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ISBN : 2374251357
Éditeur : Rue de l'échiquier (03/01/2019)

Note moyenne : 3.62/5 (sur 4 notes)
Résumé :
Kaya Takada a vécu au Japon une aventure peu ordinaire : elle a passé toute son enfance et son adolescence au sein d’un village communautaire. Inspiré par les idées libertaires qui ont abondamment circulé dans les années 1970, le village atypique dans lequel elle a grandi était une communauté rurale alternative, aux moeurs à la fois innovantes et sévères : pas de propriété privée, des lieux d’habitation dépourvus de clés, des biens matériels partagés avec tous, etc.... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
LePamplemousse
  22 janvier 2019
Avant toute chose, je remercie Babelio et les Editions Rue de l'échiquier pour cet envoi, même si le livre s'est fait un peu attendre (reçu plus d'un mois après la date prévue) et que l'éditeur n'a même pas pris la peine de joindre un petit mot d'accompagnement à son envoi.
Ce manga de presque 300 pages nous relate la vie de Kaya Takada au sein d'un village communautaire japonais dans les années 70/80.
Le concept de ces villages était de vivre en communauté, de ne rien posséder par soi-même, de tout partager avec l'ensemble de la communauté, de travailler tous ensemble au sein du village et de ne pas avoir d'argent comme monnaie d'échange, bref, une belle idéologie en théorie.
Là, où ça se corse un peu c'est que les enfants nés au sein de la communauté étaient séparés de leurs parents afin d'être éduqués dans des villages spéciaux, parfois à des centaines de kilomètres de leurs parents qu'ils ne voyaient qu'à quelques occasions dans l'année, que la faim était permanente, que les châtiments corporels étaient la règle, que les enfants devaient tous travailler en plus d'aller à l'école et de subir des réunions obligatoires matin et soir, que chacun était tenu de s'astreindre à la rédaction d'un journal quotidien lu par les éducateurs et discuté ensuite en groupe au besoin.
La belle idéologie vacille donc assez rapidement quand on s'aperçoit que les mariages étaient systématiquement arrangés, que le courrier était censuré, qu'il leur était également interdit de penser, d'exprimer une opinion différente de celle de la communauté et d'avoir des désirs personnels.
L'histoire nous est racontée par les yeux d'une enfant et ce regard naïf sur les choses m'a bien plu.
Comme elle raconte son histoire des années plus tard à son conjoint, celui-ci émet régulièrement des réflexions qui aide la jeune femme à prendre conscience de tout ce qui était problématique au sein de la communauté : l'absence de liberté, le lavage de cerveau, l'endoctrinement…
J'ai bien aimé les illustrations très enfantines mais qui décrivent cependant très bien le village, son fonctionnement et l'ambiance qui y régnait.
J'ai appris que les villages communautaires de ce style avaient existé au Japon mais aussi dans d'autres pays du monde entier.
Une très belle découverte.
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Missbouquin
  05 février 2019
Comme le titre l'indique, Kaya Takada est née dans un village communautaire au Japon ! Ses parents ont en effet fait le choix de ce mode de vie peu après sa naissance : elle n'en sortira qu'à ses 18 ans, quand on lui donnera la possibilité de faire son propre choix, rester ou partir. Publiées au Japon en 2016 et 2017, les deux parties de son autobiographie sont aujourd'hui rassemblées en un seul volume par les éditions Rue de l'échiquier, ce qui en fait un manga de plus de 300 pages, avec cependant le sens de lecture français.
Autant vous le dire de suite : j'ai eu beaucoup de mal à lire cette BD, j'y ai passé du temps et je me suis accrochée pour vous en parler … le sujet était intéressant mais il contredisait tellement mes valeurs que le récit m'a agacé d'un bout à l'autre. Kaya Takada nous offre une vision très complète de ce que fut sa vie pendant ces vingt ans au Village : pas de propriété privée, des lieux d'habitation dépourvus de clés, des biens matériels partagés avec tous, travail le matin avant d'aller à l'école, participation à toutes les tâches collectives, pas de jour de repos, possibilité de voir ses parents deux ou trois fois par an, punitions physiques, éducateurs violents et injustes. Elle porte un regard sans concession mais pour autant on a l'impression qu'elle n'en veut à personne, ni à ses parents ni aux éducateurs, pour lui avoir rendu la vie si difficile alors qu'elle était une petite fille indisciplinée. J'ai été énervée par son regard naïf sur ce qu'elle a subi, à commencer par le mépris de l'école qui se ressent dans le Village, la possibilité pour eux de l'arrêter au collège, et la situation des filles (qui doivent nettoyer les dortoirs des garçons par exemple ou apprendre à cuisiner …). Chacun de ses expériences, de sa petite enfance à son adolescence, m'a semblé horrible et contraire à toutes les règles pour éduquer un enfant … Heureusement, la mise en scène des échanges de Kaya Takada avec son mari actuel permet de prendre du recul sur ces événements car lui se rend bien compte que le Village ressemble plus à une secte qu'au véritable lieu modèle qu'il veut être …
J'ai bien conscience qu'il y a certaines situations qu'il est difficile pour moi de juger car je ne connais que très peu le Japon, et peut-être qu'il y a certaines pratiques qui y sont plus courantes là-bas qu'en Europe, néanmoins il me semble que le travail non rémunéré des enfants, 7j/7 ne doit pas non plus y être accepté. La preuve en est que le Village a fait l'bjet de nombreuses attaques et qu'il a dû assouplir les conditions de vie de ses habitants, en particulier en leur octroyant un jour de repos tous les 10 jours, et de l'argent de poche.
Heureusement pour Kaya Takada, elle a finalement réussir à en sortir et malgré son manque de qualifications et son inadéquation pour le mode de vie hors du Village, elle a trouvé un emploi, et pu se faire éditer pour raconter cette expérience.
Pour conclure, un sujet intéressant à découvrir en BD, mais qui aborde des thématiques difficiles et interroge notre relation à l'autorité, la famille et à la liberté.
Lien : https://missbouquinaix.com/2..
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TheTim
  11 mars 2019
J'ai bien apprécié cet ouvrage, néanmoins j'ai été surpris. Laissez moi vous dire pourquoi.
Tout d'abord ce qui m'a attiré dans le choix de ce livre fut:
- mon attrait personnel pour la culture japonaise, et les mangas de manière générale, encore plus dans une belle édition comme celle-ci,
- l'intérêt dans mon cercle d'amis "new age" pour adopter un style de vie différent, déconnecté du monde et ses excès, prônant un "retour à la source" et aux valeurs simples, et pour aller plus loin, leur doux rêve de trouver un terrain isolé où s'installer et éventuellement être rejoint par des amis partageant cet idéal.
Je suis née dans un village communautaire de Kaya Takada a donc captivé mon intérêt, et je me suis donc lancé dans sa lecture.
La couverture à la fois mignonne/kawai laissant présager une promenade de santé peut induire en erreur. En effet, quelle fut pas ma surprise de découvrir dans ce témoignage personnel de l'auteur sur ses années d'enfance dans un village communautaire autant d'injustice à l'égard des enfants, voire même de maltraitance nous n'en sommes pas loin.
Même si elle ne rejette pas d'elle même tout en bloc ces années passées dans ce village, on ressent bien les traces que cela a pu lui laisser jusque dans sa vie d'adulte. Parfois, j'en avais les poils qui se hérissaient de colère, m'obligeant à reposer ce livre quelques instants… (!)
Ce livre est donc construit autour d'anecdotes, de journées, de courtes expériences s'étirant sur 2 à 4 pages la plupart du temps. C'est une succession d'expériences concentrées sur un livre de 280 pages - tout de même. La précision de ses souvenirs est impressionnante. Elle a dû faire un vrai effort pour se remémorer et reconstruire en détail ses histoires.
Ce n'est pas "la petite maison dans la prairie" comme j'ai inconsciemment pu m'attendre à la lecture de ce livre, mais quelque chose de plus ancré dans le réel avec un vrai regard critique, ou laissant la part belle au lecteur de faire son jugement.
Concernant le côté technique, le dessin est simple et efficace. Il sert et transmet à merveille le message porté au spectateur. La rondeur des traits rappelle le style de Tezuka qui était alors en pleine apogée, ce qui colle tout à fait à l'époque du récit.
Je recommande vivement cette lecture qui a bousculé mes attentes. Cela tombe bien, j'aime les surprises.
Merci aux éditions Rue de l'échiquier et à Babelio de m'avoir envoyé cet exemplaire dans le cadre de l'opération Masse Critique.
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Axelinou
  24 février 2019
Voici une brique plus roman que graphique, bien que autobio-.
« Je suis née dans un village communautaire », tout est presque déjà dit dans le titre…
Nous sommes dans les années 70-80 et le retour à la nature, voire le communisme où ni l'argent ni la propriété n'existe. Belle idéologie que voilà.
Mais la mise en pratique est difficile. Les enfants et les parents sont séparés – sans qu'on ne comprenne pourquoi. Travail collectif le matin avant d'aller à l'école. Deux repas par jour, déjeuner et dîner (le mot d'ordre du village est : Mangeons avec modération). Châtiments corporels, ou privation de repas. Interdiction de s'attarder à l'école, ou de visiter la bibliothèque (non expurgée) de l'école. Obligation de tenir un journal qui est soumis aux éducateurs.
De la théorie à la pratique, il y a un pas qui a été mal franchi dans ce cas.
Formidable description de la vie dans ces villages communautaires au Japon, un récit autobiographique d'une jeune femme « qui en est sortie ».
A lire pour le côté roman pas du tout pour le côté graphique !
" Je gardais l'argent pour mon plaisir à moi. Je dépensais de l'argent pour les autres. Et ça suffisait à mon bonheur.
- L'argent engendre la largesse de l'esprit. "
" Les médias cherchaient à faire passer les enfants du village pour « ces pauvres victimes qui ont subi un lavage de cerveau et se font exploiter sans rien comprendre ». "
" le village pourvoyait à tout ce que je devais apprendre, à mon éducation et aux conditions de mon éducation. de toute ma vie, je n'avais pas eu besoin de m'inquiéter pour l'argent. Il suffisait que je fasse ce qu'on me disait de faire, sans penser à rien. C'était un endroit très facile à vivre. "
" J'ai adoré vivre seule. N'avoir à parler à personne le matin, c'est génial ! Quand on a le réveil un peu laborieux, comme moi, ne pas être obligée de parler est un luxe inestimable ! Réfléchir à ce que je vais utiliser, n'acheter que ce dont j'ai besoin et tout ce dont j'ai besoin… "
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critiques presse (2)
BDZoom   17 janvier 2019
Je suis née dans un village communautaire de Kaya Takada est un pavé extrêmement dense sur un mode de vie alternatif qui s’est développé en pleine période baba cool. Même si nous sommes bien loin des pensées libertaires des années soixante-dix, ce retour aux valeurs simples fait encore des émules et ce livre pourrait éclairer pas mal de monde sur une société différente, sans forcément tomber dans un cas extrême et trop éloigné du monde dit civilisé comme c’est le cas ici.
Lire la critique sur le site : BDZoom
BoDoi   17 janvier 2019
Récit autobiographique d’une enfant née dans un groupe vivant en quasi-autarcie dans les années 1970, Je suis née dans un village communautaire nous fait découvrir une microsociété dans laquelle l’argent et la propriété n’ont pas leur place. Ce récit dense au rythme plutôt monotone présente des longueurs. Sa mise en page sommaire et son dessin rudimentaire à portée illustrative n’aident pas à donner à cette lecture la force escomptée. Côté édition, Rue de l’échiquier a choisi un grand format et un sens de lecture occidentalisé pour toucher un large public (cela reste-t-il encore pertinent en 2019 ?), mais on regrette vraiment le papier trop translucide qui laisse entrevoir une à deux pages suivantes…
Lire la critique sur le site : BoDoi
Citations et extraits (1) Ajouter une citation
AxelinouAxelinou   24 février 2019
En fait, quand je vois quelqu’un qui achète une boisson gazeuse dans un distributeur dès qu’il a soif, je le considère comme un esclave de ses désirs.
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