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Maurice Barrès (Préfacier, etc.)
EAN : 9782080609694
228 pages
Éditeur : Flammarion (01/01/1977)
4.12/5   17 notes
Résumé :
" Ce qui est tout à fait délicat dans la perversité de ce livre, c'est qu'il a été écrit par une jeune fille de vingt ans.Le merveilleux chef-d’œuvre ! " écrit Maurice Barrès dans la préface de ce roman publié pour la première fois en 1889.
Aujourd'hui, Monsieur Vénus n' a rien perdu de sa saveur, et Raoule de Vénérande, l'héroïne, a conservé son charme diabolique. " Elle ne connaît pas le vice, mais elle l'invente!" dit un des personnages du roman. Raoule, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
sylvaine
  05 mars 2017
Monsieur Vénus! paru à Bruxelles en 1884 à maintes reprises a été rangé dans l'enfer des bibliothèques de son temps. Ses lecteurs ont ils été choqués , dérangés ou plutôt amusés ? Je ne sais mais l'auteure est à elle seule un sacré personnage. Quand vous saurez que Rachilde née en 1860 d'un père militaire qui lui en a voulu de n'être pas un garçon a demandé et obtenu auprès de la Préfecture de police en 1865 la permission de travestissement vous serez plus à même de comprendre le propos de ce roman . La belle Raoule de Vénérande , l'héroïne "diabolique" de ce récit, tombe follement amoureuse de Jacques Silvert modeste fleuriste fils et frère d'une prostituée; elle ne peut se résoudre à vivre avec lui l'humiliation d'être femme soumise. Elle va donc s'attacher ce Jacques en devenant elle l'amant et lui sa maîtresse. Croyant se détacher de tous les préjugés attachés à son sexe et à sa condition sociale elle va devenir le maître d'oeuvre d'une descente vertigineuse dans le sordide avec comme seule raison et moteur la passion.
Un roman dérangeant , détonnant, surprenant écrit par une toute jeune femme à une époque où ces choses là étaient inconcevables , jusqu'à quelles limites ira t'elle ? saura t'elle à un moment reprendre le contrôle d'elle-même ou au contraire s'enfoncera t'elle d'avantage dans un univers pathologique ? je vous laisse le découvrir par vous même.
Une histoire glauque qui devient fascinante ou une histoire fascinante parce que glauque ? seul petit bémol l'écriture un peu simpliste qui révèle la jeunesse de l'auteure .
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helhiv
  11 juillet 2016
Voilà un petit roman très original, datant de la fin du 19ème siècle, et qui pourrait être une contribution venue du passé aux débats sur les théories du genre.
L'histoire en un mot est celle d'une femme qui veut être homme pour aimer un homme en tant que femme. Il s'agit donc bien d'une question d'identité que d'une question de sexualité et le roman est bien plus sexué que sexuel (les allusions sont infimes). Ce n'est pas non plus l'homosexualité qui est évoquée.
J'aurais aimé suivre Rachilde, qui s'est déclarée plus tard non-féministe, dans une vision réconciliatrice de l'homme et de la femme (quels que soient leurs sexes biologiques) mais l'autrice décrit son héroïne comme voulant devenir un homme de son époque (avec ce que ça peut comprendre de misogynie) et comme voulant aimer une femme de cette même époque (à savoir un être inférieur). le vocabulaire employé est sans ambiguïté : pour Jacques Silvert, se muer en femme doit être un avilissement, une dégradation, une humiliation, etc même s'il ne le vit pas comme tel, aveuglé par son amour.
L'opposition des classes est aussi très forte : Raoule, l'héroïne est noble, alors que Jacques, bien que très beau, est le fils et le frère de prostituées. On n'imagine pas qu'un être acceptant une telle inversion des rôles (dans le sens homme vers femme) puissent être issu d'un autre milieu que la plus basse classe sociale. Par ailleurs, l'amour de Raoule pour Jacques est uniquement dominateur de façon protectrice et de façon violente. Je ne suis pas arrivée à saisir si Rachilde voyait dans son récit une revanche possible de femmes soumises ou une confirmation de la dissymétrie du couple.
Le style quant à lui est d'une grande richesse et d'une grande maîtrise pour une écrivaine d'une vingtaine d'années et la lecture est un régal.
Enfin, comme souvent, les préfaces, qui visent à défendre un texte en le nuançant et en prétendant lui ajouter quelque chose, nuisent à l'oeuvre. C'est le cas de celle de Maurice Barrès que j'ai trouvé superflue.
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laurafcboisset
  25 mars 2021
Rachilde sait surprendre. Quelle autrice ! Découverte avec le terrible La Tour d'amour, c'est à présent Monsieur Vénus qui me laisse coite. Publiée en 1889, Rachilde fait le récit de Raoule qui veut agir en homme et faire d'un jeune éphèbe sa femme. Une inversion des rôles mordantes, et on l'imagine, une critique piquante de la représentation des femmes, que l'on aiment pour leur beauté et que l'on gardent enfermées dans des tours d'argent à l'abris des autres. Sans oublier la chute de l'histoire, quelle surprise !
Il n'est pas question d'un propos foncièrement féministe, quoi que, mais davantage une réflexion sur les attirances, sur les attitudes de soi par rapport à son sexe et ce que cela révèle.
Et comme toujours, une écriture fine, le sens de la formule, et de l'humour.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
EmniaEmnia   01 décembre 2013
Mais soudain l'arrivée de Jacques, les troublant par mégarde dans leurs réflexions dédaigneuses, les réduisit au silence. Ils allaient se replier en masse pour prouver leur mépris à cet obscur barbouilleur de myosotis lorsqu’ils ressentirent en même temps une commotion bizarre qui les cloua sur place. Jacques, la tête renversée, avait encore son sourire de fille amoureuse, ses lèvres relevées laissaient voir ses dents de nacre, ses yeux agrandis d'un cercle bleuâtre conservaient une humidité rayonnante et, sous ses cheveux épais, sa petite oreille, épanouie comme une fleur de pourpre, leur donna, à tous, le même tressaut inexplicable. Jacques passa, ne les ayant pas remarqués ; sa hanche, cambrée sous l'habit noir, les frôla une seconde... et d'un même mouvement, ils crispèrent leurs mains devenues moites.
Quand il fut plus loin, le marquis laissa choir cette phrase banale :
- Il fait bien chaud, Messieurs. D'honneur, c'est intolérable !...
Tous reprirent en chœur.
- C'est intolérable !... D'honneur, il fait trop chaud !...
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EmniaEmnia   01 décembre 2013
- Tais-toi, Jacques ! supplia Mlle de Vénérande éperdue, tais-toi ! Je croyais t'avoir appris autrement ton rôle d'homme du monde !
- Je ne suis pas un homme ! je ne suis pas du monde ! riposta Jacques, frémissant d'une rage impuissante, je suis l'animal battu qui revient lécher tes mains ! Je suis l'esclave qui aime pendant qu'il amuse ! Tu m'a appris à parler pour que je puisse te dire ici que je t'appartiens !... Inutile de m'épouser, Raoule, on n'épouse pas sa maîtresse, ça ne se fait pas dans tes salons !...
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moraviamoravia   16 septembre 2017
À l’hôtel de Vénérande, dans le pavillon gauche, dont les volets sont toujours clos, il y a une chambre murée. Cette chambre est toute bleue comme un ciel sans nuage. Sur la couche en forme de conque, gardée par un Éros de marbre, repose un mannequin de cire revêtu d’un épiderme en caoutchouc transparent. Les cheveux roux, les cils blonds, le duvet d’or de la poitrine sont naturels ; les dents qui ornent la bouche, les ongles des mains et des pieds ont été arrachés à un cadavre. Les yeux en émail ont un adorable regard. La chambre murée possède une porte dissimulée dans la tenture du cabinet de toilette.
La nuit, une femme vêtue de deuil, quelquefois un jeune homme en habit noir, ouvrent cette porte. Ils viennent s’agenouiller près du lit, et, lorsqu’ils ont contemplé les formes merveilleuses de la statue de cire, ils l’enlacent, la baisent aux lèvres. Un ressort, disposé à l’intérieur des flancs, correspond à la bouche et l’anime.
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EmniaEmnia   01 décembre 2013
Maintenant, comme jadis, l'homme a dépouillé sa force, brisé son sceptre. Efféminé, comme l’Éphèbe antique, au pieds de la Volupté, il se couche.
La volupté est femme.
Dans l'irradiation d'une aurore vengeresse, la femme enverra pour l'homme la possibilité d'une fabuleuse chute.
Elle inventera des caresses, trouvera de nouvelles preuves aux nouveaux transports d'un nouvel amour et Raoule de Vénérande possédera Jacques Silvert...
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filsdejoiefilsdejoie   28 septembre 2016
"son père avait été un de ces débauchés épuisés que les œuvres du marquis de Sade font rougir, mais pour une autre raison que la pudeur"
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Videos de Rachilde (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de  Rachilde
“Une vie une oeuvre” : “Marguerite Eymery dite Rachilde, Homme de Lettres (1860-1953)”. Diffusion sur France Culture le 9 mai 2009. Par Françoise Estèbe et Christine Robert. Scandaleuse Rachilde qui osa braver les tabous et les interdits de son temps! Née en 1860 dans la vieille demeure familiale du Cros (le "trou"), elle passa une grande partie de son enfance dans cette région humide et sinistre du Périgord, paysage mortifère hanté par de terribles légendes paysannes et la croyance en une malédiction familiale. Enfance solitaire et délaissée, entre une mère dépressive qui sombra progressivement dans la folie et un père militaire qui lui reprochait de ne pas être un garçon. Comment s'étonner qu'elle fût toute sa vie fascinée par l'androgynat ? Elle commença à écrire dès l'âge de 12 ans, exorcisme salutaire, choisit pour pseudonyme le nom d'un gentilhomme suédois du 16e siècle et s'enfuit pour Paris dès sa majorité, décidée à conquérir le milieu littéraire. À 20 ans, elle publia "Monsieur Vénus", un livre sur l'inversion sexuelle et la domination féminine, d'une audace inouïe pour l'époque, dont le scandale la fit connaître. L'oeuvre baroque, souvent hallucinée de Rachilde, explore les perversions et les fantasmes les plus violents. Sa production littéraire trop abondante, inégale et certes datée, kitsch souvent, recèle des textes forts, "La Marquise de Sade", "La Tour d'Amour", "L'Animale", qui ont été réédités. Le personnage que s'est créée Rachilde, surtout, est incroyable. Habillée en homme, coiffée à la garçonne, courant les bals populaires une prostituée à son bras, elle défraya la chronique puis épousa un homme fort sérieux, Alfred Valette, directeur du Mercure de France, où elle tint salon tous les mardis, attentive aux jeunes écrivains, découvreuse de talents, Carco, Jarry... Car Rachilde, qui mourut ignorée de tous en 1953, fut aussi un personnage clé de la vie littéraire de son temps. Avec les voix de Rachilde, Francis Carco et Maurice Garçon. Archives INA Martine Auger Par Annelise Signoret
Invités : Gilles Freyssinet Estelle Guillaume Diane de Margerie, ecrivain, essayiste
Thèmes : Arts & Spectacles| Littérature Française| Rachilde
Sources : France Culture et Wikipédia.
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