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Martine Leroy-Battistelli (Traducteur)
EAN : 9782290008720
378 pages
Éditeur : J'ai Lu (14/05/2008)

Note moyenne : 3.65/5 (sur 30 notes)
Résumé :
A Bombay, chaque matin depuis vingt ans, Bhima, une femme endurcie par une vie difficile, quitte son bidonville pour rejoindre la demeure de Sera Dubash, une femme au foyer de la haute bourgeoisie qui l'emploie comme domestique. Malgré leurs différences de castes, elles sont liées par leur condition féminine et par leurs expériences de vie communes.


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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
Marmara
  15 juillet 2020
Voilà un bien joli roman que je n'aurais pourtant sans doute pas lu, s'il ne s'était, d'une certaine façon, imposé à moi. , D'une plume fluide et fort agréable à lire, l'auteure, Thrity Umrigar, dresse à travers l'histoire de deux femmes de sphères sociales radicalement opposées, (puisque l'une est au service de l'autre), un véritable réquisitoire contre le système de castes qui perdure en Inde, et contre la condition féminine.
Elle évoque également les préjugés et dissensions qui règnent entre les différentes communautés qui se partagent ce pays. Chrétiens, Hindous, Musulmans et Zoroastriens qui, je cite, entretenaient des relations harmonieuses avant que les colons ne débarquent.
Les personnages de cette fiction sont pour la plupart fort attachants, mais le lecteur y découvre une large palette, car en dépit de la belle amitié qui au fil des décennies se tissera entre Bhima et Sera, cet ouvrage n'est point un ouvrage truffé de bons sentiments. Ce fut pour moi un vrai plaisir de suivre dans leur joies et leurs déboires Sera et sa servante Bhima, à son service depuis des décennies. Ce roman est l'histoire d'une amitié qui, bien qu'a priori improbable, est de ces amitiés qui s'imposent lorsqu'au fil du temps deux êtres franchissent "ensemble" les différentes étapes de la vie, et que l'un peut témoigner de chaque larme et de chaque sourire de l'autre. Une amitié certes teintée de préjugés, mais que malgré tout et paradoxalement, j'ai trouvé belle... La fin, que je ne peux dévoiler, est surprenante, elle laisse amer et amène le lecteur à se questionner sur les dégâts qu'occasionnent ces préjugés que l'on nous inculque, et qui à notre corps défendant s'ankystent et parfois nous dictent la conduite à tenir. Et l'amitié ? Est-il possible de la définir ? Que dirais-je, si on me demandait mon avis sur la question ? Tant de sentiments, tels que la compassion, la pitié, et autres paramètres tels que l'habitude peuvent se télescoper et nous induire en erreur ... Un bien joli roman qui m'a donné matière à réfléchir quant à la définition de ce si beau et tellement noble sentiment que nous, les humains,
appelons "Amitié".
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Malaura
  26 juin 2011
Bombay, de nos jours.
Depuis plus de 20 ans, Bhima travaille comme domestique chez Sera Dubash puis regagne le soir venu, sa baraque au sein du bidonville.
Malgré leur différence de caste, Sera et Bhima sont liées par leur condition de femmes et Sera n'hésite pas à payer les études de Maya, la petite-fille de Bhima, afin que toutes deux puissent enfin quitter leur bidonville.
Mais quand Maya tombe enceinte, Bhima voit ses rêves d'une vie meilleure réduits à néant.
Il y a, dans ce beau portrait de femme, un côté universel, dans ce qui constitue la condition de toute femme mais également un côté spécifique dans ce qui caractérise l'Inde d'aujourd'hui et son effroyable système de castes.
Ainsi, malgré le lien qui unit les deux femmes, Bhima doit-elle s'agenouiller quand Sera est assise, ou manger dans sa propre vaisselle !
Sorte de mère-courage face à la pauvreté, l'illetrisme ou le sida , Bhima nous offre une véritable leçon de vie dans ce roman sensible au ton juste.
Commenter  J’apprécie          130
isabellelemest
  08 mars 2013
Ce roman écrit par une indo-américaine, professeur de littérature et de "creative writing", traite d'un thème particulier à la société indienne mais aussi universel : la distance entre les classes sociales, même si les bonnes qui travaillent au domicile des familles de la classe moyenne supérieure, partagent plus que le quotidien des femmes de ce milieu, leur vie intime, leurs soucis, leurs joies, leurs souffrances. Ainsi la solidarité entre ces femmes d'origines différentes crée des liens très forts entre elles, même si le fossé entre les classes demeure béant.
A Bombay, Bhima est la servante de Sera Dubash, une maîtresse de maison Parsi, d'une religion minoritaire qui ignore les castes, mais reste fidèle aux préjugés sociaux. Éduquée, bienveillante, elle considère presque Bhima et les siens comme des membres de sa famille. Mais toutes deux ont eu à souffrir de la gent masculine, car dans ce roman, les hommes sont des êtres violents qui battent leur épouse, des séropositifs qui contaminent leur femme, ils sont condamnés à l'alcoolisme par les accidents du travail, quand ils ne violent pas une jeune servante encore vierge. Bref ils sont cause de presque tous les malheurs des femmes, dans une vision manichéenne très en accord avec le Zoroastrisme de la famille Dubash.
D'une composition élaborée appuyée sur les retours en arrière, dans le lent dévidement des infortunes des protagonistes, écrit avec beaucoup de finesse dans l'analyse des sentiments, ce roman n'en laisse pas moins une impression mitigée : comme Bhima, qui est de religion hindoue, nous voyons des cycles de vies malheureuses s'enchaîner les uns aux autres, les rayons de soleil et le bonheur étant passés sous silence... Parfois on souhaiterait qu'un peu d'instants positifs - certains sont suggérés - puissent égayer le sombre tableau de cet univers sans espoir, à peine racheté par une conclusion qui se veut optimiste. Il est dommage que ce tableau sans nuances masque parfois par ses excès le propos essentiel de la réflexion sur la condition féminine, en Inde ou ailleurs.
Lu en V.O.
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Morgane82
  09 mars 2016
Une plongée directe dans l'Inde, ses castes, ses traditions, ses croyances.
Bhima habite le bidonville et travaille chez Sera. Une sorte d'amitié s'est crée entre elles et Sera fait tout pour aider Bhima à s'en sortir. Mais la petite fille de Bhima qui est orpheline tombe enceinte et fait bien des mystères sur le père de cet enfant qui pourrait lui gâcher tout son avenir. Une fille-mère, ce n'est pas accepté en Inde. à travers cet incident de vie, toute l'histoire et les secrets de famille de Bhima et de Sera sortent.
Certes l'écriture n'est pas du plus bel effet, mais l'auteure nous transmet une atmosphère complète de l'Inde. le bidonville, les villas, les beaux quartiers, le bus bondé, tout y est. Elle ne modifie pas les sentiments des gens. Sera reste une patronne qui ne peut pas manger ou boire dans la même vaisselle que Bhima. Bhima reste une personne soumise. Maya est une jeune fille naïve qui pourrait s'en sortir … sans sa grossesse. Et qui l'a mise enceinte ???
Pas transcendant mais bon.
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Amindara
  06 septembre 2013
Ouf ! Terminé ! C'est tout ce que je trouve à dire alors que je referme (enfin) ce livre.
Comment dire ? L'histoire est intéressante, à la base. J'ai découvert un nouveau monde que je ne connaissais pas. Et dans un sens, cela m'a impressionnée. A part ça, je n'ai pas réussi à apprécier les personnages. Bhima me semblait trop… violente, elle n'hésite pas à maltraiter sa petite fille. Ok, elle a ruiné son avenir, mais c'est sa petite fille quand même. Quand à Sera… elle a beau énormément apprécier Bhima, elle continue à la traiter en inférieure. Mais bon… tout ça, c'est une autre culture, une culture que je ne connaissais pas vraiment. Donc pour le coup, j'ai appris des choses.
Pour ce qui est de l'écriture… mais bon sang ce que cette lecture était fastidieuse. Certains moments étaient vraiment très long. En particulier le dernier chapitre. Imaginez, j'avais hâte de finir ce livre parce que je voulais passer à autre chose (et faut avouer aussi que j'espère encore boucler mon challenge ABC dans les temps), et j'étais là, à presque m'endormir, en me disant « mais bon sang, il dure encore combien de pages ce chapitre ? ». Nan sérieusement, l'histoire est intéressante, mais personnellement, j'ai vraiment eu du mal à la lire. Ce n'était pas fluide, il y avait beaucoup de passages un peu creux.
Donc vous l'aurez compris, pour moi, ce roman n'est pas une réussite.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
MarmaraMarmara   15 juillet 2020
Au milieu des cris, des appels et des bavardages incessants des gens qui l'entourent, elle croit entendre la voix grave et profonde du Pachtoune qui la réconforte, l'encourage et la presse de ne pas renoncer.
Sa voix lui parvient par-delà les montagnes et les années.
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Morgane82Morgane82   09 mars 2016
Elles marchent dans un silence total. Mais c'est un silence qui crie, qui hurle, qui est rempli de bruit - les battements précipités du coeur de Bhima, la terreur déchirante et griffue qui étouffe Maya, le raclement des pieds de Bhima qui fouaillent hargneusement le sable. À l'intérieur de ce silence, elles avancent côte à côte, redoutant de frôler ses contours, car rompre le barrage de ce silence reviendrait à laisser s'engouffrer les eaux de la colère, de la rage et de la fureur, permettant à la marée du passé récent - ce passé qu'elles ont ignoré, interrompu, assassiné - de remonter en grondant et de détruire leur fragile présent.
Mais le silence, de même que l'amour, ne dure pas éternellement.
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isabellelemestisabellelemest   08 mars 2013
Le sage Afghan vendeur de ballons
Un homme qui ne toucherait ni n'embrasserait plus jamais le doux visage de ses propres enfants mettait des sourires sur le visages des enfants des autres. Comme un magicien, le Pathan avait appris comment transformer sa solitude en un chant. Comme un magicien, il avait appris comment utiliser de l'air ordinaire pour donner une forme à des morceaux de baudruche et en faire des objets de bonheur. Avec ses mains vides, il avait construit un monde.
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Rika972Rika972   27 mai 2016
" Betti, le passé reste toujours présent. On n'a donc pas à le faire revivre. Le passé est comme la peau de ta main - il était là hier et il est là aujourd'hui. Il ne va nulle part. Quand tu seras plus vieille, peut-être que tu comprendras mieux.
- Mais, mama, il y a un dicton anglais qui dit : il ne faut pas réveiller le chat qui dort. Ca ne rime à rien de réveiller un chat qui dort."
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isabellelemestisabellelemest   08 mars 2013
Elle se rappellerait que plaisir insouciant de Viraf avait fait dérailler la vie de Maya, avait bloqué le chemin qui pouvait faire sortir la jeune fille du bidonville.
Ce que Serabai et elle-même avait construit ensemble, Viraf l'avait détruit. Les femmes créent, pense Bhima, les hommes détruisent. C'est l'ordre du monde.
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