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Francis Ledoux (Traducteur)
EAN : 9782757809440
672 pages
Éditeur : Points (09/10/2008)

Note moyenne : 3.74/5 (sur 128 notes)
Résumé :
Maureen Wendall et son clan : une famille ordinaire éprouvée par trente ans de drames et de combats, dans cette ville de Détroit qui semble faire écho à toutes les crises de l'Amérique, de la grande Dépression aux émeutes raciales de 1967.

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Critiques, Analyses et Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
kuroineko
  24 janvier 2018
Qui sont "Eux"? Tout ce qui n'est pas "nous" ou "je"? Et comment construire le "je" ou le "nous" face à "eux"? Autant de questions existentielles qui parsèment ce gros roman de Joyce Carol Oates. Dans sa note de préface, l'auteure prévient qu'il s'agit d'une histoire vécue. Une de ses anciennes étudiantes de cours du soir à Detroit l'a contactée pour lui expliquer sa vie dans les taudis de la ville.
En résulte l'histoire de Loretta et de ses enfants, deux en particulier, ses aînés Jules et Maureen, l'étudiante en question. le livre s'étale sur trente années, de 1937 à 1967. Madame Oates mêle récit introspectif, roman familial et données sociologiques. Sa puissance évocatrice rend prégnante l'ambiance de ces trois décennies, entre misère sociale et intellectuelle, racisme latent et désir grandissant de changer les choses. le personnage de Maureen en cela est poignant dans sa volonté, adolescente, d'ordonner sa vie pour lutter contre le chaos sordide et bruyant de sa famille, entre sa mère jacassante et souvent prise d'alcool, son père puis beau-père taiseux quand ils n'explosent pas en violence, la cadette graine de délinquance et l'aîné Jules tant aimé bien que si distancié. Ordonner le chaos par les livres, le savoir, la rigueur méthodique. On ne sort pourtant pas si aisément du carcan originel...
Le texte évolue sur un rythme qui lui est propre, oscillant entre longs chapitres d'introspection de Maureen ou de Jules surtout, et soubresauts socio-familiaux. L'apothéose voyant la ville de Detroit s'embraser dans les émeutes, événement qui marqua fortement Joyce Carol Oates. Celle-ci vécut dans cette ville durant les années 1960 avec son époux. Son acuité d'observation et de réflexion étant ce qu'elle est, il ne pouvait sortir qu'un grand roman de cette période de sa vie, récompensé à juste titre par le National Book Award en 1970. Par le biais de l'écriture, l'auteure est à la recherche perpétuelle du sens de la réalité, avec ses mouvements sous-jacents qui forment comme une tectonique sociale pouvant conduire à des explosions de violence comme elle a pu le démontrer ici ainsi que dans son oeuvre ultérieure.
Magistral et réussi comme toujours.
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Allantvers
  04 février 2015
Eux, un des quatre romans sociaux du "Wonderland quartet" pour lequel Joyce Carol Oates a reçu le National Book Award en 1970, déroule une chronique familiale en milieu défavorisé dans le Detroit, Michigan des années 40 à 60 centrée sur trois personnages : Loretta et ses deux enfants Jules et Maureen.
Un long roman au bout duquel il serait difficile d'aller sans l'esthétique hypnotisante si particulière de la plume de JCO, et son talent à s'immiscer en méandres cursifs dans les recoins des âmes.
Le roman, noir, chiche en actions, enchaîne les scènes statiques dans lesquels s'engluent nos trois héros pour lesquels j'ai été bien en peine de ressentir la moindre empathie.
Et pourtant, l'écriture introspective délayée à un tel extrême qu'elle en rend presque claustrophobe, est fascinante.
Un sentiment mitigé donc, sur une lecture plutôt fastidieuse mais dans laquelle une certaine magie opère.
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Zora-la-Rousse
  13 janvier 2017
Quelle lecture ! Une claque, une révélation…
Eux, ce sont les Wendall, Loretta tout d'abord, et puis Jules et Maureen, deux de ses enfants…
Eux, ils vivent à Détroit, dans les bas-fonds de la ville. Depuis la Grande Dépression de la fin des années 30 jusqu'aux émeutes raciales de 1967, on les suit, d'un quartier à un autre, ballottés par la misère, confrontés à la violence, flirtant avec la folie.
Eux, ce sont les Hommes et les Femmes, dominants et soumises, à moins que ce ne soit le contraire…
Joyce Carol Oates parle d'Eux comme d'un roman sur la lutte des classes, sur le piège du rêve américain. Mais le livre nous emporte au-delà. Quel est le devenir d'une ambition légitime pour une vie meilleure lorsqu'on est réduit au mode survie ?
Soumis à une grande pauvreté, de revenus, de savoirs mais aussi d'affection, ces privations génèrent un milieu insécurisant, provoquent l'éclatement de la famille. Joyce Carol Oates aborde ici avec une grande finesse psychologique les conséquences des carences affectives sur le développement de la personnalité d'un enfant. Comment construire son identité ? Comment développer ses capacités ? Comment gérer ses émotions ? Maureen calfeutrera ses traumatismes et ses peurs derrière une vie rigidement cadrée mais sans affects. Jules, tout au contraire, libéré du carcan familial par une succession d'évènements dramatiques finira par s'ériger contre les règles sociales et éthiques. Mais ils auront en commun la solitude, le douloureux ressenti du morcellement du corps et de l'âme, l'incompréhension des autres, les réponses inadaptées à la demande sociale, une connaissance tronquée de la réalité.
Eux, c'est enfin Détroit, la ville que tous voudraient quitter mais où ils reviennent toujours, parce qu'elle ne vous lâche pas. Joyce Carol Oates nous raconte sans ménagement ni exagération les taudis, la crasse, le racisme, la maltraitance, la délinquance. Elle ne porte au-delà aucun jugement, en essayant simplement ( et avec grand talent) de décrire le plus réalistement possible la violence humaine sous tous ses aspects...
Une claque j'vous dis !
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bilodoh
  27 décembre 2019
C'est eux, ce n'est pas nous, nous ne sommes pas comme ça.

C'est eux dans des quartiers défavorisés d'une grande ville américaine.
C'est elle dont l'amant a été assassiné pendant qu'elle dormait à ses côtés.

Ce sont ses enfants, qui cherchent à améliorer leur sort, des Sisyphe écrasés par le poids du roc de leur carence affective.

Mais ils ont leur fierté, ils ne sont pas comme eux, les autres, les voisins, les Noirs ou le Hispanos.
« Eux » de Joyce Carol Oates, c'est du lourd, plus de 600 pages, lugubres d'angoisse et de dépression et de misère sociale…
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Nina
  24 juin 2012
Avec ce roman, Joyce Carol Oates s'est lancée dans un projet particulier et dense, qu'elle explique dans une note en préface.
JC Oates enseigne l'anglais à l'université de Détroit de 1962 à 1967.
Une étudiante inscrite à son cours de soir lui écrit une lettre quelques années plus tard pour lui raconter la complexité de sa vie qui explique en partie ses difficultés pour étudier. Elle se permet aussi de critiquer le contenu de ses cours et sa façon d'aborder les étudiants.
L'étudiante reproche à son professeure l'inexactitude de son enseignement. Pour cette jeune femme, Il existe un trop grand décalage entre les oeuvres de fiction et la « vraie vie » alors que J.C. Oates leur enseigne que « la littérature donne forme à la vie ».
Joyce Carol Oates va rencontrer cette jeune femme, de ces échanges va naître un roman dont l'héroïne principale "Maureen Wendall" ne sera autre que l'étudiante du cours du soir.
C'est aussi un moyen de prouver que toutes « les réalités » peuvent devenir des « oeuvres de fiction ».
« Eux » ce sont les familles pauvres de l'Amérique des années 1930 à 1960 qui occupent les quartiers et les banlieues sordides de Détroit.
Le roman commence en 1937 avec l'histoire de Loretta Wandall, une adolescente pleine d'espoir devant la vie qui s'offre à elle. Mais grandir dans ces quartiers, permet difficilement aux enfants de devenir des adultes libres de choisir leur avenir. Les années passent et Loretta va peu à peu perdre ses illusions et devenir la mère insécure et tyrannique de 4 enfants. Comme Loretta quand elle était jeune, ses deux aînés Jules et Maureen aspirent à vivre autrement. J.C. Oates a mis en avant ces deux personnages parce qu'ils ont la particularité de vouloir évoluer et envisage de suivre des études. Il faut tout le talent de J.C. Oates pour nous démontrer avec minutie par des évidences sociologiques mais aussi par d'infinis détails du quotidien que le défi mené par les deux jeunes gens sera long est difficile, voire impossible. Dans cette Amérique où gronde la révolte des noirs qui va donner les émeutes sanglantes de 1967, ce roman révèle que le combat quotidien pour survivre empêche ces gens de prendre part d'une façon active à ce conflit, même de le comprendre. le racisme entre les différentes communautés que décrit J.C. Oates s'analyse plus dans une lutte quotidienne pour la survie que dans une véritable haine et rejet de la différence, que l'on peut voir dans nos sociétés actuelles.
Ce roman souligne avec beaucoup de justesse, qu'à cette époque la vie des femmes est doublement pénalisée. Elles naissent dans un milieu difficile qui ne leur donnera pas la possibilité d'évoluer et de plus, qu'elles soient issues de n'importe quel milieu, la place des femmes est à l'intérieur de la maison au service de son mari et de ses enfants, les hommes vivent leur vie à l'extérieur du foyer.
« Eux » est une plongée en apnée dans l'Amérique pauvre du début du XXème siècle. On en ressort en aspirant une longue bouffée d'air, soulagé d'avoir pu aller jusqu'au bout de ce périple. Loretta, Maureen, Jules et tous ceux qui partagent avec eux ces tranches de vie, resteront à jamais dans le coeur de leurs lecteurs.
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Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
Alice_Alice_   15 septembre 2014
Je ne devrais pas vous le dire, car vous pourriez me croire folle. Mais j’ai parfois le sentiment… le sentiment que je pourrais mourir, tant je vois de solitude. Mais je ne veux personne autour de moi. Je crois que rien ne changera jamais, que ma vie va continuer ainsi. Je pense qu’un jour, quelqu’un pourrait m’attendre dans l’entrée, quand je rentrerai. C’est de la folie. Je le sais bien. Mais il me semble que je ne peux continuer ainsi, s’il n’y a pas de promesse de quelque chose de mieux. D’une nouvelle vie. Il faut bien qu’il y ait davantage pour moi que cela, mais il faut bien que je l’accomplisse moi-même. Il faut que je le provoque moi-même.
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Alice_Alice_   16 septembre 2014
Une femme ressemble à un rêve. Sa vie est un rêve consacré à l’attente. Je veux dire qu’elle vit dans un rêve, attendant un homme. Il n’existe aucune façon d’en sortir ; si insultant que ce soit, aucune femme ne peut y échapper. Sa vie, c’est d’attendre un homme. C’est tout. Il y a une porte dans ce rêve, et il lui faut la passer. Elle n’a pas le choix. Tôt ou tard, il lui faut ouvrir cette porte, la passer pour arriver à un homme en particulier, un homme, un seul. Elle n’a aucun choix dans l’affaire. Elle peut prendre n’importe qui, mais elle n’a aucun choix là-dessus. Voilà ce que je pense.
- Tu le penses vraiment ?
- Oui
- N’est-ce pas exagéré ?
- Cet homme ce n’est pas toi, exactement. J’ai besoin de toi, pour me sentir encore en vie. J’ai besoin de toi, pour moi-même, pour ma vie. J’ai besoin de t’aimer.
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kuroinekokuroineko   21 janvier 2018
Il n'était pas bien qu'un homme vive, meure et ne se résume à rien, qu'il soit oublié, que son propre fils soit incapable de se le rappeler véritablement - cela ne lui semblait pas juste.
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pyrouettepyrouette   26 septembre 2010
"Depuis la raclée de Maureen en avril, l'arrestation de Furlong et les différentes étapes du divorce, Loretta avait changé : elle avait en permanence un air égaré. Parfois, pensait Jules, elle paraissait presque intelligente, comme si cette souffrance lui avait appris quelque chose. Il se pencha contre la table et posa son menton dans ses mains. Energique partout ailleurs, il se sentait las et vieux en présence de sa mère. Il avait l'impression de vieillir peu à peu tandis qu'elle conservait le même âge ;"
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bilodohbilodoh   10 novembre 2019
… elle était une sorte d’oasis pour son esprit. Qu’y avait-il donc chez les filles, chez les femmes, pour qu’on se laisse aller aux pensées comme on se laisse aller dans leurs bras, abandonnant tout, suffoquant, plongeant dans une mort douce et ardente ?

(Points, p.343)
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Joyce Carol Oates répond en exclusivité aux questions de la Claque Fnac. Femme de lettres américaine, à la fois poétesse, romancière, nouvelliste, dramaturge, essayiste et enseignante, elle nous parle de son parcours exemplaire sur lequel elle revient avec son dernier roman "Ma vie de Cafard" (éditions Philippe Rey) dans La Claque Interview : contexte politique aux États-Unis, place des réseaux sociaux, violences policières, rôle des femmes dans la vie littéraire et quotidienne, Alice au pays des merveilles...
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