AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Gilles Authier (Traducteur)
ISBN : 2070428176
Éditeur : Gallimard (23/04/2003)

Note moyenne : 3.85/5 (sur 320 notes)
Résumé :

Istanbul, en cet hiver 1591, est sous la neige. Mais un cadavre, le crâne fracassé, nous parle depuis le puits où il a été jeté. Il connaît son assassin, de même que les raisons du meurtre dont il a été victime : un complot contre l'Empire ottoman, sa culture, ses traditions et sa peinture. Car les miniaturistes de l'atelier du Sultan, dont il faisait partie, sont chargés d'illustrer un livre à la manière italienne..

Mon nom est Rouge, roman ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses & Avis (39) Voir plus Ajouter une critique
JacobBenayoune
  07 octobre 2015
Après avoir terminé ce roman j’avais la tête lourde, non que je me suis acharné à lire ses dernières pages avidement, que j’étais fatigué ou assailli par la densité de ce que je lisais mais parce que les voix des personnages raisonnaient toujours dans ma tête. J’étais heureux comme Pamuk après l’avoir terminé après des années de travail sur ce livre où il avait mis beaucoup de lui-même.
C’est mon deuxième livre de Pamuk et j’ai de nouveau ce constat : l’histoire n’est qu’un prétexte, l’essentiel c’est l’acte artistique (ou littéraire) ; comment s’accomplit l’œuvre artistique ? pourquoi, aussi ? on aura le plaisir de lire de longs passages où des miniaturistes nous livrent leurs points de vue sur la peinture, le style, la signature, la cécité.
Dans ce roman, on voit un événement raconté derechef par un autre personnage qui le poursuit ou le relate ou l’éclaircit, c’est comme une variation du même thème musical avec d’autres instruments ou avec un autre musicien. On a l’impression de lire une volumineuse pièce de théâtre où chaque personnage s’exprime en tirade. D’ailleurs, le personnage d’Esther n’est-il pas un vrai personnage de comédie ?
Certaines phrases pouvaient déclencher une réflexion profonde sur un sujet assez simple, et je me voyais en train de divaguer en pleine lecture. On a envie de voyager dans le sens de cette phrase, de mûrir ce sens. En parlant de phrases, Pamuk a subi la double influence de Flaubert (son exigence dans la construction de la phrase), et Proust (les longues phrases enchevêtrées).
Par ailleurs, j’aimerai bien faire un petit rapprochement entre, "Mon nom est Rouge" et "Le Nom de la rose". Deux romans historiques avec trame policière, des crimes violents, des querelles religieuses (le rire et la peinture comme hérésies), un livre secret dans les deux romans et qui est la cause de tous ces crimes (dans "Mon nom est Rouge", le livre secret rend aveugle, comme le dit Hassan en plaisantant avec Esther (chapitre 25), alors que dans "Le Nom de la rose", le livre est empoisonné). Les deux auteurs font preuves d’une grande érudition concernant les thèmes qu’ils abordent (les sciences naturelles, la peinture, la multitude des références).
Comme dans "Eloge de la marâtre" de Vargas Llosa, Pamuk fait parler les tableaux (lui par la bouche du conteur et satiriste du café).
Pour finir, je me demande si Pamuk grand admirateur de Stendhal n’aurait pas fait un petit clin d’œil à son maître par ce choix du Rouge dans le titre et du Noir pour le nom du personnage ?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          301
ChtiSuisse
  05 novembre 2014
Je n'ai pas réussi ni voulu terminer ce livre. J'ai lu de nombreuses très bonnes critiques, mais autant vous prévenir de suite, je ne suis pas du même avis.
Certes il y a un meurtre, certes il y a une intrigue amoureuse.
Le récit tourne la plupart du temps autour de la confection des miniatures (un peu comme le parfum qui tourne autour des fragrances et des odeurs).
C'est au début fascinant, mais, la répétition encore et toujours des mêmes thèmes a eu raison de mon envie de savoir si le meurtrier allait être confondu ou pas.
Les thèmes récurrents sont :
Un artiste peut-il avoir son style propre ou au contraire imiter les anciens maitres ?
Un artiste peut-il signer son oeuvre ?
Doit-on prendre quelque chose de la peinture occidentale ?
et plus accessoirement devenir aveugle à force de travail acharné est-il l'apanage enviable des grands maitres ?
Les réponses à ces trois questions sont illustrées par de nombreuses légendes, récits et anecdotes.
Je vous exonère de la lecture du roman : la réponse est à chaque fois négative. Elle est simplement répétée encore et encore.
L'enlumineur, l'illustrateur doit respecter ceux qui l'ont précédé, exercer son art dans la crainte permanente de dieu, ne pas copier les infidèles qui osent faire des portraits et des perspectives et des ombres !
Ceci est répété beaucoup trop à mon humble avis.
Cette ambiance de peur et soumission à la tradition, à l'autorité du Sultan, à dieu est écrasante. Les occidentaux, soupçonnés d'idolâtrie avec leurs portraits sont à la fois admirés et méprisés.
C'est bien écrit. D'une grande érudition que je pourrais comparer au "Nom de la rose".
Sans doute m'a-t-il manqué de références dans le domaine artistique moyen oriental du XVIième siècle pour profiter de ce roman.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          280
frconstant
  19 octobre 2017
Orhan PAMUK, depuis longtemps déjà, s'est fait un nom dans la littérature turque mais aussi étrangère. Traduit en plusieurs langues, avec bonheur semble-t-il, l'auteur a récolté plusieurs grands prix littéraires. En 2006, l'Académie suédoise lui décerne le Prix Nobel de littérature, désignant un auteur « qui, à la recherche de l'âme mélancolique de sa ville natale, a trouvé de nouvelles images spirituelles pour le combat et l'entrelacement des cultures ». « Mon nom est rouge » (Gallimard 2001) est le titre donné à la traduction française de son roman « BENIM ADIM KIRMIZI » paru en 1998. Il y est beaucoup question de l'entrelacement des cultures !
Mais qu'on ne s'y trompe pas, « Mon nom est rouge » n'est pas un de ces pesants manuels d'histoire ou une quelconque thèse de doctorat impropre à la lecture. Non, « Mon nom est rouge » est une délicatesse, une mille-feuille, pâtisserie fine et savoureuse qui met tout à la fois en valeur l'intrigue policière et l'intrigue amoureuse qui nouent et dénouent sans cesse ce roman polyphonique. Tour à tour, une quinzaine de personnages vont prendre le rôle du narrateur et nous donner, souvent à travers des contes et légendes, les différents points de vue qui s'affrontent, s'opposent, se confirment mutuellement ou digressent pour embrouiller le lecteur et l'inciter à rester accrocher au fondement même de l'intrigue : ‘Qui est l'assassin ?'
Mais au-delà du roman policier oriental, « Mon nom est rouge » est aussi et surtout l'occasion que Orhan PAMUK se donne pour se et nous poser les questions philosophiques qui gravitent autour des conceptions artistiques de l'Orient et de l'Occident. A qui est l'oeuvre ? L'artiste est-il un inventeur de style ou un copieur de Tradition ? Quand un artiste acquière-t-il son statut ? Quand et comment passe-t-il du statut d'apprenti à celui de maître ? Fort des acquis de ses apprentissages auprès des maîtres, a-t-il seulement le droit de signer son oeuvre ? Qu'est-ce qui est vraiment de lui et qui l'autorise à revendiquer la paternité d'un savoir-faire qu'il doit à ses prédécesseurs ?
Parallèlement à cette recherche d'identité de l'artiste, l'auteur soulève la question de l'intervention étatique dans la production artistique. L'art ne peut-il être que religieux, à tout le moins moral ? Et que dire des régimes qui briment la créativité des hommes d'Art et emprisonnent ces personnalités au nom d'une religion ?
Plus largement encore, ce roman pose la question du choc des cultures, celle de l'Orient et celle d'Occident. La première est-elle condamnée à poursuivre cet art grandiose de la miniature ou rien n'est représenté pour son côté réaliste, tout n'étant que symbole ? La seconde, celle d'Occident, a-t-elle tort d'intégrer dans son art pictural les techniques de mises en perspectives, mises en relief, en évidence qui donnent davantage à voir ce qui est reflet le plus juste possible de la réalité ? L'une est-elle du côté de la fidélité tandis que l'autre se vautre dans une infidélité blasphématoire ?
Toutes ces questions, Orhan PAMUK les met dans la bouche de ses conteurs orientaux et nous entraîne dans ces mille-feuilles composites qui font rêver et réfléchir. Après moultes digressions, le lecteur saura qui est l'assassin. Mais il réalisera combien le coeur de ce récit est ailleurs… dans le rapport que chacun entretient avec sa civilisation, sa culture et toutes les autres qui lui sont si proches.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          140
Moan
  21 juillet 2013
Challenge Nobel 2013.14
Ce livre commence de façon surprenante puisque c'est un cadavre qui prend la parole. Pour raconter qu'il est calligraphe, qu'il travaille sur un livre qui s'écarte des traditions de la peinture ottomane, qu'il a eu le crâne fracassé et se retrouve au fond d'un puits.
Une vingtaine d'autres personnages, même la couleur rouge et le diable prendront la parole à leur tour . Ils vont rechercher le coupable, raconter la belle veuve Shékuré que son cousin tout juste revenu de Perse veut épouser et ce livre particulier commandé par le sultan et que le père de Shékuré va tenter de terminer malgré l'affreux crime!
Ce livre foisonne, j'ai l'impression d'avoir passé une éternité à le lire. Je l'ai trouvé trop long avec ses descriptions de tableaux difficiles à suivre puisqu'il fallait les imaginer.
Toutefois, il parle d'une époque de changement , la fin du XVIème siècle, avec l'arrivée de la peinture occidentale et ses portraits fidèles aux modèles qui viennent ébranler les traditions ottomanes!
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          240
Under_The_Moon
  02 septembre 2012
Eh bien, le moins qu'on puisse dire c'est que j'aurais mis vraiment beaucoup de temps à finir ce livre !
Découragée par l'aspect répétitif du roman (à cause de la forme polyphonique) et les longues descriptions, je me suis d'abord arrêtée à mi-parcours.
Puis, poussée par la curiosité, j'ai tout de même repris le livre et me suis laissée à nouveau envoûtée par l'atmosphère stambouliote du XVIème siècle : l'évocation de ses palais, de tous ses quartiers, et des sultans qui ont le plus marqué cet empire grandiose.
Certes, il faut attendre les 150 dernières pages (sur 700!) pour voir le récit s'accélérer! Mais le jeux en vaut la chandelle.
J'ai, entre autre, beaucoup aimé les passages type "les experts dans les ateliers de peintres", où l'on voit les personnages utiliser une loupe et toutes leurs connaissances pour traquer les styles avec la plus grande minutie ( ceci, afin de démasquer l'assassin de l'Oncle et de Monsieur Délicat) !
Orhan Pamuk signe donc une oeuvre très riche où se mêlent art, histoire, philosophie, policier, moeurs et littérature ! (avec quelques anachronismes qui font sourire)
Sans vouloir dévoiler le pot-aux-roses, je tiens quand même à parler de la fin du roman : un petit clin d'oeil malicieux (et ironique!) d'Orhan Pamuk à ses lecteurs qui nous met (à nouveau) en garde contre son art.
A coup sûr, lui au moins n'aura pas cédé à la folie, l'ambition et la vanité de ses personnages !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          180
Citations & extraits (63) Voir plus Ajouter une citation
OrpheaOrphea   10 mars 2012
Incipit

Maintenant, je suis mon cadavre, un mort au fond d'un puits. J'ai depuis longtemps rendu mon dernier souffle, mon cœur depuis longtemps s'est arrêté de battre, mais, en dehors du salaud qui m'a tué, personne ne sait ce qui m'est arrivé. Mais lui, cette méprisable ordure, pour bien s'assurer qu'il m'avait achevé, il a guetté ma respiration, surveillé mes dernières palpitations, puis il m'a donné un coup de pied dans les côtes, et ensuite porté jusqu'à un puits, pour me précipiter par-dessus la margelle. Ma tête, déjà brisée à coup de pierre, s'est fracassée en tombant dans le puits ; mon visage et mon front, mes joues se sont écrasés, effacés ; mes os se sont brisés, ma bouche s'est remplie de sang.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          190
Under_The_MoonUnder_The_Moon   29 août 2012
Dans les villes d'Occident, la coutume qu'ont les femmes, non seulement d'aller visage découvert, mais d'exposer aux passants leurs claires chevelures, qui sont leur plus puissant attrait, puis leur cou, leurs bras, leur gorge superbe, et même de laisser voir - s'il faut ajouter foi aux récits qu'on en fait - un peu de leurs jolies jambes quand elels marchent, et la douloureuse conséquence de cela sur les hommes, constamment affublés d'une honteuse turgescence qui entrave leurs mouvements et entraîne, inéluctable, une paralysie e toute la société, eh bien, sachez que c'est la cause qu'il ne se passe pas un seul jour sans qu'une forteresse de giaours tombe entre les mains des Ottomans !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          130
AVAV   21 juillet 2012
Au fur et à mesure que j'ouvrais d'autres volumes, et tournais d'autres pages, je sentais m'envahir, en songeant à tous ces peintres, les soucis divers et variés de tous mes prédécesseurs, chacun avec son caractère, sa mélancolie, sa vie passée en province ou dans une capitale, employé par tel ou tel souverain ou despote, pour qui ils avaient peint jusqu'à en devenir aveugles. Je sentais presque dans ma chair les sévérités de l'apprentissage, les soufflets endurés de la part des mécènes irascibles, laissant des traces cramoisies sur leurs joues, ou les coups de maillet de marbre sur leur crâne tonsuré, tandis que j'inspectais, gêné, un album de dernière catégorie sur les techniques de torture.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
Under_The_MoonUnder_The_Moon   25 août 2012
Fort souvent les gens n'ont pas besoin d'être provoqués, ni persuadés, ni induits en erreur pour commettre le péché, par simple bêtise ou enfantillage, incapables de surmonter leurs faiblesses, leurs appétits et leurs basses convoitises.
Commenter  J’apprécie          140
Under_The_MoonUnder_The_Moon   02 septembre 2012
Les gens aspirent au bonheur dans la vie, plutôt qu'à des sourires béats sur de belles images. Les peintres ne l'ignorent pas, et savent que c'est là leur limite. Qu'ils ne font que mettre à la place du bonheur dans la vie celui de la contemplation.
Commenter  J’apprécie          130
Videos de Orhan Pamuk (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Orhan Pamuk
Payot - Marque Page - Orhan Pamuk - Cette chose étrange en moi
Dans la catégorie : Littérature turqueVoir plus
>Littérature des autres langues>Littératures ouralo-altaïque, paléosibériennes, finno-ougriennes (hongroise, finnoise), dravidiennes>Littérature turque (41)
autres livres classés : littérature turqueVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

Tête de Turc !

De quelle pièce de Molière cette réplique est-elle extraite ? Que diable allait-il faire dans cette galère ? Ah maudite galère ! Traître de Turc à tous les diables !

Le bourgeois gentilhomme
Monsieur de Pourceaugnac
Les Fourberies de Scapin
La jalousie du barbouillé

10 questions
18 lecteurs ont répondu
Thèmes : turquie , turc , littérature , cinema , humour , Appréciation , évocationCréer un quiz sur ce livre
. .