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Roland Stragliati (Autre)
EAN : 9782264005762
Éditeur : 10-18 (24/08/2005)

Note moyenne : 3.79/5 (sur 58 notes)
Résumé :
On n'exécute pas un enfant, on ne le condamne pas à vie. Même s'il a tué son institutrice, même si, avant de l'achever, il l'a insultée, frappée, bâillonnée, scalpée, violentée, dans la lumière studieuse d'une salle de classe, au cours du soir.
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
HORUSFONCK
  01 octobre 2016
Je viens de terminer ce polar terrifiant et quasi-désespéré.
Se rejoignent, dans ce récit asphyxiant, la moiteur des locaux de la questure et le froid transi du broulillard milanais.
Le flic (ex-médecin) n'est pas dans la compassion, qui l'empêcherait de découvrir la vérité qu'il soupçonne au début de l'histoire. Il est dans la poursuite de la preuve, avec ses méthodes non-orthodoxes aux yeux de son supérieur mais ami.
Le flic est tenace, mais s'il découvre la vérité, que pourra-t-il en faire?... Et, surtout, comment punir?
Décidément, ce Duca Lamberti me plaît. Un personnage d'une épaisseur peu commune, avec des blessures et des failles qui aiguisent son flair et sa lucidité.
Un grand polar, donc, que ces Enfants du massacre! Parfois insoutenable, mais indispensable à lire.
(où se trouve donc la septième étoile?)
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monromannoir
  23 mai 2016
Lorsque j'avais lu la première version des Enfants du Massacre de Giorgio Scerbanenco, édité dans la collection 10/18 Grands Détectives, j'avais été frappé par l'actualité du sujet et par la modernité du texte, car il faut savoir que ce roman avait été écrit en 1968. Il s'agissait de l'avant-dernier opus de la série mettant en scène Duca Lamberti.
Drôle de parcours pour ce personnage radié de l'Ordre des médecins et condamné à trois ans de prison pour euthanasie après avoir cédé à la demande d'une patiente souffrant d'un cancer en phase terminale. Au fil des récits, Duca Lamberti passera par le statut d'enquêteur privé, avant d'intégrer la Questure de Milan avec l'appui du Commandant Carrua. Malgré son statut de policier, ses collaborateurs persisteront à l'appeler Dottore faisant preuve d'un immense respect pour cet homme atypique.
Beaucoup considèrent les Enfants du Massacre comme étant le meilleur roman de la série et je ne peux que confirmer ce choix. L'histoire débute dans une salle de classe déserte devenue la scène d'un crime abominable et abjecte après qu'une enseignante aient été violée et massacrée par ses 11 élèves du cours du soir. Bouleversé, Duca Lamberti va procéder à l'interrogatoire de ces jeunes adolescents en rupture sociale pour établir la responsabilité de chacun. La loi du silence va rendre son travail difficile et il devra faire preuve de tout son talent d'enquêteur pour établir la vérité qui n'est pas forcément celle que l'on croit. Enquête d'autant plus difficile pour Duca Lamberti qui sera confronté à la douleur de la perte de sa nièce âgée de 2 ans.
Bonne idée pour Rivage/Noir d'avoir réédité la série Duca Lamberti qui bénéficie d'une nouvelle traduction. La trame sociale reste toujours le moteur principal des récits avec en toile de fond cette violence terrifiante au coeur d'une Italie en pleine expansion. La modernité du texte provient également de sujets très forts, comme la délinquance juvénile, que Scerbanenco dénonçait déjà dans les années 60 et qui reste toujours un des sujets principales de l'actualité.
Il y a aussi cette grande ville de Milan, monstre tentaculaire, que Scerbanenco s'attache à nous décrire au fil de ses romans. La cité, personnage à part entière, tantôt attachante, tantôt repoussante, mais toujours pleine d'un certain charme mélancolique devient le théâtre tragique des enquêtes de Duca Lamberti.
Dans la foulée, Rivage/Noir a également édité le dernier récit des enquêtes de Duca Lamberti, les Milanais Tuent le Samedi qui, sans être du même calibre que les Enfants du Massacre, reste un roman extrêmement sombre qui traite de la problématique de la prostitution avec la disparition et la mort d'une jeune femme souffrant d'une déficience mentale.
Venus Privée et Ils Nous Trahirons Tous, sont les deux premiers romans de la série Duca Lamberti et ont également été réédité aux éditions Rivages/Noir. Sombres intrigues, société en pleine mutation, crimes sordides, ce sont les principaux éléments des récits de Giorgio Scerbanenco qui font que cet auteur est devenu l'un des grands maîtres du polar italien.
Planqués au fond des rayonnages les plus élevé de ma bibliothèque j'ai eu tout de même du plaisir à retrouver les éditions 10/18 de ces 4 romans dont la typographie surannée rend le texte peu lisible. Souvenir de lecture de jeunesse, on ne peut que saluer l'initiative des éditions Rivages/Noir d'avoir remis au goût du jour ce magnifique auteur de polar.
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Juin
  15 janvier 2013
Une institutrice massacrée par ses élèves, des enfants (13 à 20 ans tout de même) perdus, inscrits à ce cours par une assistante sociale.
Personne n'a rien vu, personne n'a rien fait. Ils étaient tous là mais personne n'est coupable. Duca Lamberti n'est pas tendre envers ces criminels potentiels, qui ont torturé et tué. Un dossier, un interrogatoire. Il ne les lâche pas, les réveille brutalement les uns après les autres, les menace. Ce sont des enfants corrompus, pas très fûtés et déjà pervertis par le milieu dans lequel ils vivent. Parents alcooliques, proxénètes, prostituées ou absents, et eux-mêmes sont voleurs, obsédés sexuels, violents...Drôle de pédigree. Un seul est sans histoire
Un livre en forme d'interrogatoire méticuleux...Duca Lamberti veut comprendre qui est derrière ce massacre, à la mise en scène sordide.
"-mais nous avons le magnétophone.
Non, ce truc enregistre aussi le bruit des claques dans la figure, je préfère la sténo, insista Duca."
Duca n'est pas un tendre, il risque la révocation mais il s'en moque.
En parallèle il y a les appels angoissés de sa soeur. Sa nièce, 2 ans 1/2 va très mal. Il faut qu'il vienne. 'Il n'était pas pédiatre et il n'avait pas exercé depuis cinq ans, les trois années de prison comprises". Ancien médecin il a été radié de l'ordre.
C'est un livre terrible, l'auteur n'omet aucun détail. Il raconte c'est tout. Sans délayage, sans pathos. Un livre froid et clinique? Non je ne crois pas... Même s'il semble sans espoir pour ces enfants nés avec un lourd héritage familial. et si on découvre que l'humain peu être abject.
J'ai aimé découvrir cet auteur, un peu tard, il est décédé en 1969. Il a une réputation de réactionnaire.Je ne crois pas c'est une autre époque...une autre façon de dire les choses.
Ce livre policier est aussi un document social sur une époque, un flic à l'ancienne assez atypique mais attaché à la vérité, un monde d'enfants perdus et une jeune prof, enthousiaste victime du pire " et elle était morte quelques instants plus tôt, en criant " Monsieur le directeur!".
Un roman noir. A découvrir.Ne serait- ce que pour l'écriture..

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Colchik
  20 août 2017
Une plongée dans l'Italie de la fin des années soixante, dans la capitale du nord, Milan. Une histoire âpre, violente qui semble s'enfoncer au fil des pages dans la noirceur des marges de la société. Une jeune institutrice, Mathilde Crescenzaghi, a été découverte agonisante dans sa salle de classe, après la fin d'un cours du soir. La police a arrêté ses élèves, un groupe d'adolescents âgés de treize à vingt ans, tous délinquants ou marginaux. Ils sont accusés du viol et de la mise à mort de la jeune fille. le docteur Duca Lamberti est chargé de l'enquête dont les conclusions ne font aucun doute pour les autorités judiciaires : les coupables ont été arrêtés, il reste à recueillir leurs aveux. Mais, pour Lamberti, le système de défense des inculpés paraît trop bien orchestré pour émaner de ces adolescents incultes et brutaux. À partir de ce constat, il va s'efforcer de trouver le fil conducteur qui le conduira au vrai coupable, l'instigateur du meurtre.
Lamberti est consciencieux et opiniâtre, c'est un flic non conformiste qui n'hésite pas à recourir à des méthodes peu orthodoxes, comme accueillir à son domicile l'un des jeunes criminels, pour obtenir les éléments qui lui permettront de découvrir la machination dont a été victime l'institutrice. Endeuillé par la mort de sa nièce, la petite Sara, il traque la vérité dans un Milan déshérité, rendu crépusculaire par le brouillard qui s'est abattu sur la ville. À ses côtés, il y a Livia qui lui sert de chauffeur. La jeune femme qui a été défigurée par des mafieux lors d'une affaire précédente, lui apporte son aide.
Ce livre est très intéressant car il recrée du suspens sur une hypothèse de départ sans surprise : on connaît la victime et on connaît les auteurs du crime. Par ailleurs, la personnalité de Duca Lamberti est intrigante. Taciturne, rendu méfiant par sa destitution de l'ordre des médecins à la suite d'une affaire d'euthanasie, il irrite la plupart de ses interlocuteurs. Mais, derrière le masque du policier, il y a un homme blessé, généreux, humaniste.
J'ai découvert l'univers très particulier de Giorgio Scerbanenco avec beaucoup d'intérêt et je pense qu'il appartient à la catégorie des grands auteurs de roman noir.
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mireille.lefustec
  30 avril 2018
Publié en 1968.
Lu dans sa version italienne.
Situation : Milan des années 60.
Incipit : "E morta cinque minuta fa ", dit la soeur.
Une salle de classe, un tableau couvert de grossièretés et de dessins obscènes. Et le cadavre d'une jeune femme de vingt-deux ans, horriblement massacrée.
Je ne savais pas si j'aurais le courage d'aller plus avant dans la lecture.
La victime est une "délicate" enseignante qui assurait un cours du soir pour des garçons en perdition qu'il fallait tenter d'aider . Onze garçons d'âges différents, délinquants ou pré--délinquants , certains ayant déjà eu affaire à la police et à la maison de redressement. Qu'ils soient issus de familles difficiles ou pas, dans cette Milan aux quartiers déshérités.L'enquêteur, il "dottore" Duca Lamberti, étudie soigneusement les onze fiches préparées par le juge .
Onze garçons impliqués dans cet assassinat sauvage .
Quand il les interroge, un par un, après les avoir tirés du sommeil profond, encore alcoolisé, il n'obtient rien : omertà totale.
J'ai aimé le personnage de Duca, sérieux, réfléchi, constant dans son enquête.
"Il avait cette manie de fouiller les choses en profondeur. A partir d'un vol de sac à main , au supermarché, il était capable de rédiger un traité de criminologie. "
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   24 mai 2020
– Le plan, demanda Duca Lamberti, arrêté devant le tableau noir. Mascaranti, qui fouillait déjà dans sa serviette, lui tendit presque aussitôt une feuille de papier blanc dactylographiée : le « plan » demandé.
Immobile, à deux pas de la porte, Duca Lamberti se détourna du tableau noir et regarda les autres traces que l’identité judiciaire avait laissées derrière elle et qui donnaient à la classe un aspect assez insolite. C’étaient des cercles de peinture blanche, quelques-uns guère plus grands que ceux qu’un fond de verre laisse parfois sur une table, d’autres bien plus importants et qui atteignaient la dimension de la circonférence d’une grosse dame-jeanne. Dans chacun de ces cercles, et toujours tracé à la peinture blanche, se voyait un numéro. Il y en avait une vingtaine ou, plutôt, très exactement vingt-deux, ainsi qu’il était dit sur la feuille dactylographiée. Le plan n’était, en fait, rien d’autre qu’une nomenclature de tout ce qui avait été trouvé dans la classe, aussitôt après la découverte du crime, avec l’indication de l’endroit précis où chacune des découvertes avait été faite.
Il y avait des cercles blancs un peu partout : sur la petite table de la maîtresse ; près du tableau noir ; sur le sol ; sur les quatre longues tables réservées aux élèves. Un peu partout, sauf sur les murs – où on les avait tracés à la peinture noire.
– Passe-moi une cigarette, dit Duca en tendant la main vers Mascaranti, mais sans cesser de regarder les cercles et, plus spécialement, celui où se lisait le n°19.
– Tenez, docteur.
Mascaranti lui tendit la cigarette et la lui alluma.
Duca Lamberti chercha le n°19 sur le plan. L’ayant trouvé, il lut dessous : Bouteille liqueur. Il regarda un autre cercle, sur le dallage cette fois, et qui entourait le n°4. Le plan portait : N°4 – Petite croix d’or, appartenant probablement à l’un des élèves. Le n°4 se trouvait tout près d’un dessin également tracé sur le dallage, et toujours à la peinture blanche, lequel n’était pas un cercle mais reproduisait des contours humains, ceux de Mathilde Crescenzaghi, la petite institutrice.
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rkhettaouirkhettaoui   20 septembre 2016
...tu éprouves de la haine pour une per sonne et désires la tuer, tu ne vas rien faire d'autre qu'aller chez cette personne et lui tirer dessus. Tu commets un acte interdit par la loi, mais tu as un comportement rationnel. Une femme hystérique, non, une femme hystérique éprouve aussi de la haine mais elle va chercher à assouvir sa haine indirectement, sans se mettre en danger, et de la façon la plus complète possible. La seule mort de la per sonne qu'elle déteste ne suffit pas à la femme hystérique, parce qu'elle est aussi un histrion.
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JuinJuin   15 janvier 2013
Carrua réfléchit. Sous certains aspects, il n'aimait pas Luca Lamberti. Il avait cette manie de fouiller les choses en profondeur. A partir d'un vol de sac à mains au supermarché, il était capable de rédiger un traité de criminologie. Lui, il préférait blanc ou noir,gauche ou droite, plutôt que de semblables subtilités.
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rkhettaouirkhettaoui   20 septembre 2016
C'était un alcool sicilien, le plus puissant du monde, soixante-dix-huit degrés signifiait que, la langue à peine en contact avec lui, l'alcool s'évaporait. En comparaison, le gin et le whisky faisaient pure eau minérale. Même un buveur aguerri, avec quatre ou cinq cuillerées d'anis gras, partait pour le monde de la folie et de la violence, car une particularité de ce produit était qu'il libérait une puissante force psychique : il n'endormait pas, mais enflammait le système nerveux et en actionnait les ressorts secrets. Les jeunes qui se droguaient avec des produits variés et souvent stupides ne connaissaient pas l'anis gras. Il en existait des versions moins fortes en alcool.
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the_billthe_bill   29 septembre 2018
Pour fumer, il s'installa sur la dure et inconfortable chaise derrière le meuble qui avait servi de bureau et son regard embrassa la classe, c'est à dire les quatre tables entourées de quatre chaises chacune qui avaient fait office de pupitres pour ces singuliers élèves. Il relut le rapport encore une fois, numéro huit: urine. Pas un mais plusieurs élèves - si le terme pouvaient ici s'appliquer - s'étaient soulagés dans un angle, transformant un modeste mais sérieux, charitable et sincère lieu d'étude en une étable puante.
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Giorgio Scerbanenco : Les Enfants du massacre
Olivier BARROT, dans une salle de classe, présente le livre de Giorgio SCERBANENCO, "Les Enfants du massacre". Né à Kiev en 1911, Seerbanenco fait tous les métiers avant de se spécialiser dans le polar.
autres livres classés : romans policiers et polarsVoir plus
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