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ISBN : 2809713898
Éditeur : PHILIPPE PIQUIER (03/01/2019)

Note moyenne : 4.75/5 (sur 2 notes)
Résumé :
Elles ont 7 ou 9 ans à New York. Elles s’appellent Christina, Lucy, Frangie ou Annie… Elles partagent des lits à punaises et des parents chinois qui luttent chaque jour pour les nourrir, leur payer l’école et les faire grandir dans le rêve américain. C’est leurs voix qui nous parlent, spontanées, crues, bouleversantes, elles racontent une enfance dans les marges, le racisme et la violence quotidienne, et l’amour immense des parents qui les protège et les étouffe.>Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Litteraflure
  20 janvier 2019
Une petite merveille ! Ça commence dès la première page, une vraie claque, cette manière d'emporter le lecteur dans la vie des protagonistes. Un rythme, une candeur, une fraîcheur, une inventivité, qui ne se démentent jamais par la suite. Qu'est ce qui fait la force d'une fiction littéraire ? Ce sont les détails crédibles, car écrire un roman consiste à rendre l'imaginaire le plus réaliste possible. Jenny Zhang maîtrise cet art à la perfection sans qu'on sache ce qui est de l'ordre de ses souvenirs, de ce qu'elle a entendu par d'autres ou de son incroyable fantaisie. Exemple : comment expliquer que le couple est humble et pauvre ? En précisant que le père (travaillant la nuit) et la mère (le jour) s'échangent la même paire de chaussures. Dans ce livre, la langue est au service des émotions, comme cette page (56) où des lignes entières de « non » ponctuent le désarroi d'une héroïne. Toutes les deux pages, on trouve des pensées fulgurantes formulées avec bon sens ou poésie comme ce moment où le papa parle de Dieu : « Dieu, c'est l'argent, m'a dit un soir mon père après avoir claqué la porte à des témoins de Jéhovah. Dieu, c'est avoir des médicaments quand tu es malade, c'est des bébés qui ont une chance de parvenir à l'âge adulte ». Ici, des situations stupéfiantes ou dramatiques au cours desquelles les parents surnomment leur fillette (ma petite tarte aux prunes rances, mon raisin rebondi) avec des mots doux-amers. Et là des insultes, combinaison improbable entre la syntaxe chinoise et l'efficacité américaine, traduite en français. le résultat est souvent irrésistible, hilarant. La relation entre les membres de ces familles d'immigrés chinois installés aux USA sont finement décrites, jusque dans leurs excès. On vit leurs calvaires, leurs disputes, leurs doutes, leurs étonnements, leurs bonheurs éphémères, leur difficile ascension de l'échelle sociale qui résume, à elle seule, une certaine idée de l'Amérique. Très émouvant aussi, la description du coup de foudre – à la toute fin, au bout de 350 pages - entre le père et la mère qui ont passé le roman à s'engueuler. Merci, merci, mille fois merci Éditions Philippe Picquier de nous offrir cette perle rare. Amis lecteurs, amies lectrices, foncez !
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HUBRISLIBRIS
  11 janvier 2019
Familles projetées à un nouveau pays. Enfants bourlingués entre les rues, les appartements. Ils viennent de Chine, se sont installés aux Etats-Unis, à l'espoir d'une vie meilleure, à la volonté de s'en sortir.
Croire au rêve américain.
Ne pas se soucier de l'infâme, aller au devant.
Le roman se tisse à travers le prisme d'un regard enfantin. de plusieurs marmots qui viennent s'additionner à la première parole. Tous sont issus de l'immigration, tous ont à supporter les appartements trop petits, les brimades, et leurs parents qui les exhortent à ne plus se plaindre. Savoir se satisfaire de ce qu'ils ont. Si la figure parentale s'échine à montrer les bienfaits de ce nouveau pays, les enfants voient, montrent, et quémandent des réponses. Eux ne savent se satisfaire du peu offert. Car ils ont conscience, savent que la misère continue à chaque coin de rue, à chaque domicile que le père grappille misérablement.
Loin du pathos, et des larmes qui viennent souvent enrober ces récits où se croisent racisme, misère et enfance, on plonge à une cruauté qui s'extirpe des lippes enfantines. Pas le temps de pleurer, de s'apitoyer, il faut avancer. Et les rares qui versent une larme sont calmés d'une torgnole, d'une parole raciste, puis ils répliquent, ne se laissent pas piétiner. Une violence physique. Une violence verbale. Un langage cru servi par une plume qui scalpe, noire, qui ne laisse entrevoir que l'ignoble vérité de leur condition.
Malgré le malheur, les cafards qui pullulent dans les appartements, et les copines haineuses ; les coeurs tambourinent, cherchent l'évasion de la cage thoracique, de la cage familiale. Ces gamins ont la volonté de s'enfuir, s'arracher au carcan miséreux.
Une fuite en avant, une narration qui cravache. Un récit qui bouleverse, offre quelques sourires et ricanements. Première lecture de l'année, et première pépite.
Lien : https://hubris-libris.blogsp..
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critiques presse (1)
Liberation   07 janvier 2019
C’est un plongeon dans le quotidien de familles immigrantes chinoises, fraîchement parachutées dans le rêve américain qui se moque d’eux comme d’une guigne. Et c’est nerveux, vif, parfois triste, tendre, souvent joyeux.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
LitteraflureLitteraflure   20 janvier 2019
Les Indiens sont des Chinois. Christophe Colomb a vu des visages de Chinois et il les a appelés Indiens. Nous avons inventé les épices, la colle et le papier, la gravure sur bois et es caractères amovibles d’impression sur papier, le papier-monnaie, la poudre à canon, les feux d’artifice, le thé, le filage de la soie, l’alchimie, qui par la suite est devenue la chimie moderne, les instruments de navigation pour l’exploration maritime, les armes pour la guerre et les machines pour la paix. Voilà pourquoi la Chine est au centre des cartes.
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LitteraflureLitteraflure   20 janvier 2019
Tic avait un cousin au premier degré que tout le monde appelait Nigaud, et qui avait été si mal nourri quand il était bébé qu’il boitait et qu’il avait tendance à répéter la même phrase pendant une semaine d’affilée.
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LitteraflureLitteraflure   20 janvier 2019
Le pire c’est quand j’avais cinq ans et qu’on habitait à Washington Heights dans une chambre qu’on partageait avec d’autres familles et où il y avait tellement de matelas qu’on ne voyait plus le sol, et ma peau me grattait comme s’il y avait des petites fourmis armées de brindilles enflammées qui faisaient la roue et des triples saltos partout sur mon corps.
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LitteraflureLitteraflure   20 janvier 2019
À présent mon père était beaucoup moins charmant avec ma mère, mais c’est pour ça que la boisson était à ce point cruciale – pour lui permettre d’effacer la liste en perpétuelle expansion des dettes qui s’étaient accumulées entre eux et, pour une fois, se sentir libres de s’amuser.
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LitteraflureLitteraflure   20 janvier 2019
Les Martiniquais et les Trinidadiens étaient le genre de personne à se comporter comme si leur patrie allait toujours rester un petit os indispensable de leur corps, mais porté disparu, un os qui leur causerait des douleurs fantômes toute leur vie durant.
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