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ISBN : 2882503199
Éditeur : Noir sur blanc (29/08/2013)

Note moyenne : 4.05/5 (sur 11 notes)
Résumé :
"Si la vue de la terre noire et nue, des arbres pareils à des squelettes, n’avait rien de réjouissant, ils se sentirent encore plus mal à l’arrivée de la neige."

Les Eltychev, roman de la province russe, raconte la déchéance et la chute d’une famille ordinaire. Il est vrai qu’ils ne tombent pas de très haut… Le père, Nikolaï, est policier dans le chef-lieu de la province ; sa femme, Valentina, a péniblement réussi à s’extraire de son hameau perdu. Un ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Bookycooky
  12 mai 2019
On est dans la première décennie de l'an 2000, à l'ère Poutine, dans un chef-lieu de la province russe. Nikolaï Mikhaiovitch Eltychev est parvenu, à la fin d'une longue liste d'attente, et après une lutte sérieuse, à obtenir un poste considéré comme un bon filon: officier dans un dessoûloir. Même là, plumant les ivrognes, il fait des affaires, bien que dérisoires comparées aux grosses, qui si réussit auraient pu changer son destin. Mais lui ce tournant il l'a raté, et à cinquante ans, il n'est guère satisfait de sa situation. Il s'ennuie au boulot, sa femme empâtée ne lui plaît plus, un de ses fils est en taule, l'autre bon à rien . Mais le pire reste à venir. Commettant une faute professionnel burlesque il va même finir par perdre son boulot ennuyeux et devoir quitter son appartement de fonction......
Eltychev n'ayant nul part où aller, condamné en sursis, emménage avec fils et femme chez la tante de cette dernière, dans le village où celle-ci a grandi. Une vie des plus difficiles les y attend. Accumulant les erreurs, débute alors pour eux un lent processus de dégradation.
A travers l'histoire de cette famille ordinaire, Sentchine né en 1971 dans la république de Touva, et sa famille ayant dû quitté la ville pour une situation précaire dans un village près de Krasnoiarsk en 1993, raconte la vie misérable post-soviétique en province. Une vie minée par l'alcool, la pauvreté et l'absence de travaille, dans un monde sans foi ni loi, qui semble loin d'être de la fiction.
Les personnages de Sentchine sont peu sympathiques, sauf la formidable vieille tante Tania, qui non seulement les accueille mais aussi à son âge avancé leur rend service. Est-ce la misère qui les rendant si vulnérables, les obligent à oublier tout moral, tout respect pour soi et les autres, annihilant le moindre sentiment humain ?
La prose de Sentchine accentue encore plus cette perte d'humanité, en décalant la suite ou résultat des événements graves, comme si ce qui vient de se passer était tout à fait normal. J'ai trouvé le processus excellent.
Considéré comme l'un des représentants du nouveau réalisme russe, Sentchine dont je viens de lire son deuxième roman nous livre une fresque très noire de la province russe contemporaine. Et à ce qu'il parait ce livre ayant rencontré un très grand succès en Russie, les Eltychev sont en voie de devenir des emblèmes de ces habitants des villes et des villages éloignés de la capitale. Un livre intéressant qui se lit facilement , que je conseille à tout ceux ou celles qui s'intéressent à la Russie de Poutine.
“De nombreux écrivains ont envie de raconter ce qui se passe dans leur ville, dans leur village et ces documents artistiques font parfois découvrir aux lecteurs des réalités inconnues de leur propre pays.” (R.Sentchine)
 
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PostTenebrasLire
  12 octobre 2013
Le récit
J'avais envie de lire de la littérature russe contemporaine.
"Les Eltychev" dépeint cette société laissée de côté par les grands changements survenus.
Il n'est pas question de gens importants, ni gens s'étant enrichis grâce au passage au système capitaliste, ni même de gens habitant en ville.
Passé les premiers chapitres, les Eltychev sont contraints de partir à la campagne.
Ce n'est pas un retour à la nature ! C'est au contraire subit et sans issue.
Les hivers sont rudes, les printemps et automnes sont pluvieux. Seul l'été est bénéfique. Mais ce bref intermède laisse de moins en moins d'empreintes dans le récit.
Le village est loin de la ville. Aucun travail. Tous les villageois sont en mode survie.
Peu de solidarité entre villageois : on se méfie, on se jalouse, on se vole, on se tue, mais on boit ensemble.
L'alcool est un des thèmes récurrents du roman. Elle fait des ravages.
La famille n'est pas d'un grand secours : pas de proches. Les relations entre le père, la mère et les deux enfants sont entachées de reproches. Chacun reprochant aux autres de les avoir conduits dans cette impasse.
Les Eltychev sont comme prisonniers de leur propre sort.
C'est une lecture éprouvante. Non pas par un manque qualité du récit, mais par cette lente, mais inexorable descente vers une fin.
Ce n'est pas forcément un livre à lire en automne lorsque l'hiver approche !
Le fond
Le roman alterne la narration des différents membres de la famille Eltychev.
Le style est limpide. Il alterne descriptions, dialogues et réflexions avec le bon dosage.
Pas d'envolées poétiques dans ce récit (nous ne sommes pas dans un Zola qui prend lui des libertés avec le réalisme).
Le réalisme de Roman Sentchine est implacable.
Quelques blancs arrivent à point nommé pour ne pas tomber dans le sordide.
Proximité
Ce roman est assez proche de "La route" de Cormac Mc Carthy. Les rapports humains sont durs. le quotidien, la nourriture, le froid prennent beaucoup de place dans la vie des protagonistes. À l'inverse de la route cependant les Eltychev se sentent beaucoup plus moralement que physiquement acculés.
Je peux aussi faire un parallèle avec "Le tombeau des lucioles".
Le roman est d'un style d'écriture trop différent, mais film et roman racontent aussi cette descente vers la mort. Dans le tombeau des lucioles, il reste encore cet amour entre frère et soeur.
Lien : http://travels-notes.blogspo..
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Aheuuu
  10 novembre 2013
Point de folles aventures ni de rebondissements haletants dans Les Eltychev : rien que la description de l'effondrement d'une famille, suite à une faute professionnelle commise par le père. Il s'agit d'une famille moyenne, ordinaire, provinciale, qui tente de suivre les évolutions d'une société qui a tendance à oublier les gens comme eux.
Tout au long de ce "roman de la province russe", l'auteur décrit non sans humour la réalité de la vie à la campagne, les jalousies, les coups bas, l'espoir qui surgit parfois - mais guère longtemps.
Si le récit peut parfois sembler traîner en longueur, on s'aperçoit vite qu'il ne fait qu'adopter le rythme de la vie des personnages, souvent longue et monotone.
En bref, il s'agit d'un roman indubitablement réaliste, à ne pas mettre entre les mains d'un lecteur dont le moral ne serait pas au beau fixe !
Commenter  J’apprécie          30
chrislav
  29 septembre 2016
Un livre qui nous plonge au coeur de la vie des habitants de "province profonde" de la Russie et qui n'est pas sans rappeler tout à la fois "La fin de l'homme rouge" et, moins connu hélas, "Ma province" d'Ossipov: un livre donc noir voire empli de désespérance, d'un ennui, d'un vide tels qu'ils sont noyés dans un alcoolisme morbide, ce "fléau national" qu'évoque Ossipov en sa qualité de médecin.
L'auteur ici souligne, accentue toutes ces plaies, tous ces drames, toutes ces réalités auxquels tous ces habitants sont confrontés au quotidien.
Il se dégage, au final, de ce roman on ne peut plus réaliste une quasi-acceptation de cette vie par ces gens tel un fatalisme.
Commenter  J’apprécie          40
Thoxana
  21 octobre 2013
La famille Eltychev en voit de toutes les couleurs… entre gris clair et gris foncé !
Le père, policier dans le chef-lieu d'une province russe, se retrouve mis à la porte du jour au lendemain suite à une terrible bavure. Cet accident de vie est le point de départ d'un funeste engrenage : puisque Eltychev doit quitter son appartement de fonction, toute la famille se voit dans l'obligation de déménager à une cinquantaine de kilomètres de là, dans le hameau perdu dans lequel a grandi sa femme Valentina. S'installant dans la maison décrépie occupée par la vielle tante de Valentina, le couple tente en vain de trouver un emploi. le désoeuvrement, la pauvreté, les dégâts dus à une surconsommation de vodka constituent désormais le quotidien des Eltychev. Avec un fils ainé croupissant en prison et un cadet vivant aux crochets de ses parents, l'ambiance devient rapidement pesante. La descente aux enfers n'en est pourtant qu'à son commencement…
Traitant d'un sujet quelque peu déprimant mais néanmoins réaliste - il suffit de bien peu de choses pour qu'une vie bascule totalement ! - ce livre n'est pas totalement sombre pour autant. L'auteur pose en effet un regard un tantinet cynique sur ses personnages et sur la situation dans laquelle ils se trouvent. Aussi, sans aller jusqu'à prétendre que l'on rit à la lecture des 258 pages de cet ouvrage, il reste malgré tout une pointe d'ironie bien présente tout au long de ce roman très représentatif du réalisme russe : si la situation est désespérée, il est pourtant possible de s'en amuser. Alors sombrons, mais que ce soit avec le sourire !
Lien : http://cyclepoetique.over-bl..
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
BookycookyBookycooky   12 mai 2019
A une époque, Eltychev s’etait posé beaucoup de questions sur la mort. Comment pouvait-on marcher, voir, entendre, penser, être ( semble-t-il) capable de tout faire, et soudain cesser d’exister ? Et hop, les ténèbres , un vide absolu.On n’a plus rien, on n’est plus rien. Rien qu’un morceau de chair avec des os, qu’il faut se dépêcher d’enterrer.
P.231
Commenter  J’apprécie          280
PostTenebrasLirePostTenebrasLire   10 octobre 2013
Le carfard rôdait autour d'eux et, à la première occasion, dès qu'ils rêvassaient, se laissaient aller à leurs souvenirs, il fondait sur eux, les étouffait, les vidait du peu d'énergie qui leur restait
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PostTenebrasLirePostTenebrasLire   08 octobre 2013
Impossible de comprendre à quel moment la jeune fille à laquelle il restait littéralement scotché avait été remplacée par cet être ordinaire, indispensable, mais inintéressant. Sa femme
Commenter  J’apprécie          60
PostTenebrasLirePostTenebrasLire   09 octobre 2013
Artiom l'avait invitée à danser, elle s'était étonnée un instant, mais cet étonnement contenait déjà son consentement, et son consentement à plus encore
Commenter  J’apprécie          60
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