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ISBN : 2841119904
Éditeur : Editions Nil (03/01/2019)

Note moyenne : 3.35/5 (sur 13 notes)
Résumé :
Julia, trente ans à peine, est une jeune femme solitaire qui gagne sa vie en faisant des ménages. En pénétrant dans leurs maisons, leurs appartements, elle se confronte à une galerie de personnages singuliers dont elle va observer les habitudes et les âmes à mesure qu'elle nettoie leurs intérieurs. Mais elle va aussi perdre pied. Pourquoi ne pas prendre possession de la baignoire de l'appartement 61, du salon de la 122-D, se nourrir quasi exclusivement de chips chip... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Kittiwake
  11 février 2019
Elle s'introduit chez les gens, en toute légalité, on lui a même confié les clés, puisqu'elle est femme de ménage. Ce qui devait au départ être un petit boulot pour financer ses études, devient finalement un job à part entière, éclipsant même les anciens projets de poursuivre l'écriture après avoir été publiée.
Un sacré poste d'observation, que de percevoir les failles de ses contemporains à travers leur gestion du quotidien. de la bauge nauséabonde aux alignements par forme et couleurs, tout un panel de souffrances se cachent derrière une vitre éclairée au crépuscule, donnant alors l'illusion d'une vie rêvée.
Mais ce que constate Julia la laisse au fond un peu indifférente. Sa souffrance à elle se noie dans l'alcool, de plus en plus, de plus en plus tôt dans la journée, n'hésitant pas à se servir dans les réserves de ses employeurs. Et on perçoit peu à peu, dans les confidences, mais aussi les mails, reçus parfois mais surtout envoyés, la profonde détresse occultée. Peu à peu, apparait l'image d'une carapace qui se fendille, laissant à nu une immense fragilité.
Atypique dans la construction, dans l'intrigue, avec un personnage original, ce roman vous mène par le bout du nez, en vous perdant sur de fausses pistes. Amoral, mais lucide sur notre façon de vivre au 21è siècle, superficiel parfois pour mieux asséner une vérité profonde, c'est aussi chaotique que la jeune femme qui tient les rames pour un naufrage annoncé.
A lire, et peut-être à à relire.
#CestLundiAujourdhu #NetGalleyFrance
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Foufoubella
  18 février 2019
J'ai refermé le roman hier et j'avoue connaître des difficultés à écrire une critique sur ce livre que j'ai trouvé ... désarmant!
J'ai eu la chance de le recevoir en cadeau des éditions du Nil en plus du roman que j'avais remporté lors de la masse critique du 16 janvier dernier. Il faisait partie des livres que j'avais sélectionnés et ce fut donc une bonne surprise de le voir dans ma boîte aux lettres.
J'ai connu de grosses difficultés à me laisser couler dans la trame du roman. Ou plutôt ma lecture fut parsemée de bonnes et de moins bonnes sensations.
Les chapitres sont courts - ce qui n'est pas pour me déplaire - l'écriture est ciselée, presque chirurgicale. J'ai eu l'impression que l'auteure se tenait à distance de son récit comme si celui-ci lui faisait craindre le pire. Et même si c'est très certainement délibéré et que l'écriture est maîtrisée, cela m'a beaucoup dérangé dans ma lecture.
Le pitch est assez simple et beaucoup moins "léger" que je n'ai voulu le croire en lisant la quatrième de couverture.
Julia est une jeune femme pré-trentenaire qui fait le ménage chez les gens pour éviter, peut-être, de le faire dans sa vie même si, en pratique, les autres l'ont fait à sa place et si elle-même se tient à distance de ceux qui sont restés ou entrés dans sa vie.
Récurer, astiquer, balayer, frotter, autant d'actions permettant de ne pas penser.
Julia a écrit un premier roman - autobiographique - qui n'a pas eu de succès. Elle a arrêté d'écrire sauf des lettres, des mails à ceux qu'elle ne voit plus.
Julia est devenue le témoin des vies des gens chez qui elle rentre pour faire le ménage. Devenant, à leurs corps défendants, spectatrice de leurs vies, elle devient par la même occasion spectatrice de la sienne.
Cette lecture m'a fait penser à un passage du roman "Petite Soeur mon amour" de Joyce Carol Oates lorsque le narrateur indique que nous sommes toutes et tous tels des notes de bas de page dans la vie des autres. On y passe, on regarde, on juge; on comprend, on plaint, on s'éloigne. Et on finit par se retrouver seul, toujours.
Le fil est parfois difficile à suivre; j'avoue ressortir quelque peu sceptique de cette lecture, il me manque quelques explications.
Reste une jolie prouesse d'écrivain et quelques formulations très justes.
Je suis un peu passée à côté de ce roman mais je crois que je le relirai dans quelques temps. Je ne serais pas alors étonnée qu'il parvienne à me plaire davantage...

Challenge multi-défis 2019
Challenge Plumes féminines 2019
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culturevsnews
  16 janvier 2019
Sytske van Koeveringe est écrivain et diplômé en image et en langue de la Gerrit Rietveld Academy en 2014. L'aspect visuel de cette étude n'a pas eu d'influence consciente sur son écriture, dit van Koeveringe dans une interview. Ce qu'elle a reçu au cours de cette étude, c'est la façon de travailler. Pour van Koeveringe, un texte n'est pas seulement prêt : " Si je pense que c'est fini, alors je devrais continuer jusqu'à ce que je sois complètement épuisé, que je puisse seulement pleurer et dormir pendant deux semaines. Je pense qu'il est important que vous réagissiez à vous-même, à votre propre travail, sans faire plaisir aux autres. Qu'il s'agit de votre propre étonnement, surprise ou frustration et d'autres termes difficiles de ce genre. Dans son premier roman Vandaag is het maandag (Nous sommes aujourd'hui le lundi), van Koeveringe philosophe sur l'influence de l'autre. Son personnage principal, Julia, a du mal à croire en elle et à prendre contact avec l'autre.
Beaucoup de choses se font en secret : l'argent, le revenu, l'âge, le poids des femmes. En fait, tout ce qui a à voir avec les chiffres. Mais la tristesse est souvent jetée dans le monde en grandes lignes".
La vie de Julia est rythmée tous les jours. Elle nettoie dans les maisons des autres, puis rentre souvent à la maison immédiatement et visite le café à des jours fixes. Elle préfère ne pas avoir affaire à ses parents, qui ont de grandes attentes à son égard, et sa petite amie l'a laissée tomber. Elle souffre également d'insomnie, de maux de tête et de boulimie. Julia est en fait une solitaire, mais que faites-vous quand vous êtes seule ? Alors les habitudes sont les seules choses auxquelles une personne peut s'accrocher. C'est lundi aujourd'hui, c'est l'histoire d'une jeune femme qui voit le nettoyage comme une fuite de sa vie déprimante. le nettoyage est un résultat immédiat et une activité récurrente qui fait oublier à Julia que sa petite amie l'a quittée, que sa relation s'est mal terminée, que son père essaie de la contacter et que son premier roman n'a été qu'un échec.
Mais le vrai problème de Julia, c'est autre chose. le lecteur se rend vite compte qu'il a de la difficulté avec les attentes de l'autre et celles d'elle-même. Ces attentes l'épuisent et un épuisement professionnel est déjà sur le point de se produire. Et que devriez-vous faire ? Laissez-vous ces émotions fortes dominer votre vie ou allez-vous vous battre contre elles ? Julia est un symbole pour les gens qui ont peu de volonté de lutter contre l'épuisement professionnel, simplement parce qu'ils ne réussissent pas. Julia essaie de trouver sa propre voie, avec la perte des autres, mais les émotions étouffantes l'empêchent de changer réellement.
Dans son roman, van Koeveringe a écrit avec justesse sur la solitude contemporaine à travers les yeux d'une jeune femme engloutie par son burn-out. Elle exprime d'une manière spéciale la lutte entre les besoins individuels et l'attente que vous avez à traiter avec les autres. L'ornière de sa vie quotidienne et les interactions difficiles entre Julia et les autres personnages montrent qu'elle perd de plus en plus le contrôle de sa vie. Au bon moment, van Koeveringe parvient à augmenter la tension de l'histoire, par exemple lorsque Julia prend en charge les actions de ses clients ainsi que ses propres habitudes. C'est la façon de Julia de se débarrasser de la solitude, mais avec elle, elle oublie ses propres problèmes et se transforme en une autre personne. van Koeveringe brouille ainsi la frontière entre l'imagination et la réalité de Julia et, à différents moments, l'écrivain nous a presque mal guidés.
Il n'est pas nouveau que les auteurs d'aujourd'hui écrivent sur l'ornière de la vie quotidienne. Il existe également de nombreux livres sur les conséquences de l'épuisement professionnel, de la dépression ou de la solitude. van Koeveringe, cependant, a décrit le monde de son personnage Julia à sa manière. Elle garde le lecteur avec elle en donnant plus d'informations sur le passé de Julia à certains moments. Cette information ne vient pas seulement des souvenirs de Julia, mais l'histoire est régulièrement interrompue par de vieux e-mails d'une amie ou par une conversation téléphonique avec sa mère. Peu à peu, le mystère de Julia est résolu, mais van Koeveringe est un auteur créatif qui étonnera le lecteur jusqu'à la fin de son roman. de plus, le style ludique de Koeveringe est un atout majeur du roman et la raison pour laquelle le roman reste fascinant jusqu'à la fin.
Note : 9,5/10
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lagier
  13 février 2019
Je remercie Babelio Masse Critique et les éditions Nil de m'avoir permis de découvrir ce roman.
Ces lectures me donnent envie de découvrir d'autres styles que ceux que je lis en général car j'ai vraiment eu plaisir à lire « Aujourd'hui c'est lundi ».
Les premiers chapitres ne m'ont pas forcément tout de suite accrochés mais j'ai très rapidement pris un véritable plaisir à suivre le quotidien de Julia, 30 ans, femme de ménage et auteure d'un premier roman qui n'a pas eu de succès. Les chapitres courts décrivent par petites touches la solitude de cette jeune femme et son incapacité à trouver sa place dans notre monde actuel. Julia, qui semble spectatrice de sa propre vie, se détruit tout doucement en avalant des médicaments, en buvant plus que de raison. J'ai trouvé aussi étonnant que ses comportements extrêmes ne nuisent pas vraiment à son métier (enfin presque pas), car elle fait finalement consciencieusement son travail et peu de client se plaignent alors qu'elle prend peu à peu ses aises dans les appartements qu'elle entretient, allant même jusqu'à vivre la vie de ses clients par procuration.
Je dois avouer à ce stade que j'ai d'ailleurs parfois mis quelques lignes à comprendre qu'elle s'imaginait dans la peau d'un autre, et qu'il y a eu un chapitres que je n'ai pas compris (même en relisant… mais j'ai probablement raté quelque chose !).
Les situations décrites sont touchantes, souvent tristes car on y perçoit toute la détresse de cette jeune femme blasée. Même son alcoolisme est décalé puisqu'elle est capable de boire plus d'une bouteille sans s'effondrer. le tour de force de van Keeorge est de transformer le lecteur en Julia au fil des pages. Et ce tour de force est probablement dû au fait que le personnage de Julia est très cohérent et tous ces petits chapitres passant en revue tout ce qui fait une vie : l'amour, le sexe, la relation enfants-parents, les ambitions des parents, les addictions, etc… Une vie où Julia ne trouve pas sa place, regarde ses contemporains sans émotion, envie parfois leur vie, mais le plus souvent se complait dans sa solitude et se détruit petit à petit en mangeant mal et en buvant.
Le style est simple, accessible, les numéros des chapitres volontairement fantaisistes m'ont amusés (clin d'oeil à la vie désordonné de Julia ?). L'impression est bonne et agréable et le livre agréable à prendre en main (c'est un critère qui pour ma part entre un peu en ligne de compte dans le plaisir de lire). Quelques passages sont presque érotiques, beaucoup de passage sont déprimants mais il y a une telle distance par rapport aux choses de la part de Julia qu'on devient presque spectateur tout comme elle des événements de sa vie.
Ce roman m'a laissé penser que dans la vie on a le choix. On peut s'asseoir au bord du chemin et regarder sa vie et celles des autres défiler, ou on peut choisir d'être acteur, on peut aussi choisir (mais est-ce un choix dans ce cas ?) de devenir critique de la vie des autres sans se rendre compte que l'on mène soi-même une vie très pauvre humainement parlant. Julia a clairement fait son choix et sa passivité devant tous les événements de sa vie est assez désarmante, on a envie de la secouer un peu, de lui faire ouvrir les yeux.
Un roman que je conseille.
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livreclem
  26 avril 2019
Un roman basé sur une idée originale : une femme de ménage qui prend possession peu à peu des habitations où elle travaille.
Oui mais, la personnalité de Julie, femme de ménage, trentenaire, est tellement répétée et décrite, les liens avec les autres personnages sont tellement multiples et bref que la lecture devient vite ennuyante. Dommage.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
FoufoubellaFoufoubella   17 février 2019
Pourquoi n'ai-je pas rempli la liste des allergies de Clean Matching ? J'aurais pu y noter que j'étais allergique aux chiens et aux animaux de compagnie en général. Ils sont toujours dans mes pattes. Ils puent, ils sont bruyants. Et puis cette façon de se lécher la fourrure et le sexe ! Et si je décide de la remplir, cette liste, j'ajouterai que je suis allergique aux gens qui sont chez eux pendant mes heures de ménage. Et s'ils sont chez eux, que je suis allergique aux gens qui m'adressent la parole. Et s'ils se taisent, à ceux dont la présence manque manifestement de discrétion.
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lagierlagier   13 février 2019
J'avais dû m'excuser quatre fois. Ce n'est qu'à la quatrième fois que mes parents ont bien voulu croire en ma sincérité. Le mot "pardon", je ne le comprenais pas. Toujours pas d'ailleurs. Quand on dit pardon , c'est déjà trop tard.
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cathulucathulu   20 janvier 2019
Maintenant j'évite la compagnie des humains mais, bizarrement, il y a toujours quelqu'un qui se soucie de moi.
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FoufoubellaFoufoubella   17 février 2019
S'il n'avait pas dit qu'il avait une "wife", j'aurais été persuadée qu'il aimait les hommes.
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Videos de Sytske Van Koeveringe (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Sytske Van Koeveringe
Retour en images sur la rencontre blogueurs/auteures organisée par NiL à l'occasion de la rentrée littéraire.
Merci à nos auteures présentes : Sytske van Koeveringe ("C'est lundi aujourd'hui"), Tatiana Vialle ("Belle-fille") et Virginie Nuyen ("Les Aventures de Donovan S.").
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