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ISBN : 289698027X
Éditeur : Le Quartanier Editeur (07/01/2013)

Note moyenne : 3/5 (sur 3 notes)
Résumé :
John Mattel, doublement inspiré des inventeurs de jouets en série Harold Matson et Elliot Handler et du mystérieux écrivain américain John Barton Wolgamot, propose ici, sur le mode diariste, parfois essayiste, un ensemble de contes populaires : des figurines entre ses doigts. Où l'imagination invente des choses à partir d'une amitié orageuse avec la réalité - et l'histoire - que tout le monde connait. On y apprendra comment Lee Harvey Oswald, assassin détourné du ch... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
erwancamus20
  07 février 2016
Chez Rochery, on ne s'encombre pas d'idéologie littéraire ou poétique particulière : là, par exemple, exit le roman, mort depuis belle lurette, sauf pour les chroniqueurs de métier et les pros de la communication. Mattel défendrait une forme de littérature (encore à venir ?) qui ne peut ignorer ce qui a déjà été fait, ni s'y installer, et qui envisage notamment les possibilités du « régime fictionnel hypomnésique» de la poésie - "soutien", donc, de la mémoire du sens et de sa recherche, actualisation permanente de celle-ci sous la forme mixte du jeu langagier et de la pensée conceptuellement outillée.
Question personnages : il suffit d'utiliser ceux qui existent déjà, et de les faire merder juste ce qu'il faut pour les rendre à leur justesse non-médiatique : Chuck Cobain (sic) en star locale d'un groupe inaudible, un faux Achille Zavata (sic), frère désoeuvré du Zavatta des cirques, en maître de cérémonie d'une performance de poésie foireuse et hilarante, Iggy Pop en icône pour t-shirt subliminal, Bob l'Eponge mixé à David Foster Wallace, via Fela Kuti (vous me suivez ?), Bonnie & Clyde dans un échange de textos hautement improbables sur le sens de la vie des gangsters, etc. Ne cherchez pas les intrus. Il y en a partout. Ne cherchez pas le confort des phrases. Il n'y en n'a pas.
Le livre, 230 pages, est composé de 50 séquences stylistiques (bouh !) empruntant au conte, au journal fictif, à l'essai et au poème en vers. Sortes d'expérimentations, dont l'analyse ou l'abstraction (re-bouh !) ne fait pas forcément l'économie de l'horreur et de l'absurde. Les tranches de vie, ou mini-fictions, sont appelées des « figurines ». J'ai une théorie sur les figurines : elles pourraient bien nous rappeler, mais c'est juste mon interprétation, en quoi les poètes et les romanciers peuvent ressembler, parfois, à des caricatures du genre qu'ils pratiquent (même dans leur version "expérimentale", à lire la figurine-chapitre "Zavatta"). Et les lecteurs, des caricatures de lecteurs. Aux caricatures tentantes, Rochery oppose les figurines : les pièces d'un jeu cruel où rien n'est écrit d'avance. C'est peut-être simplement ça, un livre "difficile" et neuf. Et Mattel l'est, dans une forme de sans-gène assez merveilleux.
Une écriture, ni plus ni moins (mais c'est beaucoup), apparaît, donc, qu'on pourrait dire sortie de nulle part, cependant que toute la matière du livre est faite de lectures et de références classiques (Poe, Proust, Dostoïevski), de visionnage de films (blockbusters de préférence), de jeux vidéos (violents de préférence). Langue farouchement vivante, à proportion de ce que la vie racontée l'est mal, ou de travers. Anti-roman ? Presque. En fait, il y a bien tout un roman de trois lignes sur la couverture : "Dans la vie des jouets de la compagnie de John Mattel, il y avait des hommes et des femmes". Ca, c'est fait. Ensuite, on passe peut-être au plus intéressant : la lecture, toujours imprévisible, d'un livre aussi dense que joueur, où le « héros » de l'histoire morte et vivante, c'est le langage. Décapant, drôle et libérateur. Ni vu ni connu.
Lien : http://www.lecteurs.com/livr..
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leoniedd
  25 décembre 2015
Quand il m'arrive de trouver que tous les livres de fiction se ressemblent, dans leurs excentricités comme dans leurs aspects formatés, je reviens à ce livre.
il a un côté Dernier livre de la liste des livres.
Un côté le livre que vous aviez oublié au fond de la malle en rangeant votre bibliothèque universelle et éclectique.
Un livre en beaux morceaux.
Un livre fait de 50 morceaux de livres, plus une fausse postface délirante.
Un livre qui vous raconte simplement, de figurines de poésie en figurines de poésie, ce qu'il advient de la littérature quand on refuse les clichés comme les maladresses trop voulues pour en sortir, ou quand on ne souhaite pas forcément rentrer dans les rayons bien préparés d'une bibliothèque rassurante. Un livre qui aurait fait sédiment imprévu au fond des histoires de tout le monde. Il en ressort une mémoire de la littérature comme vous ne pouviez pas toujours vous la rappeler, tant les livres de la littérature prenaient la place de la littérature.
Mattel, ce sont les histoires du monde que vous avez manquées en n'osant pas jouer avec la lecture de vos romans, la bande originale de vos films, vos films, les horaires de travail de votre boulot, vos maladies, vos morts et votre désir d'aimer en vous débordant. On aime ou on n'aime pas ce genre de liberté déroutante, qui malmène autant notre lecture qu'elle contacte nos émotions du coeur même d'un dispositif joueur (Mattel est le nom d'un fabricant de jouets). Parfois, on pourrait penser à Gilbert Sorrentino ("L'abîme de l'illusion humaine") D'autres fois, à "la pêche à la truite en Amérique", de Richard Brautigan (un peu). Mais Rochery a un sens de la parole, toute de poigne, de dérision et de douceur réflexive, qu'on ne retrouve pas ailleurs. Rien que pour ça, il faut le lire.
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