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ISBN : 236846090X
Éditeur : Steinkis Editions (29/03/2017)

Note moyenne : 4.06/5 (sur 26 notes)
Résumé :
L'Arabie Saoudite est le seul pays au monde où il est interdit aux femmes de conduire. Aujourd'hui, les Saoudiennes font leurs études à l'étranger, travaillent, votent et peuvent être élues... mais pas conduire elles-mêmes leur voiture. Après cinq années passées à Londres, Nour rentre en Arabie Saoudite. Ce retour lui cause un certain malaise, jusqu'à ce qu'elle croise un groupe de femmes bien décidées à revendiquer leur indépendance. Le 10 novembre 1990, elles sont... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
canel
  28 octobre 2017
Dans un décret publié le 25 septembre 2017, le roi d'Arabie saoudite a ordonné « de permettre d'accorder le permis de conduire aux femmes ».
L'Arabie restait le seul pays au monde où les femmes n'avaient pas le droit de prendre le volant. Pourquoi ? Il faut croire que Dieu, né bien avant l'invention de l'automobile mais qui a plusieurs coups d'avance, en a décidé ainsi - relisez bien les textes sacrés, on peut justifier toutes les décisions masculines en 'Son Nom', depuis des siècles et des siècles...
Dans ce royaume ultraconservateur du Golfe, les femmes restent mineures à vie, ne pouvant échapper à l'autorité du père ou des frères qu'en se mariant, passant ainsi sous la tutelle du conjoint - y a intérêt à bien le choisir, celui-là, sauf que les mariages sont généralement arrangés.
Cette bonne nouvelle a été médiatisée. J'ignorais en revanche que ce décret fait suite à trente années de lutte des femmes saoudiennes pour acquérir ce droit. On le voit dans cette BD, qui montre le parcours d'une militante dans les années 90, une jeune femme ayant vécu en Occident et refusant de reprendre son joug en revenant dans son pays d'origine.
Après la découverte de cet album enrichissant, aussi agréable que les ouvrages de Marjane Satrapi, j'ai relu le chapitre que Julien Blanc-Gras consacre à l'Arabie Saoudite dans son dernier carnet de voyage. On y apprend que c'est « le seul pays au monde qui ne délivre pas de visa touristique. [...] Même la Corée du Nord admet quelques voyageurs sous étroite surveillance. [...] La Mecque [...] est interdite aux non musulmans [alors que] les non catholiques peuvent venir au Vatican, les non hindous à Bénarès, les non juifs à Jérusalem. [...] L'apostasie, l'homosexualité ou l'adultère sont passibles de la peine de mort, en général pratiquée sous forme de décapitation sur la place publique. »
Mais (et c'est toujours Julien Blanc-Gras qui parle) :
« Toutes ces joyeusetés ne scandalisent pas outre mesure les chancelleries occidentales d'ordinaire si promptes à dénoncer les manquements aux droits de l'homme. Il faut dire que tu pèses lourd en pétrole, en contrats, en diplomatie et en influence religieuse. Et que ton alliance inébranlable avec les Etats-Unis (pétrole contre sécurité) te protège. Il faut reconnaître que tu es habile, tu as quand même réussi à prendre la tête d'une commission du Conseil des Droits de l'Homme aux Nations Unies, ce qui revient peu ou prou à confier la protection de l'enfance à Marc Dutroux. »
('Dans le désert', p. 111-113)
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Bazart
  27 juin 2017
L' Arabie Saoudite est le seul pays du monde dans lequel les femmes n'ont pas le droit de conduire . Dans "Conduite Interdite", bel album récemment paru aux éditions Steinkis, Chloé Wary raconte l'histoire d'un collectif de femmes qui refusent cette interdiction totalement arbitraire et archaïque et ont décidé de se battre pour leurs droits.
.Le récit se situe en 1990 et prend sa source dans un fait réel, un premier mouvement de rebellion qui mène à la création d'un mouvement « Women to drive ».
A travers le parcours de Nour, un personnage de fiction qui revient de plusieurs années passées à Londres, personnage inventé par l'auteur, mais largement inspiré de femmes saoudiennes ayant participé à ce mouvement protestataire, la jeune scénariste et illustratrice nous plonge dans cette société si liberticide et incompréhensible pour les occidentaux.
le fait que l'héroïne ait vécu plusieurs années à Londres où tous ces droits étaient acquis rend le point de vue plutot pertinent puisqu'il est d'autant plus difficile pour Nour d'accepter la perte de ces droits et autonomies alors qu'elles étaient naturelles dans sa vie d'avant
Pouvoir conduire c'est plus largement, être débarrassée de la tutelle permanente dun homme, règle de base qui gère toute la vie d'une femme saoudienne, soit la tutelle de son père, soit celle de son mari une fois qu'elle a prix époux, un époux évidemment rarement choisi sauf pour Nour qui a plutôt de la chance sur ce coup là.
Le graphisme en noir et blanc à l'encre de Chine très épuré, va à l'essentiel, évite tout superflu, et le ton arrondi, assez enfantin fait un peu penser à celui de Pénélope Bagieu, notamment lorsqu'elle se pique aussi d'histoire avec California Dreamin.
L'album de Wary va à l'essentiel, peut etre même un peu trop ( la dernière partie racontant la rencontre entre Nour et les femmes du collectif est trop survolé), mais possède le grand mérite de poser le curseur sur un pays ou les restrictions contre les femmes sont quotidiennes et ne peuvent être laissées sous silence..
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Bdziles97
  10 mai 2017
(SC971) Sujet très intéressant, matière à débats et discussions sur la condition féminine dans le monde. Un graphisme intéressant également en noir et blanc qui sert bien le sujet. Oui pour le Prix plutôt lycée
(MAD971) Je partage cet avis et je trouve les illustrations et les phylactères harmonieusement présentés mais il me semble dommage que le texte soit assez réduit et n'apporte pas plus d'éléments sur la condition féminine en Arabie Saoudite. Sans être un coup de coeur, envisageable pour le prix lycée....
(IK971) Album engagé traitant de la condition féminine en Arabie Saoudite, très bien fait. Allant à l'essentiel aussi bien du point de vue du graphisme que du texte, il me semble incontournable pour le Prix. Oui en Lycée.
(NN976) Une jeune saoudienne revient en Arabie Saoudite après 5 années passées en Angleterre où elle vivait librement. Le retour en Arabie Saoudite est difficile, peu de liberté pour les femmes et notamment interdiction de conduire (le seul pays au monde). Pour échapper à la domination de son père : se marier ! Elle adhère à un groupe de femmes qui prennent le volant et revendiquent leur indépendance et le droit de conduire.
Un graphisme en Noir et Blanc adapté, un sujet qui intéressera les élèves dans une sélection lycée.
(AK976) Je recommande vivement « Conduite interdite » pour la sélection BDz îles collège et lycée. Une histoire poignante et touchante d’une saoudienne qui après des voyages en Angleterre, est partagée entre envies et traditions ; rêves et obligations. Le lecteur suit son combat quotidien à travers la conduite des femmes en Arabie saoudite. Les dessins sont très beaux uniquement en noir et blanc.
(SD976) L'Arabie Saoudite est le seul pays au monde où il est interdit aux femmes de conduire. Aujourd'hui, les Saoudiennes font leurs études à l'étranger, travaillent, votent et peuvent être élues... mais pas conduire elles-mêmes leur voiture. Après cinq années passées à Londres, Nour rentre en Arabie Saoudite. Ce retour lui cause un certain malaise, jusqu'à ce qu'elle croise un groupe de femmes bien décidées à revendiquer leur indépendance. Le 10 novembre 1990, elles sont 47 à prendre le volant, et deviennent les pionnières d'un mouvement féministe qui revendique le droit de conduire.
Une vue sans concession sur les limites des libertés de la femme en Arabie Saoudite à travers les yeux d?une jeune saoudienne ayant vécu 5 ans à l?étranger avec ses parents, ce qui rend le propos d?autant plus fort : Comment accepter de perdre ces libertés vécues ailleurs, comment céder aux pressions du père qui désire la marier, et refuse son choix d?étude ? A travers leur interdiction de conduire transparaissent toutes ces restrictions qui minent la vie des femmes. Malgré toutes ces pressions, certaines luttent pour avoir le droit élémentaire de se déplacer de façon autonome, au volant de leur propre voiture, et d?être débarrassée de la tutelle permanente d?un homme. Le graphisme en noir et blanc (à l?encre de Chine ) rend bien cette négation de la femme, dont les tenues noires sont ainsi soulignées. Le trait est dur, le dessin épuré des détails superflus. L?ensemble va à l?essentiel et rend bien compte des réalités.

Album qui peut convenir au lycée et au collège
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IreneAdler
  27 octobre 2017
1990, Arabie Saoudite. Nour revient d'une parenthèse de 5 ans à Londres où les femmes sont libres. Rendez vous compte : pas de tuteurs masculins, des droits ! Elle rencontre un groupe de féministe, et un jour, elles se prennent un droit : celui de conduire (et de prendre des photos, ce qui fait 2, en fait).
Et il aura fallut attendre 27 ans avant que ce droit ne leur soit accordé. Tout arrive, il faut simplement de la patience (beaucoup, beaucoup de patience)
Ce que montre cette BD, c'est l'énorme hypocrisie du régime saoudien (c'est pas une surprise, hein). C'est un pays qui a admit petit à petit que les femmes éduquées qui l'habitent sont une force économique. Elles ont peu à peu acquis plus de liberté (mais toujours pas la majorité), peuvent voter, être élues, être cheffe d'entreprise... Mais ne peuvent prendre le volant que depuis 2017, alors même qu'elles conduisent à l'étranger. A la suite de la voiture d'Intisar ou du Monde d'Aïcha (mais la question de la voiture ne s'y pose pas), Chloé Wary interroge les sociétés fondamentalistes, mais aussi le regard que nous avons sur elles : il y a ce qu'on nous montre, et les mouvements souterrains plus ou moins invisibles en Occident.
Et en plus, c'est un dessin assez original et agréable à regarder, qui semble être dessinée au stylo bille. Ca donne un côté assez "pris sur le vif", avec du mouvement, tout en étant précis.
Une bonne histoire, un chouette dessin, un portrait de femme qui se rebelle, que demander de plus ?
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cecilestmartin
  23 juin 2017
Merci aux éditions Steinkis et à Babelio de m'avoir donné l'occasion de découvrir "Conduite interdite". Je ne suis pas adepte de BD parce que je n'y connais rien en fait. Aussi, chaque fois que Babelio propose une Masse critique sur ce thème, j'y vois l'occasion de faire des découvertes.
J'ai beaucoup aimé celle-ci : le dessin est sobre, le noir et blanc sied bien au sujet et renforce la symbolique du voile. Les dialogues sont succincts mais les dessins sont suffisamment expressifs pour que s'ouvrent à nous les émotions, les réflexions qui y sont contenues.
Nour est saoudienne, elle revient au pays après avoir fait des études à Londres et expérimenté la liberté - celle de choisir sa voie, ses vêtements, ses prétendants. le retour rime avec la fin de ce mode de vie. Soutenue par sa mère, elle cherche à s'opposer à son père, mais c'est se confronter à la loi d'un pays tout entier, qui proscrit toute liberté aux femmes.
"Conduite interdite", c'est l'histoire d'une révolte, d'un mouvement qui se structure, qui s'affranchit des règles pour réclamer le droit à l'égalité.
Une BD pour tout public parce que aisé à lire et très agréable à regarder. Si elle ne nous apprend rien de nouveau sur le sort des femmes dans ce pays, elle permet en tout cas de montrer que les grands combats se mènent souvent sans bruit, par des actions symboliques qui font sens.
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critiques presse (1)
BDGest   14 avril 2017
Il est difficile de ne pas compatir à ce que vivent ces personnes privées de leur libre arbitre. La cause est importante, mais la nouvelle manque un peu d’ambition.
Lire la critique sur le site : BDGest
Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
canelcanel   29 octobre 2017
- Maman, dis... Tu l'aimes, papa ? Enfin je veux dire, tu l'as aimé ?
- Sers-moi le thé, Nour, tu veux... Tu sais, quand j'ai épousé ton père, je ne me suis pas posé la question de savoir si un jour je l'aimerais. C'était juste mon devoir. C'était ce qu'on attendait de moi. Pas le choix.
- Mais, tu t'es jamais demandé ce que tu voulais vraiment, toi ?
- Nour... Si je me pose cette question, ma vie n'a plus aucun sens.
- Mais, toute ta vie tu t'es effacée pour satisfaire la jouissance des hommes sur ta propre existence ! Pourquoi, maman ? On se fait manipuler, regarde à Londres, les femmes ne sont pas infantilisées comme ça, même les musulmanes conduisent et sont indépendantes ! Ils nous font croire que c'est la volonté de Dieu, mais ce n'est qu'interprétation erronée ! Dieu n'a jamais condamné les femmes à l'asservissement par les hommes !
- Nour, ma chérie, calme-toi, ne parle pas comme ça... Tu manques de respect...
- Non maman ! Ce sont eux qui ne nous respectent pas. Pourquoi tu dis rien ? C'est pas normal, le royaume est corrompu, l'islam a été détourné de son fondement par pur intérêt politique ! Et c'est sur nous, les femmes, que le pouvoir sévit, comme toujours.
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canelcanel   28 octobre 2017
- EH VOUS, LÀ, FEMMES !
[trois femmes voilées, bouche et nez visibles, se retournent, effrayées]
- Couvrez votre visage ! Quelle indécence ! Si vous ne savez pas vous couvrir, alors restez chez vous ! Vous n'avez pas honte ? Vous cherchez la provocation ?! Les femmes ne savent plus se tenir de nos jours ! Priez Dieu pour ne pas recroiser notre chemin ! Sinon, c'est moi qui vous apprendrai les bonnes manières !
La Mutawa (ou comité pour la vertu et la prévention du vice) est là pour assurer le respect des bonnes moeurs dans l'espace public. Bien sûr, ce que ses agents aiment plus que tout, c'est réprimander les femmes sur leur tenue non conforme aux codes vestimentaires du pays. La vérité c'est qu'ils sont là pour nous humilier, nous rappeler que nous ne sommes rien. Ils sont là pour nous faire peur et décourager toute tentative d'émancipation. Mais malgré ça, il faut trouver la force de se battre encore et encore.
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canelcanel   27 octobre 2017
[ jeune femme d'Arabie saoudite, fin des années 80 ]
Les obligations professionnelles de mon père nous ont amenés à partir vivre cinq ans à Londres. La vie là-bas est très différente. Le cinéma, la musique... Tout y est accessible et l'Etat encourage cela.
La mode se veut un pouvoir populaire. Chacun s'habille comme il le désire. Les hommes et les femmes vivent ensemble. Ces dernières peuvent travailler et se déplacer librement. Elles sont autonomes et indépendantes : nul besoin de tuteurs masculins pour garantir leur existence légale.
Tout cela tombe sous le sens à Londres. Mais pour moi ce n'était qu'une parenthèse.
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JumaxJumax   27 mai 2017
Mon père a mal vécu mon occidentalisation. En réalité , il n'a pas supporté que je lui tienne tête. Ses grands discours éloquents s’essoufflaient, je n'y voyais plus que contrainte et manipulation. En Arabie Saoudite, il semblait aberrant qu'une fille fasse ses propres choix, mais à Londres, la liberté s'offrait à moi, et en toute légitimité. Je me sentais vivante plus que jamais.
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JumaxJumax   28 mai 2017
J'aime plus que tout mon pays. Ma vie est ici. Mais aujourd'hui pour la première fois, j'ai peur. A trop vouloir me rassurer, je m'étais mentie. Rien ne sera jamais comme avant. Personne ne se regarde, personne ne se parle. Je sens la liberté me quitter pour de bon. Londres m'a oubliée.
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#MOE - Chloé Wary - Arabie Saoudite : "Rien dans le Coran n'interdit aux femmes de conduire"
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