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Critiques sur Le Chardonneret (378)
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LoloKiLi
  25 avril 2014
Accroche-toi un peu, le chardonneret, c'est quasiment huit-cent pages de petits caractères bien serrés, et pas une seule image à colorier.

Au-delà de cet affligeant constat bassement matériel, ce drôle d'oiseau est avant tout une oeuvre littéraire somptueuse, tout récemment (et fort judicieusement) auréolée du Pulitzer millésime 2014.

Il n'y a pas grand intérêt à détailler ici les aventures du jeune Théo Decker, intimement liées au destin de cet authentique et singulier petit tableau du XVIIème siècle qui offre son titre au roman. Je recommanderais simplement de s'abandonner à cette rencontre et à la narration envoûtante de la prima Donna. Sans jamais ennuyer, celle-ci prend son temps, pose l'ambiance, installe ses personnages, exprime leurs sensations comme personne, submerge son lecteur jusqu'au parfait engloutissement.

Entre New-York, Las Vegas et Amsterdam, tourmentés, tragiques ou flamboyants, les personnages de Miss Tartt expérimentent nombre des excès de l'occident contemporain et subissent les universelles réminiscences du passé dans une troublante fusion des frontières entre le bien et le mal. Il en résulte une fiction dense et ardente, presque hors du temps, à la fois sombre et intensément lumineuse.

« Un vraiment grand tableau est assez fluide pour se frayer un chemin dans l'esprit et le coeur sous toutes sortes d'angles différents, selon des modes uniques et particuliers...» Il en va de même pour ce vraiment grand roman. Donna Tartt possède cette ensorcelante puissance d'écriture qui, tout autant que l'histoire elle-même, s'empare de l'esprit et du coeur bien au-delà de la dernière page.
J'ai laissé la magie opérer... et j'ai profondément adoré.


Lien : http://minimalyks.tumblr.com/
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Kittiwake
  25 janvier 2014
Je suis très reconnaissante envers François Busnel pour la découverte de Donna Tartt lors de son passage à la Grande Librairie. Certes il aurait été difficile de passer à côté dans les semaines suivantes, car elle trône sur tous les étals de libraire, mais sa prestation a été suffisamment convaincante pour me convaincre de réparer mon ignorance, n'ayant jamais entendu parler du Maître des illusions (un séjour sur une autre planète il y a 10 ans?)

Lire le Chardonneret est un morceau de bravoure (même si c'est une très belle expérience : c'est un gros pavé, à l'écriture dense, plus far breton que barbe-à-papa comme nourriture spirituelle). le critiquer est une autre paire de manche. le livre clos, on reste un peu abasourdi, et le silence après Donna Tartt est encore du Donna Tartt, un délai est nécessaire avant de se plonger dans un autre univers romanesque.

Theo Decker le narrateur, a treize ans lorsque débutent ses confidences. Il vit seul avec sa mère, depuis que le père les a laissés tomber. Pas très bien intégré au collège, de nature inquiète, cette période est pourtant celle de sa vie qu'il idéalisera comme un âge d'or, après qu'une explosion tue sa mère dans le musée qu'il visitait avec elle. C'est le big bang de cette histoire : le deuil irréparable s'associe à une rencontre , celle d'un vieil homme en train de mourir, qui lui remet une bague en lui donnant une adresse. Et, point d'ancrage fort, tant pour le lecteur que pour le jeune garçon, Theo sort du musé, sain et sauf, dans une ambiance de fin du monde, avec un tableau d'une valeur inestimable sous le bras : le chardonneret de Fabritius.

C'est le début d'un road movie, fait d'errance et de choix hasardeux, en compagnie de Boris, un autre paumé de la vie. le refuge dans des paradis artificiels délétères est inéluctable, avec suffisamment de maitrise pour donner le change socialement, tout en créant une dépendance irréversible.

Les thèmes abordés sont multiples, stress post-traumatique, amitié, amour, deuil, dépendance,, impermanence, qui constituent autant de jalons sur ce parcours initiatique. La construction du jeune homme est chaotique, la chute est imminente tout au long de ce chemin sur les berges d'un précipice, mais le chemin se fait.

L'ensemble se déroule dans un ambiance artistique, (outre le Chardonneret et son histoire propre, beaucoup de références à la peinture, mais aussi à la poésie). La restauration des meubles anciens, très bien documentée (l'auteur a t-elle fait un stage intensif?) est très intéressante.

C'est un roman fort, dense, inoubliable, pas loin de mériter une place dans la valise pour l'île déserte; le maître des Illusions, lui, est dans la pile.
Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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Sando
  03 mars 2014
A tout juste treize ans, le jeune Theo va se retrouver quasiment orphelin… Son père les a abandonnés, lui et sa mère, depuis presque un an, disparaissant de leur vie sans un mot et sans laisser d'adresse. Une absence tout à fait supportable, voire désirée, jusqu'au jour où, présents au mauvais endroit, au mauvais moment, le jeune garçon et sa mère sont victimes d'un terrible attentat alors qu'ils passent le temps dans un musée New-Yorkais… Cette dernière meurt dans l'explosion, tandis que Theo fait partie des rares survivants du drame. Complètement assommé, déboussolé par la confusion générale, il s'empare, à la demande d'un vieil homme agonisant, d'un petit tableau enfoui sous les décombres…


A-t-il conscience de ce qu'il est en train de faire au moment où il cache « le Chardonneret » dans son sac ? Connaît-il la valeur immense de ce tableau, l'un des rares témoignages encore existant du talent de Carel Fabritius, un peintre flamand au destin tragique ? Non bien sûr, mais comment expliquer son geste aux autorités ? Et puis, le décès de sa mère représente suffisamment de bouleversements dans sa vie pour occulter partiellement la présence du tableau… C'est ainsi que la vie de Theo va se retrouver étroitement liée à la destinée du « Chardonneret », développant chez lui une véritable fascination pour le tableau, qui se transformera peu à peu en obsession…


Dans ce roman aux multiples facettes, Donna Tartt prend le temps de creuser ses personnages, de développer leur personnalité et de tisser avec une incroyable minutie les liens qui les unissent… Difficile alors de ne pas s'attacher à eux ou de les tenir à l'écart… le jeune Theo, avec ses angoisses, son innocence et ses pulsions autodestructrices est un personnage que l'on voit grandir tout du long, que l'on a envie de protéger lorsqu'il emprunte de mauvais chemins et qui nous hante longtemps après avoir refermé le livre... Ses mésaventures ne sont pas sans rappeler celles d'un « Oliver Twist » plus contemporain, qui carburerait à l'alcool et aux amphétamines, un moyen dangereux, quoiqu'efficace, d'atténuer la douleur de la perte et de décrocher de la réalité…


Theo, accompagné de son ami Boris, nous entraîne avec lui dans une descente aux Enfers complètement hallucinée, sans possibilité d'un retour en arrière. Difficile de rester insensible face à la violence et à l'injustice du destin qui ne cesse de le frapper ! Donna Tartt ne lui épargne rien et malgré cela, elle parvient à préserver des moments d'une grande tendresse, pleins d'émotions, où l'amour et l'amitié sont bouleversants de sincérité et donnent à chacun un nouveau souffle empli d'espoir et d'optimisme, ce qui est loin d'être superflu étant donnée la tension qui se dégage du texte !
Un roman dense, prenant, lent sans être pesant et qui s'accélère à la fin pour nous entraîner avec lui dans une succession de rebondissements à couper le souffle, resserrant l'étau autour des protagonistes mais aussi du lecteur ! Un texte mené d'une main de maître, porté par le talent de Donna Tartt et dont l'enjeu principal est un tableau volé, mais qui explore également les failles et les faiblesses de l'homme ainsi que certains des travers des Etats-Unis. Une lecture passionnante, qui m'a laissé une forte impression et me donne envie de découvrir au plus vite « le maitre des illusions » !


Un grand merci à Babelio et aux éditions Plon pour ce partenariat et cette superbe découverte !
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tynn
  14 août 2014
Les mille et une galères de la vie de Théo, orphelin, alcoolique, drogué, voleur, fugueur, faussaire...
Dit ainsi, c'est une simple ligne.
Donna Tartt en fait 800 pages!

Il a bien sur des excuses, ce piaf de Théo!
Son coeur a implosé quand une bombe a explosé au MET de New York, envoyant dans les limbes sa mère tant chérie. Quant à imaginer que ce traumatisme vécu en direct et les conséquences pour une vie désorganisée d'adolescent lui aient profondément perturbé le jugement, ça semble une évidence.
Entre New York, Las Vegas et Amsterdam, les errances de Théo nous entrainent d'années en années dans ses "non choix" improbables, croisant des personnages tous aussi originaux et/ou fêlés, dans le diaporama d'une société américaine analysée de l'intérieur: services sociaux, psychologues, enseignement, justice, pouvoir de l'argent, extorsions, manipulations. C'est aussi une solide histoire d'amour et d'amitié.

Je suis entrée à reculons dans ce pavé, néanmoins le charme a opéré en douceur. Il faut accepter cet engourdissement, cette noyade dans l'histoire et l'écriture. Ce ne fut pas toujours une lecture plaisir. Je la qualifierai plutôt de lecture marathonienne et j'ai souvent du me forcer à la reprendre, regardant avec inquiétude les pages lentes à défiler. (J'ai même du m'accrocher ferme pour ne pas lâcher le manège à Las Vegas.)

En conclusion, je refais surface, partagée entre légère suffocation (car j'ai approché le "burn out"de lectrice), et la respectueuse fascination pour cette capacité d'écriture incroyable.

Car, avec un imaginaire littéraire intense, la force de Donna Tartt est cette faculté de raconter par le menu les faits, les sentiments, le travelling des petites choses qui entrent dans le décor, où tout est à sa place, où tout semble avoir de l'importance dans la narration.
Sens précis du détail pour raconter un évènement, oeil photographique pour fixer des lieux et des personnes, acuité et doigté d'orfèvre dans les descriptions précises, méticuleuses et pour autant jamais fastidieuses, décorticage des sentiments et connaissance approfondie dans des domaines variés. Quelle maitrise!

Ce fut donc à petites doses que je suis venue à bout de l'étude picturale de ce petit oiseau, réputé pour la beauté de son plumage et de ses chants.
Mais quatre étoiles... Quand même!

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bilodoh
  24 juillet 2014
Comment peut-on continuer à vivre après un attentat ?

Le talent exceptionnel de Donna Tartt nous fait voir cette expérience de l'intérieur et comprendre comment un ado peut subir un choc post-traumatique, perdre sa mère, être ballotté d'un endroit à l'autre et trouver refuge dans la drogue, mais aussi dans l'art et la beauté.

Une grosse brique, pleine de réflexions : sur la peinture, son effet sur l'être humain et son rôle dans la société, sur la beauté du geste, sur les meubles et le travail du bois, sur l'histoire et sur l'attachement aux objets et la raison pour laquelle on conserve ces vieilleries.

On y voit aussi comment les médications pour atténuer la douleur et permettre le sommeil créent une dépendance propice à la surconsommation de drogues et d'alcool (passages que j'ai personnellement trouvés un peu longs).

L'amour, l'amitié, la famille, le sens de la vie et de la mort, mais tout ça à travers une intrigue et les décors de New York, Las Vegas et Amsterdam.

Un pavé ? Un bon livre, de belles heures de lectures en perspective…
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ibon
  24 juin 2016
Lundi, je suis allé chez Donna Tartt. On a mangé des pommes. Après on est allés au zoo et on a vu le chardonneret, une fine chaînette passée à la patte l'empêchait de s'envoler. Quelle belle journée !

Mardi, je suis allé chez le chardonneret. On a mangé une tarte aux pommes. Après, on est allés au zoo et on a vu Donna qui écrivait un livre de 1100 pages. Elle tissait une fine tragédie qui, passée à la jambe du lecteur, l'empêchait de s'en aller. Quelle belle journée !

Mercredi, je suis allé chez Pomme (qui est un peu tarte). On a mangé le chardonneret. Après, on est allé au zoo et on a vu Donna qui terminait sa tartine. Hum quelle belle journée !

J'ai emprunté à Bernard Friot cet exercice de style pour exprimer la joie d'avoir découvert ce brillant ouvrage. Une histoire d'adolescent si juste et si bien écrite qu'elle pourrait se hisser en tête des références (avec Salinger bien sûr).

Il fallait oser le rythme particulièrement lent de la narration, qui m'a parfois découragé. Mais je m'y suis fait. La noirceur, son pessimisme à la Cioran, est une qualité du récit, et le fameux tableau du chardonneret est bien le symbole de la tristesse d'une vie humaine, comme celle de Théo, marquée par le deuil.

C'est bien une longue traversée mais l'écriture de Donna Tartt la rend agréable.

Et comme c'est vendredi, je vais aller auprès de mes frères humains, avec un boulet attaché à la patte, avec l'impression parfois d'être dans un zoo.
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Erveine
  08 septembre 2016
Il m'a paru tout de suite assez conséquent mais j'ai bien vu le petit oiseau et considéré mon objectif, le lire. Puis instantanément, l'écriture m'a plu alors j'y retournais avec plaisir pour retrouver Théo.
Un drôle d'oiseau pourrait-on dire, happé comme il l'était dans la course du temps, la froideur et la dureté des évènements au gré des routes et des possibles. Et je me disais, mais pourquoi prend-t-il cette route plutôt qu'une autre, plus facile, plus paisible et sans encombre. La bonne voie en somme. Mais qu'est-ce que c'est que la bonne voie me disais-je, et, est-ce que ce n'est pas comme ça aussi dans la vraie vie, le chemin qu'on prend est-il toujours le plus facile, le tout tracé, le plus tranquille et s'il l'était, était-il pour autant le bon, bien sûr que non ! et c'est ainsi que je ne lisais pas du tout prêt tout apprêté, une histoire à l'eau de rose qui ne m'aurait pas plu, mais plutôt une sorte de désordre plein de cohérences. Ensuite, le ton s'est amplifié et l'allure aussi, si bien que j'avais hâte de poursuivre et c'était bien jusqu'à la fin. Il me trottait dans la tête, ou plutôt il me sifflait le petit oiseau, lui Théo et le Chardonneret du tableau, surtout quand on aborde sa création, le passage du pinceau sous son ventre pour accentuer la perception duveteuse et la douceur. Une belle immersion dans l'univers de Donna Tartt.
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fannyvincent
  28 mai 2014
Voici donc un roman faisant l'objet depuis sa parution d'un véritable concert de louanges…auquel je ne me joindrai certainement pas.
C'est un véritable ouf de soulagement que j'ai poussé en arrivant enfin au bout de ce bouquin (je dois avouer avoir un peu expédié les toutes dernières pages), au terme de quasi deux semaines de lecture plutôt éprouvante.
Mais comment expliquer l'engouement autour de ce roman ? Peut-être la belle couverture, ou alors la personnalité de Donna Tartt, que je ne connais pour ma part que de réputation (le charme n'a donc peut-être pas joué)…
La lecture de ce roman fleuve, certes ambitieux, s'est en tout cas avérée tellement laborieuse (inutile d'en résumer l'histoire, d'autres l'ont fait avant moi, et probablement beaucoup mieux que je ne le ferais) : certains passage furent interminables et d'un total manque d'intérêt (en particulier la période passée par Théo à Las Vegas, marquée par l'ennui et les addictions avec son pote Boris), d'autres périodes étant au contraire totalement passées sous silence (l'auteur va consacrer des pages et des pages à des journées où il ne passe rien ou presque, on tourne une page, changement de chapitre, et on se retrouve huit années plus tard, quasi sans explications… c'est une plaisanterie ?). Les personnages ne sont en outre pas attachants, à l'exception de Hobie et Pippa. Et le comble, c'est que Donna Tartt a donné mon prénom au dealer new-yorkais de Théo ! Franchement…
Et pourtant, je me suis accroché pour achever ce roman (une sorte de défi personnel), espérant qu'enfin un rebondissement aurait lieu, me permettant de conserver au final de cette histoire une opinion positive. Mais celui-ci n'a jamais eu lieu… enfin, il y eu bien quelques péripéties, mais elles sont à mon sens peu crédibles, limite grotesques (Théo en assassin ? risible..).
En tout cas, je doute désormais fortement de me lancer dans la lecture des précédents romans de Donna Tartt. Et je serai également particulièrement prudent vis-à-vis des futurs prix Pulitzer : car si Lonesome Dove méritait sans conteste une telle récompense, l'attribution d'un tel prix pour « qu'avons-nous fait de nos rêves » et « le chardonneret » apparaît à mes yeux assez incompréhensibles…
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latina
  09 avril 2015
Résiste ! ... C'est ce que semble me dire ce chardonneret, ce minuscule petit oiseau peint par Fabritius, un Maître flamand trop tôt disparu.
Tiens bon ! ... C'est ce qu'il faudrait dire au narrateur de cette histoire très humaine, très noire, descente aux enfers totale.
Va jusqu'au bout ! ...C'est ce que je me suis dit après mes plongées en apnée dans ce roman-fleuve aux accents terribles et à l'écriture à la fois syncopée et merveilleusement imagée.

NON ! « le Chardonneret » ne laisse pas indifférent, c'est le moins qu'on puisse dire.
Une foule d'émotions m'ont envahie tout au long de cette histoire. D'abord une compassion immense pour ce jeune ado new-yorkais qui perd sa mère lors d'un attentat terroriste dans un des plus grands musées, obligé de s'en remettre à la famille d'un de ses amis pour survivre. Taraudé par la culpabilité qui ronge et qui mord. Et là, j'ai salué le talent de l'auteure pour ses mots justes, son intime compréhension de la tristesse devant le drame.
Ensuite une horreur devant le destin du jeune homme, pris en charge par un père et une belle-mère inconscients, drogués et alcooliques. Cette partie à Las Vegas m'a mise KO, et j'aurais voulu jeter le livre par terre. Ces scènes continuelles et innombrables de déchéance en compagnie de celui qui va devenir le meilleur ami du narrateur, Boris, m'ont exaspérée.
Et puis vient un peu de rédemption, pour le héros comme pour nous, enfin pour moi, avec le retour à New-York et le refuge chez un antiquaire lié de près à l'explosion dans le musée. L'amour des beaux meubles, de leur restauration, la découverte de la Beauté, ça aide à vivre...
Et il en faut, de l'aide, à ce jeune homme ! Car il est lié au tableau « le Chardonneret », lié à la vie...et à la mort. Ce ciel bleu entraperçu s'est vite voilé de nuages noirs et recommence l'enfer, si bien décrit pourtant par l'auteure : « Une fosse à goudron pour l'âme où je risquais de me laisser choir et de dépérir des années durant »...

Aventure unique, et pourtant universelle, « le Chardonneret » nous plonge malgré nous dans le bouillon immonde de ce qu'il y a de pire, et nous élève dans le même mouvement dans le pur éther de la Beauté. Désespérant et exaltant, il m'a taraudée, irritée, mais aussi transportée. Son ironie à fleur de peau, ses envolées, ses comparaisons à la pointe de la vérité m'ont ravie.

« le Chardonneret » parle différemment à chacun d'entre nous, et chacun reçoit ce qui lui convient. C'est ça, l'art, en définitive.

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TheWind
  21 août 2016
Théo...
Dieu – s'il existe – t' a donné la vie et tout le paquetage d'emmerdes qui va avec.
Un funambule. Voilà ce que tu es devenu.
La vie s'est jouée de toi, alors il ne te restait rien d'autre à faire. Jouer avec elle. Sur un fil bien tendu, bien glissant. A chaque nouveau pas, à chaque nouvelle embrouille, c'est la chute assurée. La chute vers ce vide qui t'attire. L'oubli, les paradis brumeux, l'extase, et les lendemains qui déchantent...
T'en as fait des conneries. T'aurais pu te reprendre à certains moments. Mais non, toi, ça t'amuse de repousser les limites, de toujours aller plus loin.
Dans quel but ? La vengeance contre ce destin qui t'a malmené ? Non..c'est pas ton genre ça.
Plutôt une sorte de mal être, une angoisse qui te déchire de l'intérieur, une sorte de fatalité morbide.
Et pourtant, quand t'étais sur cette corde tendue au-dessus du vide, et qu'une main tendue avançait vers toi, tu t'en saisissais...et peu importe si elle t'emmenait vers d'autres gouffres. Une main tendue, ça fait du bien. Ça tient chaud au coeur. C'est toujours bon à prendre.
Mais une fois que tu tiens cette main, qu'est ce que t'en fais après ? Avec tous tes secrets qui t'empêchent de t'abandonner, de lâcher prise...et surtout ce secret, ce tableau, le chardonneret. Précieux joyau. Tu sais quelle chance tu as d'être le gardien d'une telle merveille.
Merveille qui fera de ta vie un enfer.
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