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ISBN : 2266250760
Éditeur : Pocket (02/01/2015)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 1328 notes)
Résumé :
Qui est Theo ? Que lui est-il arrivé à New York pour qu'il soit aujourd'hui, quatorze ans plus tard, cloîtré dans une chambre d'hôtel à Amsterdam comme une bête traquée ? Qu'est devenu le jeune garçon de treize ans qui visitait des musées avec sa mère et menait une vie de collégien ordinaire ? D'où vient cette toile de maître, Le Chardonneret, qu'il transporte partout avec lui ?

À la fois roman d'initiation à la Dickens et thriller éminemmen... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (296) Voir plus Ajouter une critique
Lolokili
25 avril 2014
Accroche-toi un peu, le chardonneret, c'est quasiment huit-cent pages de petits caractères bien serrés, et pas une seule image à colorier.
Au-delà de cette affligeante considération bassement matérielle, ce drôle d'oiseau est avant tout une oeuvre littéraire somptueuse, tout récemment (et fort judicieusement) auréolée du Pulitzer millésime 2014.
Il n'y a pas grand intérêt à détailler ici les aventures du jeune Théo Decker, intimement liées au destin de cet authentique et singulier petit tableau du XVIIème siècle qui offre son titre au roman. Je recommanderais simplement de s'abandonner à cette rencontre et à la narration envoûtante de la prima Donna. Sans jamais ennuyer, celle-ci prend son temps, pose l'ambiance, installe ses personnages, exprime leurs sensations comme personne, submerge son lecteur jusqu'au parfait engloutissement.
Entre New-York, Las Vegas et Amsterdam, tourmentés, tragiques ou flamboyants, les personnages de Miss Tartt expérimentent nombre des excès de l'occident contemporain et subissent les universelles réminiscences du passé dans une troublante fusion des frontières entre le bien et le mal. Il en résulte une fiction dense et ardente, presque hors du temps, à la fois sombre et intensément lumineuse.
« Un vraiment grand tableau est assez fluide pour se frayer un chemin dans l'esprit et le coeur sous toutes sortes d'angles différents, selon des modes uniques et particuliers...» Il en va de même pour ce vraiment grand roman. Donna Tartt possède cette ensorcelante puissance d'écriture qui, tout autant que l'histoire elle-même, s'empare de l'esprit et du coeur bien au-delà de la dernière page.
J'ai laissé la magie opérer... et j'ai profondément adoré.

Lien : http://minimalyks.tumblr.com/
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Sando
03 mars 2014
A tout juste treize ans, le jeune Theo va se retrouver quasiment orphelin… Son père les a abandonnés, lui et sa mère, depuis presque un an, disparaissant de leur vie sans un mot et sans laisser d'adresse. Une absence tout à fait supportable, voire désirée, jusqu'au jour où, présents au mauvais endroit, au mauvais moment, le jeune garçon et sa mère sont victimes d'un terrible attentat alors qu'ils passent le temps dans un musée New-Yorkais… Cette dernière meurt dans l'explosion, tandis que Theo fait partie des rares survivants du drame. Complètement assommé, déboussolé par la confusion générale, il s'empare, à la demande d'un vieil homme agonisant, d'un petit tableau enfoui sous les décombres…

A-t-il conscience de ce qu'il est en train de faire au moment où il cache « le Chardonneret » dans son sac ? Connaît-il la valeur immense de ce tableau, l'un des rares témoignages encore existant du talent de Carel Fabritius, un peintre flamand au destin tragique ? Non bien sûr, mais comment expliquer son geste aux autorités ? Et puis, le décès de sa mère représente suffisamment de bouleversements dans sa vie pour occulter partiellement la présence du tableau… C'est ainsi que la vie de Theo va se retrouver étroitement liée à la destinée du « Chardonneret », développant chez lui une véritable fascination pour le tableau, qui se transformera peu à peu en obsession…

Dans ce roman aux multiples facettes, Donna Tartt prend le temps de creuser ses personnages, de développer leur personnalité et de tisser avec une incroyable minutie les liens qui les unissent… Difficile alors de ne pas s'attacher à eux ou de les tenir à l'écart… le jeune Theo, avec ses angoisses, son innocence et ses pulsions autodestructrices est un personnage que l'on voit grandir tout du long, que l'on a envie de protéger lorsqu'il emprunte de mauvais chemins et qui nous hante longtemps après avoir refermé le livre... Ses mésaventures ne sont pas sans rappeler celles d'un « Oliver Twist » plus contemporain, qui carburerait à l'alcool et aux amphétamines, un moyen dangereux, quoiqu'efficace, d'atténuer la douleur de la perte et de décrocher de la réalité…

Theo, accompagné de son ami Boris, nous entraîne avec lui dans une descente aux Enfers complètement hallucinée, sans possibilité d'un retour en arrière. Difficile de rester insensible face à la violence et à l'injustice du destin qui ne cesse de le frapper ! Donna Tartt ne lui épargne rien et malgré cela, elle parvient à préserver des moments d'une grande tendresse, pleins d'émotions, où l'amour et l'amitié sont bouleversants de sincérité et donnent à chacun un nouveau souffle empli d'espoir et d'optimisme, ce qui est loin d'être superflu étant donnée la tension qui se dégage du texte !
Un roman dense, prenant, lent sans être pesant et qui s'accélère à la fin pour nous entraîner avec lui dans une succession de rebondissements à couper le souffle, resserrant l'étau autour des protagonistes mais aussi du lecteur ! Un texte mené d'une main de maître, porté par le talent de Donna Tartt et dont l'enjeu principal est un tableau volé, mais qui explore également les failles et les faiblesses de l'homme ainsi que certains des travers des Etats-Unis. Une lecture passionnante, qui m'a laissé une forte impression et me donne envie de découvrir au plus vite « le maitre des illusions » !

Un grand merci à Babelio et aux éditions Plon pour ce partenariat et cette superbe découverte !
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Kittiwake
25 janvier 2014
Je suis très reconnaissante envers François Busnel pour la découverte de Donna Tartt lors de son passage à la Grande Librairie. Certes il aurait été difficile de passer à côté dans les semaines suivantes, car elle trône sur tous les étals de libraire, mais sa prestation a été suffisamment convaincante pour me convaincre de réparer mon ignorance, n'ayant jamais entendu parler du Maître des illusions (un séjour sur une autre planète il y a 10 ans?)
Lire le Chardonneret est un morceau de bravoure (même si c'est une très belle expérience : c'est un gros pavé, à l'écriture dense, plus far breton que barbe-à-papa comme nourriture spirituelle). le critiquer est une autre paire de manche. le livre clos, on reste un peu abasourdi, et le silence après Donna Tartt est encore du Donna Tartt, un délai est nécessaire avant de se plonger dans un autre univers romanesque.
Theo Decker le narrateur, a treize ans lorsque débutent ses confidences. Il vit seul avec sa mère, depuis que le père les a laissés tomber. Pas très bien intégré au collège, de nature inquiète, cette période est pourtant celle de sa vie qu'il idéalisera comme un âge d'or, après qu'une explosion tue sa mère dans le musée qu'il visitait avec elle. C'est le big bang de cette histoire : le deuil irréparable s'associe à une rencontre , celle d'un vieil homme en train de mourir, qui lui remet une bague en lui donnant une adresse. Et, point d'ancrage fort, tant pour le lecteur que pour le jeune garçon, Theo sort du musé, sain et sauf, dans une ambiance de fin du monde, avec un tableau d'une valeur inestimable sous le bras : le chardonneret de Fabritius.
C'est le début d'un road movie, fait d'errance et de choix hasardeux, en compagnie de Boris, un autre paumé de la vie. le refuge dans des paradis artificiels délétères est inéluctable, avec suffisamment de maitrise pour donner le change socialement, tout en créant une dépendance irréversible.
Les thèmes abordés sont multiples, stress post-traumatique, amitié, amour, deuil, dépendance,, impermanence, qui constituent autant de jalons sur ce parcours initiatique. La construction du jeune homme est chaotique, la chute est imminente tout au long de ce chemin sur les berges d'un précipice, mais le chemin se fait.
L'ensemble se déroule dans un ambiance artistique, (outre le Chardonneret et son histoire propre, beaucoup de références à la peinture, mais aussi à la poésie). La restauration des meubles anciens, très bien documentée (l'auteur a t-elle fait un stage intensif?) est très intéressante.
C'est un roman fort, dense, inoubliable, pas loin de mériter une place dans la valise pour l'île déserte; le maître des Illusions, lui, est dans la pile.
Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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tynn
14 août 2014
Les mille et une galères de la vie de Théo, orphelin, alcoolique, drogué, voleur, fugueur, faussaire...
Dit ainsi, c'est une simple ligne.
Donna Tartt en fait 800 pages!
Il a bien sur des excuses, ce piaf de Théo!
Son coeur a implosé quand une bombe a explosé au MET de New York, envoyant dans les limbes sa mère tant chérie. Quant à imaginer que ce traumatisme vécu en direct et les conséquences pour une vie désorganisée d'adolescent lui aient profondément perturbé le jugement, ça semble une évidence.
Entre New York, Las Vegas et Amsterdam, les errances de Théo nous entrainent d'années en années dans ses "non choix" improbables, croisant des personnages tous aussi originaux et/ou fêlés, dans le diaporama d'une société américaine analysée de l'intérieur: services sociaux, psychologues, enseignement, justice, pouvoir de l'argent, extorsions, manipulations. C'est aussi une solide histoire d'amour et d'amitié.
Je suis entrée à reculons dans ce pavé, néanmoins le charme a opéré en douceur. Il faut accepter cet engourdissement, cette noyade dans l'histoire et l'écriture. Ce ne fut pas toujours une lecture plaisir. Je la qualifierai plutôt de lecture marathonienne et j'ai souvent du me forcer à la reprendre, regardant avec inquiétude les pages lentes à défiler. (J'ai même du m'accrocher ferme pour ne pas lâcher le manège à Las Vegas.)
En conclusion, je refais surface, partagée entre légère suffocation (car j'ai approché le "burn out"de lectrice), et la respectueuse fascination pour cette capacité d'écriture incroyable.
Car, avec un imaginaire littéraire intense, la force de Donna Tartt est cette faculté de raconter par le menu les faits, les sentiments, le travelling des petites choses qui entrent dans le décor, où tout est à sa place, où tout semble avoir de l'importance dans la narration.
Sens précis du détail pour raconter un évènement, oeil photographique pour fixer des lieux et des personnes, acuité et doigté d'orfèvre dans les descriptions précises, méticuleuses et pour autant jamais fastidieuses, décorticage des sentiments et connaissance approfondie dans des domaines variés. Quelle maitrise!
Ce fut donc à petites doses que je suis venue à bout de l'étude picturale de ce petit oiseau, réputé pour la beauté de son plumage et de ses chants.
Mais quatre étoiles... Quand même!
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bilodoh
24 juillet 2014
Comment peut-on continuer à vivre après un attentat ?

Le talent exceptionnel de Donna Tartt nous fait voir cette expérience de l'intérieur et comprendre comment un ado peut subir un choc post-traumatique, perdre sa mère, être ballotté d'un endroit à l'autre et trouver refuge dans la drogue, mais aussi dans l'art et la beauté.

Une grosse brique, pleine de réflexions : sur la peinture, son effet sur l'être humain et son rôle dans la société, sur la beauté du geste, sur les meubles et le travail du bois, sur l'histoire et sur l'attachement aux objets et la raison pour laquelle on conserve ces vieilleries.

On y voit aussi comment les médications pour atténuer la douleur et permettre le sommeil créent une dépendance propice à la surconsommation de drogues et d'alcool (passages que j'ai personnellement trouvés un peu longs).

L'amour, l'amitié, la famille, le sens de la vie et de la mort, mais tout ça à travers une intrigue et les décors de New York, Las Vegas et Amsterdam.

Un pavé ? Un bon livre, de belles heures de lectures en perspective…
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Les critiques presse (8)
Culturebox05 mars 2014
Donna Tartt a écrit trois romans en 20 ans. "Le Chardonneret", le dernier, publié aux éditions Plon, raconte la vie mouvementée de Théo, brutalement bouleversée par une gigantesque explosion dans un musée de New York, qui tue sa mère.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LesEchos05 février 2014
Donna Tartt multiplie les rebondissements, jusqu'au final, au faux air de polar nordique, à Amsterdam. Saturant sa narration d'effets visuels, de couleurs, de dérives hallucinées, l'écrivain mène son récit d'une main de maître, tout en semant de petits cailloux philosophiques.
Lire la critique sur le site : LesEchos
LeFigaro16 janvier 2014
Roman de la solitude et de l'amitié, des métamorphoses et des faux-semblants, hommage au roman d'apprentissage à la Dickens mais aussi à la noirceur dostoïevskienne, Le Chardonneret est une histoire qui envoûte et s'empare du lecteur avec une force irrésistible.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LeDevoir13 janvier 2014
Mesmérisés par l’écriture exceptionnelle de Donna Tartt — magnifiquement rendue ici par la traduction d’Édith Soonckindt —, Théo comme le lecteur se verront lancés à la poursuite de l’illusion et de l’essentiel. Préparez-vous à plonger…
Lire la critique sur le site : LeDevoir
LaPresse13 janvier 2014
Roman-fleuve, à la fois initiatique et thriller, méticuleux de détails, mais nerveux en rythme, riche en personnages que l'on aime aimer ou détester [...]
Lire la critique sur le site : LaPresse
Telerama08 janvier 2014
Comment survivre à ceux qu'on aime ? Donna Tartt effectue un retour magistral avec cet ample roman, où s'entrechoquent le bien et le mal.
Lire la critique sur le site : Telerama
LeJournaldeQuebec07 janvier 2014
Oiseau rare et adulé de la littérature américaine, Donna Tartt signe son grand retour avec Le Chardonneret, roman initiatique à la Dickens, méditation sur l'art, thriller haletant et radiographie des caprices du destin, des obsessions et vices de l'Amérique.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Chatelaine31 décembre 2013
L’intrigue est superbe et le personnage principal est si brillamment décrit qu’il est difficile de le quitter…
Lire la critique sur le site : Chatelaine
Citations & extraits (196) Voir plus Ajouter une citation
Malahide75Malahide7501 février 2014
Mais dépression n'était pas le mot juste. Il s'agissait d'un plongeon dans le chagrin et le dégoût, ça allait bien au-delà de la sphère personnelle, une nausée écœurante en réaction à l'humanité et à toute entreprise humaine depuis la nuit des temps, et qui me lessivait. Les convulsions répugnantes de l'ordre biologique. La vieillesse, la maladie, la mort. Pas d'échappatoire. Pour personne. Même ceux qui étaient beaux étaient comme des fruits ramollis sur le point de pourrir. Et pourtant, tant bien que mal, les gens continuaient de baiser, de se reproduire et d'affourager la tombe, produisant de plus en plus de nouveaux êtres qui souffriront comme si c'était chose rédemptrice ou bonne, ou même, en un sens, moralement admirable : entraînant d'autres créatures innocentes dans le jeu perdant-perdant. Des bébés qui se tortillent et des mères qui avancent d'un pas lourd, suffisant, shootés aux hormones. Oh, comme il est mignon ! Ooooooh. Des gamins qui crient et qui glissent sur le terrain de jeux sans la moindre idée des futurs enfers qui les attendent : boulots ennuyeux et emprunts immobiliers ruineux, mauvais mariages, calvitie, prothèses de la hanche, tasses de café solitaires dans une maison vide et poche pour colostomie à l'hôpital. La plupart des gens semblaient satisfaits du mince vernis décoratif et de l'éclairage de scène artistique qui, parfois, rendaient l'atrocité basique de la condition humaine plus mystérieuse ou moins odieuse. Les gens s'adonnaient au jeu, au golf, travaillaient, priaient, plantaient des jardins, vendaient des actions, copulaient, achetaient de nouvelles voitures, pratiquaient le yoga, redécoraient leurs maisons, s'énervaient devant les infos, s'inquiétaient pour leurs enfants, cancanaient sur leurs voisins, dévoraient les critiques de restaurants, fondaient des organisations caritatives, soutenaient des candidats politiques, assistaient aux matches de tennis de l'US Open, dînaient, voyageaient et se distrayaient avec touts sortes de gadgets et de trucs, se noyant sans cesse dans l'information, les textos, la communication et la distraction tous azimuts pour tenter d'oublier : où nous étions et ce que nous étions. Mais sous une forte lumière il n'y avait rien de positif à voir. C'était pourri de A jusqu'à Z. Faire vos heures au bureau ; pondre consciencieusement vos 2,5 enfants ; sourire poliment au moment de votre départ à la retraite ; puis mâchouiller votre drap et vous étouffer sur vos pêches au sirop en maison du même nom. Mieux valait ne jamais être né – ne jamais avoir désiré quoi que ce soit, ne jamais avoir rien espéré.
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abitbol84abitbol8413 avril 2015
C'était sans espoir. Il n'était tout bonnement pas possible qu'elle puisse être moitié aussi importante aux yeux de M. Médiathécaire qu'aux miens. On était faits l'un pour l'autre; entre nous il y avait une justesse onirique et de la magie, c'était indiscutable; sa seule pensée inondait de lumière le moindre recoin de mon esprit et en déversait dans des greniers miraculeux dont j'ignorais l'existence, des images qui semblaient ne pas exister du tout si ce n'est en rapport avec elle. Je n'arrêtais pas d'écouter son Arvo Pärt préféré, une façon d'être avec elle; et il lui suffisait de mentionner un roman lu récemment pour que je m'en empare, affamé, afin de pénétrer dans ses pensées, une sorte de télépathie. Certains objets qui passaient par la boutique - un piano Pleyel; un drôle de de petit camée russe déniché - semblaient être des artefacts tangibles de la vie qu'elle et moi aurions dû vivre ensemble, c'était légitime. Je lui avais écrit des emails de trente pages que j'avais effacés sans les lui envoyer, optant à la place pour la formule mathématique que j'avais mise au point afin de ne pas trop me ridiculiser: toujours trois lignes de moins que l'email qu'elle m'avait envoyé, toujours un jour de plus que le temps qu'il m'avait fallu, moi, pour recevoir sa réponse. Parfois, dans mon lit, perdu dans mes rêveries opiacées érotiques emplies de soupirs, je menais avec elle de longues conversations à coeur ouvert: Nous sommes inséparables, nous imaginais-je déclamer à l'autre (c'est éculé), chacun avec une main sur la joue de l'autre, nous ne pourrons jamais être séparés. Tel un désaxé, j'amassais des bouts de cheveux couleur feuilles d'automne récupérés dans la poubelle après qu'elle se fut coupé la frange dans la salle de bain - et, même plus effrayant, un chemisier sale, enivrant parce que portant encore la trace de sa sueur végétarienne qui sentait le foin.
C'était sans espoir. Plus que sans espoir: humiliant.
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LolokiliLolokili24 avril 2014
– Et tu l’aimes, oui. Mais pas trop.
– Pourquoi tu dis ça ?
– Parce que tu n’es pas en colère, dans tous tes états ou en train de pleurer ! Tu ne hurles pas que tu vas l’étrangler de tes propres mains ! Ce qui veut dire que ton âme n’est pas trop liée à la sienne. Et c’est bien. Tu veux mon expérience ? Tiens-toi à l’écart de celles que tu aimes trop. Ce sont celles-là qui te tueront. Ce qu’il faut pour vivre heureux dans le monde, c’est une femme qui a sa propre vie et te laisse vivre la tienne.

Il m’a tapé deux fois sur l’épaule puis il est parti, me laissant les yeux perdus sur le présentoir de l’argenterie avec un sentiment de désespoir renouvelé face au merdier de mon existence.
+ Lire la suite
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KittiwakeKittiwake26 janvier 2014

Si un tableau se fraie vraiment un chemin jusqu'à ton cœur et change ta façon de voir, de penser et de ressentir, tu ne te dis pas « oh, j'adore cette œuvre parce qu'elle est universelle », « J'adore cette œuvre parce qu'elle parle à toute l'humanité ». Ce n'est pas la raison qui fait aimer une œuvre d'art. C'est plutôt un chuchotement secret provenant des ruelles. Psst, toi, hé gamin, oui, toi. Un bout de doigt qui glisse sur la photo fanée.
+ Lire la suite
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LolokiliLolokili26 avril 2014
– Bon... je dois dire personnellement que je n’ai jamais tracé une ligne aussi nette entre «bon» et «mauvais» que toi. Pour moi, cette ligne est souvent trompeuse. Les deux ne sont jamais déconnectés. L’un ne peut pas exister sans l’autre. Tant que j’agis avec cœur, je sens que je fais mon possible [...] Et si toutes tes actions et tes choix, bons ou mauvais, ne faisaient aucune différence pour Dieu ? Et si le plan était prédéterminé ? Non non, attends... c’est une question qui vaut la peine d’être débattue. Et si notre méchanceté et nos erreurs étaient la matière même qui détermine notre destinée et nous amènent vers le bien ? Et si, pour certains d’entre nous, on ne pouvait y arriver d’aucune autre manière ?
– Arriver où ?
– Comprends bien qu’en disant «Dieu» je me contente de l’utiliser comme référence au schéma à long terme que nous ne pouvons pas déchiffrer. Enorme système atmosphérique au lent déroulement, venu de loin nous laminer, nous balayer au hasard comme... Mais peut-être pas aussi hasardeux et impersonnel que ça, si tu me suis.
+ Lire la suite
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le Chardonneret

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