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EAN : 9782897411183
Triptyque Editions (21/08/2017)
3.62/5   110 notes
Résumé :
Dans ce récit en fragments ciselés, Maggie Nelson raconte l'amour fou, le sexe, la grossesse, la famille, le travail, l'écriture. L'accouchement. La mort. Ce que c'est que de prendre soin. Et comment, sans l'amour, on tombe en morceaux.

Mi-essai, mi-autofiction, voici un livre à la fois amusant et indigné, souvent emporté. Nelson nous y présente ses mères spirituelles, celles qui lui ont appris à vivre. Au fil de ses lectures, elle nous emmène à la p... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
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Ce que j'ai ressenti:

Perdue, en fragments, sur le plancher

Je réfléchis aux mots qui s'envolent

A ceux qui éclatent le plafond, ceux

Qui ont des ailes, et les autres qui

Paraissent parfois désuets.

J'ai toujours adoré la modernité

Cherché, inlassablement, la liberté

Compris que c'est dans les silences

Que les mots suffisent…

Je réfléchis grâce à Maggie Nelson

A des mots, comme maternité, genre

Amour. Amour toujours. Amour nouveau.

Poésie. Poésie toujours. Poésie féminine.

Des mots comme couleurs, triangle, joie.

Des mots comme homme, femme,entre-deux

Des mots qui en appellent à l'éthique

Au soin, à la politique, à l'intersectionnalité

Et dans ma solitude, les argonautes

Les rois, le ventre, deviennent énigmes

Je veux bien crever de ne pas les résoudre

Mais vivre avec, et, de ces questions….

Je réfléchis aux mots qu'on lance en l'air

Des mots qui riment avec dignité

Des mots plus grands que moi

Des mots qui résonnent et qui

Pourtant m'échappent, alors

J'y cours derrière! Tu penses bien

Que si les mots suffisent alors

Il me faut les comprendre, les faire miens

Les prononcer, les dire dans la nuit, les

Mettre en équilibre, en accrocher sur

Les murs, les faire vivre et mourir,

En attendre la gestation…

J'essaie de comprendre le corps

Qui se transforme, qui évolue, qui

Envoie des messages, qui est là.

J'essaie mais je garde toujours

Autant de questions, autant

De doutes, d'intuitions, d'instincts

Parce que le corps exprime

Désir, amour, mal-être, douleur

Tout cela, avec parfois des doses

De contradictions et d'évidences

D'envies et de rythmes saccadés

Alors je travaille, perplexe, enthousiaste

Parce que je n'oublierai pas l'expérience

Je pourrai bien tomber en tous les morceaux

Il n'en reste pas moins que porter la vie

Est, puissant. Et c'est de cela

Dont il est question dans cette lecture

Voilà, des mots qui suffisent à dire

Que ce livre est un hybride intelligent

Entre essai, poétique, politique, autobiographie

Une réflexion révolutionnaire enflammée

Une histoire d'amour contre le rien

Peut-être pas tout à fait un coup de coeur

Peut-être pas si loin, non plus, parce que

Mes mots ne m'ont pas suffi à tout entendre

J'irai donc en chercher d'autres, forcément,

Parce que quand meme, c'était stimulant!
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Poursuivant le fil de mes lectures féministes, j'ai embarqué sur l'Argo de Maggie Nelson, pour une traversée identitaire interrogative et introspective. Dans cette galère en perpétuelle recomposition, s'effectuent deux parcours en parallèle : la grossesse de Maggie qui verra naitre Iggy et le traitement hormonal de Harry, son compagnon née femme.

Une longue réflexion sur le genre et son acceptation totale en dehors de toute binarité. Celui qui conduit Wendy à Rebecca puis à Becky, Butch, Harriet et enfin Harry. Ou en effet miroir, celui qui pousse Maggie avide d'échapper à toute forme de catégorisation sociale, à se lancer dans la procréation, reproduction d'un schéma d'un classicisme ancestral.

Mais à la frontière de l'autobiographie, de l'essai et de la poésie, Les Argonautes – traduit par Jean-Michel Théroux – m'a entraîné au-delà de mes limites sur le sujet et j'ai traversé ce livre sans jamais totalement comprendre ce que je lisais, ni totalement percevoir les intentions des interrogations profondes et légitimes de l'auteure.

Pourtant intéressé par ce témoignage Queer engagé, j'y ai vu passer Barthes, Sontag ou Deleuze appelés en appui des théories de Maggie. Mais c'était trop loin, trop haut, trop confus pour moi.

Alors à mon petit niveau de compréhension, j'y ai néanmoins vu de l'amour, beaucoup d'amour. Dans la marge et la difficulté, mais dans une Argo qui ne sombre jamais et finit après de multiples changements par atteindre son but.

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Quel curieux livre que ces argonautes ! Il s'agit d'un essai auto-fictionnel, composé de courts paragraphes s'enchaînant les uns aux autres, sans répit, sans chapitre. La construction, ou plutôt déconstruction du livre, nous déroute dans sa première partie, mais très vite nous sommes happés, enveloppés par cette mélopée qui nous invite à partager la traversée de passagers hors-normes.
Maggie Nelson entremêle deux registres pour raconter et analyser la naissance d'une famille, la sienne, composée de deux femmes, dont l'une, qui a déjà un enfant, suit un traitement pour devenir un homme, et dont l'autre, Maggie, attend un enfant avec son futur compagnon, après de nombreuses tentatives infructueuses.
Le premier registre, le plus aride parfois, est celui de l'essai théorique, où nous croisons notamment Deleuze, Foucault, Barthes, ainsi que de nombreux féministes et penseurs, souvent américains, qui ont écrit sur le genre, et la pensée Queer, comme Butler, Sontag ou P.B.Preciado. le psychanalyste anglais Winicott, et son concept de mère suffisament bonne est également présent pour nous parler de la relation entre la mère et l'enfant.
Dans la deuxième partie, les références théoriques s'estompent, ou peut-être y sommes nous moins sensibles, pour laisser place à cette émouvante histoire d'amour entre deux corps en cours de transformation, celui de Harry, anciennement Harriet, née sous un autre prénom car elle a été adoptée, qui entreprend sa transition grâce à un traitement hormonal, et celui de Maggie, qui nous fait partager, de l'intérieur, sa grossesse et son accouchement. Maggie la poétesse, avec toute son humanité et avec ses tripes, nous offre un récit cru, à vif, solaire et bouleversant sur la maternité, le couple, la relation à l'autre, l'identité.
Elle nous interroge sur la vie, la création d'une vie -à l'heure des Pro-life aux USA et ailleurs-, mais aussi sur la mort, son accompagnement, et les soins à accorder aux autres.
Brillante, un peu dérangeante, Maggie Nelson dont j'avais déjà beaucoup aimé Une partie rouge où elle se penchait sur le meurtre de sa tante, est une écrivaine originale qui nous émeut par son authenticité.
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Je ne suis que très peu convaincue par cet essai auto-fictionnel, bien que les premières pages avaient aiguisé ma curiosité. Il m'a vite laissé sur le bas-côté de la route… Contrairement à ce que suggère la quatrième de couverture, vous pouvez le lire, je vous rassure, il ne remettra pas en cause votre vision de la maternité.
L'idée était bonne, raconter la transformation de deux corps, celui de l'auteure enceinte et celui de son compagnon transgenre, et philosopher autour en convoquant Susan Sontag et Roland Barthès.
Il aurait pu être un roman positif et solaire, je l'ai trouvé rageux et décourageant. Paradoxale et tourmentée, l'auteure le truffe de débats féministes à l'heure où il faudrait juste rassembler. « Queer », elle pousse le lecteur à débattre sur l' »hétéronormalité » afin de remettre en cause le genre et l'identité. Il est indéniable que ce sont des sujets tabous et nécessaires, seulement je ne sais pas si c'était la meilleure façon de s'y prendre. Je ne sais pas non plus si je suis capable de juger ce roman, je vous livre simplement mon ressenti.

J'imagine que sa sortie aux Etats-Unis a été utile lorsque chez nous cet essai me parait désuet et stérile.
« Les argonautes » aurait pu tout aussi bien s'appeler #balancetesphraseschoc . Un petit «tu m'encules » Entre Winnicot et et Judith Butler, allez ça va passer crème et donner un air intello au bouquin. Ou cette punchline aussi, allez c'est cadeau je vous l'offre ( attention c'est fin, très fin ça se mange sans fin ) : « J'avais toujours présumé que donner naissance me ferait me sentir invincible et ample, comme le fist-fucking ». Niveau philosophie je vous avoue c'est un peu cliché mais je préfère Raphael Enthoven.
Attention à ce que je dis Maggie semble très susceptible. Maggie est une intellectuelle, Maggie n'a pas de leçon à recevoir, Maggie n'aime pas quand on parle du genre et pourtant elle est obsédée par cela. Les gens les plus réac me semblent souvent les plus intolérants. Car Maggie est comme tout le monde en fait : elle considérait les mères de haut, les nommait « les éleveuses » avant de découvrir les joies et la révolution intérieure qu'offre la maternité. J'ai donc pris son roman comme un mea culpa raté.
Le style n'est pas fluide, l'écriture pas terrible, les transitions mal faites… Heureusement il y a tous ces grands noms dans la marge , telle une thèse et sa bibliographie bien renseignée.
Un peu de tout donc dans cet essai très documenté que l'on dit « moderne » et « révolutionnaire »… à voir ce qu'il vous en restera à la fin de la lecture…
Je ne veux pas polémiquer, je suis décue, j'attends toujours de ce genre de roman qu'il fasse avancer les choses, et en fait il ne fait que dénoncer ou cliver. Dommage !

Lien : https://agathethebook.com/20..
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Complètement passée à côté de cette auto-fiction signée Maggie Nelson, poétesse, essayiste et critique d'art américaine, considérée comme une écrivaine à avoir lu absolument...

C'est à présent chose faite, même si je crains de l'avoir mal lue, clairement pas comprise. La tentation de revenir en arrière pour comprendre ce que je venais de lire était surpassée par l'envie d'avancer, d'en terminer avec cette lecture qui s'apparentait, dans mon esprit, à un embrouillamini de références éparses (parfois simplement mentionnées en marge comme s'il s'agissait d'évidences) peu éclairantes, de bribes parfois très "Los Angeles focused", de saillies intellectuelles n'évoquant rien à celles ou ceux évoluant en-dehors des cercles de Maggie Nelson et de son mari.

Le propos, pourtant, m'attirait énormément : j'étais curieuse de lire cette histoire d'amour hors du commun entre la poétesse et son mari, Harry Dodge, né femme, leur désir fou d'avoir un enfant. J'avais envie de connaître les trajectoires parallèles de ce couple dont les corps changent respectivement sous l'effet de la grossesse et de la testostérone.

J'étais toute ouïe, parée à l'écoute de réflexions profondes et accessibles sur le féminisme, le genre, l'identité, la maternité. Je n'ai trouvé que propos traités en surface et immense confusion.

J'aurais aimé embarquer à bord du vaisseau des Argonautes, aux côtés de ce couple en quête de la Toison d'Or, voyant leur embarcation - et celle de leur moitié - changer au fil d'un voyage mené à deux, contre vents et marées. J'ai plutôt terminé cette lecture avec l'impression d'avoir été laissée sur le port. Tant pis ! Un livre est un voyage qui vaut, toujours, un détour.
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critiques presse (2)
LesInrocks
25 juillet 2022
En partant de sa propre vie, l’essayiste déconstruit brillamment tous les codes, qu’ils soient hétéros ou homonormatifs.
Lire la critique sur le site : LesInrocks
LeMonde
19 janvier 2018
Ce n’est pas un livre de poésie, pas un livre de critique d’art, de philosophe, de théoricienne du queer, ce n’est pas une fiction, ni une autobiographie, pas seulement le portrait de trois personnages principaux en devenir, mais c’est sûrement un livre de poète.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
Je voudrais simplement que tu te sentes libre, ai-je dit par colère déguisée en compassion, par compassion déguisée en colère.
Tu ne comprends toujours pas ? as tu crié.
Je ne me sentirais jamais libre commet toi, je ne me sentirais jamais chez moi dans le monde, je ne me sentirais jamais chez moi dans ma peau.
C'est comme ça et ce sera toujours comme ça.
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Dans The Baby book du Dr Sears (…) il y est dit que vous êtes au fond un bouillon d’hormones et que, comme les hormones libérées par l’allaitement sont les mêmes que celles libérées par le sexe, vous pouvez être pardonnée de la confusion. Mais pourquoi parler de confusion, si ce sont le mêmes hormones ? Comment peut-on départager un sentiment sexuel d’un autre, présumé plus « réel » ? Ou, plus pertinemment, pourquoi départager ? Ce n’est pas comme une histoire d’amour. C’est une histoire d’amour. Ou, plutôt, c’est romantique, érotique et dévorant, mais sans tentacules. J’ai mon bébé et mon bébé m’a. C’est un éros enjoué, un éros sans téléologie. Même si je me sens excitée pendant que j’allaite ou que je le berce jusqu’au sommeil, je ne ressens pas le besoin de répondre au stimulus (et si je le faisais, ce ne serait pas avec lui). Dans les années à venir, cette histoire a toutes les chances de n’être plus réciproque, si j’en crois la rumeur. Raison de plus pour apprécier la souveraineté du moment. C’est si sombre, ce recoin, sombre et moite… Ses fins cheveux sont humides, sentent le bonbon et la terre, j’y fourre ma bouche et inspire. Je voudrais ne jamais faire l’erreur d’avoir besoin de lui autant ou plus qu’il n’a besoin de moi. Mais je ne peux nier que parfois, quand Iggy et moi dormons ensemble dans la caverne du lit inférieur, son grand-frère s’agitant au-dessus, bercés par la douce musique de la pluie artificielle, l’horloge digitale verte égrenant les heures, c’est le petit corps d’Iggy qui soigne le mien. (p. 74)
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Il s'est avéré que mes peurs étaient infondées. Ce qui ne veut pas dire que tu n'as pas changé pour autant. Mais le plus grand changement a été une bonne dose de paix. Elle n'est pas sans faille, mais après une angoisse suffocante, une dose de paix n'est pas négligeable. Tu as en effet quelques regrets aujourd'hui, mais seulement d'avoir attendu trop longtemps, d'avoir dû souffrir si intensément pendant 3 décennies avant de finalement trouver un peu de répit. Voilà pourquoi chaque fois que je compte les 4 barreaux de l'échelle bleue tatouée dans le bas de ton dos, que j'étire la peau, que je plante l'aiguille de près de 5cm et que j'injecte la T dorée et huileuse au plus profond de la masse musculaire, je suis certaine de te faire un cadeau.
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Je trouve ça irrésistiblement intéressant quand les gens assument la fétichisation de leur style moche au lieu d'oublier qu'ils en ont un.
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C’était comme si un épileptique avec un pacemaker était marié à un éclairagiste stroboscopique.
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