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Marcel Schneider (Traducteur)
EAN : 9782246476023
351 pages
Grasset (07/04/1993)
4.04/5   295 notes
Résumé :
Le 13 octobre 1972, un bimoteur affrété par de jeunes Uruguayens étudiants et rugbymen s'écrase dans la Cordillère des Andes. Les autorités sont contraintes d'abandonner toute recherche au bout de huit jours. C'est alors que les trente-cinq survivants de l'accident prennent la décision de découper et de manger leurs camarades morts. Seize survécurent. C'est cette aventure que Piers Paul Read publia chez Grasset en 1974.
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Critiques, Analyses et Avis (42) Voir plus Ajouter une critique
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L'histoire racontée ici est digne des scénarios les plus fous.
Incroyable. Inouïe. Inimaginable.
Et pourtant, vraie.
Nulle invention ou imagination ici. Seulement un travail de journaliste.
Piers Paul Read a enquêté, a interrogé les protagonistes, puis il a écrit son livre.
L'histoire est simple, du moins au début.
Nous sommes en 1972. Une équipe uruguayenne de rugby s'envole vers le Chili pour y disputer une rencontre. L'atmosphère est joyeuse dans l'avion, les joueurs sont heureux à l'idée du match à venir, les quelques amis ou membres de leurs familles qui les accompagnent prennent plaisir à partager ce bon moment.
Jusqu'à l'accident, en pleine Cordillère des Andes.
Perdus au milieu d'une nature hostile, seuls sur un glacier à 3 500 mètres d'altitude, les survivants attendent l'arrivée des secours. Mais la suite de l'histoire ne se passe pas du tout comme ils l'espéraient.
Deux réflexions pratiques.
Quand vous prenez l'avion, imaginons par exemple que vous alliez de Paris à Milan et que vous survoliez les Alpes, emportez-vous des vêtements et tout un équipement pour survivre ou au moins vous débrouiller le mieux possible au cas où l'avion s'écraserait en haute montagne ? Moi, non.
Quand vous prenez l'avion pour vous rendre dans un endroit dans lequel vous savez qu'il y a tout ce qu'il faut à portée de main, emportez-vous des provisions pour tenir pendant soixante-douze jours, au cas où ? Moi, non.
Maintenant, vous pouvez un peu (un tout petit peu) imaginer ce qu'a été la vie des survivants pendant ces soixante-douze interminables journées.
Piers Paul Read raconte, d'une façon qui se veut détachée.
Il raconte tout : le joyeux départ, l'accident et les morts, la stupeur des survivants, le désespoir lorsqu'ils entendent (après avoir longuement bricolé une radio) que les recherches sont arrêtées, la décision de faire partir une petite équipe pour chercher du secours, le sauvetage, le retour à la vie "normale".
L'une des grandes questions est : les survivants peuvent-ils retrouver une vie normale après ce qu'ils ont vécu ?
Mais le plus important est le récit de leur vie là-haut, en pleine Cordillère des Andes : comment survivre à soixante-douze jours passés dans des conditions effroyables de climat, d'inconfort, et de dénuement quasi-total ?
Cette histoire se lit comme un roman d'aventures, mais il ne faut jamais perdre de vue qu'elle est vraie. Nous ne sommes pas dans une émission de téléréalité, non. Nous sommes dans la vraie vie. de vraies personnes ont vécu ce qui est relaté.
On ne peut qu'être frappé de voir jusqu'où l'instinct de survie peut emmener.
On ne peut qu'être admiratif du courage qu'il a fallu à ces hommes pour s'en sortir.
Certes, il y a eu des disputes, des mesquineries ou des tricheries, mais quoi de plus naturel pour des personnes condamnées à cohabiter dans un espace des plus réduits (une partie du fuselage de l'avion), dans d'éprouvantes conditions ?
Après la "loterie" du crash (pourquoi untel s'en est sorti, et pas son voisin ?), ceux qui ont survécu doivent la vie à leur foi partagée à des degrés divers mais surtout à la cohésion forte du groupe. Les plus forts ont aidé les plus faibles, les rôles n'étant d'ailleurs pas toujours tenus par les mêmes au fil des jours.
Selon votre âge, vous avez peut-être déjà entendu parler de cette histoire, parce qu'elle a fait à l'époque beaucoup de bruit.
En 1972, il n'y avait pas encore les réseaux sociaux, mais le récit a tout de même fait le tour de la planète.
Chacun y est allé de son commentaire, de son jugement. Ainsi est faite la nature humaine.
Ce que j'ai apprécié ici, c'est que l'auteur ne juge pas. Jamais. Il raconte les faits et donne au lecteur la possibilité de comprendre. Libre à lui, ensuite de se faire son opinion.
Une lecture forte, un incroyable récit de survie, de solidarité, de cohésion et d'esprit d'équipe.
Une leçon de vie, que le père d'Arturo Nogueira, décédé là-haut dans les Andes, un mois après le crash, a très bien exprimée dans une lettre écrite aux journaux, et que je vous recopie :
« Messieurs,
Ces quelques mots, écrits avec l'élan de notre coeur, veulent rendre hommage aux seize héros qui ont survécu à la tragédie des Andes et les assurer de notre admiration et de notre reconnaissance. Admiration, parce que tel est le sentiment que nous éprouvons devant tant de preuves de solidarité, de foi, de courage, de sérénité devant ce qu'ils avaient à affronter et qu'ils ont surmonté. Reconnaissance profonde et sincère, en raison des soins qu'ils ont donnés à tout moment à notre cher fils et frère Arturo depuis le moment de l'accident jusqu'à celui de sa mort. Nous invitons tous nos compatriotes à réfléchir pendant quelques minutes sur l'immense leçon de solidarité, de courage et de discipline que nous ont transmis ces jeunes gens dans l'espoir qu'elle nous servira à surmonter notre petit égoïsme et nos ambitions mesquines et notre manque d'intérêt pour nos frères. »
Des mots terriblement émouvants de la part d'un père qui a perdu son fils, et qui a fait partie de ceux qui ont parlé pour prendre la défense des survivants, qui étaient fortement critiqués par une partie de l'opinion.
Un autre père s'est exprimé, celui de Carlos Valeta, dont le fils est mort lors du crash. Il a fait à la presse cette déclaration pleine de pudeur :
« Je suis venu ici avec ma famille, parce que nous voulions voir tous ceux qui étaient les amis de mon fils et parce que nous étions sincèrement heureux de les avoir de nouveau parmi nous. Nous étions contents, qui plus est, qu'ils aient été quarante-cinq, car cela aida du moins seize à revenir. Je voudrais encore dire que j'ai su dès le premier instant ce qui m'a été confirmé aujourd'hui. En tant que docteur, j'ai compris aussitôt que pas un ne pourrait survivre dans un endroit pareil et dans de telles conditions sans recourir à des décisions courageuses. Ayant maintenant confirmation de ce qui est arrivé, je répète : Dieu soit loué qu'ils aient été quarante-cinq, seize ont pu retrouver leurs familles ! »
Mots magnifiques de la part d'un père en deuil, non ?
Pour compléter, je vous signale l'existence d'un autre livre sur le même sujet, "Miracle dans les Andes", de Nando Parrado, l'un des survivants. Écrit plus de trente ans après les faits par quelqu'un qui a tout vécu "de l'intérieur", il est plus personnel, et je le trouve plus fort que celui-ci.
Enfin, voici le lien d'un excellent documentaire, qui mêle images d'époque, extraits du film "Les survivants" et témoignages des survivants.
https://www.youtube.com/watch?v=AAGbEaZHT74
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Récit véridique de l'une des plus célèbres catastrophes aériennes, ce livre décrit la terrible odyssée des survivants du crash qui a eu lieu dans les Andes le 13 octobre 1972, avec à son bord l'équipe nationale de rugby de l'Uruguay, accompagnés de nombreux amis et de membres de leur famille.

45 passagers et 27 survivants. Puis 16 au final.

Aujourd'hui, tout le monde connaît leur terrible histoire. Alors que les recherches dirigées par le Chili, l'Uruguay et l'Argentine n'aboutissent à rien, les rescapés s'organisent pour survivre. A cours de vivres, ils vont devoir se résigner à la plus terrible des décisions : manger leurs morts.
Je reviens sur ce livre qui m'avait profondément marquée, bien avant de voir ensuite l'adaptation en film. L'auteur Piers Paul Read s'est énormément documenté et a beaucoup discuté avec les survivants avant de retracer leur histoire et c'est au final un témoignage bouleversant qui nous est donné à lire. le choc, bien sûr, relève des actes de cannibalisme. Mais au-delà de cette vision macabre, l'intérêt de l'ouvrage repose sur les débats que cette décision a soulevés entre eux. Il ne s'agit pas ici de se ranger d'un côté plus qu'un autre, de savoir ce qui est bien ou mal, voire de juger. Non, l'essentiel est de partager leur questionnement : question de morale, d'éthique, religieuse - les survivants étaient profondément croyants - et tout simplement, question de survie. le plus bouleversant est ensuite, une fois revenus à la vie normale, d'expliquer aux familles et amis ce qu'ils avaient fait et de vivre avec cela.

Un récit choc où l'auteur ne cache rien de l'expérience terrible des survivants et un témoignage bouleversant sur la faculté de l'homme à survivre dans des situations extrêmes.

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Un avion , une equipe de jeunes rugbymen Uruguayens , un crash dans la Cordillere des Andes ne laissant que 35 survivants...Encore le scenario d'un enieme film catastrophe americain me direz-vous , a un detail pres , la veracité de ces faits!! Des catastrophes , il en arrive regulierement alors en quoi reside l'interet de ce livre ? Simple , si pour survivre , vous n'aviez que deux choix , manger les morts ou devenir anthropophage , qu'auriez vous fait ?

Il n'est pas question ici de juger car chacun a des valeurs et des croyances qui lui sont propres . Ce livre retrace juste l'incroyable propension du genre humain a se sortir de situations apparement perdues par le biais d'actes réprouvés par la morale et considérés comme inimaginables par la majorité bien-pensante lorsque l'on est en sécurité , bien au chaud dans ses penates et nourri trois fois par jour.

Et vous , qu'auriez vous fait ?


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Le plus important dans ce bouquin est de ne pas perdre de vue qu'il s'agit d'une histoire vraie ; un drame dans lequel l'enjeu principal reste la survie.
N'ayant jamais été confronté à ce genre de situation (et n'étant pas particulièrement pressé de l'être) je ne me permettrai pas de porter un quelconque jugement, tout comme je ne m'aviserai pas à répondre de façon un peu péremptoire : "Non, jamais je n'aurai fais ça !".
Il n'en reste pas moins que c'est une belle leçon de survie dans des conditions extrêmes qui nous est livrée dans ce livre... du Koh Lanta puissance 1000 !
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Un groupe de joueurs de rugby prennent l'avion avec leur famille pour se rendre à un match situé dans un autre pays. Malheureusement, suite à une erreur du pilote dans sa trajectoire, l'appareil se crashe dans les montagnes enneigés. Beaucoup des passagers s'en sortent de la catastrophe mais se retrouvent bloqués sous la neige, avec une faible ration alimentaire qui se tarit très rapidement. Pendant soixante-dizaine de jours, ils luttent pour rester en vie dans un milieu en hostile et ne pas sombrer dans le désespoir. La faim gagnant leur esprit, ils seront contraint pour se nourrir de briser un tabou alimentaire des plus fondamentales : ils devront manger les parties du corps des cadavres...
Cette histoire a l'air incroyable et semble être un scénario pour un film spectaculaire à ceci prés qu'elle est vraie. Ce récit s'est réellement déroulé en 1972, suite au crash du vol Fuerza Aerea Uruguya 571 et les passagers chiliens ont survécu de cette façon dans la rude cordillère des Andes. Ils ont finalement été secourus deux mois après suite au courage de deux de leurs camarades d'infortunes qui ont quitté la bande et ont entamé une marche périlleuse dans les chaînes montagneuses qui ont pu trouver un cavalier qui a pu appeler les secours. L'opinion générale est admirative sur le miracle mais va être scandalisée en apprenant le recours à l'anthropophagie. Parce que les rescapés sont catholiques et tentent de justifier leur acte dans le remords, taraudé par ce geste qui a mis à l'épreuve leur foi pour la plupart et par les accusations violentes à leur encontre, même le pape de l'époque Paul VI intervient et finit par absoudre ces derniers, les disculpant ce qu'ils pensent être un péché.
Les Survivants est ce livre écrit par Piers Paul Read deux après les faits et qu'il relate dans toute son humanité, sans jugement. Il a été par la suite adapté au cinéma en 1993, inscrivant davantage cette histoire de survie dans la culture populaire. Il faut dire que tout le monde la connaît désormais, dans les grandes lignes. Pour ma part, je l'ai découvert en empruntant par hasard ce livre dans la bibliothéque de mes parents alors que j'avais douze ans. J'avais été fascinée mais aussi terrifiée de leurs jours d'enfer mais impressionnée par leur endurance et surtout leur bravoure dans de telles conditions. Et le fait qu'elle était réelle contribuait davantage à forcer mon admiration sur ces jeunes gens qui malgré le milieu glacial, dans la solitude qu'ils les confinent prés de la carcasse de l'avion et autres avaries qui s'acharnent sur eux (une avalanche se produit notamment, tuant quelques-uns du groupe) ont réussi à résister à la mort et à la démoralisation.
Ecrit comme un thriller, le livre nous fait suivre les protagonistes malheureux de cette spéciale tragédie. Il est déjà miraculeux qu'on eut même survivre du crash dont l'impact violente est minutieusement décrit. Au fil des jours, nous ressentons avec eux leurs peines, leurs obstinations à la vie, le coup à la moral qui survienne quand ils apprennent via à la radio qu'ils ont fabriqué que les autorités ont abandonnés les recherches de l'avion, et surtout lorsqu'accablés par la faim, ils se résignent à dévorer les macchabées. Cette partie est terrible certes et chacun peut juger sur la monstruosité ou non de cette décision mais dans leur condition, cela leur permet de survivre. Dans la neige, sans alimentation, comment auraient-ils pu faire autrement ? Imaginez-vous un instant dans un lieu pareil, sans nourriture et que les espoirs d'être secourus par un tiers s'estompent qu'auriez-vous fait ? Cela nous interroge sur jusqu'ou on peut aller pour ne ce serait-ce que survivre. Survivre, la grande leçon de ce livre, survivre jusqu'à oublier toutes les contraintes pour ne serait que vivre.
On est même étonné qu'il y ait un "happy end" vu d'où tout commence. Car l'autre merveille qui en laisse beaucoup incrédules, c'est l'audace des deux camarades qui se décident à parcourir seuls, dans des chaussures rapiécés de basket, la cordillère andine durant douze jours. Une marche tout aussi exceptionnelle qui rajoute encore plus la volonté de fer de survie et qui leur permettra d'appeler les secours, eux qui avaient entrepris cette démarche en se croyant condamnés. Et puis aura lieu la délivrance et comme ces héros, nous sommes transporté de joie et soulagés d'avoir échappé à l'enfer.
Une véritable épopée tragique mais acharnée pour la survie et qui peut qu'être une leçon de vie : même dans le pire, la survie est possible. Une aventure humaine émouvante à lire (où à voir par le film) pour ressentir la force de vivre qui nous tenaille même dans les pires conditions et qui prouve qu'on n'est pas toujours condamnés par le sort. Un livre qui peut qu'encourager tous ceux qui désespèrent sur leurs malheurs et ne parviennent pas à se sortir de l'eau : vous pouvez le faire si vous prenez au cran. Car vivre est le plus important de tout et cela en vaut la peine.
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Citations et extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
L'escalade était devenue particulièrement ardue. Le mur de neige était presque vertical et Parrado ne pouvait avancer qu'en creusant des trous pour les mains et pour les pieds, qu'utilisait à son tour Vizintin. S'il avait glissé, il serait tombé de plusieurs centaines de mètres, mais cette idée ne l'épouvantait pas. La surface de la neige était tellement abrupte, le ciel si clair, qu'il eut la certitude d'être près du but. Il était excité par l'ardeur d'un alpiniste qui sent le triomphe tout proche et par l'intense curiosité de voir ce qu'il y avait de l'autre côté. Tout en grimpant, il se disait : « Je vais voir une vallée, je vais voir une rivière, des prés bien verts et des arbres » et tout à coup la face de la montagne ne fut plus aussi escarpée. Elle se transforma brusquement en une pente douce, puis elle s'aplatit, une surface plane de quatre mètres de large, avant de retomber de l'autre côté. Il était au sommet de la montagne.
La joie de Parrado d'avoir triomphé ne dura que le temps qu'il lui fallut pour se remettre debout avec peine. Le paysage en face de lui, ce n'étaient pas de vertes vallées qui serpentaient en direction de l'océan Pacifique mais une surface infinie de montagnes couvertes de neige. D'où il était, rien ne l'empêchait de voir la cordillère dans toute son étendue et pour la première fois il sentit qu'ils étaient perdus.
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Il y avait peu de temps qu'ils descendaient quand la bretelle du havresac de Canessa se rompit, il dut s'arrêter pour la réparer. Il fut bien content d'avoir ce prétexte pour se reposer, car ses forces commençaient à faiblir. Chaque fois que l'intrépide Parrado se retournait, il voyait Canessa assis sur la neige. Il lui cria de venir, et lentement Canessa se releva et se mit à patauger en direction de Parrado. Ce faisant, il priait. Chacun de ses pas était un mot du Notre Père. Parrado songeait moins à notre Père céleste qu'à son père sur la terre. Il savait maintenant combien son père souffrait ; il savait combien celui-ci avait besoin de son fils. Il avançait dans la neige, non pas tant pour se sauver que pour sauver cet homme qu'il aimait tant.
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On entendit un bruit fracassant : l'aile droite avait heurté le versant de la montagne. Aussitôt elle se brisa, fit la culbute par-dessus le fuselage et trancha la queue de l'avion. Le steward, le navigateur, leurs cartes à la main, suivis par trois des jeunes gens attachés à leurs sièges furent projetés dans l'air glacé. Un instant après l'aile gauche se brisa aussi et une pale de l'hélice éventra le fuselage avant de tomber sur le sol.
Dans ce qui restait du fuselage, ce n'étaient que cris de terreur et appels au secours. Privé d'ailes et de queue, l'avion dégringolait sur la montagne hérissée de rochers, mais au lieu de voler en éclats contre un mur de roc, il atterrit sur le ventre dans une vallée à pic, glissant comme un toboggan sur la pente de neige profonde.
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C'est naturellement auprès d'elle que les plus jeunes des garçons cherchaient du réconfort. Beaucoup d'entre eux n'avaient pas encore vingt ans. Beaucoup d'entre eux, aussi, avaient été cajolés par des mères et des sœurs remplies d'admiration pour eux. Aussi dans leur épouvante et leur désespoir se tournaient-ils vers Liliana qui, en dehors de Susana, était la seule femme de leur groupe. Elle répondit à leur appel, se montrant patiente et douce, leur disant des mots gentils pour leur donner courage. Quand, la première nuit, Marcelo et ses amis insistèrent pour qu'elle dormît dans l'endroit le moins froid de l'avion, elle accepta leur offre chevaleresque, mais le lendemain c'est elle qui insista pour avoir le même traitement que les autres. Certains des plus jeunes comme Zerbino auraient souhaité qu'on lui marque de la déférence et qu'on lui permette de se tenir à l'écart, mais ils durent avouer que dans l'espace restreint de l'avion il était impossible de faire la séparation des sexes et depuis lors elle fut traitée comme l'un des garçons de l'équipe.
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Tandis que la plupart de ses compagnons ne songeaient qu'à l'arrivée de l'équipe de secours, Parrado estimait qu'il fallait agir soi-même et regagner le monde civilisé par ses propres moyens. Il fit part de sa résolution à Carlitos Paez qui de son côté voulait partir.
− C'est impossible, dit Carlitos, tu crèveras de froid dans la neige.
− Non, si j'avais sur moi assez de vêtements.
− Alors tu crèveras de faim. Tu ne peux escalader les montagnes avec un petit morceau de chocolat et une gorgée de vin.
− Alors je me couperai un bon morceau de viande dans l'un des pilotes, dit Parrado. Après tout, ce sont eux qui nous ont mis dans celle merde !
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Video de Piers Paul Read (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Piers Paul Read
Le film "Alive" (Les Survivants) 1993, bande-annonce
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