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ISBN : 2070448762
Éditeur : Gallimard (27/05/2014)

Note moyenne : 4.16/5 (sur 77 notes)
Résumé :
Une petite fille séquestrée par un pervers parvient à lui échapper, mais personne ne la croit. Pour enfin parvenir à écrire, une femme s'aménage un bureau dans une pièce qui n'existe pas. Une génération entière d'enfants est dans l'incapacité d'apprendre à parler. Un homme féru d'alchimie fait un bébé d'un genre particulier à sa maîtresse. Une gravure mystérieuse semble surgie de nulle part. Sans trop savoir pourquoi, une étrange jeune femme, obnubilée par les drago... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (33) Voir plus Ajouter une critique
boudicca
  29 février 2016
S'il y a bien une auteur française qui s'est imposée ces dernières années dans le domaine du fantastique, c'est bien Mélanie Fazi. Alors quand celle-ci accepte de se charger de l'élaboration d'un recueil regroupant les meilleurs textes de celle qu'elle considère comme son inspiratrice, difficile de résister à la tentation. Et on comprend en effet très vite l'influence qu'a pu avoir Lisa Tuttle sur le genre en général et sur cet auteur en particulier. Toutefois, si chez Mélanie Fazi le fantastique peut à certaines occasions se révéler plus réconfortant qu'effrayant (voire l'excellente nouvelle « Trois renards »), on bascule presque systématiquement dans l'horreur dans le cas de Lisa Tuttle. Les sept nouvelles au sommaire de ce recueil sont donc pour la plupart très anxiogènes mais d'une qualité littéraire indéniable. L'auteur met essentiellement en scène des personnages féminins qui, par amour, par devoir, par curiosité ou tout simplement par hasard vont se retrouver confrontées à des événements surnaturels qui vont évidemment complètement chambouler leur quotidien et leur comportement « Rien n'est ici plus dangereux qu'une femme amoureuse ou une victime devenue bourreau », nous prévient Mélanie Fazi dans sa préface. L'auteur accorde un soin tout particulier aux émotions de ses personnages mais le décor revêt lui aussi une grande importance, qu'il s'agisse d'une nature sauvage comme celle de la campagne anglaise ou du bayou américain, ou tout simplement d'une maison reflétant la personnalité (ou du moins l'étrangeté) de ses occupants.
Attardons nous à présent sur chacune de ces sept nouvelles. La première chargée d'ouvrir le recueil, « Rêves captifs », nous décrit le clavaire d'une petite fille peinant à faire croire aux circonstances de son évasion de la maison dans laquelle un pervers l'avait séquestré. Un texte très oppressant car très immersif et doté d'une chute tout bonnement glaçante. La nouvelle suivante, « L'heure en plus », est sans doute la nouvelle la moins anxiogène du recueil et aussi celle qui m'a le plus touchée. Elle met en scène une mère de famille se désolant de ne pas avoir assez d'heures dans une journée pour concilier sa vie de famille et son désir d'écrire et qui se voit offrir l'accès à une pièce coupée du monde et du temps dans laquelle elle peut laisser libre court à sa créativité. le texte prend la forme du journal intime de cette écrivaine en herbe à laquelle on s'identifie sans mal tant ses préoccupations parleront à n'importe quel lecteur : qui n'a jamais rêvé de n'avoir ne serait-ce qu'une petite heure de plus dans la journée ? Difficile également de ne pas s'identifier aux deux jeunes femmes de la nouvelle « Le remède » basée sur une idée géniale mais terrifiante : et si le langage était un virus que notre système pourrait un jour décider d'éliminer ? Avec « Ma pathologie » Lisa Tuttle s'attaque ensuite à un thème récurrent dans ses écrits : la grossesse. le texte met en scène une jeune femme s'éprenant d'un certain Daniel, un féru d'alchimiste, avec qui elle entame une relation passionnée qui ne va toutefois pas tarder à tourner au drame.
Les trois dernières nouvelles sont sans doute celles qui m'ont le moins marqué, bien que j'ai également pris beaucoup de plaisir à les découvrir. Dans « Mezzo-tinto » une jeune femme venue s'installer dans la maison d'enfance de son amant y découvre un jour l'existence d'une étrange gravure qu'elle n'avait jamais remarqué. Un bel hommage à l'auteur M. R. James et une angoisse qui ne fait que monter au fil des pages tant on sent bien que quelque chose cloche avec cette maison, et ce malgré l'aspect à priori tout à fait banal du couple. On retrouve cette même tension et ce même sentiment d'oppression dans « La fiancée du dragon ». La nouvelle met en scène une jeune femme qui, après un voyage en Angleterre datant de son enfance mais dont elle ne se rappelle pas, refuse de remettre les pieds en Albion. Sa rencontre avec un jeune homme et la mort de l'un de ses proches vont toutefois la forcer à revoir ses positions. Un texte plus long que les autres et qui n'est pas sans quelques défauts mais que j'ai personnellement trouvé intéressant et qui laisse cette fois la parole à un personnage masculin. le recueil se clôt avec une nouvelle un peu plus douce, « Le vieux Monsieur Boudreaux », dans laquelle une femme se rend au chevet de sa mère mourante qui lui fait promettre de veiller sur le compagnon de sa grand-mère censé être mort il y a des décennies. Un beau texte, plein de mélancolie mais dont la fin est peut-être un peu trop abrupte. L'ouvrage comprend également en bonus un entretien entre Mélanie Fazi et Lisa Tuttle qui nous en apprend un peu plus sur son travail d'écriture.
« Ainsi naissent les fantômes » est donc un excellent recueil qui ne manquera pas de ravir les amateurs de fantastique qui apprécieront certainement le délicieux frisson d'angoisse que leur procureront ces sept histoires horrifiques signées par l'une des auteurs les plus marquantes du genre. A découvrir !
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greg320i
  07 octobre 2015
Ainsi naissent les fantômes féminins ...
Lisa Tuttle , partie intégrante de cette génération de peuple diaphane disparu, invisible et trop peu connu de cette terrible vague tapie dans l'ombre et le creux inquiétant des romans d'angoisse .
Ces plumes cachées dans le giron de l'horreur du passé portent et emportent avec eux tellement de secret..
Dans cette pile sombre et méconnue d'écrivain au pouvoirs sacrés, opèrent en effet des ninjas du mal qui n'ont qu'un seul objectif : vous foutre la froisse .
Lieu du sacrifice : le secteur des années 80 , l'endroit idyllique et maléfique où fleurissent ces terribles pépites dit "Epouvante" chez J'ai Lu.
Bref la ruée vers l'or à encore de belles légende derrière elle ...
Pionnier et un peu par hasard, mon histoire bizarre avec Lisa Tuttle s'est faite avec " le couteau sacrificiel " , roman terreur dont la couverture n'en est que plus accrocheuse au vue du squelette tenant au creux de sa main sa dague, cacher derrière une porte ,peut-être celle de votre chambre, prêt à vous sauter dessus la nuit lorsque vous ne vous y attendez guère ..
Ah , toutes ces perles de première de couverture de cette période,
l'éclat d'iode halogène qui vous perce et vous gerce aussitôt d'effroi hallucinogène .
Enfer et Paradis dans un même endroit, j'aime !

Ainsi naissent les légendes fantômes ..
Vous voilà donc désormais mis au courant , ce bastion de vaisseaux fantômes traine peut-être prêt de vous dans le royaume de votre bibliothèque, plus prêt que vous ne le croyez ; ne cherchant qu' à vous alpaguer et vous tirer de votre torpeur à l'aide de leurs vassaux du mal.
Alors, scrutez, ouvrez l'oeil ,et le bon ! le mal est d'autant plus inquiétant lorsqu'il reste dans le vent ..

Ainsi naissent les fantômes ..
Enfin ! Un mot sur ce recueil dont je n'ose vous dévoiler le rideau, mettant d'autant plus de suspense sur le superbe tableau de ce qui vous attend là dedans .
Sachez toutefois que ces sept textes ont reçu le grand prix de l'imaginaire 2012, un grand prix synonyme de départ sur une route couronné de succès, jalonné d'ambiance diverses, de celles qui font qu'une fois lu , le souvenir de ces fantômes disparus vous porterons encore et toujours le nom de l'auteur à la bouche .

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Latulu
  17 septembre 2014
L'une de mes plus belles lectures de 2014…
Lisa Tuttle nous conte six merveilleuses histoires de femmes, intimes, violentes, furieuses, ou encore empreintes de folie. 6 histoires avec comme thème central le corps et l'esprit féminin.
Le recueil est bien construit, l'ordre des nouvelles est bien organisé la suivante ayant au moins un thème en commun avec la précédente, de sorte que chacune des nouvelles appelle à la lecture de la suivante. Un beau travail de Mélanie Fazi, traductrice et présentatrice de ce recueil. Sans conteste un bel hommage du vivant de l'auteur.
1. Rêves captifs : l'histoire d'une jeune fille captive, en proie à un monstrueux cauchemar, dans lequel le temps et l'espace joue un place prépondérante
2. L'heure en plus : Une écrivaine, jeune maman à l'emploi du temps bien rempli, découvre, dans sa maison, au détour d'un escalier, une porte dérobée qui va lui permettre d'obtenir du temps en plus pour des projets plus personnels.
3. le Remède : dans une société futuriste, le Remède a été trouvé pour soigner toutes les pathologies. Toutes et même plus…
4. Ma pathologie : l'auteur nous conte une histoire d'amour empreinte d'alchimie, du rapport amoureux et de la relation de la femme avec son corps et la grossesse
5. Mezzo-tinto : quoi de plus réconfortant que le foyer familial, lieu aménagé et pensé pour soi, refuge aux turpitudes de l'extérieur ? Mais si ce sweet home devenait soudain étrange, vecteur d'une peur diffuse et inexplicable.
6. La fiancée du dragon : seul récit porté par une voix d'homme, une étrange histoire de transformation.
Le style est très lyrique. L'écriture de Lisa Tuttle est une mélodie, une symphonie de mots qui nomment le malaise et la folie. Dans ce recueil, le fantastique se veut discret. A l'exception de la dernière histoire, ce recueil ouvre une fenêtre sur la confusion mentale (celle des autres mais aussi la nôtre). Une phrase à elle seule résumerait bien ce recueil ; Ainsi naissent les fantômes : du malaise engendré par la crainte soudaine des choses ordinaires.
L'auteur avoue elle-même : « Ca m'intéresse moins d'écrire sur des monstres « venus d'ailleurs » que sur les fantômes et les monstres intérieurs. » « L'une des choses les plus effrayantes à mes yeux, dans la réalité, c'est le « bon père de famille » qui rentre chez lui et tue sa femme et ses enfants avant de se suicider. […] Est-ce que cette folie et ces tendances violentes ont toujours été présentes chez lui, ou est-ce qu'il a subi un changement de personnalité total pour des raisons inconnues ? »
Les premières phrases de chacune des nouvelles sont des accroches qui traduisent ce malaise et tiennent le lecteur en haleine. La narration nous plonge dans la confusion propre au mélange du réel et de la fiction.
1. Rêves captifs : Il m'est arrivé quelque chose d'affreux quand j'étais petite.
2. L'heure en plus : une heure, c'est tout ce que je demande.
3. le remède : C'est dans cette pièce, jour après jour, que je transforme ma vie en langage.
4. Ma pathologie : ce n'est peut-être pas une vérité universelle, mais ce qu'on n'obtient pas facilement a bien plus de valeur à nos yeux.
5. "Mezzo-tinto" La façade du pavillon évoquait un visage grossièrement dessiné.
6. La fiancée du Dragon : Il y a deux mois de mon enfance dont j'ai tout oublié ; les deux mois les plus importants de ma vie.
Le quotidien familier, censé réconforter et apaiser se transforme en danger. Il devient la cause de la peur. Cette impression est bien traduite dans [Mezzo-tinto], nouvelle hommage à M. R. James. La maison connue, foyer du couple, source de réconfort devient soudain un lieu angoissant dans lequel l'héroïne se sent mal à l'aise, sans comprendre pourquoi.
Lisa Tuttle nous parle de la femme. de ses doutes mais aussi de ses peurs réels, parfois exagérés lorsque les moments heureux deviennent le lit de la terreur. La nouvelle [ma pathologie] est un bon exemple de ce sentiment qui m'a tenu tout le long de ma lecture. Dans cette histoire, la grossesse, source de questionnement et de crainte pour de nombreuses femmes, est évoquée comme une monstruosité :
Quelque chose de vivant grandit en vous !
Qui fait partie de vous sans faire partie de vous... et qui peut vous tuer.
Le livre en lui-même est un bel objet, merci Dystopia. L'illustration de couverture est bien vue et renvoie à la thématique générale du recueil : le corps et l'esprit féminin.
Enfin, un entretien entre Mélanie Fazi et Lisa Tuttle vient clore l'ouvrage et nous éclaire davantage sur la vision de l'auteur par rapport à ses écrits et à l'écriture en générale.
Une phrase en particulier, a retenu mon attention car elle traduit parfaitement le sentiment de l'amatrice de fantastique que je suis et contribue à désinhiber le genre :
Lisa Tuttle : « Lorsqu'ils sont bien écrits, je trouve en règle générale qu'un bon roman de science-fiction, de fantasy, de fantastique ou un bon roman policier sont bien plus agréables à lire que la plupart des romans de littérature blanche qui visent la respectabilité littéraire. »
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Arakasi
  05 août 2014
Ainsi naissent les fantômes, des fantasmes angoissés d'une fillette enfermée dans un placard par son ravisseur, des rêveries d'une romancière à la recherche de « l'heure en plus » qui lui permettra d'écrire le chef-d'oeuvre de sa carrière, des terreurs paranoïaques d'une femme enceinte, des recoins les plus secrets et les plus angoissés de l'âme humaine… Ainsi naissent les fantômes, de la plume tourmentée, poétique et sinueuse de Lisa Tuttle, grande dame de la littérature fantastique américaine mais si tragiquement méconnue en France que seuls deux ou trois de ces recueils sont parvenus jusqu'à nous. C'est donc tout à l'honneur de Mélanie Fazi, grande admiratrice de la dame en question, d'avoir voulu lui rendre hommage en traduisant sept de ses plus remarquables nouvelles et en les partageant avec nous, frustrés lecteurs francophones que nous sommes.
Comme c'est le cas pour la majorité des recueils, certaines nouvelles sont un peu moins marquantes que les autres (je pense notamment à « La fiancée du dragon » que j'ai trouvé un peu longuette, malgré une chute réussie, ou à « Mezzo Tinto », prenante mais assez prévisible), mais le niveau d'ensemble reste remarquable ! Certains récits sont même de vrais petits chefs d'oeuvre, comme le terrifiant « Rêves captifs » qui ouvre le recueil de façon particulièrement traumatisante et m'a hérissé les poils de bras de bout en bout. Une ambiance vénéneuse, malsaine et cauchemardesque baigne tout l'ouvrage et parvient à insuffler un sentiment de malaise profond mêlé d'excitation chez le lecteur, sentiment qui persiste après la fin de la lecture, ce qui est la marque de toutes les bonnes histoires angoissantes. L'ombre de la démence plane également sur la plupart des récits, accentuant encore davantage ce sentiment d'oppression et jouant à merveille sur l'ambiguïté entre le surnaturel et la folie, un trait de narration qui me séduit toujours.
Recueil de grande qualité, donc, que je conseille chaudement ! (A noter que la version Folio du recueil contient une nouvelle de plus que celle de Dystopia, « le vieux M. Boudreaux » qui, si elle ne fait pas partie des meilleures de l'ouvrage, vaut tout de même le détour.)
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Charybde2
  19 mars 2013
Un fantastique subtil et inquiétant, magnifiquement mis en valeur ici...
Seconde réalisation des jeunes éditions Dystopia après le déjà mythique « Bara Yogoï » (Léo Henry & Jacques Mucchielli), ce recueil de nouvelles de Lisa Tuttle, choisies, traduites et présentées par Mélanie Fazi, est tout à l'honneur de ces passionné(e)s de l'écrit de talent. Lisa Tuttle est sans aucun doute l'une des plus attachantes auteurs d'un trop rare fantastique, subtil et inquiétant, dont l'art est magnifiquement décrit par Mélanie Fazi dans sa préface : « J'aime particulièrement cette façon qu'à Lisa de semer l'étrangeté par petites touches, d'insuffler un malaise diffus à travers les détails du quotidien, mais aussi de rendre simple et belle une idée de départ insolite (...) ».
Ces six nouvelles, publiées à l'origine entre 1984 et 2007, parcourent avec goût l'oeuvre composite de l'écrivain américano-britannique.
« le remède » (1984) est un exercice brillant de traitement fantastique et intimiste d'une spéculation sur la nature du langage, que ne renieraient ni le Samuel Delany de « Babel 17 » ni le Ian Watson de « L'enchâssement ».
« La Fiancée du Dragon » (1986) est depuis « toujours » l'une de mes nouvelles préférées de l'auteur, dans laquelle la faille transatlantique agit comme l'indice permanent d'une faille plus radicale, dans laquelle s'engouffrent, insidieusement, le mythe et l'archaïque. « Fitz gémit intérieurement. Les dragons, licornes et chevaliers en armure – il détestait ces histoires pleines de clichés. Cela dit, elle cherchait dans « le Rameau d'or », pas au rayon science-fiction ».
« L'heure en plus » (1997), comme le précise l'excellent entretien entre l'auteur et l'anthologiste proposé en postface, nous place habilement au coeur du conflit entre création et vie quotidienne, d'une manière subtile, sans doute féminine mais pas uniquement. « Une heure, c'est tout ce que je demande. Une heure de plus à consacrer à l'écriture dans chaque journée. Alors je pourrais finir mon livre, et ensuite... Eh bien ce serait un début ».
« Ma pathologie » (1998) est l'une des plus authentiquement bizarres nouvelles fantastiques que je connaisse. Mêlant avec audace une quête alchimique peut-être insensée et les angoisses naturelles face à la maternité, son décor de banlieue britannique ordinaire en fait un concentré d'effroi et d'investigation psychologique à la fois. « Ce n'est peut-être pas une vérité universelle, mais ce qu'on n'obtient pas facilement a bien plus de valeur à nos yeux. (...) L'amour est une besoin fondamental chez l'être humain. Est-il logique d'en parler comme d'une maladie ? ».
« Mezzo-Tinto » (2003), à nouveau toute en subtilité, est pourtant plus « classique », et renvoie explicitement à une tradition de nouvelles « gothiques » et de contes édifiants, en utilisant toutefois toutes les ressources d'un traitement tout à fait contemporain.
« Rêves captifs » (2007) enfin, qui introduit le recueil, est vertigineuse. le sentiment d'horreur qui étreint le lecteur dans les dernières lignes, sans que rien de « terrible » n'ait été écrit, représente un tour de force à lui seul. « Il m'est arrivé quelque chose d'affreux quand j'étais petite ».
Espérons que cette superbe réussite d'anthologiste et d'éditeur donnera des envies à de nombreux lecteurs, et qu'ainsi Lisa Tuttle retrouvera le chemin de l'édition française, qui ne l'avait plus traduite, de manière guère explicable, depuis une bonne dizaine d'années, alors qu'elle figure indéniablement – et ce volume en est la preuve – parmi les artistes fantastiques contemporaines les plus talentueuses.
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critiques presse (1)
LeSoir   18 juin 2011
Lisa Tuttle n'a pas son pareil pour s'emparer du quotidien, de faits banals et de les tordre pour susciter le malaise, sinon même l'angoisse.
Lire la critique sur le site : LeSoir
Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
MarianneLMarianneL   26 avril 2013
Maman tourna la tête et me vit. Sans paraitre s'étonner, elle m'ouvrit les bras.
- Viens là, ma chérie.
Nerveuse, je m'avançai vers elle tout en observant le mur. Les cauchemars se dissipaient généralement à l'arrivée des adultes, mais les ombres ne se transformèrent pas comme je l'avais espéré. Celle qui se trouvait derrière maman devint un gigantesque insecte noir d'encre en trois dimensions qui émergea du mur pâle pour se diriger vers moi. Je me tortillai en hurlant pour tenter de m'enfuir, mais ma mère me maintenait fermement, l'expression immuable, implacable. Elle m'immobilisa tandis que la longue trompe noire de la créature d'ombre jaillissait pour toucher mon ventre à travers mon pyjama. Elle traversa le tissu puis ma peau et s'enfonça profondément en moi. Jamais je n'avais connu de douleur aussi atroce. Je hurlai de douleur avant de m'évanouir. (Ma pathologie)
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meygisanmeygisan   20 septembre 2017
J'ai arpenté mon domaine. Rien ne pressait. Je pouvais rester aussi longtemps que je le voulais. Depuis que j'étais devenu mère, je n'avais plus jamais connu le luxe du temps dont je disposais à présent: du temps à gaspiller pour me préparer paresseusement à l'écriture, me mettre dans l'ambiance ou me détendre progressivement. Personne n'allait me crier de venir voir, de venir aider; il n'y avait pas de repassage à faire ici, ni de devoirs à corriger, ni de cuisine ou de lessive. J'étais fatiguée, mais l'heure de me lever pour aller travailler n'approchait pas pour autant. Je pouvais rester aussi longtemps que je le souhaitais et bénéficier malgré tout de huit heures de sommeil.
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LatuluLatulu   12 septembre 2014
Les mots sont magiques - c'est mon credo depuis toujours. Les choses prennent vie lorsqu'on les formule.

Page 62 Editions Dystopia [Le Remède]
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LatuluLatulu   12 septembre 2014
Quand j'étais beaucoup plus jeune, j'avais fait cette découverte sans doute commune à la plupart des enfants : lorsqu'on parvient à hurler assez fort à l'intérieur d'un rêve - surtout quand on vient de s'apercevoir qu'il n'est pas autre chose - on se réveille.
Editions Dystopia Page 15 [Rêves Captifs]
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TwiTwiTwiTwi   25 février 2012
Lors de toutes ces heures de la journée où j'étais enfermée dans le placard, je me trouvais donc dans le noir à l'exception de la la lumière qui s'infiltrait par les contours de la porte ; essentiellement par les deux centimètres qui séparaient le sol du bas de la porte. C'était ma fenêtre sur le monde.
[Rêves captifs]
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