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EAN : 9782081504189
397 pages
Éditeur : Flammarion (08/01/2020)
3.78/5   210 notes
Résumé :
Et si notre esprit fonctionnait encore quelques instants après notre mort biologique ? 10 minutes et 38 secondes exactement. C’est ce qui arrive à Leila, jeune prostituée brutalement assassinée dans une rue d’Istanbul. En attendant que l’on retrouve son corps, jeté par ses meurtriers dans une poubelle, ces quelques précieuses minutes sont pour elle l’occasion de se remémorer tous les événements qui l’ont conduite d’Anatolie jusqu’aux quartiers les plus mal famés de ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (66) Voir plus Ajouter une critique
3,78

sur 210 notes
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Kirzy
  20 février 2020
10 minutes et 38 secondes ... c'est le temps au cours duquel le cerveau humain peut encore fonctionner alors que le coeur a cessé de battre, en l'occurence celui de Tequila Leïla, prostituée assassinée dont le corps a été retrouvé dans une benne à ordures d'un faubourg d'Istanbul. Qui était-elle? Qui l'a tuée? Qui se souviendra d'elle après son départ?
La première partie, la plus longue «  l'esprit » est éblouissante et dresse le portrait nuancée couche après couche d'une femme forte car libre malgré les épreuves qu'elle a traversées. La narration est brillante, alternant les dernières pensées de Leïla, son passé, son enfance, son adolescence, mais aussi la présentation de ses cinq amis à la vie à la mort.
Il y a de la rage à décrire les violences faites aux femmes dans le cadre d'un patriarcat étouffant ; une scène est particulièrement époustouflante, relatant un incident odieux qui sera un des pivots du parcours de Leïla, lors d'un pique-nique familial alors qu'elle n'a que six ans. Ce n'est pas un hasard si le roman s'achève en 1990, date à laquelle la mobilisation des femmes turques a empêché la mise en place d'un projet de loi terrible qui aurait exempté de sanctions un violeur du moment que la victime aurait été une prostituée. Cette rage s'empare du lecteur dont le coeur s'emballe d'empathie pour Leïla.
De la rage mais aussi beaucoup de mélancolie à dire une Turquie que l'auteure a quitté depuis une dizaine d'années, elle, la femme de combat, la féministe engagée en faveur des droits humains, qui défie le gouvernement Erdogan et toutes formes d'hypocrisie, de censure, de bigoterie. Après un procès pour insulte à l'identité turque ( suite à la parution de la Bâtarde d'Istanbul qui évoquait le génocide arménien ), là-voilà sous le coup d'une nouvelle enquête pour obscénité. Ce roman est jugée obscène, alors qu'il ne fait que donner une voix aux parias, aux invisibles, aux exclus, qui comme Leïla et ses amis se sont réfugiés à Istanbul pour vivre leur vie loin des tabous.
Si la première partie m'a emportée, j'ai nettement moins aimé les suivantes «  le corps » et « l'âme ». Cette fois, j'ai été gênée par le procédé forcément artificiel qui consiste à faire parler un mort. le magnifique romanesque se transforme en une multitude de péripéties très rocambolesques. Trop à mon goût, à la limite du grotesque préjudiciable pour l'émotion et d'un mysticisme auquel je suis naturellement peu sensible, alors que jusqu'à présent, le style de l'auteur m'avait comblée.
Reste un très beau portrait de femme écrit par une écrivaine d'une sacrée trempe.
Lu dans le cadre du jury Grand Prix des Lectrices Elle 2020, catégorie roman
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musemania
  05 janvier 2020
Avant de vous parler de ce livre, je dois vous faire un aveu : je ne m'étais jamais plongée dans la littérature turque. Je n'étais même pas capable de vous citer un auteur en particulier, je n'avais jamais parcouru de bouquins quel que soit son genre : policier, roman,… Honte sur moi!
C'est l'une des raisons qui fait que j'aime tant participer à des jurys littéraires. Oui, les lectures nous sont imposées. Et parfois, c'est vrai que cela semble rude, du fait que les livres peuvent être si éloignés de ceux qu'on lit habituellement. Par contre, parfois, c'est la surprise et encore mieux la très bonne surprise ! Et voilà c'est le cas pour moi avec ce livre « 10 minutes et 38 secondes dans ce monde étrange ».
Quel bonheur de faire une si belle découverte avec ce roman si sensible, touchant et poignant. Il sera définitivement l'un de mes coups de coeur de l'aventure du Grand Prix des Lectrices Elle. Même une fois terminé, il me hantera encore longtemps !
Plusieurs de mes copines collègues du jury du mois de mars connaissaient déjà l'auteure, Elif Shafak et étaient ravies d'avoir dans notre sélection « Roman » sa nouvelle oeuvre. Pour ma part, je n'ai pas osé le leur dire mais je ne la connaissais absolument pas. Par contre, une fois parcouru la quatrième de couverture de ce livre, elle a su titiller ma curiosité par son côté assez énigmatique mais aussi distiller l'envie de le lire.
Leila, prostituée à Istanbul, est tuée et son corps est balancé dans une benne à ordures. Alors que son coeur s'est arrêté, son esprit et son âme vivront encore durant 10 minutes et 38 secondes. Cela sera le temps mais aussi la dernière occasion de revenir sur quelques moments qui ont émaillé la vie de Leila, de comprendre ce qui l'a amenée là et finalement, de faire un petit bout de chemin en sa compagnie.
Selon moi, c'est un livre qui peut plaire à de nombreux lecteurs du fait qu'il s'apparente à divers genres littéraires. Pour les amateurs de polars, il peut se lire comme une enquête menée pour découvrir qui est l'assassin de Leila. Pour les fans de voyages, c'est l'occasion de se rendre en Turquie et surtout à Istanbul, ville à cheval sur l'Occident et l'Orient. Pour les historiens, ils ne seront pas laissés pour compte puisqu'il fera découvrir ou redécouvrir des événements réels et forts du 20ème siècle.
Ode aux femmes, à l'amitié mais aussi aux personnes laissées pour compte, le style d'écriture de l'auteure est élégant et le travail de traduction a été merveilleusement accompli rendant la lecture aisée et attrayante.
Il est très difficile de ne pas s'attacher au personnage de Leila, souvent maltraitée par la vie mais pourtant dotée d'une très grande force d'esprit et d'une obstination à toute épreuve. Il en est de même pour sa bande d'amis, personnages secondaires et pourtant, ô combien importants.
Vous l'aurez compris, c'est mon petit coup de coeur du mois. Je n'ai pas trouvé de points négatifs à relever, son héroïne Leila restant gravée longtemps en moi.
Lu dans le cadre du Grand Prix des Lectrices Elle 2020, sélection « Roman », pour le jury du mois de mars.
Lien : https://www.musemaniasbooks...
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montmartin
  29 février 2020
Téquila Leila c'est ainsi que la connaissent ses amis et ses clients, elle gît quelque part dans les faubourgs d'Istanbul au fond d'une benne à ordures. Pendant les quelques minutes qui suivent sa mort, Leila va se remémorer des choses de sa vie qu'elle croyait perdues à jamais. Une odeur, un goût et voilà ses pensées qui évoquent un souvenir surgi du passé. Tout commence dans une maison de vacances au bord de la mer, Leila a six ans, son oncle quarante-trois. Elle a de la saleté en elle, une saleté impossible à laver.
Elif Shafak nous offre un roman à la construction très originale. Dans une première partie, elle nous raconte la vie d'une jeune femme brutalisée, brisée, mais profondément courageuse qui conserve son humanité malgré un monde déterminé à l'écraser à chaque jour.
Au cours de ces années, Leila se fait cinq amis essentiels une famille de substitution dont les histoires sont brièvement entrecoupées des siennes. Une belle amitié entre six êtres vulnérables, écorchés par la vie
« Chaque fois qu'elle trébuchait ou basculait, ils étaient là pour elle, la soutenant ou adoucissant l'impact de la chute. »
Une fois que nous sommes arrivés à 10 minutes et 38 secondes, le cerveau de Leila rejoint son corps dans la mort, et le récit se transforme en une escapade comique des amis de Leila qui tentent de la sauver du cimetière des Abandonnés là où reposent tous les rejetés par leur famille ou leur village, les pouilleux, les malades mentaux, les épaves, les mères célibataires, les prostituées, les indésirables, les parias de la société, les lépreux de la culture.
Elif Shafak est une voix éminente pour les droits des femmes et des LGBTQ dans le monde, dans ce roman puissant et émouvant, elle donne la parole aux nombreux sans-voix et à travers eux aborde bien des sujets difficiles, la maltraitance des enfants, l'extrémisme religieux, le sexisme, le rejet du handicap et de la différence, l'homophobie, le sort des immigrants, la pauvreté et l'esclavage sexuel.
Portait aussi sans concession de la Turquie et d'Istanbul, la ville où finissent par aboutir tous les mécontents et les rêveurs
« Dans un pays où la justice arrivait souvent tard, quand elle arrivait, nombre de citoyens se vengeaient tout seuls, répondant aux coups par des coups encore plus violents. Deux yeux pour un oeil, pour une dent toute la mâchoire. »
Les dernières pages racontées à partir de l'ultime lieu de repos de Leila, sont d'une grande beauté.
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missmolko1
  25 juin 2019
Il y a longtemps que je veux lire Elif Shafak et découvrir un de ses romans alors j'ai sauté sur l'occasion avec la publication de son dernier roman 10 Minutes 38 Seconds in this Strange World. Il faut dire que le résumé est vraiment intriguant !

Leila vient de mourir et dans la première partie du roman, nous suivons les dix minutes qui suivent sa mort. Pendant 10 minutes, sa vie va défiler et elle va nous raconter ses souvenirs : son enfance, son arrivée à Istanbul, sa vie au bordel en tant que prostituée, sa rencontre avec ses amis…. Dans la seconde partie, on suit les gens qui ont connu Leila et qui se confie. C'est un beau portrait de femme que signe ici l'auteure.
Tous les personnages sont attachants : Leila bien sûr mais aussi tous les personnages qui gravitent autour d'elle. Leila est une jeune femme forte, naïve parfois mais tellement drôle et audacieuse. Elle m‘a fait sourire très souvent et je l'entends encore dire « Darling ». Son histoire est aussi parfois très touchante, notamment son enfance ou certains passages peuvent être difficiles.
Le contexte historique est très bien dépeint en arrière-plan de l'intrigue : en Turquie où j'ai appris beaucoup mais aussi le contexte international où l'on assiste à l'assassinat de Kennedy ou encore la lutte de Martin Luther King via Leila et les journaux d'époque qu'elle lit.
C'est aussi une autre vision de la Turquie. Quand je pense à ce pays, je suis très loin d'imaginer les bordels, les transsexuels… On sent une société bien complexe, où tradition et modernité s'opposent, Europe et Orient, Islamique et Athée.
Enfin je suis conquise par la très belle plume de l'auteure et la construction de ce roman qui comprends récit dans le récit et qui fonctionne à merveille. Cela m'a rappelé parfois les contes des 1001 nuits. Je lirai sans hésiter d'autres romans d'Elif Shafak car j'ai passé un excellent moment avec celui-ci.
Lien : https://missmolko1.blogspot...
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tynn
  17 février 2020
On dit communément que notre vie défile en accéléré au moment du décès, dans cet entre-deux-mondes où le corps cède mais où l'esprit s'accroche en derniers flashs électriques.
Tequila Leila est morte, son corps martyrisé jeté dans une poubelle d'Istanbul.
L'astucieux montage narratif d'Elif Shafak la ressuscite par ces petites minutes où son enfance et sa destinée de femme devenue travailleuse du sexe nous sont racontées. Des réminiscences qui font apparaître peu à peu un personnage solaire, une belle âme subissant la cruauté de la société turque, l'obscurantisme et le patriarcat dans les familles, la brutalité des hommes. Une femme déterminée et courageuse qui a su s'entourer d'une nouvelle famille aimante, recomposée d'individus ostracisés: transsexuel, prostituée, chanteuse de bastringue...
Des indésirables qui vont braver les interdits pour donner sépulture respectable à une amie très chère et très regrettée.
Ce roman accroche l'intérêt et le coeur dès les premières pages. La narration est soutenue par une belle force romanesque, une histoire de vie implacable et désespérante éclaircie par les rencontres. Au travers des parcours, dans la peine et la douleur, d'individus attachants et décalés résonnent une bienveillance et une compassion envers autrui, mais aussi une dénonciation d'un système social écrasant.
Carton rouge pour les autorités turques qui ont décidé d'enquêter sur Elif Shafak pour obscénité, alors que son dernier roman pétri d'humanité est en passe d'être un succès d'édition*. La romancière avait déjà été dans le collimateur de l'Etat pour avoir reconnu le génocide arménien dans son roman La batarde d'Istanbul (2006)
*(sources: theguardian.com)
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critiques presse (4)
LaPresse   11 février 2020
Shafak n’a pas peur de dénoncer la violence et l’hypocrisie de cette société minée par un régime populiste et autoritaire. Par le truchement de la fiction, Shafak prouve une fois de plus qu’elle n’a pas l’intention de se taire face aux menaces et à l’intimidation. On l’admire encore plus pour cela.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LeJournaldeQuebec   31 janvier 2020
Joliment narrée, une belle histoire qui nous permet de découvrir de l’intérieur les multiples facettes d’un pays à mi-­chemin entre l’Europe et l’Orient.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Bibliobs   15 janvier 2020
Le dernier roman d'Elif Shafak, « 10 Minutes et 38 Secondes dans ce monde étrange », retrace le destin de Leila, une prostituée assassinée et jetée dans une fosse commune. Antigones modernes et cabossées, ses cinq meilleurs amis vont tout faire pour lui offrir les funérailles dont elle aurait rêvé.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LaCroix   09 janvier 2020
Elif Shafak offre une fiction généreuse sur l’amitié entre exclus de la société dans la Turquie du XXe siècle, autour du destin d’une prostituée au cœur immense.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Citations et extraits (60) Voir plus Ajouter une citation
Marylou26Marylou26   11 mai 2020
Pour Nostalgia Nalan, il y avait deux genres de familles dans ce monde : les parents formaient la famille de sang ; et les amis, la famille d’eau. Si votre famille de sang était gentille et affectueuse, vous pouviez remercier votre bonne étoile et en profiter le mieux possible ; sinon il restait un espoir : les choses pouvaient s’arranger quand vous seriez en âge de quitter votre nid si peu douillet.
Quant à la famille d’eau, elle se formait bien plus tard dans la vie et c’était vous, en grande partie, qui la composiez. Certes rien ne pouvait remplacer une famille de sang aimante et heureuse, mais à défaut, une bonne famille d’eau pouvait laver les blessures et le chagrin amassés au fond de soi comme de la suie noire. Il était donc possible pour vos amis de trouver une place précieuse dans votre cœur, et d’y occuper plus d’espace que tous vos parents réunis. Mais ceux qui n’ont pas eu à vivre l’expérience d’être rejetés par leurs proches ne comprendront jamais cette vérité, vivraient-ils un million d’années. Ils ne sauront jamais que dans certains cas l’eau coule plus épaisse que le sang.
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alainmartinezalainmartinez   15 février 2020
Récemment, un cheikh lui avait expliqué qu’il valait mieux pour les femmes rester chez elles, et se couvrir lors des rares occasions où elles étaient obligées de sortir. Personne n’a envie d’acheter des tomates qui ont été touchées, pressées et souillées par d’autres clients. Mieux vaut que toutes les tomates du marché soient bien emballées et protégées. Pareil pour les femmes, disait le cheikh. Le hijab était leur emballage, l’armure qui les protégeait contre les regards salaces et les contacts non désirés.
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musemaniamusemania   05 janvier 2020
Le chagrin est une hirondelle (…). Un jour, vous vous réveillez et vous vous dites, ça y est il s’est envolé, mais il n’a fait qu’émigrer dans un autre endroit, il se réchauffe les plumes. Tôt ou tard, il revient se percher de nouveau dans votre coeur.
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Marylou26Marylou26   13 mai 2020
Istanbul était une ville liquide. Rien ici de permanent. Rien qui semble établi. Tout avait dû commencer des milliers d’années auparavant, quand les lames de glace fondirent, que les eaux montèrent, et que toutes les formes de vie connues furent détruites. Les pessimistes avaient été les premiers à fuir les lieux, sans doute ; et les optimistes à choisir d’attendre pour voir comment les choses allaient tourner. Nalan se dit que l’une des tragédies constantes de l’histoire humaine, c’est que les pessimistes sont plus doués pour la survie que les optimistes, d’où il s’ensuit logiquement que l’humanité véhicule les gènes d’individus qui ne croient pas en l’humanité.
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missmolko1missmolko1   09 juin 2019
Her name was Leila.
Tequila Leila, as she was known to her friends and her clients. Tequila Leila as she was called at home and at work, in that rosewood-coloured house on a cobblestoned cul-de-sac down by the wharf, nestled between a church and a sinagogue, among lamp shop and kebab shops - the street that harboured the oldest licensed brothels in Istanbul.
Still, if she were to hear you put it like that, she might take offence and playfully hurl a shoe - one of her high-heeled stilettos.
'Is, darling, not was... My name is Tequilla Leila.'
Never in a thousand years would she agree to be spoken of in the past tense. The very thought of it would make her feel samll and defeated, and the last thing she wanted in this world was to feel that way. No, she would insist on the present tense - even though she now realized with a sinking feeling that her heart had just stopped beating, and her breathing had abruptly ceased, and whichever way she looked at her situation there was no denying that she was dead.
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Vidéo de Elif Shafak
Elif Shafak - 10 minutes et 38 secondes dans ce monde étrange
Et si notre esprit fonctionnait encore quelques instants après notre mort biologique ?
10 minutes et 38 secondes exactement. C'est ce qui arrive à Leila, jeune prostituée brutalement assassinée dans une rue d'Istanbul. En attendant que l'on retrouve son corps, jeté par ses meurtriers dans une poubelle, ces quelques précieuses minutes sont pour elle l'occasion de se remémorer tous les événements qui l'ont conduite d'Anatolie jusqu'aux quartiers les plus mal famés de la ville. C'est ainsi qu'Elif Shafak – auteure saluée par la critique et traduite en cinquante langues – retrace le parcours de cette jeune fille de bonne famille dont le destin a basculé et qu'elle nous raconte, à travers elle, l'histoire de tant d'autres femmes dans la Turquie d'aujourd'hui.

À lire – Elif Shafak, 10 minutes et 38 secondes dans ce monde étrange, trad. de l'anglais par Dominique Goy-Blanquet, Flammarion, 2020.
Le mercredi 15 janvier 2020 - 19H00
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