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ISBN : 2081425181
Éditeur : Flammarion (10/01/2018)

Note moyenne : 3.71/5 (sur 61 notes)
Résumé :
Le livre est centré sur le personnage de Nazperi Nalbantoğlu, appelée affectueusement Peri par ses proches, que l’on suit tout au long du roman à différentes périodes de sa vie entre 1980 et 2016. Lorsque l’histoire débute, à Istanbul en 2016, Peri a une quarantaine d’années et est une femme mariée et mère de trois enfants, dont une adolescente. Dans la scène d’ouverture, à la suite d’un embouteillage, Peri se fait voler son sac par un malfrat. Dans ce sac, il ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
fanfanouche24
  24 janvier 2018
Le défaut des boulimiques dont je fais grandement partie... est cette curiosité insatiable qui fait se disperser. La présentation du dernier ouvrage de cette auteure turque, dans le Magazine "LIRE" de janvier 2018 m'a décidé à l'acquérir, alors que j'aurais pu ronger mon frein en lisant déjà un de ses romans, paru en poche, offert par un ami, il y a juste quelques mois : "Crime d'honneur"... mais non !!! Ce fut plus fort que tout, ce besoin de tout lire, tout embrasser, même si on sait bien que c'est impossible !
Alors me voilà happée par " trois filles d'Eve", captivée, touchée par ce personnage féminin, central, Peri, petite dernière et unique fille d'une fratrie de trois enfants...

Peri vénère son père, se désole de sa tristesse permanente, ainsi que du manque d'amour terrible entre ce père, homme laïc, lucide et militant et sa mère, tombée dans tous les excès religieux . Une famille éprouvée, habitant Istanbul... Cette ville y est décrite par notre écrivaine, avec énormément d'esprit critique et acéré...
Une colère intense contre les dérives de cette ville et du pays: la corruption, le fanatisme religieux, les traitements inacceptables contre les prisonniers, les mauvais traitements faits aux femmes dans la sphère privée autant que dans la sphère publique, le manque de liberté, l'hostilité vis à vis des livres profanes, etc.!
Une auteure courageuse, fière... portant haut les couleurs de la révolte et de la Liberté dû à chaque individu, mais aussi le droit à l'éducation, l'instruction, la bataille contre l'ignorance qui induit tous les sectarismes, les abus sur les plus vulnérables, dont les femmes !
Ce roman est captivant à plus d'un titre, et nous raconte mille détails liésaux usages, traditions et coutumes...de la Turquie !
Le récit de la vie de Peri se raconte , alternativement, sur deux périodes, entre les années 1980 [ où elle est acceptée à Oxford, à l'immense fierté de ses parents, mais surtout de son père... qui voulait le meilleur pour sa fille unique !] et plus de 30 ans après, en 2016...Ce qui est advenu des rêves, exigences de la jeune étudiante sérieuse, tourmentée et solitaire....
Un beau portrait de femme se cherchant entre les parents aimants, mais désaccordés... entre la jeune étudiante brillante, assoiffée de lectures, de savoir, de questionnements , l'abandon de ses études, à la suite d'une histoire bouleversante (dont je ne dévoilerai surtout pas la substance !!...) et la femme adulte, heureusement mariée, mère de famille, installée dans une existence bourgeoise et protégée...qu'elle n'aurait jamais imaginée.
Il n'empêche que le feu couve toujours sous la cendre de cette femme attachante, tentant de réunir toutes ses contradictions et ses ombres...!

Ce roman brasse une multiplicité de sujets, politiques, personnels, avec des questionnements récurrents sur toutes les dérives sectaires !
Un roman haletant qui dit à quel point la littérature est porteuse d'espoir, de liberté et d'indépendance de pensée... dans des pays aussi complexes que la Turquie, où apprendre, faire des études, avoir du sens critique, être une femme ... sont des handicaps... trop souvent frappés d'anathèmes, de synonymes de "mal" de "péché" dans une société développant moult sectarismes et intégrismes...
Un moment passionnant et foisonnant de lecture, qui, "cerise sur le gâteau" fait partie de ces ouvrages dynamiques, contenant beaucoup de références
littéraires... qui nous mènent ensuite à d'autres curiosités et d'autres élans de lectures....[avec en prime, une jaquette très réussie, colorée et orientalisante à souhait ] !
Un immense coup de coeur , qui m'a littéralement transportée ! Je ne peux résister à terminer sur un extrait... qui sous-tend un hommage constant aux
mots, à la littérature et aux horizons merveilleusement agrandis par la lecture ...Un hommage , également, double du savoir et de la tolérance, de plus en plus urgents, à nourrir et protéger dans des contextes sociaux violents et fanatiques !
"En outre, même si sa vie en dépendait, elle ne pouvait pas se faire aux réactions hostiles à la lecture. Dans divers coins du monde, on est ce qu'on dit et ce qu'on fait, mais aussi ce qu'on lit; en Turquie, comme dans tous les pays hantés par les problèmes d'identité, on se définit, d'abord, par ce qu'on rejette. Apparemment, plus les gens s'en prenaient à un auteur, moins ils avaient lu ses livres. "(p. 150)


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Aela
  16 juillet 2018
Deux récits qui s'entrecroisent dans ce beau roman: Peri, l'héroïne qui vit une vie bourgeoise plutôt traditionnelle à Istanbul de nos jours et l'évocation de sa jeunesse étudiante à Oxford, dans les années 2000 à 2002. Elle y a vécu des moments intenses en compagnie de deux amies proches, Shirin, l'anglo-iranienne et Mona, l'égyptienne. Trois femmes, trois musulmanes, et trois manières de vivre la religion: une rigoriste (Mona), une transgressive (Shirin), et la dernière, l'héroïne, Peri, plutôt dubitative.
Ce roman à la trame classique nous permet de découvrir la société turque d'aujourd'hui, fortement imprégnée de religion: il y a d'un côté les militants laïcs, et de l'autre les religieux militants. Peu de points communs entre ces deux groupes, condamnés à s'affronter. L'émancipation de la Femme dans ce contexte paraît difficile, même pour des jeunes femmes qui ont fait de brillantes études à l'étranger, comme notre héroïne. Une société très marquée encore par la séparation des sexes même dans les milieux bourgeois aisés.
Le texte est très bien écrit. Ce roman montre la problématique de ce grand pays qui voudrait s'ouvrir à l'extérieur tout en respectant des traditions qui semblent a priori incompatibles avec un mode de vie occidental.
La fin du roman m'a un peu déçue; on s'attendait à quelque chose de plus dramatique dans le vécu de Peri, notre héroïne.
En tout cas c'est une lecture à conseiller à ceux qui s'intéressent à la Turquie.
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akhesa
  26 mai 2018
Un peu déçue par le dénouement de l'histoire.J'aurais aimé une autre fin,une rencontre entre les protagonistes.
Sinon,j'ai beaucoup apprécié les différentes visions féminines de l'Islam et de la religion.Elif Shafak est pour moi une grande dame de l'écriture en Turquie.
C'est un pays que j'adore et que je visite tous les ans.
C'est donc toujours avec beaucoup de plaisir que je lis ses ouvrages car je m'y retrouve assez bien.
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traversay
  21 janvier 2018
Le dernier roman d'Elif Shafak est traduit de l'anglais, langue dans laquelle elle écrit aussi bien qu'en turc. Est-ce la raison pour laquelle le style de Trois filles d'Eve semble moins chamarré que dans ses premiers livres, davantage rédigé avec une efficacité toute anglo-saxonne ? le roman est construit en parallèle entre deux périodes de la vie de Peri, son héroïne, -son enfance et adolescence à Istanbul puis son année à Oxford, -sa vie de femme mariée et de mère à Istanbul. Peri a fait de sa relation avec Dieu la grande histoire de sa vie. Elle l'affaiblit, car toujours dans le doute le plus extrême, et l'empêche d'avoir confiance et estime pour elle-même. Spectatrice impuissante des chamailleries entre son père et sa mère, cette dernière très religieuse, à l'université, elle se trouve à nouveau mêlée au conflit qui oppose ses deux meilleures amies toujours sur la question de Dieu. La pécheresse, la croyante et la déboussolée (Peri), c'est ainsi que ce trio se caractérise. Et au milieu, un personnage ambigu, celui d'un professeur charismatique qui fera encore davantage vaciller la personnalité de Peri. Dans ce va et vient permanent entre deux époques, avec un double suspense pour corser l'intrigue, Elif Shafak illustre son sentiment sur l'évolution de la société turque et sur ses dirigeants. Sa vision de la communauté bourgeoise d'Istanbul, à laquelle son personnage principal appartient avec un grand recul, est sans concession et particulièrement aiguisée. Mais ce sont les pages consacrées à Oxford qui donnent au récit son rythme et sa valeur, dans cet apprentissage de la vie d'une jeune femme fragile aussi bien dans ses propres convictions que dans son rapport aux autres. Un magnifique portrait, toujours nuancé, et d'une belle profondeur.
Lien : https://cin-phile-m-----tait..
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Floraxxivi
  05 mai 2018
Avant d'être attiré par le résumé, je dois dire que c'est la couverture qui m'a donné envie de prendre Trois filles d'Ève en main. Ce bleu foncé avec les motifs floraux colorés et la ville, évoquant l'Islam et l'Orient, m'ont vraiment tapé dans l'oeil !
Maintenant, l'histoire : le roman relate la vie de Peri, sur deux époques. L'une contemporaine, où elle est une femme frayant dans la bourgeoisie stambouliote, mariée à un riche entrepreneur immobilier et mère de trois enfants dont une adolescente ; et l'autre, dans les année 1980-1990, où elle revient sur sa jeunesse, son enfance et ses années d'étudiante à Oxford.
La partie contemporaine du roman ne se déroule que sur une seule soirée. Son mari et elle sont invités à un dîner avec d'autres fortunes de la ville. En s'y rendant, Peri s'est fait agresser et voler son téléphone. Et elle craint d'avoir perdu une photo datant de ses années à Oxford qui lui tenait particulièrement à coeur... Tout ça la chamboule et l'amène à se remémorer sa jeunesse pendant que les plats et les conversations insipides défilent.
Ce dîner est l'occasion de servir une véritable critique de la haute bourgeoisie d'Istanbul et de son hypocrisie : coincée entre des considérations superficielles et les traditions, entre modernité et croyance... L'auteur ne mâche pas ses mots pour faire de ce petit monde un vrai cirque un peu pathétique : épouses superficielles et arrogantes, obsédées par les sacs à main de luxe ; hommes encore profondément machos, ayant un avis sur tout, prompts à hausser le ton lorsqu'il s'agit de politique, ne buvant pas une goutte d'alcool par respect de leur croyance mais détournant des millions sans scrupules,... Et évidemment hommes et femmes ne se mélangent pas, ne parlent pas ensemble. Ce qui semble déplaire fortement à Peri qui s'ennuie au milieu des conversations féminines et n'hésite pas à transgresser les règles pour se mélanger aux hommes, exprimer son avis, notamment sur des sujets politique.
L'héroïne, Peri, est complexe. Toujours coincée entre deux tendances : entre ses parents, sa mère étant très religieuse et son père un athée révolutionnaire ; ses frères, dont chacun a pris le parti d'un des parents ; plus tard, ses deux amies, Mona et Shirin, l'une étant voilée et féministe engagée dans plusieurs cause, l'autre adepte de plaisirs et de liberté, exécrant tout ce qui a trait à la religion. Elle cherche des réponses dans le séminaire du professeur Azur, un spécialiste des religions et de Dieu, controversé et adulé à la fois. Mais sa relation avec le professeur va prendre une tournure particulière qui va donner tout son sens au récit,...
J'ai bien aimé ce roman, compliqué, long parfois,... mais très intéressant ! Je ne m'étais jamais penché sur la culture turque (à part la gastronomie que j'adore :p) et je suis ravie d'avoir entraperçue un peu des moeurs et des coutumes de ce pays via Trois filles d'Eve et son héroïne. Ce livre est une vraie critique, qui ne dépeint pas une Turquie idéale, qui est même très dur avec ses habitants, mais j'ai aussi aimé ça : l'objectivité de l'auteure, capable de prendre le recul nécessaire pour critiquer son pays mais nous ravir d'en apprendre plus sur sa culture.
Cependant, je ne cache pas que j'ai été un peu déçue que l'amitié entre Peri, Mona et Shirin ne soit pas plus développé. J'avais cru comprendre que ce serait l'un des grands sujets du livre, mais non,... on dirait que le récit de cette amitié est entamé mais inachevé. Dommage. de plus, la liseuse de thrillers que je suis s'attendait à un secret beaucoup plus grave, un acte horrible, sanglant, sexuel, que sais-je ! mais j'admet que pour cet aspect là, je suis l'unique responsable de ma déception ! :P
La fin, très ouverte, m'a aussi un peu laissé sur ma faim... J'y réfléchi encore (ce qui doit vouloir dire qu'elle n'est pas si mauvaise du coup...!)
Pour résumer : c'est un beau roman, superbement écrit par une auteure qui domine visiblement parfaitement bien son sujet, qu'il s'agisse de religion ou de féminisme et qui a campé un personnage principal complexe, un peu torturé mais dans lequel on peut se reconnaître ! :)
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critiques presse (3)
LaPresse   21 février 2018
À Istanbul en 2016, Peri se fait voler son sac à main en se rendant à une chic soirée. Une photo prise pendant ses études 14 ans plus tôt et conservée dans son portefeuille la plonge dans ses souvenirs.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Lexpress   29 janvier 2018
Elif Shafak met en perspective dans son nouveau roman le durcissement idéologique de la société à travers l'histoire d'une jeune femme élevée dans la bourgeoisie stambouliote par un père athée et une mère ultracroyante.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeFigaro   19 janvier 2018
Une bourgeoise d'Istanbul repense à ses années à Oxford.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (60) Voir plus Ajouter une citation
marinedesvaux1marinedesvaux1   24 mai 2019
Il y a dans l'amour quelque chose qui ressemble à la foi. C'est une sorte de confiance aveugle, n'est ce pas ? L'euphorie la plus douce. La magie d'établir une relation avec un être au-delà de notre moi familier,limité.
Mais si on se laisse emporter par l'amour il devient une sorte de dogme une fixation. La douceur se change en amertume. Nous souffrons entre les mains des dieux que nous avons nous mêmes crées.
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fanfanouche24fanfanouche24   22 janvier 2018
En outre, même si sa vie en dépendait, elle ne pouvait pas se faire aux réactions hostiles à la lecture. Dans divers coins du monde, on est ce qu'on dit et ce qu'on fait, mais aussi ce qu'on lit; en Turquie, comme dans tous les pays hantés par les problèmes d'identité, on se définit, d'abord, par ce qu'on rejette. Apparemment, plus les gens s'en prenaient à un auteur, moins ils avaient lu ses livres. (p. 150)
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fanfanouche24fanfanouche24   24 janvier 2018
Le problème aujourd'hui, c'est que le monde attache plus de valeur aux réponses qu'aux questions. Mais les questions devraient compter bien davantage ! Je crois au fond que je veux faire entrer le diable à l'intérieur de Dieu et Dieu à l'intérieur du diable . (p. 348)
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AelaAela   16 juillet 2018
Peri avait quitté la table avec les autres mais s'attarda au milieu du salon. Comme toujours elle se sentait partagée dans ce genre de situation. Elle détestait la ségrégation par sexe courante dans les réunions mondaines d'Istanbul. Dans les familles conservatrices, la séparation était si marquée qu'hommes et femmes pouvaient passer la soirée entière sans échanger un mot, isolés dans des parties éloignées de la maison. Les couples se divisaient en arrivant et se retrouvaient à la fin de la réception avant de franchir le seuil.
Même les cercles libéraux n'excluaient pas cette pratique.
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krzysvancokrzysvanco   10 août 2018
Elle essaya un moment de ne pas gaspiller son argent pour des ouvrages occidentaux, mais sa résolution faiblit vite. Un bon livre était un bon livre, c’est tout ce qui comptait. En outre, même si sa vie en dépendait, elle ne pouvait pas se faire aux réactions hostiles à la lecture. Dans divers coins du monde, on est ce qu’on dit et ce qu’on fait, mais aussi ce qu'on lit ; en Turquie, comme dans tous les pays hantés par les problèmes d’identite, on se définit, d’abord, par ce qu’on rejette. Apparemment, plus les gens s’en prenaient à un auteur, moins ils avaient lu ses livres.
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Videos de Elif Shafak (12) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Elif Shafak
Avec "Trois filles d'Eve", Elif Shafak signe une satire violente de la bourgeoisie stambouliote comme du fanatisme religieux, également aveugles aux aspirations d?une jeunesse en quête de vérité et de liberté. En librairie le 10 janvier.
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