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ISBN : 2070388913
Éditeur : Gallimard (03/05/1994)

Note moyenne : 3.52/5 (sur 89 notes)
Résumé :
Série Noire 2098

Les accidents de train, les catastrophes ferroviaires, on lit toujours ça dans les journaux et ça n'arrive qu'aux autres. Mais quand on se retrouve aplati contre une jeune femme, sous quarante tonnes de tôle, pendant cinq heures, le mieux est encore de faire connaissance.
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
canel
  24 juillet 2014
Quelle aubaine pour un garçon de seize ans de se retrouver allongé sous une femme de vingt-six ans ! Il est des étreintes plus agréables que d'autres, cela dit : ces deux-là sont coincés sous les débris d'un train crashé. Les mouvements sont donc limités et la jeune dame n'a pas l'air sereine. N'empêche qu'une telle promiscuité invite à être encore plus près que près...
L'humour de Pouy me régale toujours autant : losers drôles et touchants en scène, dialogues savoureux et langage fleuri. Argot, bons mots et reparties réjouissantes à la pelle, surtout qu'ici, la voix est celle d'un adolescent.
Les portraits que l'auteur dresse de la Bretagne et de ses autochtones sont toujours drôles et moqueurs. Mais vous pouvez remballer promptement votre courroux, ô amis bretons chatouilleux, le tableau est plein de tendresse. Ni vache, ni condescendant.
On peut trouver les intrigues de Pouy faiblardes et décevantes. On ne s'en soucie guère si le ton reste enlevé, mais ici tout m'a semblé s'essouffler assez vite, et le road-trip traîner en longueur.
Quoi qu'il en soit, je ne boude pas deux heures de récréation souriante.
Et ce roman s'achève sur une jolie pirouette.
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carre
  17 février 2012
J'aime retrouver l'univers de Jean-Bernard Pouy, et ce petit polar ne manque pas d'atout pour nous séduire. L'histoire d'un jeune ado qui se retrouve faisant corps (dans le sens littéral du mot) avec une jeune femme suite au déraillement de leur wagon lors d'un attentat. Pouy déroule avec beaucoup de malice, d'humour son intrigue. Comme souvent chez lui, il nous délecte de son plaisir de jouer avec les mots et aime saupoudrer le tout d'humour noir. Et nous lecteur, on se dit que ça fait vachement de bien de retrouver l'un des créateurs du Poulpe.
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bdelhausse
  29 avril 2015
Humour, adolescence et TGV...
Même si une bonne partie de l'intrigue est liée à des trains de banlieue ou de province, l'intrigue de Jean-Bernard Pouy sent bon le TGV. On fonce. On y va. On aligne les phrases rapides, on accumule les rebondissements, les revers... On n'est pas là pour se poser. C'est clair.
Cependant, j'ai plutôt eu le sentiment d'assister à un atterrissage tout au long du roman qu'à un envol... La faute à ces premières dizaines de pages, lorsque les deux protagonistes sont coincés, emmêlés, fusionnés dans la carcasse d'un train suite à un accident. Ce démarrage annihile tout le reste du livre, qui reste pourtant de bonne facture.
Pour l'anecdote, il y a plusieurs années, une catastrophe ferroviaire a eu lieu en Belgique, du côté de Buizingen, et un des deux trains, c'était mon train habituel. Mais je n'étais pas à bord... C'est dire si j'ai été tacklé par les premières pages du roman de Pouy.
Le reste est une sorte de "road movie", décrivant la fuite en avant et les péripéties de Marcel et Marie-Claude pour échapper à Ange, proxénète notoire. le fait de coller à une certaine actualité rend les choses très agréables, à mon sens. C'est un indéniable plus que l'auteur apporte au livre.
La lecture est agréable, et on a un très honnête polar à la française, qui m'a rappelé Izzo ou Daeninckx, c'est dire si la qualité est globalement au rendez-vous. le hic c'est qu'il y a davantage matière à une longue nouvelle qu'à un court roman. On sent un peu la dilution et l'étirement du propos par des rebondissements, qui sont un peu téléphonés et n'ajoutent pas grand-chose à l'intrigue.
Beaucoup d'humour, pas de pathos, de l'action, une lecture rapide, une écriture vive, un langage d'ado bien maîtrisé... ce n'est déjà pas si mal. Et une chute finale digne d'une nouvelle.
Pour l'anecdote, ceci est mon 4è livre emprunté via www.lirtuel.be, la plateforme des bibliothèques numériques de la Fédération Wallonie-Bruxelles, et lu sur une tablette.
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Seraphita
  24 août 2014
Du haut de ses 15 ans, Marcel n'a pas trop de chance : le train qui le conduisait à son bahut vient de dérailler, les quarante tonnes du wagon pèsent lourd sur corps bien frêle. Ajoutez à cela une jeune femme plutôt sexy, coincée comme lui et qui l'écrase : Marcel n'est pas sorti de l'auberge. Et même s'il s'en sort sans trop de dommage (une simple oreille croquée sans vergogne par la demoiselle), la rencontre choc du train va l'embarquer dans une aventure des plus périlleuses. Emotions et frissons garantis…
« L'homme à l'oreille croquée » est un excellent roman noir écrit par Jean-Bernard Pouy. le début plonge le lecteur dans un univers apocalyptique et l'on tremble aux côtés de Marcel. le point de départ est extrêmement original, tant au niveau du décor inédit que du point de vue narratif : nous vivrons ces quelque 150 pages dans la peau de l'adolescent timoré, naïf et attachant. On est vite happé dans l'intrigue. Même si, à un moment donné, celle-ci prend un tour poussif et peu crédible, l'ensemble demeure jubilatoire, d'une jubilation acide cependant, tant la plume de l'auteur trempe dans le vitriol du cynisme, mais qu'importe puisque, sous le caustique, la tendresse n'est pas loin, la candeur et la fraîcheur de l'adolescence affleurent derrière le sanguinolent de la rencontre ferroviaire. Un roman noir rempli d'originalité et d'inédit : à découvrir, si possible à distance d'un train !
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muet-comme-un-carpe-diem
  23 juillet 2009
Il y a quelque chose de l'histoire des larmes de Jan Fabre dans la première partie du roman noir de Jean-Bernard Pouy L'homme à l'oreille croquée. le huis clos entre un adolescent et une jeune femme qu'un accident de train projette l'un contre l'autre. Marcel sent le corps de la fille sur lui, son ventre parfaitement posé sur le sien, le haut de son corps un peu tordu, il ne sent qu'une partie de sa poitrine, sa tête sur le côté de la sienne, son bras gauche le long de son corps, sa main posée sur le haut de sa cuisse.
Des corps entremêlés comme pour une union charnelle mais en fait enclavés dans les parois du compartiment qui se sont broyées autour d'eux, ne leur laissant que très peu d'espace pour respirer et remuer. La jeune femme menacée par un éclat de métal dangereusement pointé contre sa colonne vertébrale.
Bon gré mal gré, dans cette violente promiscuité, il doit accepter la totalité des fluides corporels qui vont sourdre d'elle. Il va osciller entre la peur, le dégoût, le désir, la colère reposant toutes les questions d'ores et déjà évoquées sur le rapport à l'autre et à son intériorité dans les textes d'Emmanuèle Bernheim et ceux de Jean-Paul Sartre ainsi que dans l'oeuvre de Wim Delvoye.
Lorsque les pompiers finiront par arriver pour les désincarcérer de leur prison de métal, la douleur est-elle qu'elle en vient à mordre et arracher l'oreille de son compagnon d'infortune.
Ils auraient pu ne jamais se revoir, mais cette expérience d'un train qui a déraillé est mâtinée pour l'adolescent de celle des transports amoureux aussi n'aura-t-il de cesse de la retrouver. D'autant plus lorsqu'il comprendra qu'elle est menacée.

Comme dans la Belle de Fontenay, où un retraité des chemins de fer adhérent à la CNT-AIT cherche à mettre la main sur le meurtrier de la jeune lycéenne qui lui rendait visite dans son jardin ouvrier, la quête de la vérité par ce jeune homme à l'oreille croquée va brouiller les cartes, les représentations, attiser les espoirs, l'envie et les déceptions. La chute d'airain des deux romans délivrant finalement une même perception de ce que l'on peut attendre du bonheur dans des romans noirs.
Une ambiance, une vision du monde pas si éloignée que cela de celle de Gabriel Lecouvreur, plus connu sous le nom du Poulpe, cet aventurier libertaire, dont la première enquête publiée avait été rédigée par Jean-Bernard-Pouy avant que la suite de la saga de ce personnage atypique ne soit confiée à d'autres écrivains de polars. Encore une histoire de train comme son titre ne l'indique pas : La petite écuyère a cafté.
Dans un autre registre, L'homme a l'oreille coupée, de Jean-Claude Mourlevat vous amènera à tendre l'oreille aux explications successives que lui réclament les piliers de bar sur son handicap qui finissent par un clin d'oeil facétieux.

Lien : http://muet-comme-un-carpe-d..
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
canelcanel   23 juillet 2014
Un jour, au lycée, pendant un match de rugby, j'ai pris un coup de saton dans les antoines et le prof, il m'a allongé par terre, m'a enlevé une godasse, et m'a foutu de grands coups de poing dans la plante du pied, putain ce que j'ai eu mal, mais j'avais plus mal au pied qu'aux couilles et, petit à petit, il a ralenti le bastonnage des arpions, la douleur avait presque disparu, le problème, c'est que je l'ai traité de salaud et je me suis coincé huit heures de colle.
(p. 22-23)
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canelcanel   24 juillet 2014
[À Auray], la Bretagne montrait le bout de sa coiffe en granit. Sinistros. Une gare très large, très grise, une gare comme on en rêve dans les films d'horreur, avec la brume et le chef de gare qui a du poil aux pattes. Le loup garou à casquette. (p. 65)
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canelcanel   25 juillet 2014
Je n'ai pas répondu, la gorge transformée en cadenas. C'était fou, moi qui ne pleurais jamais, même au cinéma. J'étais en train de vider mes réservoirs auxiliaires, comme dit Eric quand il va pisser. L'essence, dans les zincs, je sais où elle est, elle est dans les ailes. Mais toute la flotte qu'on sort par les yeux, je ne sais pas où elle peut être stockée. Dans les fesses, peut-être. (p. 30)
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canelcanel   24 juillet 2014
J'ai traversé Lorient. Plus moche, tu claques. Le style Allemagne de l'Est en moins riant. Je m'attendais, en marchant dans toutes ces rues sinistres, à entendre une sirène et à foncer vers un abri. (p. 70-71)
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koalaskoalas   21 août 2013
Elle portait une minijupe rouge et un chandail noir. J'ai pensé à l'anarchie.
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