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EAN : 9782803677474
160 pages
Éditeur : Le Lombard (06/09/2019)

Note moyenne : 3.68/5 (sur 73 notes)
Résumé :
« Je m'appelle Pénélope. Mais je n'attends pas. Je ne tisse pas. Je sauve des vies. » Chirurgienne pour une organisation humanitaire, Pénélope passe la plupart de son temps en mission dans des pays en guerre. Quand elle revient chez elle, elle retrouve un mari aimant, une fille adorable et un foyer rassurant. Et pourtant ces retours à la maison lui sont de plus en plus pesants. Comment s'intéresser à la vie de tous les jours quand on pense sans cesse aux morts qu'on... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
Laplumedeclementine
  20 février 2020
Les Deux Vies de Pénélope, de Judith Vanistendael est une belle bande dessinée aux illustrations colorées et crues. Elle fait subtilement référence, sans insister, à la figure mythique de Pénélope, femme d'Ulysse dans L'Odyssée d'Homère, qui attend son époux pendant 20 ans. Assiégée par les prétendants souhaitant l'épouser, la Pénélope du mythe promet qu'elle fera son choix lorsqu'elle aura fini de tisser une immense tapisserie. Pendant des années, elle tisse toute la journée et passe la nuit à défaire son travail de la veille, espérant le retour de son bien-aimé. La Pénélope de Judith Vanistendael prend le contrepied de l'héroïne mythique. Les rôles sont inversés. Chirurgienne de guerre dans une organisation humanitaire, elle part en mission pour de longues périodes, parfois des années, en laissant derrière elle son mari et sa fille tant aimée.
Lorsqu'elle rentre chez elle, elle doit se réadapter à une vie aux antipodes des horreurs auxquelles elle a assisté. Elle retrouve sa fille adolescente, qui vient d'avoir ses premières règles. Au début, nous avons une imagerie du sang particulièrement forte, avec une mise en parallèle de la jeune fille qui découvre le sang sur ses draps et une opération sanglante effectuée par Pénélope à Alep, pour tenter de sauver une enfant de l'âge de sa fille. le fantôme de cette dernière la hante lors de son retour, petite poupée ensanglantée se cachant dans ses bagages, dans sa poche...
Le décalage entre les deux vies de Pénélope mène à des réflexions, sans jamais trancher. L'entourage de la chirurgienne s'inquiète pour elle et souligne à quel point sa fille a besoin d'elle. L'égalité homme / femme est ici évoquée car la figure de la femme considérée avant tout comme une mère est reprise. Ainsi, Pénélope répond à son psy : "Oui, il s'occupe d'elle ! Je suis sûre que si cela avait été le cas contraire vous n'auriez jamais demandé."
Le mari a accepté la situation, ainsi que la fille. Les trois personnages sont attachants et l'on assiste à de belles scènes familiales, à la fois tendres et tendues en raison de la situation. Lui, poète travaillant à domicile, se compare lui-même à la Pénélope de l'Odyssée : "C'est moi Pénélope." En homme moderne, la situation ne le dérange pas, même s'il est parfois perdu face à sa fille qui devient une femme.
Le décalage entre les deux vies est parfois intense. Se pose la question : peut-on hiérarchiser, comparer ? Face aux préoccupations de sa fille, qu'elle juge parfois superficielles, Penelope pense à la situation des jeunes filles d'Alep. Sa soeur souligne qu'une telle comparaison peut être indécente, que cela n'empêche pas sa fille d'avoir ses propres préoccupations. Pénélope réfléchit par la suite et reconnaît qu'elle est "étonnée par les jeunes des camps de réfugiés. Ils n'ont RIEN, mais ils se préoccupent de leur coupe de cheveux et de leurs fringues... Et pourquoi pas ?"
Ce livre effleure donc des questions tout en sobriété, sans trancher, sans faire la morale, sans hiérarchiser. Dessinant juste, au fil des pages, la réalité, les souffrances et les joies de chacune et chacun, à travers les points de vue des personnages. Car ce n'est pas simple.
J'ai aimé cette absence de jugement, que ce soit d'un côté comme de l'autre.
J'ai personnellement une vision de la parentalité comme d'un engagement, que l'on soit homme ou femme. Mais je trouve également que la femme ne devrait pas être réduite à un rôle de mère. J'ai donc aimé découvrir d'autres points de vue. Les illustrations sont bouleversantes et l'histoire à la fois dérangeante et pleine de bienveillance.
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Alma93
  11 juillet 2020
Une bande-dessinée d'une grande subtilité, avec des illustrations qui sont de véritables aquarelles. Pénélope "[n'est] pas la femme d'Ulysse, [elle n'attend pas], [elle] ne tisse pas. Son mari c'est plutôt Pénélope, et elle Ulysse. Leur fille adolescente est Hélène. Pénélope est chirurgienne et part en mission humanitaires pendant des mois, quand elle revient elle retrouve un Ulysse poète et aimant, et une fille qui va sur ses 14 ans. Pénélope se retrouve étrangère à cette vie simple et paisible, loin des bombes et du sang (en Belgique la couleur rouge ce sont les règles de sa fille, ainsi que son premier verre de vin, un rouge de vie normale). Elle transporte partout avec elle, comme un sac sale et encombrant, dans sa poche, dans sa valise, sur son canapé, jusque dans son lit, une enfant ensanglantée qu'elle n'a pas pu sauver, là-bas en Syrie. Une fille qui pourrait être la sienne. Un décalage saisissant qui l'emporte loin des siens, dans un autre espace temps. On est touchés par cette Pénélope hagarde, disociée, dont le corps et bien là mais dont l'esprit et l'âme sont ailleurs. Étrangère dans sa propre famille, inadéquate à sa vie de mère, d'épouse, de soeur, de fille. Distante, inhabitée, inappropriée. Exposée au jugement de son rôle de mère. Elle tente de délivrer son âme en allant voir un psychologue. Pénélope a une mission qui dépasse les contingences de notre société, elle a touché le purgatoire et n'arrive plus à retourner dans son paradis. le portrait de vie d'une femme forte, qui bouleverse les codes de la société. Un bijou de sensibilité et de doubles regards, une bande-dessinée qui colle au coeur très profondément, une expérience.

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sido73
  29 octobre 2019
Plus le temps de lire pour le moment, trop de travail, mais s'octroyer une heure de pause pour s'évader, pour mieux repartir et finalement découvrir ce très beau et très riche roman graphique : compter son temps peu aussi avoir du bon 😉
Une jolie histoire de femme, chirurgienne de guerre, et mère, et humaine ... Grâce à un dessin léger, coloré, aux contours flous, plusieurs sujets sont abordés : les syndromes post traumatiques, l'implication dans des guerres qui ne sont pas les siennes, la difficulté du retour , choisir de partir et espérer que son enfant comprendra ... Un très beau livre où Ulysse reste au foyer pour tisser les mots, tandis que Pénélope, investie d'une mission, parcourt le monde dévasté !
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som
  14 octobre 2019
Médecin pour une organisation humanitaire, Pénélope partage sa vie entre les terrains de guerre et le cocon familial où l'attendent à sa retour sa fille et son mari.
Ici la douceur et la paix, là-bas l'urgence et la mort… Au fil des missions, Pénélope se trouve déchirée entre ces deux extrêmes. Il est tout aussi douloureux d'assister, impuissante, à la mort d'un enfant frappé par les bombes que de passer à côté de l'adolescence de sa propre fille et de devenir une étrangère à sa famille.
Les aquarelles pastel et le trait tonique de l'illustratrice traduisent à merveille ce va et vient entre une vie quotidienne, banale, faite d'attachements profonds et l'adrénaline d'une médecine de guerre. Bien loin de toute morale ou de tout parti pris, Judith Vanistendael s'attache à raconter toutes les facettes de la vie de Pénélope avec bienveillance et acuité.
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antigoneCH
  19 février 2020
Je lis en ce moment de très belles BD sur la relation parent/adolescent. Pénélope est chirurgienne pour une organisation humanitaire. Elle est régulièrement absente pour de longues périodes. A la maison, ce n'est pas elle qui attend patiemment, comme dans le récit mythologique, mais plutôt son mari, poète de profession, Otto, et sa fille adolescente. Les deux sont aimants et ne reprochent pas à Pénélope ses absences, même si ils sont heureux de la retrouver. Il est difficile cependant pour la jeune femme de profiter au mieux de ces retrouvailles, quand on a côtoyé l'horreur, et ramené cette fois-ci dans ses bagages le fantôme d'une petite fille décédée. Et pourtant, sa fille Hélène vient d'avoir ses règles, a besoin de sa mère, et déclare sans ambages combien elle aime passer du temps avec elle. J'ai beaucoup aimé dans cet album, les dessins à l'aquarelle, les couleurs, le réalisme des sentiments des personnages. J'ai retrouvé la douceur des moments que je partage parfois avec ma fille, et ressenti la douleur de Pénélope de manquer souvent les étapes cruciales que sa fille vit et qu'elle partage par ailleurs avec son père ou sa grand-mère. Pénélope est jugée égoïste par son entourage et se questionne sur ce qui l'anime et la force à partir sans cesse… l'envie de sauver le monde ? Et comment faire un choix entre ses deux vies ? Un joli album, très doux malgré son sujet, à aborder avec la même douceur.
Lien : https://leslecturesdantigone..
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critiques presse (7)
Sceneario   28 février 2020
Tout en vérités, tout en respect, tout en profondeur, Les deux vies de Pénélope est un roman graphique où le curseur de la vie de l'héroïne oscille entre fadeur et excitation de manière pas toujours logique à nos yeux mais de manière naturelle à ses tripes.
Lire la critique sur le site : Sceneario
ActuaBD   02 décembre 2019
Récit éminemment sensible, "Les Deux Vies de Pénélope" profite d'un superbe dessin à l'aquarelle et d'une grande multiplicité de degrés de lecture. Pour le Lombard, c'est l'un des meilleurs albums de l'année !
Lire la critique sur le site : ActuaBD
BoDoi   11 septembre 2019
Voilà donc un nouvel album fort et bouleversant, qui suscite des émotions sincères sans tirer artificiellement sur des cordes sensibles, et aborde des sujets graves et rares sans enfoncer des portes ouvertes ni asséner des vérités implacables. Le tout dans une perpétuelle recherche graphique du bon dessin qui doit résonner avec le propos.
Lire la critique sur le site : BoDoi
Telerama   11 septembre 2019
Pénélope vit entre la Belgique et la Syrie, où elle travaille comme chirurgienne. Dans “Les Deux Vies de Pénélope”, Judith Vanistendael raconte une femme forte, indépendante, tiraillée entre ce qu’elle sent être son destin et le devoir que la société lui assigne.
Lire la critique sur le site : Telerama
BDGest   10 septembre 2019
Cet album, au propos aussi intimiste que profond et au dessin subtil fait d’aquarelle et de crayons, interroge le lecteur sur la manière de concevoir et construire son existence, de différencier ce qu’il convient de faire... de ce qui ne peut l’être.
Lire la critique sur le site : BDGest
BDZoom   10 septembre 2019
Même si le graphisme n’est pas toujours très convaincant, même si le récit est un peu long à se lancer (il faut une trentaine de pages pour entrer dans le vif du sujet), il y a là un très beau thème porté par une femme forte, admirable.
Lire la critique sur le site : BDZoom
Bedeo   03 septembre 2019
Judith Vanistendael (La jeune fille et le nègre, David les femmes et la mort et Salto) revient avec un album dense et intense, subtil portrait d’une femme qui refuse d’incarner ce que son entourage et/ou la société attendent d’elle.
Lire la critique sur le site : Bedeo
Citations et extraits (3) Ajouter une citation
LaplumedeclementineLaplumedeclementine   20 février 2020
"Je m'appelle Pénélope. Je ne tisse pas. Je n'attends pas. Je n'ai pas de fils. J'ai une fille. Dans une semaine, elle aura 18 ans. Je ne serai pas là. Cela fait quatre ans que je ne l'ai plus vue. Cette histoire est pour elle."
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ieo9ieo9   14 juillet 2020
Tu sais, quand tu es née, la femme dont j'étais amoureux devint mère. Tout le monde s'attendait à ce qu'elle te fasse passer avant tout... t'aimant à la folie. Mais elle refusa de porter un masque. Je trouvais cela impressionnant. C'était préoccupant et troublant. Et tu auras un gâteau au chocolat! Tout pour ton anniversaire!
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Erik_Erik_   28 septembre 2020
Heureux qui, comme Ulysse, est parti sans s'encombrer de Pénélope.
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Videos de Judith Vanistendael (25) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Judith Vanistendael
8 février 2010 :
Mot de l'éditeur : Premier volet d'un diptyque, La Jeune Fille et le nègre est une histoire d'amour entre Sophie, une jeune belge, étudiante en économie, et Abou, un demandeur d'asile togolais. Mais, pour une fois, c'est à travers les yeux d'un père et d'une mère que cet amour-là nous est conté. Le sujet sensible des sans-papiers est abordé ici par le biais d'une chronique familiale. Judith Vanistendael montre comment la méfiance, voire l'hostilité initiale, s'estompe peu à peu pour faire place à d'autres sentiments.
La longue marche d'un demandeur d'asile
Sophie, une jeune femme bruxelloise, tombe amoureuse d'Abou, un demandeur d'asile togolais. le couple aménage dans la maison des parents de la demoiselle, qui réagissent à cette idylle avec une certaine circonspection. Mais quand Abou se trouve menacé d'expulsion, le mariage apparaît comme l'unique moyen légal qui lui permettra de rester en Belgique... Premier volet d'un diptyque, cet album passionnant, largement autobiographique, relate les événements du point de vue du père de Sophie, un journaliste spécialisé dans les affaires internationales. le deuxième tome, à paraître, reviendra sur les mêmes faits du point de vue de Sophie elle-même. Un ouvrage qui traite, avec humour et sans complaisance, du drame des sans-papiers et des réfugiés politiques.
Un talent héréditaire
Judith Vanistendael est la fille du célèbre écrivain, poète, essayiste bruxellois Geert van Istendael. Née à Louvain, elle a déménagé à Bruxelles à l'âge de cinq ans. Après des études à Sint-Lukas dans la classe de Johan de Moor et Nix, elle a fait un début remarqué dans la bande dessinée avec de maagd en de neger (titre original de la Jeune fille et le nègre), paru chez Oog & Blik en 2006. Geert van Istendael s'est, pour sa part, libéré de ses sentiments à l'égard de cette expérience familiale dans la nouvelle Bericht uit de burcht.
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