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Charles Du Bos (Traducteur)Frédéric Vitoux (Préfacier, etc.)
EAN : 9782070758456
434 pages
Gallimard (26/04/2000)
4.15/5   338 notes
Résumé :
Un après-midi de septembre, à la gare de New York, Mr Selden rencontre par hasard Miss Lily Bart ; elle vient de manquer le train qui devait la conduire chez des amis. Elle accepte de venir prendre une tasse de thé chez l’avocat. C’est l’occasion pour lui de faire une cour discrète à cette jeune femme de vingt-neuf ans, orpheline charmante mais sans argent, qui aimerait faire un riche mariage. Mais, pour elle, ce moment passé seule à seul chez un célibataire est aus... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (66) Voir plus Ajouter une critique
4,15

sur 338 notes

"Chez les heureux du monde", ou une illustration parfaitement cynique de ce que l'argent fait le bonheur.

Au début du siècle dernier, Lily Bart est une jeune femme de 29 ans, issue d'une famille de la bonne société new-yorkaise. Désormais orpheline et ruinée, elle vit aux crochets d'une vieille tante pingre et peu sympathique. C'est là toute la tragédie de la vie de Miss Bart : élevée dans l'idée que le but de l'existence est de ne rien faire, qu'il "était de la plus haute importance de garder les apparences de la prospérité", et que sa beauté sublime lui permettra de compenser la maigreur de sa dot pour faire un riche mariage et ainsi satisfaire son besoin d'argent et de luxe, elle n'a de cesse de fréquenter la haute société oisive et hypocrite à la recherche du parti idéal. de New York à Monte-Carlo en passant par les stations chic de la côte est des USA, on apprécie sa compagnie, et la jeune femme est très demandée. Ce qui ne va pas sans entamer dangereusement son petit budget, dilapidé en riches toilettes, bijoux et dettes de jeu. Vivant constamment au-dessus de ses moyens, la situation de Lily s'aggrave encore lorsque la rumeur – que la "bonne" société susnommée accueille avec gourmandise – lui prête des faits et gestes scandaleux. de plus en plus isolée, maladroite dans ses tentatives pour redresser la situation, elle s'enfonce dans la précarité jusqu'à se voir contrainte à travailler, à sa plus grande honte et à son encore plus grande incompétence : "Puisqu'elle avait été élevée pour être purement décorative elle pouvait à peine se blâmer de n'avoir pu servir à aucune fin pratique ; mais cette découverte ruina l'illusion consolante qu'elle avait de sa capacité universelle". Une déchéance évidemment mal vue, qui la bannit à jamais de son milieu d'origine. Et la pauvre Lily de se victimiser : "Était-ce sa faute s'il peut arriver que cette mission [d'ornement délicieux] soit traversée par des nécessités matérielles ou compliquée par des scrupules moraux ?"

Lily Bart ne brille pas par sa lucidité, ni par le niveau d'empathie qu'elle a suscité chez moi, proche de zéro. Rodée aux codes et manigances de la société qu'elle fréquente depuis si longtemps, elle est intimement convaincue de la supériorité que lui confère sa beauté, et de l'attraction qu'elle exerce sur les hommes. Snobant ses semblables en son for intérieur, calculatrice et pourtant parfois tellement irréfléchie, elle a déjà laissé passer de beaux partis. A mesure que sa situation devient "urgente", elle a cependant le chic pour s'auto-saboter chaque fois davantage, incapable de résister aux impulsions plus ou moins justifiées moralement, qui la détournent du but de sa vie. Et dire que l'amour se trouvait sous ses yeux depuis le début, qu'elle en était vaguement consciente mais que décidément l'argent brillait d'un éclat beaucoup plus puissant aux yeux de Lily...

Une tragédie, donc, mais aussi une satire cruelle de cette riche et vaine société américaine du début du 20ème siècle, une société dans laquelle le mariage semble le seul ascenseur social pour les femmes, et dont les valeurs sont fondées sur les apparences, où l'hypocrisie semble être la principale caractéristique, avec le goût du luxe : on se snobe, on se poignarde dans le dos mais on recherche sans cesse la compagnie de ses semblables (ou qu'on croit tels) pour être vus au bon endroit au bon moment, pour être acceptés. C'est cette peinture sociale qui m'a le plus intéressée. Pour le reste, l'histoire de la pathétique Lily n'a éveillé aucune compassion en moi, son inconséquence, ses atermoiements et tergiversations m'ont agacée. Quant au style, je ne sais pas si c'est parce qu'il y a (trop) longtemps que je n'avais plus lu de "classique", mais j'ai eu du mal avec les dialogues elliptiques (je n'étais jamais sûre d'avoir compris les conversations). L'analyse psychologique est certes ciselée, mais se perd en longueurs et lourdeurs ennuyeuses et creuses, à l'image de la vie des personnages.


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Depuis le temps que je voulais lire ce roman, c'est enfin chose faite ! Je me suis encore une fois régalée avec Chez les heureux du monde, de l'auteure américaine Edith Wharton, que je connaissais déjà grâce à son livre Les Lettres.

Dans cette oeuvre qui ressemble à celles de Jane Austen, nous suivons le destin de Miss Lily Bart, jeune femme de vingt-neuf ans, dont la beauté exceptionnelle lui permet de côtoyer les plus riches familles, à commencer par les Trenor ou encore M. Rosedale, mais qui, petit à petit, va se retrouver seule dans un monde égoïste de ce début du XXème siècle...

Malgré un début difficile, sans doute à cause de l'écriture de l'édition, je me suis très vite identifiée à Lily, j'ai ressenti toutes ses émotions, ses premiers malheurs, et enfin, sa déchéance finale, comme si j'évoluais dans cette société répugnante. Heureusement, certains personnages sont restés sympathiques du début à la fin, d'ailleurs, dès les premières pages de ce roman, le lecteur a la chance de rencontrer M. Lawrence Selden, l'un des seuls qui restera fidèle à Lily, jusqu'à la dernière page, à la fois émouvante et magnifique !

Que dire de plus ? Je ne me suis pas ennuyée une seule seconde, l'intrigue était passionnante, avec un enchaînement rapide d'évènements tous aussi intéressants les uns que les autres ; bref, comme vous l'aurez constaté, j'ai adoré Chez Les Heureux du monde, que je conseillerais bien évidemment à tous...

A lire !!

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Attention coup de coeur!

Je me suis régalée avec ce roman ciselé et fin, qui m'a fait tour à tour sourire, pleurer ou penser...

Avant toute chose, j'ai été enchantée par le style. Peut-être ai-je lu trop de livres 'modernes' récemment; toujours est-il que j'ai plongé avec délices dans ces paragraphes fluides et bien construits, dans ce vocabulaire recherché et précis, toujours juste. Au travers de ses mots et de ses phrases, on devine Edith Wharton, brillante, sensible et très observatrice... Un vrai plaisir de lecture, suffisamment rare pour être souligné, d'autant que je suis habituellement bien plus attentive au fond qu'à la forme !

Bien des (belles) choses à dire au sujet du contenu, également. Miss Lilly Bart fait figure à mes yeux de pure figure de tragédie. Tiraillée entre son éducation futile et superficielle et ses idéaux de liberté, d'amour et de grandeur, elle compromet toutes ses chances de bonheur d'un côté comme de l'autre. Ainsi, c'est elle-même qui se sabote à chaque fois qu'un beau pari est prêt à l'épouser. Elle-même qui refuse de se contenter d'une une vie plus simple, independante et belle. Elle oscille en permanence entre ces deux pôles, ne parvenant pas à fixer son choix de manière durable.

Dès lors, sa dégringolade semble inéluctable. Malgré ses amis, malgré sa beauté, malgré son intelligence.

Et quelle dégringolade grandiose ! Sa chute nous fait voyager de New York à Monte-Carlo en passant par Newport. Elle nous emmène dans les salons de la haute société, chez les nouveaux riches et même à la rencontre des classes laborieuses. Elle nous dresse un panorama sans concessions de toute société humaine, entre sombres trahisons et petits travers quotidiens, sans oublier ces trésors d'amitié ou de solidarité qui subsistent parfois malgré tout.

Quel gâchis monumental que la vie de Lilly Bart, si intelligente, si belle, si honnête ! Et quel talent il a fallu à Edith Wharton pour transformer cela en un trésor de livre, à mi-chemin entre le roman d'apprentissage inversé et la peinture sociale cynique du New York de cette époque !

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(Masse critique septembre 2017)

J'aime de temps en temps déguster un classique. Je ne connaissais Edith Wharton que de nom. Certains disent qu'elle est la Jane Austen américaine. Je sais juste que j'ai eu un vrai coup de coeur pour sa plume. J'aurais dû être plus curieuse bien avant !!

« Chez les heureux du monde » conte l'histoire tragique d'une belle jeune femme, Lily Bart, qui essaie de se faire une place dans la haute société new-yorkaise au début du XX°siècle et de se conformer à son monde codifié et étouffant. Mais épouser un riche mari, devenir un « ornement délicieux », est-ce réellement un destin lorsqu'on est « trop honnête pour monnayer sa beauté » ?

Quel plaisir à lire ! Edith Wharton est avant tout une belle plume, un style très littéraire, des descriptions qui ne manquent pas de poésie, des portraits ciselés. le langage est élégant, riche. le récit est rythmé, très vivant. Alors je me suis laissée porter par les pérégrinations de Miss Bart. La bonne société de l'époque ne restait pas en place telles les cours d'antan.

Le début du XX° siècle est une période que je trouve assez fascinante. Elle préfigure notre ère tout en étant bien différente. Si son mode de fonctionnement est captivant, j'ai tout de suite envie de préciser qu'en tant que femme je suis soulagée de vivre à notre époque. La description qu' Edith Wharton en fait est parfois satirique, sa critique sans compromis. Elle dresse le portrait d'une société de privilégiés qui étouffe sous le diktat des apparences, de l'étiquette. Elle m'a donné le tournis cette société à virevolter de droite et de gauche sur le globe, à babiller sans cesse, à cultiver une hypocrisie distinguée et insensible, à dépenser énergie et rente à modeler... du vent, des frivolités, un monde de faux-semblants. Un monde que l'auteure connaît bien et qui vit ses dernières heures.

Mais ce que j'ai préféré dans ce roman ce sont les personnages, si parfaitement dessinés par l'auteure qu'ils semblent presque réels. En premier lieu, Lily bien sûr. Une femme belle, trop belle qui n'arrive pas à se résoudre à être ce à quoi elle est prédestinée : un bel ornement pour un mari riche. Non pas qu'elle n'aime pas l'argent, elle ne saurait vivre sans et ne s'en cache pas, mais une envie de liberté, un coeur qui palpite pour un homme sans fortune font qu'elle finit toujours par faire capoter ses chances de bien se marier et tous les plans élaborés avec soin. Un destin qui tourne au tragique au fil des pages. Pas de place pour les aspirations d'une belle orpheline désargentée. Ce sera une véritable descente aux enfers. Inéluctable, page après page, erreur après erreur… Partagée entre ce qu'on attend d'elle et ses sentiments, Lily ne sait pas choisir et son manque de constance la perdra. Un destin qui ne peut que toucher.

Merci beaucoup à Babelio et à Archipoche de m'avoir permis de découvrir la plume talentueuse d'Edith Wharton. Merci pour cette très belle rencontre avec Lily Bart, elle est de ces personnages qu'on emporte avec soi en fermant un livre.

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Histoire de la splendeur et de la déchéance de Lily Bart... Dans la haute société de New York du début du vingtième siècle, il ne fait guère bon vivre malgré les apparences. Si l'on veut se conformer aux règles, on peut même y perdre son identité ; c'est ce qu'Edith Wharton aura à coeur de développer magistralement tout au long de son premier roman.

Wharton a toujours écrit sur ce qu'elle connaissait le mieux : la société de l'aristocratie et de la haute bourgeoisie américaine, et plus spécifiquement new-yorkaise. Elle l'étudie, elle la dissèque sans indulgence. Bien au contraire, elle en pointe constamment les travers. L'histoire de Lily Bart lui sert donc de prétexte à dénoncer une société hypocrite, superficielle, misogyne et impitoyable. Lily en est issue, mais fait figure de parent pauvre. Elle ne peut donc mener le train de vie de ses amis, mais n'imagine de pas de vivre autrement ni ailleurs que parmi eux. Et pourtant, elle est indubitablement différente. Poursuivant un seul objectif, celui de se trouver un riche mari afin de s'assurer un avenir solide et confortable, elle est sans cesse contredite dans ses projets par son aspiration à une autre vie. Elle est sa propre ennemie.

Donc, d'une part, une volonté (ancrée depuis l'enfance dans le cerveau de Lily) de se conformer aux règles de la haute société, et, d'autre part, une envie incertaine, floue, mais bien présente, de prendre son envol et de se laisser guider par ses sentiments. Ce sont ces tiraillements constants qui vont mener petit à petit Lily à sa déchéance - à moins qu'elle ne parvienne au contraire, en perdant argent, fanfreluches et "amis", à un début d'émancipation... Ce sont ces tiraillements qu'Edith Wharton va analyser encore et encore. Par son style sous influence proustienne (les phrases de dix pages en moins), elle nous fait pénétrer dans les méandres de la psychologie des personnages, et avant tout, dans ceux de Lily. Chez Les heureux du monde, c'est un petit trésor de subtilité. Et un pamphlet féministe.

Il est, cependant, parfois malaisé pour le lecteur de comprendre les comportements de la haute société new-yorkaise : est-ce si grave de faire ceci ou cela, d'avoir été vu subrepticement en compagnie de Machin ou d'Untel, pour que la seule réponse possible demeure, toujours, l'exclusion définitive et irrémédiable de la personne prise en flagrant délit ? Si l'on est pas du monde d'Edith Wharton (comme c'est évidemment le cas de la plupart de ses lecteurs d'aujourd'hui), les codes de cette société demeurent un rien hermétiques. Ce qui, au final, renforce la critique féroce de l'auteure : cette société n'est construite que sur des artifices qui sont devenus des impératifs, au mépris de toute tentative d'épanouissement personnelle. Chez les heureux du monde, c'est donc bien plus que l'histoire tragique de Lily Bart et de l'élite new-yorkaise : c'est celle des femmes, des sociétés humaines. C'est celle des individus qui, toujours et encore, cherchent à s'épanouir dans un contexte qui les contraint impitoyablement.

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Citations et extraits (93) Voir plus Ajouter une citation

Lily jeta le billet de côté, et s’affaissa sur ses oreillers en soupirant. Oui, c’était ennuyeux de descendre à dix heures, — une heure que les hôtes de Bellomont assimilaient vaguement au lever du soleil, — et elle ne connaissait que trop bien le caractère des fastidieuses besognes en question. Miss Pragg, la secrétaire, avait été appelée au loin, et il y aurait des lettres, des invitations à écrire, des adresses égarées à rechercher, et autres corvées mondaines. Il était entendu que miss Bart devait faire l’intérim en de semblables conjonctures, et, d’habitude, elle se soumettait à cette nécessité sans murmurer aucunement.

Aujourd’hui, cependant, cela ravivait le sentiment de servitude qu’avait fait naître l’examen de son carnet de chèques, la nuit précédente. Autour d’elle, tout contribuait à lui donner des sensations d’aise et de douceur. Les fenêtres ouvertes laissaient pénétrer la fraîcheur étincelante d’une matinée de septembre, et, à travers les rameaux jaunis, elle découvrait une perspective de haies et de parterres qui menait l’œil par des degrés d’une régularité décroissante aux libres ondulations du parc. Sa femme de chambre avait allumé dans l’âtre un petit feu qui rivalisait de gaieté avec les rayons obliques du soleil sur le tapis vert mousse et venait caresser les flancs bombés d’un vieux bureau en marqueterie. Près du lit, sur une table, le plateau du déjeuner portait son argenterie et ses porcelaines harmonieuses, à côté, une touffe de violettes dans un svelte cornet de cristal, et le journal du matin plié sous les lettres. Il n’y avait rien de nouveau pour Lily dans ces menus gages d’un luxe étudié ; mais, bien qu’ils fissent partie intégrante de son atmosphère, elle n’était jamais devenue insensible à leur charme. Elle se trouvait supérieure à la pure ostentation ; mais elle sentait en elle une affinité avec toutes les manifestations plus subtiles de la richesse.

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Vous pourriez aussi bien dire que le seul moyen de ne pas penser à l'air, c'est d'en avoir assez à respirer. C'est vrai, en un sens; mais vos poumons pensent à l'air, si vous, vous n'y pensez pas. Il en va de même avec les gens riches : il se peut qu'ils ne pensent pas qu'à l'argent, mais ils ne cessent pas un instant de le respirer : transportez-les dans un autre élément, et voyez comme ils se débattent et comme ils halètent!

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- Le succès.. qu'est-ce que le succès ? Je voudrais bien connaître votre définition.

- Le succès?... (Elle hésita.) Mais c'est tirer de la vie tout ce qu'on peut en tirer, j'imagine... C'est une qualité relative, après tout... N'est-ce pas aussi votre idée du succès .

- Mon idée du succès, dit-il, c'est la liberté personnelle.

- La liberté ?... être libre de soucis ?

- Libre de tout... de l'argent et de la pauvreté, de l'aisance et de l'inquiétude, de tous les accidents matériels. Maintenir en soi une sorte de république de l'esprit, voilà ce que j'entends par le succès.

Elle se pencha en avant, avec un éclair d'intelligence :

- Je sais... je sais... c'est étrange, mais c'est tout juste ce que j'ai senti aujourd'hui.

Les yeux de Selden rencontrèrent avec une douceur cachée ceux de Lily :

- Ce sentiment est-il si rare chez vous ? dit-il.

Elle rougit un peu sous ce regard :

- Vous me méprisez terriblement, n'est-ce pas ? Mais peut-être est-ce que je n'ai jamais eu le choix. Il n'y avait personne, veux-je dire, pour me parler de la république de l'esprit.

- Il n'y a jamais personne... C'est un pays dont il faut découvrir le chemin soi-même.

- Mais je ne l'aurais jamais découvert si vous ne me l'aviez montré.

- Ah ! il y a des poteaux indicateurs... mais encore faut-il savoir les lire.

- Eh bien, je sais ! je sais maintenant ! s'écria-telle avec ardeur. Chaque fois que je vous vois, il me semble que j'épelle une des lettres de l'écriteau... et hier, hier soir, à dîner, j'ai brusquement vu un peu plus avant dans votre république.

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Mais la seule idée de cette femme qui pouvait à volonté adopter un homme, puis le rejeter, sans avoir à le considérer comme un facteur possible dans ses plans, remplissait Lily Bart d’envie. Percy Gryce l’avait rasée toute l’après-midi, rien que d’y songer semblait réveiller un écho de sa voix monotone, et pourtant elle ne pouvait l’ignorer le lendemain, il lui fallait poursuivre son succès, se soumettre à plus d’ennui encore, être prête à de nouvelles complaisances, à de nouvelles souplesses, et tout cela dans l’unique espoir que finalement il se déciderait peut-être à lui faire l’honneur de la raser à vie.

C’était un destin haïssable; mais comment s’y soustraire? Quel choix avait-elle?

P46

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Selden repoussa son chapeau en arrière et la regarda de côté.

- Le succès… qu’est-ce que le succès ? Je voudrais bien connaître votre définition.

- Le succès ?… (Elle hésita.) Mais c’est tirer de la vie tout ce qu’on peut en tirer, j’imagine… C’est une qualité relative, après tout… N’est-ce pas aussi votre idée du succès ?

- Mon idée ?… à Dieu ne plaise !

Il redressa le buste avec une énergie soudaine, appuyant ses coudes sur ses genoux, et, les yeux fixés sur le paysage harmonieux :

- Mon idée du succès, - dit-il, - c’est la liberté personnelle.

- La liberté ?… être libre de soucis ?

- Libre de tout… de l’argent et de la pauvreté, de l’aisance et de l’inquiétude, de tous les accidents matériels. Maintenir en soi une sorte de république de l’esprit, voilà ce que j’entends par le succès.

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L'écrivaine Edith Wharton, première femme à avoir obtenu le Prix Pulitzer, et sa nouvelle "Ethan Frome" sont au menu de ce Book Club, avec, pour en parler, l'écrivain Laurent Mauvignier et la traductrice et enseignante Julie Wolkenstein.
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