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ISBN : 2757802224
Éditeur : Points (21/02/2007)

Note moyenne : 3.46/5 (sur 13 notes)
Résumé :
VIIIe siècle après Jésus-Christ : dans un Empire romain qui refuse de mourir, le culte de Mithra est devenu la religion dominante. Mais les anciens dieux ne se rendront pas sans combattre... Et Rome, en proie à la corruption et aux complots, cherche à retrouver sa splendeur passée. Entre Frédérique Braffort, grande prêtresse de Mithra, et sa cousine Judith, élève de la terrible magicienne Ygrene, la confrontation paraît inévitable. Magie, batailles contre les légion... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Dionysos89
  22 décembre 2016
Insidieusement, je tente vainement de rattraper l'énorme retard que j'ai vis-à-vis de Boudicca sur quantité de séries, cycles et bibliographies de grands auteurs, notamment de fantasy. Rachel Tanner en fait partie et L'empreinte des dieux constitue le premier tome de son diptyque uchronique intitulé le Cycle de Mithra.
Rachel Tanner est passionnée d'histoire antique (et son métier d'historienne-archéologue n'étonnera personne vu ses références) et narre le voyage de la jeune Judith qui doit fuir à travers la Gaule, 1533 ans après la fondation de Rome (en 780 de notre ère si vous préférez). Pour transcrire ce haut Moyen Âge aux forts accents d'Antiquité tardive, le style de Rachel Tanner se fait très caractéristique de sa formation et de son métier d'historienne : elle pose parfaitement le cadre, ça ne va pas par quatre chemins, c'est à la fois clair et carré. Elle sait ce qu'elle dit, alors elle ne va pas nous embobiner avec des détails anecdotiques. Bien sûr, cela passe souvent par de la narration classique, mais mine de rien, cela se fait de moins en moins et c'est regrettable, tant trop d'auteurs misent sur des dialogues à rallonge. le tout est agrémenté de références historiques jouissives, teintées de mythes arthuriens, d'administration carolingienne et de révoltes barbares.
Sur ses solides connaissances, Rachel Tanner bâtit une uchronie passionnante qui naît de la non-conversion de masse de l'Empire romain au christianisme. À la place, c'est le mithraïsme qui prend le pas sur lui et devient religion officielle. Toutefois, malgré leurs vastes points communs, le mithraïsme est un culte à mystères bien plus élitiste certes (par le fait surtout qu'il conserve ses mystères malgré son expansion venue de l'est grâce à des officiers militaires), mais aussi un culte qui peut avoir une relative capacité à englober d'autres cultes tant il peut être protéiforme. À travers le pas de côté voulu par l'uchronie, l'autrice se lance allègrement dans des réflexions politiques et religieuses, démontrant combien la fantasy a à apporter à nos conditionnements sociaux. Gentiment, elle élabore une critique furieuse et magnifique de la religion dans tout ce qu'elle comporte de fanatisme et de contrainte sociale. Et cela va même plus loin dans l'analyse rigoureuse (mais agréable pour le lecteur) de l'évolution des empires et des civilisations en général : à trop vouloir s'uniformiser, ils se condamnent eux-mêmes.
Mais tout cela est en plus agrémenté d'une bonne dose de fantasy, et cela prend tout son sens quand on se replace dans le contexte de publication du roman. En effet, se lancer dans la fantasy du XXIe siècle semble aller de soi aujourd'hui avec l'énorme panel d'auteurs francophones, anglophones et autres à notre disposition, mais sorti d'abord en 2000, ce roman s'inscrit d'abord dans un renouveau complet de l'imaginaire français par l'influence de grands auteurs anglo-saxons et l'usage érudit de l'Histoire davantage francisée. L'héroïne est ici entraînée classiquement dans l'aventure par un élément déclencheur que je vous laisse découvrir, mais toujours est-il qu'elle préfère défendre la religion de ses ancêtres face au mithraïsme qui cherche à dominer sans plus aucune discussion. Cette quête personnelle passe par l'apprentissage d'une magie païenne par l'intermédiaire d'une Ygrene, magicienne diabolique, qui s'oppose à la montée en puissance d'une prêtresse de Mithra.
Rachel Tanner nous propose ainsi un premier tome truffé de références historiques cachées mais surtout dominé par la tentation magique, les prophéties divines et l'attrait de batailles dévastatrices. L'Empreinte des dieux fut mon premier coup de coeur de l'année 2016 et j'ai mis onze mois pour en écrire une critique à peu près potable ! C'est un roman à lire, ne serait-ce que pour savourer une narration « à la Tanner », autrice qui se fait trop rare à mon goût (mais publie heureusement des nouvelles).
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boudicca
  16 septembre 2012
R. Tanner signe avec « Le cycle de Mithra » une uchronie très originale basée contrairement à beaucoup d'autres non pas sur un bouleversement d'ordre politique mais religieux. Nous sommes au VIIIe siècle après JC et, outre le fait que l'empire romain soit encore debout, le changement majeur consiste en la relégation du christianisme au rang de simple secte tandis que le culte à mystère du dieu Mithra occupe la place de religion officielle de l'empire. L'univers élaboré par l'auteur est extrêmement bien conçu et captive rapidement le lecteur qui se plonge avec plaisir dans ces régions sauvages de Gaule et de Germanie où règne encore la magie et où les dieux arpentent toujours le monde. C'est également l'occasion d'en apprendre davantage sur ce fameux culte de Mithra, divinité orientale importée suite à l'expansion de l'empire au sein du panthéon romain, vénérée essentiellement par les soldats et présentant de fortes similitudes avec le christianisme (même si l'auteur prend bien évidemment ici quelques distances avec la réalité historique).
Au delà de ce contexte particulièrement fascinant et dépeint avec talent par R. Tanner, le lecteur découvre le personnage de Judith de Braffort, jeune femme originaire d'Armorique au caractère bien trempé, à laquelle on s'attache aisément et dont on suit avec intérêt les aventures. Et celles-ci ne manquent pas ! de son opposition à sa redoutable cousine Frédérique, à son initiation au côté de la magicienne Ygrène, en passant par sa rencontre mouvementée avec les légions romaines ou avec un certain Carolus Magnus, on peut dire que notre héroïne n'a pas de quoi s'ennuyer... Et nous aussi par la même occasion. L'auteur dispose également d'une plume agréable et particulièrement inspirée lorsqu'il est question de scènes de batailles où l'influence de David Gemmell se fait alors nettement ressentir. « L'empreinte des dieux » se révèle finalement une excellente découverte, que l'on ne peut qu'être ravi de poursuivre sur un tome supplémentaire.
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Thyuig
  20 avril 2017
Il y aurait beaucoup à écrire sur ce premier tome. On pourrait d'abord s'étonner de sa discrétion dans la multitude de palmarès, listes et indispensables qui abondent sur la toile et qui multiplient les mêmes références. Or il y a ici l'objet indéniable de classement tant le roman ne dépareille pas parmi les classiques du genre.
J'acte que le livre est bon, qu'il est plaisant à lire, qu'il expose une quête -ce qui le verse naturellement vers le roman d'apprentissage-, qu'il y est question d'empire romain dans un temps où Rome aurait anéanti le christianisme avant son explosion, un temps où Rome continuerait de régner -on pourrait alors parler de SF, du moins d'uchronie ?- et que le Dieux, simples formules et sujets à dévotion dans notre monde, s'incarnent réellement dans le roman de Rachel Tanner - on glisse ici parfaitement dans l'heroic fantasy.
Une nouvelle fois si je prends le parti d'acter que le roman est excellent, alors il devient naturel de l'exposer parmi les palmarès évoqués précedemment. Alors, Rachel Tanner l'égal des Holstock, Gemmell, Martin, Card ou, soyons fous, Tolkien ?
C'est pas si simple et pourtant ce premier tome a d'indéniables atouts. La première chose qui empêche son rayonnement est sans conteste sa langue d'origine. Eh oui, la fantasy s'exporte en anglais que voulez-vous. En outre, je reprocherai une certaine facilité dans le dénouement et une linéarité un peu malvenue sur le dernier tiers. Malgré tout le roman propose de très bons moments, le siège de Cologne notamment, ou les premières pages bretonnes. Pour autant j'aurais aimé une centaine de pages de plus, une attention un peu plus particulière dans la relation des personnages où le récit plus précis de la bataille finale. Ces bémols sont des broutilles car ce premier tome du cycle de Mithra fait plus que le job.
Amoureux de la Fantasy, n'hésitez pas !
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YvesLunn
  28 janvier 2016
L'empreinte des dieux, que je suis en train de lire, et intéressante à plus d'un titre : et si le Christianisme n'avait pas triomphé...Une excellente vision d'un autre Clergé possible, tout aussi, despotique et totalitaire. L'auteure se révèle clairvoyante à l'égard des religions. le postulat de Mithra considéré comme une religion pour tous, telle que voulu par L Empereur Julien, pour lutter contre le Christianisme, alors qu'à l'origine elle était dédiée à une minorité d'élus, plus spécifiquement réservé aux militaires. J'adore. le tournant au milieu du roman , en fantaisie, m'a tout d'abord surpris, mais c'est un vrai enchantement. J'ai déjà acheté la suite. Belle découverte, à un prix plus que raisonnable chez ActuSF. le livre de l'écrivaine sur la préhistoire, m'apparait aussi alléchant. Pourvu, qu'elle n'arrête pas d'écrire, comme on le lit dans un récent interview !
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critiques presse (1)
Elbakin.net   20 mai 2019
Cette soif de vie des personnages et de cet univers justement, même en proie aux pires tourments, ne se dément jamais, et apporte un souffle puissant, qui contribue là encore à établir ce diptyque dans la (très) bonne moyenne des œuvres françaises.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (4) Ajouter une citation
boudiccaboudicca   29 octobre 2012
Soudain, un frémissement parcourut les eaux du lac, des ombres mouvantes dessinèrent des images spumeuses. Ygrene sentit le pouvoir affluer autour d'elle. Contrôlant sa respiration, elle ferma les yeux et se mit à fredonner une mélodie répétitive. Il n'existait pas beaucoup de magiciens capables de maîtriser la clairvoyance, mais Ygrene faisait partie du nombre. Elle ralentit les battements de son cœur et libéra sa pensée jusqu'à ce que les images jaillissent. Alors, à la manière des filida celtiques qui délivraient des oracles sur les futures batailles, elle sut qu'elle observait l'endroit où se tiendrait l'affrontement ultime.
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Dionysos89Dionysos89   25 janvier 2017
Non, quelque chose n’allait pas. La religion, voilà ce qui n’allait pas. Je haïssais ces prêtres fanatiques qui prétendaient s’approprier nos âmes. C’était le mal ; car il n’existe rien de pire que le viol des consciences.
Et leur dieu unique, Mithra, était une abomination. Que penser d’un dieu qui n’en tolérait pas d’autres ?

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Dionysos89Dionysos89   27 janvier 2016
Les civilisations sont périssables ; elles naissent, se développent et disparaissent.
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Dionysos89Dionysos89   08 février 2016
- L’Église ne spécule pas. Elle sait.
- La foi est une chose merveilleuse.

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