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Jacques Lalloz (Traducteur)Rodolphe Massé (Traducteur)
ISBN : 2702139094
Éditeur : Calmann-Lévy (01/03/2008)

Note moyenne : 3.6/5 (sur 5 notes)
Résumé :

Victime d'une trahison, l'armée du prestigieux royaume de Parse est défaite par son ennemi traditionnel, le Lusitania. Sa capitale, Ecbatâna, est la proie des flammes. Seuls Arslân, le jeune héritier du trône, Darîun, un général demeuré fidèle et Narsus, un ex-stratège militaire retiré sur ses terres avec son disciple Elam, parviennent à s'enfuir. Ils seront bientôt rejoints par Gh... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Alfaric
  23 novembre 2014
Ce tome 1 des "Chroniques d'Arslan", évidement inachevées puisque l'éditeur Calmann-lévy arrêtait 60% des séries qu'il lançait avant de passer la main à Orbit qui qu'a guère fait mieux depuis, est un recueil qui compile les deux premiers volumes de la saga, à savoir "La Capitale en feu" ("Ôto enjô") et "Les Deux Princes" ("Âji Futari"), agrémentés d'une fort jolie carte et d'une demi-douzaine d'illustrations de qualité, mais non créditées… L'auteur Yoshiki Tanaka puise son idée de base dans la légende populaire persane "Amir Arsalan-e Namdar" : le prince Arslân doit reconquérir son pays et son trône occupés par des envahisseurs occidentaux. Il fallait que se soit un écrivain japonais qui s'y colle, car à force de reprendre tels quels les discours suprématistes des Anciens, tous les peuples à l'est de la Mer Egée sont complètement déconsidérés, et les rares auteurs français qui se sont frottés au sujet se sont fait taxer d'orientalisme de bazar et d'exotisme de pacotille par les commissaires littéraires habituels…
Le worldbuilding suit un peu la méthodologie d'un Guy Gavriel Kay. Nous sommes dans une quasi uchronie avec ce royaume de Parse qui est une version fantasmée de l'Iran médiéval : la Péninsule arabique n'a jamais existé, l'Islam n'est jamais né, la Perse est toujours zoroastrienne et domine non seulement le Moyen-Orient, mais aussi les routes de la soie appelées ici « Grande Route transcontinentale ».

Livre 1 épisode 1 : La bataille d'Atropathènes

Livre 1 épisode 2 : le mont Bashur

Livre 1 épisode 3 : La capitale en flamme

Livre 1 épisode 4 : Les belles et les bêtes

Livre 1 épisode 5 : L'héritier du trône

Livre 2 épisode 1 : La citadelle de Kashân

Livre 2 épisode 2 : Dans la Cité Étrange

Livre 2 épisode 3 : Sur la route pour Peshawar

Livre 2 épisode 4 : Scission et retrouvailles

Livre 2 épisode 5 : Les deux princes


Ah ça, on est dans la fantasy classique avec son groupe de héros d'âges, de sexes et d'origines sociales différentes, mais aussi avec ses codes propres et ses valeurs positives traditionnelles ! Et quoi de plus normal puisqu'on pioche dans les légendes orientales et les mythes indo-européennes… On est donc dans les archétypes universels, appelé lourds clichés par les commissaires littéraires dont nous ne citerons pas les noms ici par pure charité chrétienne… ^^
Présentons donc maintenant les héros de la saga :

Comme vous le voyez le dramatis personae est super sympa, et les bad guys ne sont pas en reste !

Un méchant millénaire, une prophétie et une épée magique… tous les chouettes classiques de la fantasy classique, mais tout cela ce n'est pas pour tout de suite ! ^^
J'ai eu un peu peur au début avec ces envahisseurs occidentaux, fanatiques et impérialistes, surtout avec un naming hispanisant. Mais une fois qu'on a compris que l'auteur pioche ses personnages dans l'Espagne de la Reconquista et dans l'Orient des croisades, ça va beaucoup mieux (les généraux Baudouin et Montferrat, l'ambitieux Guiscard et l'indécis Innocent VII ont pour modèle des personnages historiques bien connus). Et puis avec ses discours sur les crimes de guerre, sur les crimes contre l'humanité, sur la colonisation forcenée et sur l'acculturation forcée… que veut dénoncer l'auteur : l'Occident colonialiste de la 1ère moitié du XXe siècle ou le Japon impérialiste de la 1ère moitié du XXe siècle ? Allez savoir...
Dans tous les cas, le mangaka Kentaro Miura a rendu hommage à cette saga dans son "Berserk", avec la princesse Charlotte du royaume occidental du Midland devant reconquérir ses terres et son trône occupés par les Kuhsans, des envahisseurs orientaux fanatiques et impérialistes ressemblant un peu beaucoup aux Parses de Yoshiki Tanaka... ^^

La traduction à quatre mains de Jacques Lalloz et Rodolphe Massé est soignée. Elle nous régale de « billevesées », « frocards », « croquants », « nonobstant », « pharisaïsme », « pandémonium » et autres « malepeste »… Mais au-delà de la barrière de langue et de la culture, le principal reproche que je puisse faire à l'oeuvre, c'est qu'il est assez déstabilisant, surtout au début, de passer sans transition de l'emphase des romans de chevaleries ou des romans courtois, pleine d'éclairs d'argent, d'étincelles jaillissantes et de grandes déclaration de sentiments, à la bonne humeur et à l'humour de dialogues très animes / mangas / séries télés. de la même manière on alterne fantasy à intrigues, qui ici n'a pas grand chose rien à envier aux classiques du genre, et roman feuilleton d'aventure plein de cavales, de traques, de duels, d'embuscades, de révélations et de retournement de situation, héros et vilains s'affrontant à plusieurs reprises pour que nous lecteurs sachions bien combien ils sont braves et valeureux !
On retrouve l'humour de la "Belgariade" et la "Mallorée" de David Eddings. J'ai ainsi aimé quand les réformes abolitionnistes des héros se heurtent à la volonté des esclaves de le rester, ces derniers préférant être logis et nourris plutôt que de devoir se prendre en main et être confrontés aux conséquences de leurs propres décisions, ou quand ils doivent ronger leur frein quant à leurs réformes démocratiques pour ne pas choquer l'establishment résistant, ou quand Narsus pète un câble devant Masque d'argent qui le traite de barbouilleur de toile, ou quand Narsus d'habitude si sûr de lui se retrouve chèvre face aux avance de la jeune et sémillante Afrîd… ^^
Mais ici cette bonne humeur est expurgé des dizaines et des dizaines de pages dédiés aux corvées de latrines, à la mise en place du feu camp, à la popote et à la tambouille car on avance par petites ellipses d'épisode en épisode…
Les auteurs et les éditeurs japonais ont oubliés d'être cons, eux, car ils se sont calés sur les modes de vie et de lecture de leurs concitoyens. La majorité des japonais lisant durant leurs 3 heures quotidiennes passés dans les transports en commun, les livres sont donc conçus pour être lus facilement, avec un faible nombre de page et une structuration en épisodes pour en dynamiser le rythme. Au Pays du Soleil Levant, la littérature de gare est considérée comme noble, alors qu'en France le qualificatif « de gare » est péjoratif voire méprisant (comme ses réalisateurs de films qui montre ntleur ouverture d'esprit en prenant de haut les réalisateurs de séries). Au Japon on lit plus, mais alors beaucoup plus qu'en France, ceci explique peut-être cela… VDM

Ce qui est vraiment cool, c'est que comme l'auteur puise dans les archétypes universels, on peut imaginer indifféremment les personnages comme des samouraïs de chambara, comme des artistes martiaux de wuxia, comme des guerriers indiens, comme des cavaliers iraniens, ou comme des chevaliers de cape et d'épée. Toutes les lectures sont possibles et tous les amateurs d'aventure peuvent s'y retrouver : amis néophytes et easy readers, aficionados d'heroic fantasy mainstream, amateurs d'animes et de manga, allez-y sans crainte… et un jour si vous avez kiffé les "Chroniques de la Guerre de Lodoss", foncez !
Personnellement, je ne pouvais que je me prendre au jeu de cette fantasy japonaise puisque j'étais prédestiné à kiffer l'intégralité de ses composants et de ses références. C'est donc avec plaisir que je vais découvrir la suite de cette saga, avec la guerre civile sindôrane, la bataille des champions, l'année des quatre rois et le complot des mages noirs… Mais sous d'autres médias car la saga littéraire reste inachevée en France (et est toujours en cours au Japon ^^), l'oeuvre a été adaptée en manga et en anime de qualité. D'ailleurs la mangaka Hiromu Arakawa, l'auteure de "Fullmetal Alchemist" et "Silver Spoon", a relancé la franchise en 2013 !
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Philemont
  31 décembre 2012
Arslân, héritier du trône de Parse, est contraint de prendre la fuite quand le Lusitania envahit son royaume, et en particulier sa capitale, Ecbatâna. Accompagné d'une poignée de fidèles, il n'a de cesse de libérer son pays du joug de l'envahisseur, et ce pour mettre en place une monarchie plus juste que ce qu'elle n'était jusqu'alors…
C'est donc avec une intrigue convenue que Calmann-Lévy poursuit la publication d'oeuvres de Fantasy venues du Japon. Après notamment Les chroniques de la Guerre de Lodoss et le Chevalier d'Éon, on ne pourrait être que modérément enthousiasmé par une telle publication, d'autant que la brève présentation ci-dessus commence par suggérer que l'on est loin d'avoir avec Les chroniques d'Arslân une oeuvre remarquable pour son originalité.
Pourtant, ce premier tome d'une série qui compte onze romans à ce jour présente des qualités que ses prédécesseurs dans l'édition française n'ont pas. L'écriture y est en effet beaucoup plus travaillée et l'intrigue bien structurée. L'oeuvre originale semble avoir aussi bénéficié d'une traduction soignée. le lecteur a donc l'occasion de se plonger dans un récit relevant de l'épopée et de la tragédie, mais dont la dimension émotionnelle est bien trop souvent affaiblie par le classicisme du propos et des personnages mis en scène.
Le jeune Arslân, inexpérimenté et ingénu, est ainsi entouré d'un bretteur hors pair, d'un tacticien particulièrement habile, d'un musicien autant remarquable pour sa gouaille que pour son maniement de l'épée, d'une prêtresse aussi belle qu'adroite au tir à l'arc, et d'un jeune garçon très malin pour accéder à des lieux particulièrement difficiles. A eux six, ils sont bien entendu capables de mettre en déroute plusieurs centaines d'hommes sans éprouver de quelconques difficultés. Quant à leurs ennemis, ils ne sont pas très intelligents, sauf peut être les plus sanguinaires d'entre eux. Et puis il y a aussi des magiciens, qui oeuvrent pour le moment discrètement en semblant se poser comme un troisième protagoniste particulièrement belliqueux.
Avec Les chroniques d'Arslân il ne faut pas non plus chercher à se plonger dans un univers purement nippon. A l'instar des Chroniques de la Guerre de Lodoss, inspirées des jeux de rôles anglo-saxons, et du Chevalier d'Éon, inspiré de la vie d'un agent secret de Louis XV, Yoshiki TANAKA prend pour source l'histoire de la Perse pour construire son univers purement imaginaire.
Au final, ce premier tome des Chroniques d'Arslân est d'une lecture facile et plaisante tant que le lecteur ne recherche pas l'originalité. Dans le cas contraire il risque bien de trouver cette oeuvre particulièrement monotone. En conséquence il est probablement opportun de conseiller sa lecture soit aux inconditionnels du genre, soit à ceux qui voudraient s'initier à l'Heroic Fantasy.
Notons enfin que le volume présenté ici semble réunir les deux premiers romans de la série. L'éditeur n'est pas explicite sur ce point, mais les copyrights et le contenu du volume le suggèrent.
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Citations et extraits (60) Voir plus Ajouter une citation
AlfaricAlfaric   07 décembre 2014
Les statues des dieux de la mythologie parse se dressaient, alignées, à droite et à gauche. Anâhiktah, déesse des eaux, couronnée d’or et revêtue d’une fourrure de castor ; elle présidait également à la naissance. Ce cheval blanc à la crinière en or, c’était un avatar de Tishtria, dieu de la pluie. Ursagûna, le dieu de la victoire, porteur d’une gigantesque pluie de corbeaux. Asi la resplendissante, déesse de la beauté et de la Fortune, protectrice de la virginité. Mithra, dieu des contrats et de la bonne foi, aux cent oreilles et dix mille yeux, réputé tout connaître des mondes d’En-haut et d’ici-bas ; il était vénéré aussi comme divinité de la guerre.
Les soldats se massèrent en riant devant les statues de toutes ces divinités qu’ils se mirent en devoir, tous ensemble, de tirer de leurs piédestaux. Elles n’étaient pas toutes faites de la même matière : certaines étaient en marbre, d’autres en cuivre plaqué d’or.
Les premières se brisèrent en tombant au sol ; les autres perdirent leur or, arraché à la main ou à la pointe de l’épée. Avec à la bouche le prétexte commode des principes religieux officiels – « Maudites idoles païennes ! », « Démons malfaisants ! » –, les Lusitaniens fourraient dans leurs poches les plaques d’or arrachées et crachaient au visage des dieux.
- Des pourceaux ne peuvent se conduire qu’en pourceaux !
La voix froide et sardonique stoppa brusquement leur élan. Un jeune Parse se tenait debout parmi les statues jetées à terre.
Pour détruire de cette ignoble façon d’aussi merveilleuses statues de déesses, faut-il que vous soyez totalement incapables d’apprécier la Beauté ! Vous n’avez besoin de personne pour vous poser en barbares !
Les soldats lusitaniens se consultèrent du regard. L’un d’entre eux, qui comprenait la langue officielle de la grand-route continentale, lui répliqua en jurant :
- Qu’est-ce que tu chantes là, suppôt des démons, adorateur des idoles ! Quand Yahldabôth le suprême descendra sur la terre au dernier jour, tous les mécréants de ton espèce seront précipités aux Enfers pour l’éternité. Il sera trop tard pour te repentir !
- Parce que tu te figures que j’ai envie de me retrouver dans un paradis avec votre sale face de porc pour compagnie ! lança à son tour le virulent jeune homme – Ghîb – qui se tenait prêt à dégainer à tout instant.
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AlfaricAlfaric   24 novembre 2014
- Narsus, c’est moi qui vous le demande, cette fois. Que diriez-vous de m’apporter votre soutien en compagnie de Dariûn ?
- Votre proposition m’honore, Altesse, mais…
- Dans ce cas, écoutez. Jurez-moi fidélité et, en échange, vous serez amplement récompensé.
- « Récompensé », Altesse ? Entendriez-vous me donner des pièces d’or, comme le roi votre père ?
- Non. Je sais que votre dévouement ne se monnaie pas ainsi.
- Alors, avec des honneurs ? En me nommant gramâtahr, par exemple ?
La réaction de Narsus dénotait son indifférence. Tout dans l’expression de son visage clamait son refus de se laisser acheter pour la fortune ou les honneurs.
- Nullement. Si nous repoussons les barbares lusitaniens et que je monte sur le trône de mon pays, Excellence Narsus, je ferai de vous mon peintre de cour. Qu’en dites-vous ?
Narsus, bouche bée, fixa à son tour Arslân. Indiscutablement, la proposition le déconcertait. Un assez long silence suivi d’un petit rire joyeux… Un déclic s’était produit en lui, semblait-il.
- Voilà qui me plaît. Ça alors… murmura-t-il pour lui-même avant de tourner vers son ami un regard de triomphe. Eh bien, tu as entendu, Dariûn ? C’est à cela qu’on reconnaît ceux qui ont l’étoffe de souverains. Entre Son Altesse et le misérable ver de terre que tu es, étranger à l’Art ta vie durant, vois le fossé qui sépare vos mentalités !
- Oublie cela. Tant qu’à vivre en misérable ver de terre, je me réjouis au moins de n’avoir pas ainsi à subir ton art.
Sa repartie tout aussi sarcastique lancée du tac au tac, Dariûn se tourna vers Arslân :
- Votre Altesse, faire de Narsus le peintre officiel, c’est ouvrir une page sombre dans l’histoire culturelle de notre royaume. Le nommer secrétaire ou ministre serait faire preuve d’un réel discernement ; mais peintre à la cour, permettez-moi de dire…
- Pourquoi tant insister, Dariûn ? Je préfère le voir brosser le portrait d’un Arslân vivant plutôt que laisser je ne sais quel artiste fameux du Lusitania me représenter mort. Et toi aussi, n’est-ce pas ?
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AlfaricAlfaric   25 novembre 2014
- Il importe de forcer l’ennemi à se rassembler en un lieu que nous aurons fixé. C’est la première phase de toute tactique.
Il expliqua qu’une tactique n’a de valeur qu’en ce qu’elle permet de vaincre avant d’avoir épuisé ses forces – et cela, quelle que soit sa bravoure –, sans aller au bout de ses ressources.
Arslân eut envie de lui porter un peu la contradiction :
- Pourtant Dariûn a foncé en travers d’une énorme armée pour moi…
- Il s’agit là d’un acte de bravoure individuelle, répliqua Narsus en lançant un clin d’œil à Dariûn. Celui-ci garda le silence, un fin sourire contraint sur les lèvres. Un brave comme Dariûn, il n’en existe pas même un sur mille. C’est ce qui fait toute sa valeur, mais un chef doit compter avec des soldats plus faibles, pour mettre au point un plan de bataille qui lui permette de l’emporter en dépit de tout. Et dès lors qu’il s’agit d’un roi, il doit chercher un moyen qui, même avec des chefs de la plus grande incompétence, lui permette de ne pas perdre la bataille, voire de l’éviter. Narsus s’enflammait. Arslân réfléchissait.
Si votre propre puissance vous a aveuglé au point de faire fi de l’ennemi, de négliger de dresser tout plan de bataille, qu’advient-il quand les choses commencent à mal tourner ? Il m’en coûte de le dire, mais la tragédie d’Atropathènes en constitue la meilleure illustration.
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AlfaricAlfaric   18 décembre 2014
- Au fait Narsus, qui est cette jeune demoiselle ?
La question allait de soi, mais troubla Narsus. Quelles explications donner ?
- Oui, eh bien, en fait…
- Je m’appelle Alfrîd et je suis la femme de Narsus.
Sous l’effet d’une présentation aussi inattendue, un faisceau de regards étonnés convergea vers Narsus.
- Mais non ! s’écria-t-il.
Alfrîd, après lui avoir lancé un regard malicieux, reprit :
- Enfin, pour dire la vérité, nous ne sommes pas encore mariés. Je ne suis encore que son amante.
- Son amante ?!
- Maître…
Sous le double regard appuyé de Dariûn et d’Elam, Narsus fut sur le point de s’emporter, chose fort rare chez lui.
- Mais non !? Non ! Je n’ai rien fait ! « Mariés » ! « Amante » ! Elle dit n’importe quoi…
- Tu me parais singulièrement troublé, pourtant, mon ami.
- Où… où vois-tu que je sois troublé ? Elle est la fille d’un chef de tribu zott. Le Masque d’argent en avait après elle et je lui ai sauvé la vie. C’est tout ce qu’il y a entre nous.
- Narsus, pourquoi cacher la vérité ?
L’intervention d’Alfrîd n’arrangeait pas les choses.
- Toi, ça suffit, ces balivernes !! Puisque je vous dis qu’il ne s’est rien passé d’autre ! Nous avons dormi dans des chambres voisines. Je n’ai rien fait, j’ai la conscience tranquille…
Dariûn dévisagea son ami qui se défendait avec une maladresse véhémente, puis toussota en dissimulant son envie de rire.
- Allons, ce qui est fait est fait, Narsus…
- Qu’insinues-tu ?! Puisque je te répète qu’il n’y a rien eu entre nous !
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AlfaricAlfaric   22 novembre 2014
À trente-six ans, l’extrême sérieux de Shapûr en faisait l’antithèse parfaite de Qbad. Sans qu’on sût si les intéressés en étaient conscients, le bruit courait que lorsque les douze généraux de d’armée avançaient de conserve, l’un et l’autre se tenaient toujours aux deux bouts.
Quoi qu’il en soit, devant les yeux effarés de leurs compagnons, les deux vaillants guerriers se foudroyèrent du regard, la main sur la poignée de leur arme. Mais juste avant que l’atmosphère survoltée ne dégénère, un cri retentit : « Attaque ennemie ! » Repérant l’unité de cavalerie lusitanienne qui s’approchait d’eux, Qbad fit tourner bride à son cheval :
- Vous fuyez donc, Qbad ?
Le chef borgne émit un sifflement de mépris en réponse à l’insulte :
- Je ne demanderais pas mieux, mais l’ennemi me coupe la retraite et il nous faut d’abord le mettre en pièces. Une fois que nous en aurons fini avec lui, que diriez-vous de revenir tranquillement sur cette discussion ?
- C’est bon. Ne venez pas prétendre ensuite que vous avez oublié !
Sur une dernière œillade de défi, Shapûr s’élança pour rejoindre son unité.
- Oh non, je n’oublierai pas ! Si jamais il y a un « après » pour nous, bien sûr, murmura Qbad, mi-plaisant mi-sérieux, avant de se retourner vers sa troupe. Bien, nous devons être encore un millier. Cela devrait suffire. Qui m’aime me suive !
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