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96 pages
Éditeur : Monstrograph (01/01/2018)
4.78/5   9 notes
Résumé :
Ce texte iconoclaste est un plaidoyer pour l’imagination et pour la fiction, une défense de l’optimisme, des fins heureuses, du romantisme et de la littérature “féminine” comme arme politique, comme instrument d’émancipation sociale, comme démarche féministe.
“La réalité n’est pas la limite ni l’horizon de notre imagination, elle en est le point de départ.”
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
JaneetWallace
  16 décembre 2020
Eloges des fins heureuses… derrière un joli titre, l'auteure détricote à l'aide de nombreux exemples les apriori sur l'optimisme en littérature et nous amène à réfléchir à cette culture du pessimisme et du pire qui mine notre quotidien.
« Comme si une fin heureuse était une forme de sensiblerie et de naïveté qu'on ne passe qu'aux femmes, aux enfants et à ces balourds d'Américains »
Elle vous démontre avec astuce et arguments :
*Que la fin de Lalaland est complément ratée (tellement !)
*Qu'Orgueil et préjugés est un chef-d'oeuvre (mais pas « un peu moins qu'un autre chef-d'oeuvre plus grave et plus tragique » oui oui oui !)
*Qu'il est jubilatoire ce moment où Kathleen Kelly et Joe Fox se retrouvent dans une joli parc newyorkais pour un happy end dans Vous avez un message (Je vous assure que ça décomplexe les romantiques dans mon genre ;o)
Et si la douleur et la tragédie n'étaient pas forcément les conditions nécessaires à la création » ?
Et si « la mélancolie et l'inconfort nous donnaient la mission d'inventer des mondes suffisamment singuliers pour qu'on puisse y projeter tous les possibles ? Des mondes où l'imagination triomphe sur la tristesse, où la douceur et la sensibilité cassent la gueule à la violence et à la douleur, où les solitudes trouvent de la chaleur en s'entrechoquant comme des silex » ?
Et si, sans tomber dans l'optimisme le plus béat, la littérature était là pour ça… aussi?
Etre optimiste ne rime pas forcément avec aveuglement, égoïsme ou niaiserie. Etre optimiste c'est déjà changer le monde, c'est faire preuve d'inventivité… c'est ce que l'auteure s'efforce de démontrer, sans mépris ni cynisme (vous l'aurez compris) mais en allant à l'encontre du mode de pensée de l'époque : « Etre désabusé, ce serait donc faire preuve d'intelligence et de profondeur. Etre sarcastique, ce serait avoir compris la vacuité de la vie … C'est peut-être ici que se trouve la clef : cet art pessimiste veut casser notre désir. Il collabore avec la violence du monde et participe ainsi à faire de nous de bons petits soldats ».
Quand l'optimisme devient subversif. ..
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Ellanamamanda
  24 mars 2020
Un court essai très facile à lire, sur l'importance politique de créer et consommer des oeuvres où les personnages se dépassent et trouve un bonheur au-delà de toute concession. Coline Pierré insiste sur l'importance du rêve, la volonté d'y croire : comment croire en l'avenir, comment avoir l'ambition de vivre des relations in-croyables si même la fiction reste ancrée dans le réel et n'offre aucune issue de secours ? Elle se place également dans une dimension féministe : les sentiments doux et positifs apaisent le monde, et il faut arrêter de les reléguer à la chick-lit ou encore à la littérature pour enfants.
C'est un essai qui rend heureux, j'avais un grand sourire pendant toute la lecture. Ca fait effectivement du bien de lire une autrice qui y croit et qui défend le droit aux bonheurs "vrais", sans rapport avec une quelconque réussite sociale ou professionnelle. le droit de lire des romans où les héros et héroïnes ne se contentent pas des barrières du "possible", et le droit d'en espérer autant pour sa propre vie. Elle m'a même donné envie de regarder des comédies romantiques et des séries de Aaron Sorkin, alors que ce n'est pas ma tasse de thé.
J'ai également aimé sa vision du point de vue "conservateur" de certains créateurs, de leur réjouissance à voir un héros qui n'avait pas la bonne famille pour réussir échouer lamentablement. de même, elle interroge le "réconfort [que l'on trouve] dans la médiocrité", et la facilité d'une vision du monde acerbe et aigrie.
Un très chouette essai qui tombe parfaitement dans ces temps de morosité ambiante ! :)
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Cirius
  27 décembre 2019
Livre lu après avoir écouté le podcast "Les trois points" (épisode 2, sur le féminisme et la fiction), dans lequel il est cité plusieurs fois.
Dans ce court essai, Coline Pierré défend les fins heureuses dans les oeuvres de fiction, c'est-à-dire les fins qui laissent ouvert l'horizon des possibles. Il s'agit pour elle d'une responsabilité politique et éthique de l'écrivain(e) que de ne pas "briser" ses lecteurs et lectrices, et de laisser entrevoir des potentialités plutôt que de se borner à documenter la réalité.
J'ai beaucoup aimé ce texte, qu'on pourrait qualifier sans condescendance de "chouette petit livre", bref et limpide (cf le dernier chapitre, qui fait l'apologie de ces livres-là). J'ai eu du mal à sélectionner des passages intéressants tant chaque phrase semble nécessaire et percutante.
A lire et à relire.
En outre, l'objet est très beau : édité par la petite maison d'édition de Coline Pierré et Martin Page, imprimé sur un papier très agréable, avec une typo très belle.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
CiriusCirius   27 décembre 2019
Offrir une fin heureuse à un personnage malheureux, c'est faire acte de désobéissance. On affirme haut et fort une morale de la contradiction. Et en imaginant une alternative, on aide à la rendre possible dans le monde réel. L'imagination est la première forme d'action politique.
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EllanamamandaEllanamamanda   24 mars 2020
[Les fins heureuses] sont les poils à gratter de nos existences. Malgré leur apparence de fruits sucrés et juteux, elles refusent de nous laisser en paix avec nos petits arrangements quotidiens.
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EllanamamandaEllanamamanda   24 mars 2020
Pourquoi trouve-t-on du réconfort dans la médiocrité de la vie de personnages censés nous inspirer ? Sans doute parce qu'ils nous permettent de justifier nos propres renoncements.
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CiriusCirius   27 décembre 2019
Je considère qu'on ne peut pas se permettre de briser des ados qui doutent et des enfants qui espèrent, parce qu'en lisant nos livres, ils nous offrent leur vulnérabilité et leur confiance. Il ne s'agit pas d'être béat d'optimisme, mais simplement de ne pas leur mettre la tête sous l'eau.
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CiriusCirius   27 décembre 2019
Ça ne dérange aucune fille de dix ans de s'identifier à un héros de fiction masculin. En revanche, les garçons auront toujours un mouvement de rejet ou du moins d'hésitation face à un roman jeunesse qui met en scène une héroïne.
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