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Duca Lamberti tome 4 sur 4
EAN : 9782743622824
205 pages
Payot et Rivages (16/11/2011)
3.69/5   35 notes
Résumé :
Milan, dans les années 1960. Duca Lamberti reçoit la visite d’Amanzio Berzaghi, employé sans histoires et ancien routier. L’homme est désespéré. Sa fille unique, qu’il élève seul depuis des années, a disparu. Cela fait cinq mois qu’il est sans nouvelles et il est à bout.
La fille d’Amanzio, Donatella Berzaghi, est une jeune femme de 28 ans un peu particulière : belle et séduisante, elle mesure près de deux mètres et pèse 95 kilos… C’est aussi une attardée men... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique

Il y a quelques années j'avais lu « les enfants du massacre », une lecture éprouvante, intense et un roman noir de grande qualité. Il était certain que Scerbanenco recroiserait ma route de lectrice. C'est chose faite avec ce très bon « les milanais tuent le samedi ».

« Les milanais tuent le samedi » met encore en scène Duca Lamberti, ex-médecin reconverti en enquêteur. En fait, il s'agit même du dernier volet de la série mais les romans peuvent tout à fait être lus dans le désordre, les rappels aux tomes précédents sont très rares et ne constituent que des détails sans importance. de toute façon « les milanais tuent le samedi » est un pur roman noir. L'enquête et celui qui la mène n'ont finalement qu'une importance secondaire. Ce qui compte avant tout ici c'est la peinture d'un milieu. Et ce portrait du Milan interlope des années 60 est saisissant. Milan est alors en plein essor économique mais Scerbanenco va s'intéresser à la face sombre de la ville en offrant une plongée étouffante dans le monde de la prostitution. Et le moins qu'on puisse dire c'est que Scerbanenco ne porte pas les proxos en haute estime. L'auteur dépeint les macs et autres rabatteurs comme la lie de l'humanité, des êtres vils prêts à toutes les abjections pour tirer profit de l'exploitation des femmes. Ce portrait pessimiste de la société milanaise donne au récit une atmosphère pesante, oppressante que ne viendra éclairer que de très brèves lueurs d'humanité.

« Les milanais tuent le samedi » est un très bon roman noir comme je les aime avec une peinture sociale forte. Ce n'est pas une lecture facile ni vraiment agréable tant le propos est pessimiste mais c'est une lecture intense qui remue le lecteur.

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La fille d'un employé d'une société de transports routiers a été enlevée. Recluse dans l'appartement familial en raison de son handicap mental et de sa nymphomanie, Donatella a disparu au cours d'une matinée alors que son père, Amanzio Berzaghi, la surveille étroitement afin de prévenir tout accident. Au bout de ses forces au terme d'une enquête de cinq mois qui n'a abouti à aucun résultat, le père désespéré fait appel à l'inspecteur Lamberti.

Hélas, les services de police retrouvent peu de temps après un corps à moitié calciné au bord d'une nationale et Amanzio Berzaghi reconnaît le cadavre de sa fille qui a été défigurée et abandonnée encore vivante sur un feu d'herbe.

Pour Duca Lamberti, il ne fait aucun doute que la malheureuse Donatella a été livrée à la prostitution en raison de sa beauté et de sa nymphomanie. Mais où retrouver la trace de ceux qui l'ont enlevée et enfermée dans des bordels milanais ? Duca, accompagné du fidèle Mascaranti et de Livia Ussato, décide de passer en revue tous les clandés de Milan car une fille de deux mètres et de cent kilos n'a pu passer inaperçue. Mais comment remonter une piste quand la prostitution s'abrite dans des lieux secrets et obéit à des procédures connues seulement d'un petit nombre ? En faisant appel à un petit proxénète et une prostituée noire qui, malgré eux, seront obligés de dévoiler certains aspects du trafic humain.

Giorgio Scerbanenco nous livre, une nouvelle fois, son pessimisme foncier sur la nature humaine. La bêtise et la cruauté des individus qui profitent de la faiblesse de leurs congénères sont encore impitoyablement dépeintes. Compassion pour les victimes, tristesse devant la médiocrité des personnalités, dégoût pour l'appât du gain et la perversion : Duca Lamberti est un flic désabusé, mais opiniâtre dans son combat contre la fange de la société.

Ce dernier opus de Scerbanenco s'achève sur la nouvelle de la réintégration de Lamberti dans l'Ordre des médecins. Mais, on sent que Lamberti ne sera plus capable de soigner seulement les corps quand la lèpre du crime ronge la société.

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Quand on pense que Scerbanenco a écrit des romans à l'eau de rose, Il a bien viré sa cuti et c'est tant mieux. Un commissaire Duca Lamberti très ténébreux mais empathique qui a la suite d'un meurtre atroce reprend l'enquête qui s'est enlisée.

le vieux père désespérément demande justice sans jamais faillir pour la mort de sa fille une géante handicapée arriérée mentale qu'on a brûlé vive.

Aidé pour cela pas son amie Livia qui a subit par le passé la loi du milieu il va fréquenter les lupanars milanais accompagné d'un maquereau indicateur sollicité pour l'occasion à la recherche de ses esclavagistes du sexe.

Il y a deux aspects dans ce livre l'enquête de Duca, entêté et obnubilé par les assassins dont il veut la tête coûte que coûte et l'attente du père effondré mais continuant à vivre pour voir les assassins de sa fille J'ai trouvé très pathétique la douleur de ce vieillard qui veillait sur sa grande fille comme sur une enfant qu'elle est d'ailleurs et le crime commis me semble bien atroce. Les appels de sa fille qui réclame « son papa » sont vraiment poignants cela m'a rappelé mais en inversé les appels de Ludovic à sa mère dans « noces barbares » de Queffelec Il se dégage dans ces cris la même violence comparable à un cri d'animal qui va mourir sans savoir pourquoi. Une grande émotion persiste après la fin de lecture

Pourtant à Milan la justice est toujours faite respectée mais le samedi et c'est ce père éploré qui nous explique pourquoi.

Très bon roman noir

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« Avec la civilisation de masse naît la criminalité de masse. Aujourd'hui, la police ne peut plus rechercher tel ou tel criminel, ni enquêter sur telle ou telle affaire. Aujourd'hui on fait d'énormes coups de filet... On pêche dans cette mer fangeuse du crime et on en sort de répugnants poissons, des petits et des gros ; et c'est comme ça qu'on fait le ménage. Mais on n'a pas le temps de s'occuper d'une fille qui mesure presque deux mètres, pèse cent kilos, simple d'esprit, et qui a disparu de chez elle, volatilisée dans l'immense milan où une personne disparaît chaque jour sans qu'on puisse la retrouver. »

La quatrième et dernière enquête de Duca Lamberti. Il est chargé par un de ses amis d'enquêter sur la disparition de sa fille. Lorsque Duca retrouve le corps de la disparue, il va prendre le temps de s'intéresser à cette affaire et il se met en tête de retrouver ses assassins.

Suite de la réédition des quatre romans de Scerbanenco qui ont pour héros Luca Lamberti, depuis longtemps indisponibles. Il ne s'agit pas d'une simple réédition mais d'une nouvelle traduction, bien plus proche du texte original. Cela permettra peut-être de voir enfin reconnue l'importance de Scerbanenco, qui est le véritable fondateur du polar italien. Certes les méthodes de son détective ne sont pas tout à fait non-violentes et on n'ira pas jusqu'à dire que c'est un défenseur de la cause féminine. Mais la construction du roman, le style et sa description de l'Italie des années 1960 en font un classique incontournable.

Dans ce dernier opus de la série Duca Lamberti, Giorgio Scerbanenco excelle dans la peinture sociale de son pays, cette Italie gangrénée par la mafia Car même à Milan, la pègre règne sur la ville avec tous ses trafics et surtout celui du corps des femmes. Car ici c'est bien la prostitution, ses ravages et ses profits et la corruption qu'il en découle qui sont au coeur de ce parfait roman noir. Un roman âpre et lyrique où notre auteur condamne ce fléau qui obscurcie le ciel azur de l'Italie


Lien : https://collectifpolar.com/
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Scerbanenco Giorgio (1911-1969) - "Les milanais tuent le samedi" - Rivages, 2011 (ISBN 978-2743622824) original italien publié en 1969, nouvelle traduction en français de Laurent Lombard

Le meurtre d'une grande et belle fille, quelque peu attardée mentalement, kidnappée pour être utilisée dans les réseaux de prostitution. A certains moments l'intrigue devient invraisemblable, mais la peinture de la détresse de ce père veuf est prenante.

Je ne puis juger si la description des bas-fonds de Milan dans ces années 1960 correspond à la réalité, mais il est intéressant qu'un auteur se donne la peine de décrire ce que fut pour lui l'envers du décor de ces années baptisées en France "les trente glorieuses".

Un roman qui se lit, et peut se relire sans ennui, même s'il n'a pas la portée du remarquable «Les enfants du massacre» (voir recension).

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Citations et extraits (1) Ajouter une citation

«Avec la civilisation de masse naît la criminalité de masse. Aujourd'hui, la police ne peut plus rechercher tel ou tel criminel, ni enquêter sur telle ou telle affaire. Aujourd'hui on fait d'énormes coups de filet... On pêche dans cette mer fangeuse du crime et on en sort de répugnants poissons, des petits et des gros ; et c'est comme ça qu'on fait le ménage. Mais on n'a pas le temps de s'occuper d'une fille qui mesure presque deux mètres, pèse cent kilos, simple d'esprit, et qui a disparu de chez elle, volatilisée dans l'immense milan où une personne disparaît chaque jour sans qu'on puisse la retrouver.»

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Video de Giorgio Scerbanenco (1) Voir plusAjouter une vidéo

Giorgio Scerbanenco : Les Enfants du massacre
Olivier BARROT, dans une salle de classe, présente le livre de Giorgio SCERBANENCO, "Les Enfants du massacre". Né à Kiev en 1911, Seerbanenco fait tous les métiers avant de se spécialiser dans le polar.
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