AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2072829623
Éditeur : Gallimard (21/02/2019)

Note moyenne : 3.45/5 (sur 82 notes)
Résumé :
Camille Destroit, quadra, célibataire, responsable des achats du rayon frais à l’hyper de Cassel, est interpellé lors de l’évacuation du site de Zavenghem, occupé par des activistes. A sa sortie de GAV, le hangar où il stockait des objets de récup’ destinés à ses potes zadistes (ZAD = Zone à défendre), n’est plus qu’un tas de ruines fumantes. Son employeur le licencie, sa copine le quitte et il se fait tabasser par des crânes rasés. Difficile d’avoir pire karma et d... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (34) Voir plus Ajouter une critique
Ziliz
  11 mars 2018
ZAD.
Zoo A Déblayer, selon les forces de l'ordre.
Zorro A Devenir, selon les manifestants.
Zone A Défendre, selon Wiki, qui précise : « néologisme militant utilisé pour désigner une forme de squat à vocation politique, la plupart du temps à l'air libre, et généralement destinée à s'opposer à un projet d'aménagement ».
La ZAD où oeuvre le généreux Camille vise à bloquer un projet de 'plateforme multimodale', soit « trente kilomètres carrés de béton, au bord du canal, où aboutiraient voies ferrées et autoroutes, pour 'dispatcher', c'était le terme officiel, la masse incommensurable de conteneurs venant du port de Dunkerque et arrivés jusque-là en péniches XXL. [...] Tout le monde savait que ça voulait dire la mort bétonnée d'autant de zones humides avec leurs milliers de salamandres, de crapauds et de mignonnes petites fleurs des champs. Sans parler de la destruction de fermes et de familles de fermiers installés depuis trois siècles sur le site. »
Camille aide comme il peut les militants installés sur ce site de Zavenghem, donne des fruits et légumes, du matos de récup', et prête à qui veut la grande baraque dont il a hérité. La plupart des zadistes sont des écolos pacifistes, mais arrivent parfois des activistes plus 'durs' - Black Bloc & No Border. Et des opposants d'autres extrêmes...
Bonne poire, Camille est parfois le dindon de la farce...
Je ne suis pas fana des intrigues de JB Pouy, mais j'adore ses ambiances, ses personnages doux-dingues et leurs échanges. Ça ne fonctionne pas à tous les coups - ici ça n'a pas pris. Côté entubage mafieux politico-commercio-industriel, on n'en apprend pas plus qu'avec le 4e opus des Vieux Fourneaux. Les dialogues savoureux se font trop rares, au profit de jeux de mots éculés, et de divagations cinéphiles, poétiques, philosophiques d'un 'vieux' (!?) de 44 ans déprimé, revenu de tout mais paradoxalement assez naïf.
Lecture plutôt ennuyeuse, malgré les petits détours amusants en Bretagne et les clins d'oeil gentiment moqueurs aux gens du coin.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          340
R2N2
  27 juillet 2018
Trois mois entre la sortie du livre et sa lecture, trois mois encore entre la première lecture et la chronique. Bof, l'occasion de sortir encore une expression toute faite sans intérêt comme chi va piano va sano.
Entre Octobre 1917 et Mai 68, nous avons déjà eu l'occasion de se pencher sur les liens entre littérature noire et événements historiques. Ma ZAD de Jean-Bernard Pouy nous plonge cette fois dans l'actualité brûlante. Hasard du calendrier, le livre est sorti en librairie quelques jours après l'annonce de l'abandon du projet d'aéroport à Notre-Dame-Des-Landes, et donc la victoire, sur ce sujet, de la Zone A Défendre la plus emblématique de France ce qui lui donne un côté Nostradamus de la Série Noire: victoire sur l'abandon du projet, l'État qui s'en sert de prétexte pour déloger tout le monde, les occupants qui décident de rester, les bleus qui cognent et les cognes qui distribuent bien pire que des bleus… JB ne fait même pas dans l'histoire du temps présent mais dans l'histoire du temps futur, c'est en fait son premier roman de SF.
ZAD et politique
Évidemment, toute ressemblance avec des situations ou des personnes existantes ou ayant existé ne peuvent être de simples coïncidences. Cependant, pour écrire ce roman, Jean-Bernard Pouy s'est surtout inspiré d'une autre ZAD, contre un autre GPII (Grand Projet Inutile et Imposé), celle de Sivens dans le Tarn, contre un projet de barrage impliquant la destruction de la zone humide du Testet, rendue tristement célèbre par la mort de Rémi Fraisse, tué par la gendarmerie mobile. Bien que documenté et très réaliste sur le sujet, Ma ZAD n'est pas un livre sur les ZAD, mais bien un roman avec une ZAD (enfin, même plusieurs) pour cadre. Il ne faut donc pas chercher à décortiquer ce que dit l'auteur des ZAD comme on le ferait d'un essai sur le sujet. La ZAD et le militantisme sont plus la toile de fond du livre que son sujet, et tant mieux !
Vu ce qui occupe mon esprit et par voie de conséquence ce blog, certain·e·s pourront être surpris·es par ce « tant mieux », mais je répondrai « justement », ce qui, j'en conviens, n'apporte qu'un éclairage très partiel. Justement, parce qu'intéressé par les questions militantes, je crains de les croiser dans un livre. Même quand l'auteur n'a pas un point de vue idéologique si éloigné que ça du mien, il est rare que leur traitement ne m'agace pas quand ce n'est pire. L'expérience avec Pouy s'est déjà présentée au travers de Nus qui suit un groupe anarchiste (et ponctuellement nudiste). Les approximations, incohérences ou manques de réalisme de l'auteur, les conceptions antagonistes, le manque de capacité du lecteur pisse-froid que je peux être à accepter de voir tourner certaines choses en dérision… Tout cela fait que j'ai gardé une impression très mitigée de Nus (le seul livre de JB Pouy, me semble-t-il, ou alors j'ai oublié et encore une fois : « tant mieux ») et que j'avais une pointe d'appréhension en apprenant la sortie de Ma ZAD.
A tort, totalement. Les descriptions et considérations militantes et politiques ne m'ont à aucun moment gêné dans Ma ZAD, certaines m'ont plu, d'autres m'ont amusé, d'autres laissé indifférent, mais aucune ne m'a détourné du plaisir procuré par bien d'autres aspects de ce roman.
L'histoire, histoire de dire
Mais alors qu'est-ce qu'il raconte le bouquin? C'est vrai que mes cons-génères qui babillent littérature sur un coin de web commencent généralement leurs chroniques par un résumé, j'ai tendance à ne pas le faire. Déjà, puisque les autres blogs le font, puisque l'éditeur le fait, puisque les sites de vente en ligne le font, je ne vois pas à quoi ça sert que je m'emmouscaille à vous recopier la quatrième de couverture. Je préfère vous dire ce qui importe pour moi, ce qui fait que j'aime le livre, ce qui m'a marqué durant la lecture. Or, c'est rarement le scénario, ici en tous cas ce n'est pas le cas. Mais je voudrais pas qu'on m'accuse de manquer à mes devoirs, et puis, je suis un faux anticonformiste.
Alors on a un prolo en milieu rural dans le nord de la France qui bosse dans une grande surface. Il s'appelle Camille, prénom épicène choisi collectivement par les zadistes pour s'anonymiser et éviter que l'on puisse personnaliser la lutte autour d'individu·e·s sorti·e·s du lot. le Camille en question soutient la ZAD voisine, sans en être un occupant à temps plein, il se définit comme un zadiste périphérique. Je soupçonne l'auteur de ne pas pouvoir le piffer – sûr qu'en le nommant Camille Destroit, il s'est retenu d'écrire Camille Demesdeux – vu qu'en quelques pages, il le créé orphelin et divorcé, puis lui fait perdre son boulot, son hangar et les stocks contenus victimes d'un incendie criminels, son intégrité physique, sa compagne … Il lui offre en compensation des emmerdes avec les flics et les fachos au service du grand patronat et des combats brumeux dans lesquels enjeux personnels et collectifs se mêlent, des rencontres pas toutes bienveillantes. Ses pérégrinations le mènent un peu partout en France, en Bretagne et en Europe… Il croise le chemin de pêcheurs, d'une sorcière, d'industriels, d'un peintre, de militants autonomes… Il est question d'histoires de famille, des grandes questions environnementales et économiques, d'amour, d'illusions et de désillusions, de bouffe… Sans compter tout ce que j'ai déjà cité plus haut et que je ne vais pas répéter (nota (comme Nicole): suite à un déplacement du paragraphe, ce qui était plus haut est maintenant plus bas alors merci de lire en faisant le poirier parce que j'ai la flemme de modifier, par ailleurs, comme c'est maintenant plus bas et que bêtement vous lisez de haut en bas histoire d'être sûr de toujours vous enfoncer plus bas dans mes conneries, vous ne l'avez pas encore lu, mais moi je l'ai quand même déjà écrit, donc le remettre ici serait bien me répéter, un genre de répétition par anticipation, tout un concept) et tout ce que je vous laisserai découvrir en lisant. Bref, en moins de 200 pages il y a vraiment de quoi s'occuper.
100% pur Pouy
Quand on est fan de Pouy, on a deux avantages. le premier c'est que l'auteur étant vivant, on continue à avoir le droit à de nouveaux bijoux régulièrement. le deuxième c'est qu'il est très prolifique (on n'est pas au niveau de stakhanovisme d'un GJ Arnaud, mais quand même, il est courant qu'il sorte trois livres la même année), il n'y a donc jamais à attendre longtemps avant la prochaine sortie. Pourtant ces dernières années, les bonnes nouvelles se faisaient plus rares sur ce front. le dernier roman inédit paru sous le nom de Jean-Bernard Pouy date de 2013 avec Calibre 16mm, soit cinq ans de disette ! Certes, depuis nous avions eu le droit pour patienter à une novella dans la collection Les petits polars du Monde, à la réédition de cinq de ses romans regroupés sous le titre de Tout doit disparaître, et surtout à un coup à la Boris Vian avec Le Merle, sensé être écrit par un certain Arthur Keelt et traduit par Pouy (même si l'imposture Keelt a fait moins long feu que celle de Vernon Sullivan). Certes, mais quand même. Avouons-le, les symptômes du manque devenaient ingérables.
Pour le coup, avec Ma ZAD, nous avons notre dose de Pouy. Car ce roman pourrait servir de support de formation pour un cours sur son auteur, tant il en a toutes les caractéristiques. A croire qu'il s'est dit « vous voulez du Pouy, ben je vais vous en donner moi, du Pouy! ». On retrouve tout ce qu'on a pu apprécier chez l'auteur par le passé sur le fond comme sur la forme, et, le cas échéant, même ce que vous n'auriez pas été capables d'apprécier.
Les thématiques
Bien sûr, j'exagère, toujours. Parce que perpétuellement outré, je n'existe que par l'outrance. Cependant, les principales thématiques sont bien là. A son habitude, JB Pouy, nous donne envie de Bretagne. Bien que le principal rôle non humain soit cette fois donné à un chat répondant au doux nom de Glütz, il nous délivre quelques mots d'amours à ses vaches adorées (comme « n'oublions pas que la vache est notre seconde maman »). Questions transports, et je parle de moyens de locomotions, pas seulement d'amour, il est vrai que le narrateur utilise à peu près tous ceux existant (il voyage à pince, en camionnette, en tramway, en avion, en ferry, en métro, en bus, en téléphérique… il ne manque que le vélo, pourtant cher à l'auteur, mais peut-être est-ce trop lent pour ce livre à 200 à l'heure, 200 pages j'entends, car chacun sait qu'à bicyclette, ça ne va vite que dans un sens : si en descente les méchants bourrent vils, c'est plus compliqué au retour, tel Yves, montant, qui comme Charles trainait), le fait qu'il prenne à le train à plusieurs reprises n'est donc pas parlant. Beaucoup plus significatif, le fait que le père du narrateur travaillait à la SNCF et créait des acrostiches autour de ces quatre lettres, une habitude que les lecteurs assidus connaissent bien, voir attendent impatiemment.
Les personnages
Les personnages sont des personnages de Pouy, point à la ligne. Avec un quadra un peu au bout du rouleau mais dont l'errance finale ne se fera pas sans laisser d'empreinte, avec la sempiternelle contrainte du handicap, le personnage principal qui a une relation ambigüe avec une jeunette qui pourrait être sa fille (un jour j'en parlerai de cette relation récurrente dans l'oeuvre de Pouy et qui est « problématique » comme on aime bien dire aujourd'hui), des salops vraiment salops et des pas salops pas vraiment pas salops, des champions du monde de levage de coude à la langue bien pendue mais au verbe haut…
L'ambiance et la philosophie
L'ambiance mariant sans difficulté la mélancolie et l'humour, l'impression de fin d'un monde qui n'en finit pas de finir et un rythme malgré tout soutenu est aussi au rendez-vous. L'ambiance, chez Pouy, c'est de loin ce que je préfère. Les jeux de mots rigolos, c'est sympa, la qualité d'écriture c'est important, mais ce n'est pas l'intérêt central de ses livres. Entre les faits racontés et les réflexions disséminées, certains propos tenus par les personnages, certains termes utilisés, les lieux, météos et autres éléments de description… il y a un truc dans ce livre comme dans a peu près tous les Pouy qui serre la gorge, qui noue l'estomac, envape la cervelle dans un vague-à-l'âme certain. Dans le même temps cette noirceur ne nie pas les plaisirs de la vie, elle trouve au contraire un équilibre parfait avec l'humour, la culture, le cul, la bonne bouffe, le bon vin, les vrais potes… Ma ZAD nous offre une livraison de Noir haut en couleur, typiquement Pouyesque. A de rares exceptions près, je referme un Pouy un peu comme je sors d'une manifestation antifasciste réussie mais due à un progrès des fachos, sans savoir si je suis plus boosté et enthousiaste ou plus démoralisé, mais toujours modifié, impacté émotionnellement par ma lecture. Ce fut encore le cas en fermant Ma ZAD.
Personnellement, je n'arrive pas à dissocier l'ambiance de la philosophie générale de l'oeuvre. Ou, peut-être, moins pompeusement, à la dissocier de la grille de lecture de la vie qui y transparait. On retrouve ici un narrateur totalement accablé par les événements, typique du roman noir. Mais il ne se laisse pas totalement porter par ces événements jusqu'à une fin inéluctable comme dans d'autres bouquins du genre (notamment chez certains auteurs américains) et son combat ne se résume pas à précipiter cette fin inéluctable ou à partir en beauté comme les personnages d'auteurs plus nihilistes (je pense notamment à Fajardie). Il compose avec ce que lui réserve la vie – bien obligé – mais il lutte pour malgré tout exister (à différencier de la lutte pour vivre ou survivre, qu'on retrouve dans d'autres types de romans noirs), ce qui est très bien résumé par le narrateur lui-même:
Encore un truc en moins. Après mon boulot, mon hangar, ma copine, mes illusions tout ça… A ce tarif là, dans un an, j'allais être réduit à l'état de spectre désincarné…
Mais à ce moment, on sait déjà qu'il ne va pas accepter son sort, sa spectralisation programmée (ce néologisme de mon cru ne sert à rien, mais je le trouve trop beau pour ne pas l'utiliser) car il a déjà précisé plus tôt:
« Mon problème à moi, (…) c'était d'accepter ou non de m'être fait aplatir, rabioter, tondre. (…) Parce que j'avais des perspectives. Ma ZAD, ma zone à défendre, la mienne. (…) C'était maintenant à moi de prouver.
Ce combat existentialiste ne se borne pas à être, le narrateur se donne encore le droit de choisir qui il veut être et d'en faire un choix réfléchi. Il parle régulièrement du besoin de réfléchir, de déconnecter « avec remise en marche pré-programmée », et encore plus explicite « comme un putain de Tibétain, je cherchais toujours la Voie » et surtout « Je n'allais pas, comme Dylan, m'asseoir au bord de l'eau et regarder la rivière couler ». Mais chaque fois le ton décalé, l'ironie utilisée vient nous prévenir (pour ma part me rassurer), on n'aura pas affaire à un long et barbant roman introspectif sur une quête initiatique à la mord-moi le mormon.
Pour ne pas finir comme un spectre désincarné et continuer d'exister, pour trouver sa voie, le narrateur n'a qu'une possibilité, se battre. Une jeune fille le lui dit d'ailleurs clairement « Toi, t'as besoin de dureté. Pour que tu sois content, il faut que tu te radicalises. » Et quelques lignes plus loin, le narrateur d'admettre « ce qui voulait dire qu'elle avait, bien sûr, raison. » Alors pendant toute l'histoire, les combats politiques de Camille, ses combats personnels, les combats personnels de tierce personne qu'il endosse plus ou moins volontairement, se mêlent, se croisent, s'enchevêtrent voir se confondent, mais c'est avant tout parce que peu importe, tant que ce sont des combats, ils remplissent leur rôle.
Le style, inimitable, inimité.
Surtout, la finesse d'écriture est toujours inégalable; les calembours, le détournement caractéristique de sigles et acronymes, les néologismes et métaphores hautes en couleur qui rendent le texte si vivant, les exhumation de beaux mots trop rares, le mélange joyeux des registres de langage du plus familier au plus soutenu, les changements de rythmes (je ne vais pas tout spoiler, même d'un point de vue stylistique, mais le dernier chapitre… wah!), les figures de styles dans toute leur variété… Ce n'est pas pour rien que comme le Barthélémy de Fred, je suis tombé dans le Pouy quand j'étais jeune et ne pense jamais qu'à y retourner. N'oublions pas, dans la plus pure tradition oulipienne, une série de jeu sur les chiffres à faire passer deux pour un nombre premier.
Il y a par ailleurs des zigs et des gisquettes qui opposent dans ce livre « culture » et « populaire », « finesse » et « potache ». Je les emmerde. Encore que ce soit inutile, car en débitant une telle diarrhée (si je voulais faire dans la subtilité je parlerais de logorrhée, mais je ne veux point), ils n'ont pas besoin de moi pour être merdeux. Chez Pouy, c'est la culture qui est populaire, il n'y a pas de contraste entre les deux. Les jeux de mots les plus bruts, voir lourds, sont drôles. La qualité d'écriture vient justement de sa diversité, de son amplitude. Il n'y a pas du lourd et du fin, il y a du fin parce qu'il y a du lourd. La légèreté potache nourrit la gravité, les grossièretés font partie de la richesse de l'écriture…
La bonne confiture maison se mange à la cuillère
Les auteurs qui saturent leurs écrits de références culturelles sont parfois très indigestes (même si, contrairement à beaucoup, je suis plutôt bon public pour ces références, je trouve qu'une ambiance s'illustre bien avec quelques morceaux de musique, les personnages se découvrent bien quand on sait ce qu'ils lisent ou regardent). Il y en a bien un ou une d'entre vous qui ne manquera pas de remarquer à voix basse (ou haute si vous êtes insupportables) que la culture, c'est comme la confiture, moins t'en as et plus tu l'étales. Et bien, désolé mais le bon sens populaire est parfois très con ! Si tu n'as pas beaucoup de confiote, il faut être stupide pour l'étaler sur un kilomètre de pain au point de ne pas en sentir le goût. Mieux vaut en déposer une bonne couche sur un coin de crouton pour bien en profiter et manger le reste de la miche au beurre demi-sel. Ou c'est que vous mangez de la mauvaise confiture, et alors le problème ne vient pas de la faible quantité, mais de la piètre qualité. Et en fait, le noeud du problème est là, ce n'est pas la quantité mais la qualité qui importe, quand c'est bon on ne compte pas les calories, la culture on en accepte trois centimètres d'épaisseur sur l'ensemble de la baguette.
Je pense n'avoir jamais lu un aussi court roman avec autant de références culturelles. Romans, films, tableaux, photos y sont cités par dizaines. Et pas étalés pour moins en sentir la saveur. Non, le JB y va à la louche, te faisant parfois un paragraphe entier de livres ou de tableaux à la suite. Et bien, ça doit être de la bonne culture, bien distillée, parce qu'on apprécie de bien en sentir le goût. Il y a presque un aspect testamentaire, comme si il voulait nous indiquer ce qui vaut le coup d'être lu ou vu, mais sans jamais sombrer dans le listing puéril, chaque oeuvre citée étant associée à une émotion, une anecdote, une blague, quelque chose d'intéressant qui fait qu'elle est à sa place. Et ce qui n'en vaut pas le coup, car il ne se gène pas pour égratigner quelques sommités quand l'envie lui en prend. de la même manière, on a le droit; renforçant cette impression de lègue, à un véritable guide de voyage, nous conseillant plein de coincetaux qui valent le coup d'être vus avant de casser sa pipe. Parce que non seulement le narrateur voyage pas mal (Nord de la France, Finistère, Belle-ile, Landes, Lettonie, Lübeck, Hambourg, Paris, Suisse…) mais en plus il nous donne des conseils sur ce qu'il y a à voir à plein d'autres endroits, nous chante les louanges de tel château des Pyrénées, de tel ville ou village de France, du Vercors ou de tel lac de l'Aubrac, nous indique les principaux points d'intérêts des différentes capitales d'Europe… Tout ça ne m'a absolument pas écoeuré ni lassé, au contraire, j'ai vécu cette lecture comme un constant tourbillon enivrant.
Le fashion faux pas
Il fallait que je trouve une critique à formuler, si je ne veux pas passer pour un fanboy acritique. J'aurais pu parler de questions de fond, comme une déjà citée dont la récurrence dans l'oeuvre de Pouy a de quoi interpeler et sur laquelle il y a à dire. Sauf qu'il faut être honnête, ça aurait été une réaction à froid, analytique. Sur le moment, en pleine lecture, ce qui me gêne se trouve souvent dans les détails.
Pour lire la suite, cliquer sur le lien
Lien : https://romancerougenouvelle..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Renod
  22 avril 2018
Zavenghem dans les Hauts-de-France. Des militants écologistes et anticapitalistes ont créé une ZAD, zone à défendre, pour s'opposer à un projet de plateforme multimodale. L'aménagement prévu par le géant du BTP «Valter & Frères» permettrait la création d'un millier d'emplois dans une région économiquement sinistrée. Mais les travaux dans cette zone humide causeraient l'extinction d'une espèce protégée, la salamandra salamandra. Il faut choisir son camp : celui du boulot ou des amphibiens. Camille, propriétaire d'une ferme située au cœur de la zone, prend fait et cause pour les zadistes. Il vient de perdre son travail et sa femme l'a quitté. Il va trouver dans le militantisme une forme d'exutoire qui va se transformer en fuite en avant.
Il y a de tout dans le dernier opus de Jean-Bernard Pouy, du moins bon et du très bon. Commençons par les calembours ratés et parfois gênants. On les croirait lancés au cours d'un repas de famille par un grand-oncle aviné, ces blagounettes appuyées de clins d'oeil et qui ne recueillent qu'une moisson de sourires forcés. J'ai craint de m'embourber dans cet humour potache mais j'ai été accroché par une intrigue nerveuse entrecoupée de digressions souvent heureuses et de références culturelles opportunes.
Le risque pour un auteur de polar politique, c'est de céder à la caricature. Ce n'est pas le cas ici car même si le parti pris du protagoniste est sans ambivalence, on sent que son engagement est moins causé par une idéologie que par une crise existentielle. Le lecteur qui aura suivi les péripéties de Camille en Bretagne, en Suisse et dans le Médoc sera récompensé par un dernier chapitre exceptionnel. Cette ultime saillie aux accents céliniens (oui, oui, j'ose) nous prouve que nous aurions tort de ranger trop vite Pouy dans la case « Rigolo et périmé ». L'animal a encore du ressort.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          240
monromannoir
  11 avril 2018
Rien ne saurait empêcher la venue de ce phénomène saisonnier, pas même les dérèglements climatiques, où l'on observe durant cette période printanière l'apparition des magazines hors-série consacrés à la littérature noire. On saluera l'effort même si l'actualité du polar ne s'arrête pas à cette période de l'année dont on pourra évaluer toute son ampleur annuelle avec des revues spécialisées dans le domaine, comme l'Indic ou 813 qui vous épargneront les sempiternelles réflexions sur un genre qu'il faudrait considérer à part entière dans le monde littéraire. C'est par le biais de ces publications que vous découvrirez tout au long de l'année, des nouveautés, qui ne bénéficient pas toujours d'un éclairage médiatique aussi important qu'elles seraient en droit de mériter, mais également des personnalités qui ont contribuées, bien avant son avènement, au rayonnement du roman policier à l'instar d'une figure comme Jean-Bernard Pouy créateur avec Serge Quadrupanni et Patrick Raynal de la série le Poulpe qui a la particularité d'être rédigée pour chaque épisode par un auteur différent. Mais outre ce personnage emblématique du polar français, Jean-Bernard Pouy, conteur hors-pair, est l'auteur d'une cinquantaine de romans et d'un nombre incalculable de nouvelles et d'essais qui revient sur le devant de la scène avec Ma ZAD, un roman noir qui colle à l'actualité du moment dans le contexte de l'abandon du projet aéroportuaire de Notre-Dame-des-Landes et des évacuations qui s'ensuivent.
Ca ne va pas fort pour Camille Destroit, responsable des achats du rayon frais d'un grand supermarché, qui a trop fricoté avec les zadistes occupant le site de Zavenghem où se situe la ferme héritée de ses parents. Lors de l'évacuation de la ZAD, ce quadragénaire, plutôt rangé est interpellé par les forces de l'ordre pour être placé en garde à vue. Et comme si cela ne suffisait, pas, Camille constate à sa sortie de détention que sa grange où il sotckait du matériel, destiné aux activistes a été incendiée, que son employeur l'a licencié et que sa copine l'a quitté. Pour couronner le tout, il est agressé par une équipe de crânes rasés n'appréciant guère son engagement. Blessé, le moral en berne, Camille peut compter sur les sympathisants qui logent chez lui. Parmi eux, Claire, une fille superbe qui le persuade peu à peu de reprendre la lutte et de faire face aux Valter, initiateurs du projet industriel de Zavenghem. Mais les intérêts De Claire sont-ils bien similaires aux convictions de Camille ?
Roman libertaire à l'image de son auteur, Ma ZAD prend l'apparence d'un récit foutraque, émaillé de traits d'humour, où les digressions en tout genre côtoient quelques répliques saillantes et jeux de mots plus ou moins foireux, finissant même par devenir parfois un peu agaçants. Emprunt d'une grande culture au sens populaire du terme, Jean-Bernard Pouy peut intégrer dans son texte des références telles que Philipe K Dick, Manet, les Rolling Stone, et même de Daniel de Roulet, puisqu'une partie l'intrigue, dont quelques péripéties se déroulent d'ailleurs en Suisse, s'inspire du parcours de l'écrivain genevois, responsable de l'incendie d'un chalet inhabité, appartenant à un magnat de la presse allemand, et dont il a révélé les circonstances dans un roman intitulé Un Dimanche A La Montagne (Buchet-Castel 2006). Voici donc un bel inventaire à la Prévert auquel l'auteur rend également hommage. Mais il ne faut pas s'y tromper, car au-delà de cette apparence chaotique, Jean-Bernard Pouy possède un solide sens de la narration nous permettant de suivre, au gré d'un texte vif et acéré, la fuite en avant de Camille, un homme aveuglé par une sourde colère qu'alimente une femme qui va se révéler fatale, mais également un environnement qui se disloque peu à peu sous les coups de boutoir d'une société de plus en plus avide. Mais loin d'être pompeux ou moraliste, Ma ZAD se révèle être un pur roman noir qui emprunte les codes classiques du genre pour le transposer à la périphérie du thème qu'il aborde, car acculé, dans ses derniers retranchements, la ZAD de Camille Destroit va s'incarner dans sa personnalité et ses convictions qu'il tente de préserver à tout prix.
Magnifique roman déjanté et fulgurant, à la fois grave et joyeux, Ma ZAD nous offre, sans jamais se prendre trop au sérieux, une vision aiguisée et pertinente d'une société alternative que les gaz lacrymogènes ne sauraient faire disparaître.

Jean-Bernard Pouy : Ma ZAD. Editions Galimard/Serie Noire 2018.
A lire en écoutant : One Way Or Another de Blondie. Album : Parallel Lines. Capitol Records 1978.
Lien : http://monromannoiretbienser..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
gruz
  28 janvier 2018
Le Jean-Bernard Pouy, cru 2018, est une virée sur le terrain (vague) d'une ZAD. Sujet d'actualité en ce mois de janvier, avec la décision d'abandonner le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Il a du nez, le Pouy.
Même s'il s'est inspiré de ce fait d'actualité serpent de mer, l'auteur ne raconte pas pour autant cette histoire-là. Camille, le perso principal, est un quadra qui cherche encore un sens à sa vie. Il a des idées à défendre, mais surtout n'en a pas grand chose à faire du monde actuel. Crise de la quarantaine, version radicalisation lente.
Faut dire, qu'avec ce qu'il lui tombe sur la tronche, il y a de quoi perdre ses repères. Déjà qu'il n'en avait pas beaucoup (de repères, pas de tronche)…
Un roman de JB Pouy, c'est un peu un vaste fourre-tout. A la fois miroir critique de la société, compilation de jeux de mots foireux et digressions à tout-va. Ça fait 30 ans qu'il applique sa recette avec bonheur, ce n'est pas maintenant qu'il va en changer. Pour le plaisir de ses fervents amateurs tout comme des nouveaux lecteurs.
Son héros est plus proche du zéro, et son récit tourne à la quête décalée. Normal quand on prend pour cible un personnage marginalisé.
Avec ses 200 pages, son intrigue pourrait tenir sur un ticket de métro. Et alors ? Quoi de plus populaire qu'un ticket de métro ? Et Pouy revendique corps et âme le fait d'écrire de la littérature populaire. Et l'écrivain n'aime rien tant que de raconter ses personnages, voilà bien l'essentiel pour lui.
Ma ZAD est un roman noir entre désespoir profond et espoir naïf, au sein de ce vaste pandémonium (Pouy aime beaucoup ce mot) qu'est notre monde. Il en rit (jaune parfois, aux éclats aussi), une sorte de désenchantement en chansons de mots. Mais il y a de l'émotion aussi.
Un récit comme une diatribe drôlatique, constamment entrecoupée d'apartés, entre culture et grosse déconnade. Pouy, un Nosferatu grimé en clown (ou l'inverse).
Tantôt sérieuse, acerbe ou cocasse, sa plume est plantée dans le fondement de notre société. Et quel chapitre final ! En terme d'écriture, ces derniers paragraphes sont un modèle du genre.
Ma Zad est un roman noir brûlant d'actualité, par un Jean-Bernard Pouy plein de noire dérision.
Lien : https://gruznamur.wordpress...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          130

critiques presse (3)
Liberation   05 avril 2018
Le prolifique auteur anar, qui participe au festival Quais du polar de Lyon, préfère l’humour et les utopies zadistes à la violence et autres clichés du genre.
Lire la critique sur le site : Liberation
Lexpress   12 février 2018
Écrivain qui sait la valeur du roman noir comme miroir social, Jean-Bernard Pouy dresse le portrait d'un chômeur nordiste, amoureux et lutteur social qui décide de secouer le cocotier patronal.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeMonde   19 janvier 2018
Dans « Ma ZAD », le maître du polar français prend fait et cause pour la défense des espèces de zadistes les plus menacées. Tremble, capitalisme !
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
ZilizZiliz   09 mars 2018
52 arrestations. Dont Bibi. [...]
[ interrogatoire ]
- Quels sont vos rapports avec tous ces contrevenants ?
- Contrevenants ?
- Ouais. Les chevelus qui campaient sur le site [ZAD] et qui se chauffaient au cocktail Molotov.
- Je les approvisionnais en produits agricoles frais. Il faut au moins manger cinq fruits ou légumes par jour.
- Sans blague.
- Sans déc'.
- Gratos ?
- Un coup sur deux. Ça dépendait.
- Ça dépendait de quoi ?
- Si je les avais eus gratuits ou non.
- C'est-à-dire si vous les aviez volés sur votre lieu de travail ?
- Vous avez des preuves ?
[...]
En tant que 'responsable produits frais', j'avais des contacts avec toutes les épiceries solidaires de la région, et tous ces petits agriculteurs, poussant comme des champignons à l'automne, qui cultivaient naturel, bio, perso, les reins en compote, en désamour avec les pesticides et les engrais chimiques, attention, hein, pas des fondus qui, le matin, parlaient aux légumes pour qu'ils poussent mieux, ou leur chantaient du Bob Dylan pour les faire rougir, non, mais des types qui se souvenaient tout simplement des méthodes de pépé et mémé.
(p. 15-16)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          140
ZilizZiliz   10 mars 2018
- [...] Vous savez pertinemment que vous avez côtoyé des activistes, notamment, d'après nos renseignements, des terroristes du Black Bloc.
- Du quoi ?
- Allez, faites le con, en plus...
Pour une fois, il avait raison. Je faisais le con. L'ambiance avait vraiment changé, sur le site, quand tous ces mecs avaient déboulé. Une quarantaine, venus d'ailleurs, mystérieux, habillés de noir et de tee-shirts 'Metallica'. Mais très sympas, même s'ils nous prenaient un peu pour des Bisounours. On était passé, d'un coup d'un seul, de la manif neuneu, avec les enfants dans les poussettes et des chants à la Maxime Le Forestier, à une brigade de résistance à la Maurice Druon (c'est une blague). Hérissée et dangereuse. Levez-vous, saboteurs ! Ces types, qui n'avaient peur de rien, que certains d'entre nous présentaient comme des anarchistes, étaient pourtant très organisés, compétents, et surtout pas pique-assiette. Ils étaient autonomes et globalement respectueux. Une petite armée de l'ombre.
(p. 16-17)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
ZilizZiliz   10 mars 2018
Elle voulait jouer, alors en avant.
- 666 ?
- Le nombre de la Bête... elle a répondu illico. Et le 14 ?
- Je ne sais pas. 2 fois 7 ?
- Mais non, réfléchis, 14 c'est le nombre de jours dans une quinzaine. Etonnant, non ? D'ailleurs, dans plein de pays anglo-saxons, ça désigne le treizième étage, histoire de superstition... sauf en Italie où c'est le dix-septième étage qui n'existe pas. Parce que c'est l'anagramme, en latin, de VIXI, j'ai vécu, [donc] je suis mort.
(p. 80)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          101
doublepagedoublepage   28 novembre 2018
Le type de la Région nous prévint également qu'il y aurait un raout quasi officiel pour annoncer l'événement et informer la population que, ce coup-ci ça ne rigolerait plus, que tout serait fait pour que l'opération réussisse et que ce ne serait pas une petite horde de chevelus anarchisants qui empêcherait un la réussite industrielle de la Région, deux la création de centaines d'emplois, et trois le respect démocratique des décisions prises par une majorité de citoyens...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
crapettecrapette   01 mars 2018
Ce que l'Etat ne voulait pas comprendre c'est qu'on avait, ici, pris goût à la lutte et au bonheur d'être ensemble, au bonheur de faire ensemble. C'était plié que les zadistes d'ici allaient se déplacer ailleurs. Un certain sens de l'Histoire. p. 117
Commenter  J’apprécie          80
Videos de Jean-Bernard Pouy (37) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean-Bernard Pouy
Nous étions au festival Quais du polar de Lyon pour sa 15e édition, du 29 au 31 mars 2019. Découvrez l'ambiance du festival, des rencontres, des interviews de lecteurs et d'intervenants présents dans cette vidéo. Et bien sûr, un résumé en images de l'activité de Babelio.
0:19 Véronique, lectrice de Marseille 0:46 Rencontre entre Chris Offutt, Ron Rash et James Sallis 0:49 Les fameux quiz Babelio 1:02 Présentation du jeu PCI Agent. Pour jouer : https://pciagent.com/fr/ 1:54 Rencontre Babelio avec Kristina Ohlsonn et Hans Rosenfeldt autour des adaptations de livres en séries scandinaves 2:05 : Gérald, lecteur de Paray-le-Monial 2:44 Hervé le Corre et James Sallis en dédicace 2:55 Jean-Bernard Pouy en dédicace 2:58 Librairies d'occasion dans l'hôtel de ville de Lyon 3:04 Les bouquinistes sur les quais de Lyon
Abonnez-vous à la chaîne Babelio : http://bit.ly/2S2aZcm Toutes les vidéos sur http://bit.ly/2CVP0zs Suivez-nous pour trouver les meilleurs livres à lire : ?Babelio, le site : https://www.babelio.com/ ?Babelio sur Twitter : https://twitter.com/babelio ?Babelio sur Facebook : https://www.facebook.com/babelio/ ?Babelio sur Instagram : https://www.instagram.com/babelio_/
+ Lire la suite
autres livres classés : roman noirVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr


Lecteurs (138) Voir plus




Quiz Voir plus

Vous aimez lire ? Jean-Bernard Pouy....

Quel livre est représenté dans l'image de ce quiz ?

L'Homme à l'oreille croquée
Larchmütz 5632
Feuque !
Suzanne et les ringards

20 questions
17 lecteurs ont répondu
Thème : Jean-Bernard PouyCréer un quiz sur ce livre
.. ..