte fort, brut, parfois vibrant, parfois agaçant, finalement assez inégal. J'y vois un goût pour la violence autant que pour la pédanterie, et le mélange des deux donne un tout hétéroclite. La juxtaposition des scènes renforce aussi cet effet collage / patchwork. Mais j'ai quand même aimé avoir lu ce livre, j'ai aimé son côté grande-gueule, original et fier, d'une franchise troublante.
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Antoine_Libraire
  06 mars 2018
Entre essai et littérature, les Argonautes, de Maggie Nelson, livre ambitieux et déroutant, questionne hors de tout préjugé et loin de tout dogmatisme les questions du couple, de l'identité, du genre, de la maternité.
Un livre hors norme puisqu'il se joue des registres d'écritures, qui se croisent, se superposent parfois, contribuant à rendre ce livre incroyablement vivant.
Maggie Nelson multiplie les réflexions et les questionnements, mêlant son propre récit, sa vie, et sa théorie aux pensées de celles et ceux, penseurs, philosophes, poètes, qui l'ont accompagné, forgé. Nous croisons ainsi Deleuze, Winnicott, Judith Batler, Roland Barthes (beaucoup) et bien d'autres encore.
La recherche continue du mot adéquat pour dire les choses justes et fortes qu'elle a à nous dire rend le texte vibrant, parfois cru, toujours juste.
La transformation des corps, le sien durant sa grossesse, ce lui de son compagnon, Harry Dodge, née Wendy, sont les balises d'un récit, d'une réflexion se construisant devant nous, nous bousculant parfois, nous interpellant sans cesse.
La transformation, comme celle que les navires des Argonautes, guerriers qui suivirent Jason dans son voyage pour subtiliser la toison d'or, connurent durant leur périple, en voyant chacune de leur pièce être remplacées, jusqu'à ce que le navire soit tout autre qu'au départ, gardant pourtant le même nom. Une transformation, sans modification de l'identité.
Lien : https://bonnesfeuillesetmauv..
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womens_books
  25 janvier 2019
Le corps - la maternité - la mort - le genre - la maladie - la naissance - la transformation - la difformité - les conventions - l'amour - l'adoption - le queer - l'acceptation - l'humain - le sexe - l'identité - la peur - les sentiments - la douleur - le rejet - le désir... Voilà autant de sujets que Maggie Nelson traite dans son livre Les Argonautes ! C'est une grosse claque, c'est percutant, surprenant, direct ! C'est de loin ce que j'ai lu de plus actuel, de plus contemporain depuis bien longtemps. C'est un livre qui traite de l'être avant tout, sous toutes ses coutures, dans tous ces états.
Un peu comme quand je lis Virginia Woolf, je suis entrée dans l'esprit de Maggie Nelson, j'ai partagé un peu de sa vie... Je n'ai pas le bagage culturel pour comprendre toutes ses références, mais il n'y a plus qu'à découvrir tous ces gens qu'elle mentionne au fil de sa réflexion et qui ont modulé sa pensée.
Il me semble qu'Augustin Trapenard a dit que c'était un des plus beaux livres qu'il avait lu sur l'amour, si ça ça ne vous donne pas envie ?!
Lien : https://www.instagram.com/p/..
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JulieJuz
  24 janvier 2017
Dans ce livre, Maggie Nelson alterne les passages autobiographiques et les questionnements philosophiques, en s'appuyant sur des extraits de théories et concepts qui m'étaient pour la plupart, inconnus. Et elle le fait donc en anglais. Je pense avoir eu beaucoup mal à retirer tout ce que ce livre voulait me faire passer, et j'envisage une seconde lecture, plus concentrée, pour bien percevoir ce qui m'aurait éventuellement échappé la première fois.
Malgré sa taille très courte, cette longue lettre à Harry (façon d'écrire que j'ai beaucoup appréciée) est très dense en concepts et en réflexion, et je pense ne pas l'avoir appréhendée de la bonne manière. Puisque j'en suis aux bases de mon information sur un tas de concepts qui ont trait à ces questions de genres, d'égalité, de féminisme, je pense que ce choix était peut-être "hors de ma portée" pour le moment.
Lien : https://juliejuz.wordpress.c..
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critiques presse (1)
LeMonde   19 janvier 2018
Ce n’est pas un livre de poésie, pas un livre de critique d’art, de philosophe, de théoricienne du queer, ce n’est pas une fiction, ni une autobiographie, pas seulement le portrait de trois personnages principaux en devenir, mais c’est sûrement un livre de poète.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
KirzyKirzy   03 janvier 2018
Je voudrais simplement que tu te sentes libre, ai-je dit par colère déguisée en compassion, par compassion déguisée en colère.
Tu ne comprends toujours pas ? as tu crié.
Je ne me sentirais jamais libre commet toi, je ne me sentirais jamais chez moi dans le monde, je ne me sentirais jamais chez moi dans ma peau.
C'est comme ça et ce sera toujours comme ça.
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foxinthesnowfoxinthesnow   19 mai 2021
Dans The Baby book du Dr Sears (…) il y est dit que vous êtes au fond un bouillon d’hormones et que, comme les hormones libérées par l’allaitement sont les mêmes que celles libérées par le sexe, vous pouvez être pardonnée de la confusion. Mais pourquoi parler de confusion, si ce sont le mêmes hormones ? Comment peut-on départager un sentiment sexuel d’un autre, présumé plus « réel » ? Ou, plus pertinemment, pourquoi départager ? Ce n’est pas comme une histoire d’amour. C’est une histoire d’amour. Ou, plutôt, c’est romantique, érotique et dévorant, mais sans tentacules. J’ai mon bébé et mon bébé m’a. C’est un éros enjoué, un éros sans téléologie. Même si je me sens excitée pendant que j’allaite ou que je le berce jusqu’au sommeil, je ne ressens pas le besoin de répondre au stimulus (et si je le faisais, ce ne serait pas avec lui). Dans les années à venir, cette histoire a toutes les chances de n’être plus réciproque, si j’en crois la rumeur. Raison de plus pour apprécier la souveraineté du moment. C’est si sombre, ce recoin, sombre et moite… Ses fins cheveux sont humides, sentent le bonbon et la terre, j’y fourre ma bouche et inspire. Je voudrais ne jamais faire l’erreur d’avoir besoin de lui autant ou plus qu’il n’a besoin de moi. Mais je ne peux nier que parfois, quand Iggy et moi dormons ensemble dans la caverne du lit inférieur, son grand-frère s’agitant au-dessus, bercés par la douce musique de la pluie artificielle, l’horloge digitale verte égrenant les heures, c’est le petit corps d’Iggy qui soigne le mien. (p. 74)
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womens_bookswomens_books   25 janvier 2019
Il s'est avéré que mes peurs étaient infondées. Ce qui ne veut pas dire que tu n'as pas changé pour autant. Mais le plus grand changement a été une bonne dose de paix. Elle n'est pas sans faille, mais après une angoisse suffocante, une dose de paix n'est pas négligeable. Tu as en effet quelques regrets aujourd'hui, mais seulement d'avoir attendu trop longtemps, d'avoir dû souffrir si intensément pendant 3 décennies avant de finalement trouver un peu de répit. Voilà pourquoi chaque fois que je compte les 4 barreaux de l'échelle bleue tatouée dans le bas de ton dos, que j'étire la peau, que je plante l'aiguille de près de 5cm et que j'injecte la T dorée et huileuse au plus profond de la masse musculaire, je suis certaine de te faire un cadeau.
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foxinthesnowfoxinthesnow   19 mai 2021
Comment expliquer que pour certains, ou pour certains à certains moments, l’irrésolution est acceptable – désirable, même (par exmeple, pour les « hackers du genre ») - alors que pour d’autres, ou pour d’autres à certains moments, ça demeure une source de conflit ou de peine ? Comment peut-on passer par-dessus le fait que la meilleure façon de comprendre comment les gens se sentent à propos de leur genre ou de leur sexualité – ou de tout le reste, en fait – est d’écouter ce qu’ils ont à dire et d’essayer de les traiter en conséquence, sans confondre leur vision de la réalité et la sienne propre ? (p. 88)
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foxinthesnowfoxinthesnow   19 mai 2021
Winnicott reconnaît que les exigences de la dévotion ordinaire peuvent être affolantes pour certaines mères, qui craignent, en se donnant à la tâche, de « devenir un légume ». (…) Je ne me suis jamais sentie comme ça, mais je suis une vieille maman. J’ai eu presque quatre décennies pour devenir moi avant d’expérimenter mon anéantissement. (…) Comme si les mères s’imaginaient pratiquer leur dévotion ordinaire dans la nature sauvage, puis qu’elles étaient étonnées de lever la tête et d’apercevoir des spectateurs croquant leurs cacahuètes de l’autre côté d’un fossé. (p. 62)
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Vidéo de Maggie Nelson
La rentrée littéraire d'hiver vue par @Jacques Lindecker 493 romans ont été publiés en janvier/février. Des premiers romans aux têtes d'affiche, suivez le guide pour vous y retrouver. En avant-première la liste des livres présentés :
« Les indésirables », Kiku Hughes, éditions Rue de Sèvres « le smartphone et le balayeur », Emmanuel Guibert, éditions Les Arènes BD
Littérature française « Serge », Yasmina Reza, éd. Flammarion « On était des poissons », Nathalie Kuperman, éditions Flammarion « Les jours voyous », Philippe Mezescaze, éd. du Mercure de France « le dernier enfant », Philippe Besson, éd. Julliard « L'odeur d'un père », Catherine Weinzaepflen, éd. des femmes « Aller aux fraises », Eric Plamondon, éd. Quidam « La brûlure », Christophe Bataille, éd. Grasset « Avant le jour », Madeline Roth, éd. de la fosse aux ours « Les orages », Sylvain Prudhomme, éd. L'arbalète Gallimard « le démon de la colline aux loups », Dimitri Rouchon-Borie, éd. du Tripode « Danse avec la foudre », Jérémy Bracone, éd. de L'Iconoclaste « Des diables et des saints », Jean-Baptiste Andrea, éd. de L'Iconoclaste « Presqu'îles », Yann Lespoux, éd. Agullo « Certains coeurs lâchent pour trois fois rien », Gilles Paris, éd. Flammarion « Un dimanche à Ville-d'Avray » Dominique Barvéris, éd. folio (en poche)
Littérature étrangère (« Ce genre de petites choses », Claire Keegan, éd. Sabine Wespieser) « Jane, un meurtre », Maggie Nelson, éd. du Sous-sol (parution le 4 mars) « Dans la ville provisoire », Bruno Pellegrino, éd. Zoé « Tu auras dû t'en aller », Daniel Kehlmann, éd. Actes sud « C'était le jour des morts », Natalia Sylvester, éd. de L'Aube « Jolies filles », Robert Bryndza, éd. Belfond Noir
Sur les mers « Mauvaise étoile », Christophe Migeon, éd. Paulsen « Tout l'or des braves », Clifford Jackman », éd. Paulsen
Diffusion lundi 22 février 18h30 (durée 40 mn) #colmar #colmarandyou #festivaldulivredecolmar
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