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EAN : 9782226243003
480 pages
Éditeur : Albin Michel (22/08/2012)
3.22/5   96 notes
Résumé :
A treize ans, Ava Bigtree a passé toute sa vie à Swamplandia, un parc à thème peuplé d'alligators, que sa famille a créé sur une île des Everglades, au large de la Floride.
Quand le cancer emporte sa mère, l'indomptable vedette du parc, toute la famille plonge dans le chaos. Le père lâche prise, la soeur tombe amoureuse d'un garçon inquiétant du nom de Louis Thanksgiving, son grand frère Kiwi les lâche pour se faire embaucher dans le parc concurrent, Le Monde... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (39) Voir plus Ajouter une critique
3,22

sur 96 notes

Crossroads
  15 avril 2014
Swamplandia. Exotique non ? Comme une invitation au voyage.
Par contre triste, très triste la traversée...
Aaaah la tribu Bigtree, incontournable dans l'univers des parcs d'attractions en Floride. Leur joyau, la propriété familiale de Swamplandia. Leur créneau, les alligators dits les Seths, beaucoup plus grands que les nains et querelleurs que les mercenaires. Hilola, la mère, est une dompteuse de renommée mondiale. Aussi, lorsqu'elle décède prématurément, c'est pour tout ce petit monde le début de la fin, sans compter la concurrence agressive du Monde de l'Obscur, autre parc du coin beaucoup plus traditionnel et moderne.
Seulement Bigtree et reddition n'ont jamais fait bon ménage ! Rendre les armes sans avoir tout tenté pour renflouer l'entreprise surendettée, c'est pas franchement inscrit dans l'arbre généalogique. Alors que certains pourtant lâcheront prise, d'autres tenteront par tous les moyens de sauver ce qui peut l'être, allant même jusqu'à pactiser avec le Diable...
Karen Russell, tout jeune auteur, s'essaye au roman ce qui lui vaudra d'être finaliste du Prix Pulitzer. Pas de quoi crier au scandale.
Une saga familiale foisonnante qui aura su allier exotisme, aventure et émotion avec un égal bonheur.
Un cadre sauvage et luxuriant, des personnages régulièrement sur le fil du rasoir, dépaysement et attachement garantis.
Alors que Kiwi, l'aîné, décide de tenter l'aventure continentale avec un plan bien arrêté en tête pour pérenniser le monde perdu des alligators, Ossie et Ava, ses deux soeurs, s'improvisent gardiennes de parc dans l'attente du père qui a, lui aussi, provisoirement quitté le navire.
La figure paternelle se révélant plus fantomatique qu'autre chose, Russell s'attardera sur le parcours parallèle de sa progéniture, qui devant s'affirmer alors qu'il n'a jamais quitté son île, qui désormais responsable du patrimoine familial et bien plus encore de sa soeur qui lentement perd pied.
Touchante d'humanité, cette fratrie disloquée où chacun paraît voguer solitairement à contre-courant fascine et ébranle.
Russell possède l'élégance raffinée de dépeindre une déroute collective avec grâce et légèreté. le but n'étant pas de faire pleurer dans les chaumières, elle ne se départira jamais de ce ton juste visant à asseoir la chronique d'un naufrage annoncé. Des gens normaux confrontés à des situations exceptionnelles, Swamplandia célèbre le courage personnel tout en traitant de la dimension vitale du socle familial, aussi éclaté fût-il...
Swamplandia, vous allez devenir mordus...
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latina
  06 septembre 2014
« le fruit noir de l'amour, c'est la terreur liée à l'amour qu'on porte à quelqu'un, comme des oranges pourrissant sur la branche d'un arbre. »
Et ce fruit noir de l'amour de sa famille, la narratrice le porte en elle et le nourrit...
Tout parle de pourrissement dans ce roman, depuis l'atmosphère délétère de ces marais de Floride infestés de moustiques et où règnent les alligators, jusqu'à l'ambiance de désespoir et de laisser-aller de la famille depuis la mort de la mère, vaincue par le cancer. Et pour ne rien arranger, leur activité qu'ils pratiquaient en famille, la lutte contre les alligators dans leur parc pour touristes installé sur une île, va à vau-l'eau elle aussi, depuis la création d'un parc d'attraction non loin de là : « le monde de l'Obscur ».
Nom prédestiné également pour ce roman : l'Obscur, avec l'attraction fatale qu'éprouve la soeur ainée pour les fantômes, particulièrement celui d'un jeune homme décédé longtemps avant. Et notre narratrice, abandonnée par son père, à la recherche d'un travail sur le continent, par son frère, engagé comme agent à tout faire dans le parc honni, se met à la recherche de sa soeur, partie célébrer ses noces avec l'au-delà dans le marais.
Curieuse et ténébreuse aventure que celle-ci, dangereuse pour une gamine de 13 ans, en compagnie d'un Oiseleur mystérieux...

Vraiment, cette atmosphère moite, malsaine imprègne chaque page, et de là chaque recoin de mon cerveau. J'ai été littéralement happée par les ombres, j'ai cru aux fantômes, et portée par le style luxuriant de l'auteure, je me suis laissée dériver au gré de ces marigots où cohabitent la vie la plus exubérante et la mort, terrible.
Et c'est soulagée que j'ai refermé cette histoire de deuil, d'abandon, de mystère et d'amour profond de la famille.
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fabienne2909
  05 février 2013
"Quand on n'est qu'au commencement de la fin, on peut très bien se croire déjà au milieu. Quand j'étais petite, je ne voyais pas ces nuances. C'est seulement après la déchéance de Swamplandia que le temps s'est mis à avoir comme un début, un milieu et une fin. En bref, je peux résumer toute l'histoire d'un seul mot : chute."
Je commence cette critique par une citation qui, outre sa beauté, est le parfait résumé du roman. Avec la mort d'Hilola Bigtree, épouse du chef Bigtree, directeur du parc d'attractions Swamplandia, perdu au beau milieu des marais de Floride, et mère de Kiwi, Osceola et Ava, prend place le commencement de la fin : les touristes désertent rapidement le parc (Hilola en était la muse, et son numéro, sauter dans un bassin rempli d'alligators, la principale attraction), le chef perd toute autorité sur ses enfants (s'il en a jamais eu une) et est incapable de redresser les comptes du parc, au point qu'il doit abandonner ses enfants à eux-mêmes (un rebondissement dans l'intrigue permettra de savoir pour quelle destination), Kiwi, dont le seul rêve est d'aller à l'université, s'enfuit de Swamplandia, Osceola, se pensant spirite, s'invente des amants fantômes et Ava tente de faire bonne figure et réfléchit aux moyens de faire retrouver au parc son lustre d'antan.
Ainsi, chacun des trois enfants se retrouve un peu comme Adam et Eve jeté hors du paradis : chacun va faire l'expérience de la dureté et de la laideur d'un monde extérieur auquel ils ne sont (absolument) pas préparés. Cette image est d'ailleurs assez filée par l'auteur : Kiwi se réfugie dans le parc d'attraction concurrent, le Monde de l'obscur, dont les attractions portent un nom (et ont un concept) en rapport avec l'enfer ; Ava (Eve ?), partie à la recherche de sa soeur qui a fugué sur la route des portes de l'enfer, va devoir payer le prix (élevé) de la connaissance. Seule Osceola s'en sort à peu près indemne, si tant est que l'on peut qualifier ainsi la schizophrénie dont elle semble atteinte.
Swamplandia est ainsi un roman choral (un chapitre sur deux est narré par Ava), à l'écriture luxuriante et mélancolique. Il dépeint à la perfection un monde végétal, moite et étouffant, un paradis qui n'est plus, et la manière dont chacun s'adapte (ou non) à cette disparition.
Ce roman a d'indéniables qualités, dont la première est la maîtrise de son sujet par l'auteur, qui signe là son premier roman. L'ouvrage est remarquablement structuré, et le style est déjà très personnel et empreint d'une grande force évocatrice.
Pourtant, j'avoue avoir été moins séduite que je pensais l'être, et je me suis forcée à terminer le roman pour les qualités que j'ai citées précédemment. Même si les aventures d'Ava, accompagnée de l'étrange Oiseleur, à la poursuite de sa soeur, constituent le principal évènement (vu la place qu'il prend et les symboliques qu'on peut lui trouver), il souffre de longueurs (au point que lorsque l'évènement terrible qui se profilait depuis une bonne centaines de pages arrive, j'ai pensé "ah ça y est, enfin ?"... et pourtant, il est terrible), et les quelques rebondissements ne sont pas non plus les plus fous qu'on puisse imaginer. Je me suis également demandée où l'auteur voulait en venir.
Toutefois, Swamplandia reste un livre à découvrir, ne serait-ce que pour l'originalité de l'univers qu'il renferme, et de la beauté de son écriture, fluide et non pas stagnante comme les marais qu'elle décrit.
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Ancolie
  10 mai 2013
Entrez dans l'univers d'Ava Bigtree : « Swamplandia », un parc d'attraction consacré aux alligators, dans les marais de Floride. Enfin, ce qu'il en reste. Car après le décès de sa mère – la vedette du parc -, la fugue de son frère aîné, Kiwi, et la relation amoureuse que sa soeur entretient avec un fantôme, il ne reste rien de la splendeur et du bonheur d'antan… Ava a treize ans. Livrée à elle-même – son père est parti chercher des subsides en ville pour éviter la faillite-, elle tente de garder la tête hors de l'eau avec le mélange de fantaisie et de maturité naissante propres à son âge. Sa rencontre avec l'Oiseleur, un homme étrange dont le travail est de tuer les vautours qui peuplent les marais, va accélérer son destin.
En parallèle, on découvre les raisons de la fugue de son frère. Porté par l'envie d'entamer des études et de sauver Swamplandia, il se lance dans le monde avec heurts et désillusions. Péquenot parmi les continentaux, parviendra-t-il à trouver sa place ?
J'ai beaucoup aimé ce roman. Ecrit par une américaine de 31 ans, il est puissant et solide. Avec Ava, on immerge totalement dans les marais et ses phénomènes inexpliqués et Kiwi nous entraîne dans la dure réalité de la vie où l'intolérance fait loi.
J'ai été conquise par cette histoire où les adultes sont quasi absents. Les enfants doivent remplir cette place vacante et gérer les drames avec leurs propres armes : innocence, volonté et imagination.
Un petit défaut ? On ressent que l'auteur utilise ses personnages pour faire passer ses idées, comme si un message publicitaire gâchait le récit. Un peu plus de subtilité aurait été le bienvenu même si les messages en question sont beaux : l'importance des liens familiaux et la dénonciation des préjugés.
Karen Russell allie maîtrise, originalité et réflexions. Un auteur à suivre donc.
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Missbouquin
  17 mai 2014
Swamplandia, propriété de la famille Bigtree, a longtemps été le parc d'attractions le plus célèbre de toute la Floride grâce à sa vedette, la mère, dompteuse d'alligators de classe internationale.Toute l'activité de la famille est tournée vers ce spectacle incroyable, le public afflue pour la voir, elle.
Quand Hillola Bigtree se fait finalement rattraper non pas par un alligator mais par un bête cancer, c'est tout l'équilibre des Bigtree et la survie même du clan qui sont remis en cause : le père disparaît pour soit-disant trouver des investisseurs; le fils aîné fugue pour tenter sa chance sur le continent ; la fille aînée croit vivre une histoire d'amour avec un fantôme mort un siècle plus tôt. Ne reste qu'Ava, notre guide et narratrice, qui tente de sauver le parc et s'embarque dans une fantastique aventure à la poursuite de sa soeur, aspirant encore à retrouver la vie "normale" d'avant la mort de sa mère. Mais elle n'a que 13 ans et, livrée à elle-même, elle ne voit pas le piège s'ouvrir sous ses pieds.
Page après page on est pris par l'atmosphère pesante, étouffante de la Floride, sur cette île mystérieuse laissée à l'abandon. On voit les membres de la famille Bigtree s'enfoncer petit à petit dans la folie, s'éparpiller et oublier leurs rêves de grandeur. Une grandeur définitivement oubliée par tous.
Une ambiance qui rappelle un peu l'atmosphère du cinéma de Wes Anderson où les personnages caricaturaux, entiers, excessifs, sont pourtant terriblement attachants. On ne peut qu'être touché par l'univers de Swamplandia (mot qui restera jusqu'au bout imprononçable pour moi …), au destin irréversiblement déclinant.
"Quand on n'est qu'au commencement de la fin, on peut très bien se croire déjà au milieu. Quand j'étais petite, je ne voyais pas ces nuances. C'est seulement après la déchéance de Swamplandia que le temps s'est mis à avoir comme un début, un milieu et une fin. En bref, je peux résumer toute l'histoire d'un seule mot : chute."
Même si le rythme faiblit un peu au milieu et qu'on peut être un peu lassé par les aventures de cette famille foldingue, Swamplandia reste un beau roman sur la famille, l'amour et la perte de l'innocence. Un voyage exotique mais triste, qui laisse un goût amer dans la bouche, une fois la dernière page tournée.
Lien : http://missbouquinaix.wordpr..
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critiques presse (2)
Telerama   24 octobre 2012
Derrière la fable flamboyante, pleine de végétation folle et d'animaux fabuleux, surgit peu à peu la mélancolie ­légère et grave, toujours caustique d'une jeune romancière puissante et ultra douée.
Lire la critique sur le site : Telerama
Lexpress   11 octobre 2012
Amusant et mélancolique (effrayant, à l'occasion), Swamplandia touche le lecteur grâce à la singularité de son univers et la poésie de sa langue particulièrement inventive.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
chriskorchichriskorchi   07 avril 2014
"Notre mère entrait en scène dans la clarté des étoiles. Qui avait eu cette idée ? Je ne l’ai jamais su. Sans doute Chef Bigtree, et c’était une bonne idée – neutraliser la poursuite pour laisser le croissant de lune se détacher dans le ciel, sans chaperon ; couper le micro, laisser les projecteurs sous leurs paupières de fer afin de permettre aux touristes d’apprécier ce cadre nocturne ; encourager le public à anticiper le palpitant numéro exécuté par la vedette de Swamplandia – la fameuse dompteuse d’alligators : Hilola Bigtree. Quatre fois par semaine, notre mère grimpait à l’échelle qui surplombait la fosse dans son deux pièces vert pour aller se placer au bord du plongeoir, prenant sa respiration. S’il y avait du vent, ses longs cheveux voletaient autour de son visage, mais le reste de sa personne restait immobile. Les nuits dans les marécages étaient sombres et tachetées d’étoiles – notre île était à une cinquantaine de kilomètres du réseau électrique du continent – et même si, à l’oeil nu, on pouvait apercevoir Vénus et la chevelure bleu saphir des Pléiades, le corps de notre mère n’était qu’une vague silhouette, une tache floue sur fond de palmiers.
Juste en dessous, des dizaines d’alligators déplaçaient leurs sourires ambigus et les diamants superbes de leurs têtes dans un bassin d’eau filtrée. Au niveau du cône noir où plongeait maman, il y avait neuf mètres de profondeur. Ailleurs, la nappe d’eau s’affinait pour n’être plus qu’un clapotis boueux formé de végétaux décomposés contre du sable ocre. Au milieu, un îlot rocheux émergeait ; dans la journée, une trentaine d’alligators pouvait venir y former une pyramide pour prendre un bain de soleil.
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VALENTYNEVALENTYNE   11 mars 2020
Nous n’avions qu’un seul mammifère, Judy Garland, une ours brune de Floride, sauvée par mes grands-parents alors qu’elle était toute petite, à l’époque où l’espèce hantait encore les pinèdes au nord. Sa fourrure ressemble à une carpette roussie – mon frère prétendait qu’elle souffrait d’un genre de pelade. Elle savait faire un tour, enfin, une sorte de tour : le Chef lui avait appris à hocher la tête pendant Somewhere Over The Rainbow. Une horreur. Ses dodelinements terrifiaient les petits enfants et scandalisaient leurs parents. « Au secours ! s’écriaient-ils. Cette bête a une crise cardiaque ! » C’est vrai qu’elle n’avait pas le sens du rythme, mais il fallait la garder, selon le Chef, parce qu’elle faisait partie de la famille.
Notre parc bénéficiait d’une promotion publicitaire comparable à celle des meilleurs parcs aquatiques ou minigolfs ; la bière y était la moins chère de toute la région et on y présentait un « combat au corps à corps contre les alligators » tous les jours de l’année, qu’il pleuve ou qu’il vente, y compris les jours fériés. Notre tribu avait ses problèmes, bien sûr, comme tout un chacun – Swanplandia avait toujours eu plusieurs ennemis, naturels ou pas. Nous étions menacés par les niaoulis, ou Melaleuca, une espèce d’arbres envahissante qui asséchait de vastes espaces de marais au nord-est. Et tout le monde surveillait la raffinerie de sucre et la progression sournoise des banlieues résidentielles au sud. Mais notre famille sortait toujours gagnante, me semble-t-il. Tous les samedis soir (et très souvent en semaine !), notre mère nageait avec les Seths et s’en tirait toujours. Des milliers de fois nous avions vu le plongeoir vibrer dans son sillage.
Puis elle tomba malade, plus malade qu’on ne devrait être autorisé à l’être. J’avais douze ans quand le diagnostic tomba et cela me rendit furieuse. Il n’y a ni justice ni logique disaient les cancérologues. Je ne me rappelle pas exactement les termes, mais il n’y avait pas d’espoir dans leur voix. Une infirmière m’apporta des chocolats du distributeur, qui me restèrent en travers de la gorge. Ces médecins se penchaient toujours pour nous parler, du moins me semblait-t-il comme s’il n’y avait que des géants dans ce service. Maman arriva au stade terminal de son mal à une vitesse différente. Elle ne ressemblait plus à notre mère. Son crâne était chauve et lisse comme celui d’un bébé. On eû dit qu’elle plongeait en elle-même. Un soir, elle plongea et ne refit pas surface. Au niveau du vide laissé, on ne vit ni bulles ni tremblements. Hilola Bigtree, dompteuse d’alligator de classe internationale, cuisinière exécrable et mère de trois enfants, s’éteignit dans son lit d’hôpital par une journée nuageuse, le mercredi 10 mars, à trois heures douze de l’après-midi.
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AncolieAncolie   10 mai 2013
Parfois, quand je voyais le soleil décliner et que la panique me gagnait, je risquais un coup d’œil en direction de l’Oiseleur. Imaginez ces milliers d’oiseaux auxquels il savait commander ! Des régiments d’oiseaux, des colonies entières. Ces couleurs sous les ailes – à mes yeux ce qu’il y a de plus joli au monde – cet homme pouvait peindre le ciel avec cela ! Et chose extraordinaire, il m’avait appelée, moi…
-Ava.
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fabienne2909fabienne2909   04 février 2013
Quand on n'est qu'au commencement de la fin, on peut très bien se croire déjà au milieu. Quand j'étais petite, je ne voyais pas ces nuances. C'est seulement après la déchéance de Swamplandia que le temps s'est mis à avoir comme un début, un milieu et une fin. En bref, je peux résumer toute l'histoire d'un seule mot : chute.
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ArlunArlun   18 septembre 2017
La plupart des touristes restaient après avoir appris la nouvelle, mais quelques uns demandaient à être remboursés. C’étaient toujours ceux qui avaient fait le moins de chemin qui se montraient les plus exigeants. A croire que la mort de maman était juste une arnaque. « Notre sortie du Mardi ! » se lamentaient ces vieilles dames aux cheveux bleutés. Elles avaient payé pour assister au numéro de Hilola Bigtree; on ne faisait pas quarante minutes de ferry pour manger des hotdogs en compagnie de reptiles et d’enfants éplorés !

Pour ces très vieilles gens, nous avait expliqué le chef, la mort des autres était comme un phénomène météorologique, un truc embêtant comme une averse. « Si elles font de l’esclandre, fourguez-leur le pack… »

J’en venais à détester ces rouspéteuses, avec leurs rouges à lèvres fendillés, leurs rides et leurs chapeaux de paille mous aux bords aussi larges que les anneaux de Saturne. Je murmurais à Ossie que je voulais voir le registre de l’avion de la Mort. L’embarquement se faisait dans un ordre vraiment stupide.

Le chef avait concocté un pack « spécial vieille peau » que nous étions censé leur refiler si elles voulaient un remboursement : un chapeau en caoutchouc mousse conçu pour donner l’impression qu’un alligator vous dévorait la tête, un collier flamant rose en strass, cinquante cure-dents vert et ambre dans leur coffret souvenir et un folioscope représentant maman. Si on le feuilletait assez vite, cela faisait comme un dessin animé rudimentaire : d’abord elle plongeait, puis son corps fendait le bassin par son milieu en laissant un trait vert. Mais on avait découvert, ma soeur et moi, qu’en le feuilletant à l’envers, notre mère revenait en arrière. Alors, les bulles rentraient sous la surface lisse et unie, maman atterrissait sur le plongeoir à l’issue d’un brillant arc de cercle à rebours. Elle volait comme un pierre laissant une vitre intacte. Le verre se reconstituait et on se retrouvait au début du petit livret. Qui aurait pu se plaindre après cela .
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