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Marion Mainwaring (Éditeur scientifique)Gabrielle Rolin (Traducteur)
ISBN : 2264028025
Éditeur : 10-18 (24/08/2005)

Note moyenne : 4.26/5 (sur 76 notes)
Résumé :
"Les Boucanières est l'ultime roman inachevé de la grande Wharton. Un délice." - Frédéric Vitoux, Le Nouvel Observateur

"Le mariage, l'amour, l'argent : tels sont les dieux capricieux qui mènent par la main les boucanières, cette bande de ravissantes qui évoque, avant Proust, "une branche chargée de fleurs" (...) Fille d'un divorcé, planteur de café au Brésil, Conchita Closson se poudre à dix-sept ans, fume des cigarettes en faisant des ronds et promè... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Colchik
  04 août 2017
Quelle description plus acide de l'aristocratie anglaise avons-nous eue avant Les Boucanières ? Il faudrait chercher peut-être du côté de Vita Sackville-West et de son Toute passion abolie. Et sans doute ne pas oublier les romans de Jane Austen et La Foire aux vanités de William Thackeray. Voici donc cinq jeunes filles américaines issues de familles parvenues, dont les pères ont bâti des fortunes rapides et instables à Wall Street, grâce à d'habiles coups de bourse. Cinq débutantes que les milieux huppés de New York boudent car leur ascension sociale est trop fraîche et leurs géniteurs peu distingués. Les aînées du groupe, Virginia St. George et Liz Elmsworth sont deux beautés, l'une blonde et l'autre brune. Si Jinny se caractérise par son égoïsme et sa vanité, Lizzy se révèle par un sang-froid à toute épreuve et une ambition démesurée. Leurs cadettes, Annabel St. George et Mabel Elmsworth ne possèdent pas leur allure, mais la première est sensible et piquante tandis que la seconde possède un sens pratique redoutable. Quant au cinquième membre du groupe, il s'agit de Conchita Clossom, une rousse à la peau mat et aux yeux ensorcelants dont la joie de vivre et l'appétit de plaisirs vont de pair avec une inaltérable bonne humeur. La gouvernante anglaise de Nan, Miss Testvalley, contient tant bien que mal les manières de ces jeunes Américaines dont la liberté de comportement l'étonne.
le mariage précipité de Conchita avec Lord Richard Marable, un aristocrate anglais désargenté et viveur, fils cadet d'une prestigieuse lignée, l'amène à quitter les États-Unis pour l'Angleterre. Sur les conseils de Miss Testvalley, Mrs. St. George gagne Londres à l'approche de la saison estivale car les farces de Dick Marable ont compromis l'entrée dans le monde de ses filles. Ce que l'on ne pardonne pas dans les riches familles new-yorkaises pourra peut-être passer pour de l'excentricité culturelle dans le milieu aristocratique anglais. Mrs. St. George est bientôt rejointe par Mrs. Elmsworth, Lizzy et Mabel. La chasse aux beaux partis peut alors commencer sur les conseils avisés de Miss Testvalley qui connaît l'aristocratie anglaise mieux que quiconque pour avoir éduqué beaucoup de ses rejetons, mais aussi grâce à l'entregent de Miss March, une Américaine qui est parvenue à s'introduire dans le milieu très fermé de la noblesse. le calamiteux mariage de Conchita sert de cheval de Troie pour pénétrer ce monde ; la beauté, la séduction, l'énergie du petit groupe font merveille dans un milieu sclérosé par l'endogamie. Bientôt, Lord Seadow demande en mariage Jinny (ou plus exactement Lizzy opère un renversement de situation qui aboutit à cette conclusion), la trop jeune Nan épouse le duc de Tintagel et Lizzy se marie avec un député conservateur très ambitieux, tandis que Mabel, de retour aux États-Unis, épouse un vieux milliardaire.
Au point où nous en sommes, nous pourrions considérer ce roman comme un conte de fées, au pire une bluette. Ce serait ignorer l'essentiel. Derrière ces mariages brillants que voyons-nous ? Une aristocratie anglaise qui a besoin de redorer ses blasons et pour qui les dots de ces Américaines fortunées apporteront un répit dans la course aux subsides. Lady Brigthlingsea, la mère de Seadow, voit dans le mariage de son fils deux opportunités : le débarrasser de la liaison scandaleuse qu'il entretient avec Lady Churt et trouver des fonds pour l'entretien ruineux d'Allfriars. La duchesse douairière de Tintagel méprise sa belle-fille, mais ce qui lui importe c'est qu'elle assure la descendance de la lignée, ce que compromet Nan par sa fausse couche et par son refus d'accomplir le devoir conjugal. Quant à Dick Marable, il laisse sa femme traiter avec les créanciers pendant qu'il court les tables de jeu et les jupons. Aux stratégies des mères et des filles américaines répondent les spéculations des mères et des fils anglais. le député Hector Robinson a reconnu en Lizzy une femme capable de servir son ambition politique, mais aussi de l'introduire – par ses relations – dans le milieu aristocratique où il pourra nouer les alliances indispensables à une brillante carrière politique.
Laura Testvalley est la figure révélatrice de l'envers du décor. Payée chichement par les familles aristocratiques dont elle élève la progéniture, elle fait le pari d'émigrer aux États-Unis et de vendre à prix d'or son savoir-faire. Cela marche et elle commence à se dire qu'elle pourrait damer le pion à bien des mères anglaises en introduisant ses « boucanières », ses pirates, ses bandits dans la haute société. Et puis, avec le temps, des femmes comme Jinny peuvent se révéler plus sang bleu que le sang bleu, tenir leur rang avec classe et même obtenir les faveurs du prince de Galles.
Mais ce qui peut paraître un défi pour des filles coriaces comme Conchita, Jinny, Lizzy ou encore Mabel s'avère une catastrophe pour une nature sensible comme Nan. Trop jeune, peu aguerrie aux jeux de la séduction, douée d'une imagination vive et nourrie de romantisme, elle épouse le duc de Tintagel sans mesurer le formatage qui l'attend. À peine sortie de l'adolescence, elle est broyée par le protocole qui régit les existences à Longlands, Tintagel ou Folyat House. Écrasée par les décors imposants dans lesquels elle vit, méprisée par une belle-mère incapable de comprendre l'effroi que peut susciter la lourdeur des obligations, incomprise par un mari faible et cependant autoritaire, elle s'enfonce dans la dépression. Trop jeune et inexpérimentée, elle ne peut manipuler les hommes comme Conchita ou les subjuguer comme Jinny. Elle n'a pas non plus les ressources d'une Lizzy qui sait s'adapter aux circonstances pour faire face aux revers de situation. Celle qui peut comprendre Nan est sa chère Miss Testvalley. Les seuls contradicteurs de l'ordre social sont Annabel et Guy Thwarte, le fils de Lord Hemsley. Ils se rencontrent à Honourslove (prémonitoire), partagent le même goût pour les vieilles pierres, la peinture, la poésie mais, surtout, la même exigence de droiture, d'engagement altruiste (l'une auprès des pauvres et l'autre auprès des travailleurs des mines de son beau-père), ils ressentent une réelle empathie pour leur prochain. Ils sont faits pour se reconnaître et s'aimer, le sentent confusément et se perdent. Il leur faudra éprouver leurs sentiments, Annabel auprès d'Ushant et Guy auprès de Paquita, connaître des désillusions et vivre le sentiment douloureux de l'amour dissimulé pour accepter de se rejoindre. Cela au prix du scandale, de l'opprobre de leur milieu.
Edith Wharton ne cache rien de la condition qui est faite aux femmes à la fin du 19e siècle. Riches, ce sont des proies faciles à attirer. Pauvres, comme Laura Testvalley, elles triment pour subvenir aux besoins de leur famille, subissent les manoeuvres de séducteurs peu scrupuleux, et doivent souvent renoncer au bonheur quand il se présente. Célibataires, elles jouent les faire-valoir et les entremetteuses (Miss March). Divorcées, elles font figure de déclassées scandaleuses (Mrs. Closson, la soeur d'Anthony Grant-Johnston). Mariées, elles se taisent devant les frasques de leur mari (Mrs. St. George, Conchita), doivent se plier à ses exigences (Nan) quand il tient solidement les cordons de la bourse et peut faire appel à la loi pour le respect des obligations du mariage. Les boucanières sont des pirates, mais elles ne font que se tailler leur part du butin dans une bataille impitoyable où les hommes continuent à asseoir leur domination. La jeune fille américaine des années 1870 n'est-elle pas le prototype d'une révolution féminine à venir ?
Les cinq derniers chapitres ont été écrits par Marion Mainwaring à partir des notes laissées par Edith Wharton. Peut-être le style y est-il moins enlevé, mais qu'importe. La traduction de Gabrielle Rolin est un régal et fait justice à la vivacité de l'écriture de l'auteur et à un récit haut en couleur.
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ElizaLectures
  22 août 2012
Dans les années 1880, à Saragota, en pleine saison des courses, quatre jeunes filles de la haute bourgeoisie américaine tentent de percer dans la société new-yorkaise. Malgré la richesse de leurs pères respectifs, les jeunes Virginia et Annabelle St. George, Elizabeth et Mabel Elmsworth ne sont cependant pas dans les invitations des soirées mondaines. Dans l'esprit de leurs mères, la fréquentation de la jeune Conchita Closson, dont la famille demeure entachée d'un soupçon de scandale, n'est pas de nature à améliorer leurs chances. Et pourtant, la douce et aimable Conchita se fiance bientôt à Lord Richard Marable, cadet dissipé d'une famille anglaise, et les jeunes mariés partent vivre en Angleterre. La nouvelle gouvernante des St. George, Miss Laura Testvalley propose alors de passer une saison à Londres, pour donner une nouvelle chance aux jeunes filles. Les Elsmworth les rejoignent bientôt. Accueillies et guidées par la nouvelle Lady Marable, les quatre Américaines vont bousculer le milieu calme et engoncé de la haute société, et y trouver un succès qu'elles n'auraient même pas espéré à New York, couronné par des mariages fastueux. Mais cette réussite sociale exceptionnelle sera-t-elle vraiment source de bonheur pour nos Boucanières ? La liberté de ton de ces Américaines pourra-t-elle s'accommoder des traditions britanniques ?

Ce roman riche et foisonnant reprend le thème très prisé par Henry James de la rencontre entre la nouvelle Amérique et la vieille Europe. Cette opposition est encore renforcée par le choix de personnages féminins pour les Américains et de personnages presque exclusivement masculins pour les Anglais. Edith Wharton ne s'intéresse d'ailleurs que peu aux hommes dans ce récit, excepté les Thwarte, père et fils, confidents et amis respectifs de Miss Testvalley et d'Annabelle. le roman se divise en quatre parties, chacune distante des autres de quelques années. On suit donc l'évolution de ces cinq jeunes filles pendant une période assez longue, qui permet à l'auteur de nous décrire la suite de ces mariages. Alors que le début du roman met plutôt en avant Virginia St. George, l'image de la jeune femme accomplie, au détriment de ses compagnes qui n'ont ni son esprit ni sa beauté, c'est finalement sur sa soeur Annabelle que l'auteur s'attardera, par le biais de sa gouvernante. Miss Laura Testvalley apporte une touche artistique et presque exotique dans ce roman : appartenant à la famille Testaviglia, elle est la cousine du peintre Dante Gabriele Rossetti, et initie Annabelle à la sensibilité préraphaélite. C'est une femme de caractère, profondément droite sans être puritaine, intelligente et cultivée, qui nourrit toute sa famille avec son emploi de gouvernante. Sans en dire plus sur la toute fin du roman, j'ai été très touchée par son dernier choix, profondément altruiste et qui en fait à mes yeux le personnage le plus intéressant du roman. Son influence sera très bénéfique pour Annabelle, que Mme St. George délaissait au profit de son aînée (le choix d'une gouvernante était pour elle une manifestation de rang social plus qu'une nécessité). Plutôt réservée et considérée comme une enfant au début du roman, Annabelle est celle qui, presque par surprise, accède au plus haut rang social et qui a pourtant le caractère le moins approprié pour supporter la rigidité du protocole. Profondément réceptive à la beauté sauvage de la nature anglaise, elle s'épanouit dans les ruines du château du duc de Tintagel (quel beau choix de nom !). On assiste avec beaucoup d'émotion à l'éveil de ses sentiments et à ses luttes intérieures. Et parce qu'elle est totalement inconsciente de l'enjeu de son rang et des devoirs qui lui incombent, c'est d'elle que viendra l'action la plus répréhensible aux yeux de la société.

La rigidité des règles de la vie sociale constituent cette fois encore le ciment de l'histoire. Qu'il s'agisse de faire son entrée dans le monde, d'être courtisée ou bien encore de son comportement avec son mari, les héroïnes sont sans cesse confrontées à ce qu'elles devraient faire ou à la façon dont elles devraient agir, en vertu de règles ancestrales établies par la bonne société. Leur nationalité leur confère un statut d'étrangères qui les rend très hermétiques à ce code de bonne conduite. Cette excuse permet à Edith Wharton de montrer combien ces règles peuvent s'avérer nocives pour l'épanouissement d'un caractère fragile et irréconciliables avec la violence des sentiments à laquelle nous pouvons tous être confrontés. Chez Edith Wharton, il semblerait bien que la complexité de la vie se reflète dans les destins souvent tragiques de ses héroïnes. Pourtant, le destin des Boucanières est bien moins dramatique que celui de Lily Bart dans Chez les heureux du monde. Toutes ne connaîtront pas la déception d'Annabelle et la fin du roman nous offre quelques beaux exemples d'entente conjugale.

Il faut préciser que ce roman était inachevé et qu'il a été terminé, dans l'édition Livre de poche, par Marion Mainwaring en 1993, après avoir classé et analysé toutes les notes laissées par Edith Wharton en préparation de ce roman. L'histoire est donc celle qu'avait imaginée l'auteur, jusqu'au bout. Il serait injuste de ma part de dire que j'ai ressenti à la lecture ce changement de plume. On se rend bien compte qu'il manque aux cent dernières pages cette élégance distante dans l'expression des pensées et des ressorts de nos héroïnes. Néanmoins, cela n'a en rien gâché ma lecture.
Ce roman a été plus qu'un coup de coeur : il entre sans conteste dans la short-list de mes romans préférés. Bruissement de robes, propos frivoles et éclats de rire en cascade ne parviennent pas à masquer la révolte d'Edith Wharton face à un monde corseté dans lequel elle ne s'est jamais retrouvée. La richesse de ce roman, l'exubérance de ses personnages et la palette des émotions qui s'y déploient, sous la plume claire et élégante de l'auteur, en font un moment de lecture incomparable.

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Titine75
  01 février 2011
Les boucanières ” est le dernier roman de Edith Wharton, elle le laissa inachevé à sa mort en 1937. Il fut terminé par Marion Mainwaring, spécialiste de l'écrivain, grâce à un synopsis détaillé. Cette dernière oeuvre est une fresque se déroulant entre 1873 et 1877.
L'histoire s'ouvre à Saratoga, à l'hôtel Grand Union où séjournent les familles St George et Elmsworth. Les mères de ces deux familles pensent à l'avenir de leurs filles, à leur entrée dans le monde. Virginia St George, d'une beauté saisissante, Lizzy et Mabel Elmsworth ont hâte d'exposer leurs atours et de commencer leur vie de femmes. Nan St George est la plus jeune, elle s'inquiète plus de l'arrivée de sa nouvelle gouvernante que de ses toilettes. Miss Testvalley, la gouvernante, vient d'Angleterre et sa présence va modifier la vie des petites américaines. Grâce à elle, Conchita Closson, l'infréquentable amie de Nan car brésilienne et ayant une mère divorcée, épouse un lord : Sir Richard Marable. Les cinq filles partent alors dans l'ancien monde pour le conquérir et élever leur niveau social. Les cinq boucanières se serrent les coudes, se soutiennent face à un monde codifié et peu indulgent.
Suivant une thématique chère à son ami Henry James, Edith Wharton confronte l'ancien et le nouveau monde. C'était déjà le cas dans “Le temps de l'innocence” mais c'est le vieux continent, incarné par la comtesse Olenska, qui venait s'installer dans le nouveau monde. Ici nos cinq boucanières viennent à Londres avec la ferme intention de se trouver des maris dans la haute société. Ce monde figé et corseté est assez surpris par l'attitude de ces jeunes femmes libres et pétillantes. Les vieilles ladies acceptent mal le peu de retenue des américaines. C'est le cas de la mère de Sir Richard Marable qui n'admet pas l'agitation de sa bru, Conchita. Une amie lui explique alors : “N'oubliez pas qu'il leur manque l'exemple que seule une cour royale peut donner. Mais certains d'entre eux apprennent très vite à se conduire.” Les cinq boucanières s'adapteront d'ailleurs plus ou moins à la rigidité de l'arictocratie anglaise. Conchita est la première à épouser un lord mais son mariage est rapidement catastrophique puisque son mari ne sait faire que des dettes. Virginia épouse le comte Seadow, futur marquis, et prend son rôle très à coeur. Son ambition sociale dévorante l'amènera à ignorer les souffrances de sa soeur. Lizzy Elmsworth se marie à un homme politique qui, grâce à l'intelligence de sa femme, est appelé à devenir premier ministre. Mabel Elsmworth est la seule à épouser un américain mais qui est multimilliardaire. Enfin, Nan épouse le duc de Tintagel mais le mariage ne dure pas. Il s'agit d'un malentendu, le duc épouse Nan car elle se moque de son titre, elle est fraîche et naïve. Nan se croit dans un poème du moyen-âge ou dans la légende du roi Arthur. Sa sensibilité exacerbée ne cadre pas avec la froideur, la rigidité des moeurs ducales. L'incompréhension entre les deux mondes est totale. Les hommes ne sont d'ailleurs pas à la hauteur dans ce roman et le duc de Tintagel ne fait pas exception. Séduits par la beauté, la vivacité et l'énergie des américaines, ils sont ensuite bien incapables de les comprendre.
Mais Edith Wharton est plus clémente avec Nan St George qu'avec Newland Archer dans “Le temps de l'innocence”. Ce dernier se pliait aux volontés de son monde, de son clan. Il épousait May Welland comme le souhaitait sa famille alors qu'il aimait la comtesse Olenska. Nan ne sacrifie pas sa vie pour faire plaisir à sa mère ou sa soeur. Son bonheur passe avant le rang social et elle n'hésite pas à demander le divorce au duc de Tintagel. Bien entendu, le geste n'est pas sans conséquence puisqu'elle doit quitter l'Angleterre et subir la désapprobation de sa famille. Mais Nan, la rêveuse, est prête à payer ce prix pour réussir sa vie personnelle. La vie de Edith Wharton n'est sans doute pas étrangère au dénouement “Des boucanières”. Après avoir épousé Edward Robin Wharton à l'âge de 23 ans, elle divorce en 1913 et trouve l'amour à Paris auprès du journaliste Morton Fullerton. A l'époque, elle est une des rares femmes à être libérée du joug du mariage. Il semble qu'elle ait eu envie de libérer également ses personnages !
Les boucanières” est un roman sublime, le talent de Edith Wharton y est à son apogée. Son écriture délicate, subtile fait merveille. L'auteur jette un regard nostalgique et ironique sur l'ancien et le nouveau monde. C'est avec un immense plaisir que j'ai suivi les péripéties de nos cinq boucanières et admiré une nouvelle fois la richesse de l'univers de Mrs Wharton.
Lien : http://plaisirsacultiver.unb..
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AliceFee
  26 mars 2012
• Mlle Alice, pouvez-vous nous raconter votre rencontre avec Les Boucanières?
"J'avais décidé de découvrir Edith Wharton dont j'entendais souvent parler et j'avais d'ailleurs d'ores et déjà intégré Chez les Heureux du Monde à ma PAL, mais lorsque j'ai vu celui-ci, je l'ai trouvé beau et je me suis dit que pour se faire un avis sur un auteur, mieux valait lire deux de ses oeuvres qu'une seule!"

• Dites-nous en un peu plus sur son histoire...
"Cinq jeunes américaines à la recherche de maris et boudées par la bonne société New-Yorkaise, débarquent à Londres, bien décidées à s'y faire une place..."

• Mais que s'est-il exactement passé entre vous?
"J'ai été heureuse de retrouver la magnifique plume d'Edith Wharton! J'ai finalement bien fait de lire deux de ses livres, parce qu'après le premier, d'une si grande tristesse, je n'aurais pas eu le courage de m'y remettre si je n'avais pas déjà eu cet ouvrage-ci en ma possession, et ça aurait été fort dommage! J'ai passé de très agréables moments en compagnie de ces américaines qui viennent un peu rafraîchir et choquer, à notre grand plaisir, la vieille aristrocratie anglaise! Les changements de tons sont assez fréquents et on a parfois l'impression de lire une chronique plus qu'un roman, ce qui change un peu finalement. J'avoue tout de même une préférence pour la première moitié du livre, bien plus gaie! Il semble que l'auteur est décidemment bien du mal à attibuer des destins heureux à ses héroïnes..."
• Et comment cela s'est-il fini?

"Cette deuxième tentative m'incite à vouloir en découvrir plus chez Edith Wharton. Cependant, ce ne sont décidemment pas les fins que je préfère chez elle, et ici, alors même que l'oeuvre inachevée de l'auteur a été terminé par une autre dame, j'ai l'impression alors que je referme les dernières pages, qu'il manque encore quelque chose!"

Lien : http://booksaremywonderland...
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lacazavent
  31 août 2016
On dit de ce roman qu' il est inachevé, inachevé et pourtant peu avant sa mort Edith Warthon avait eu le temps d' écrire, de revoir et de corriger la quasi totalité de cet ouvrage mis à part le tout dernier chapitre dont elle avait rédigé un plan détaillé. Dans cet édition ce dernier chapitre a été rédigé, il n'est d' ailleurs pas indispensable à l' histoire et j'aurais presque préféré que l' éditeur y insère le plan détaillé rédigé par l' auteur.
Ceci mis à part, c'était la première fois que je lisais un ouvrage d' Edith Wharton littéralement je suis tombée sous le charme. L' écriture est très belle, elle procède par petite touche donnant au texte beauté, subtilité et mordant. Les personnages bien que parfois un peu caricaturaux sont extrêmement attachants. le ton léger et plein d' allant se rapprocherait presque d' une longue chronique de journaux.
Une lecture savoureuse et une auteure que j'ai hâte de relire.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
LillyLilly   11 décembre 2010
Cette jeune femme qui, selon toute apparence, était aujourd'hui (depuis deux ans), Annabel Tintagel avait été auparavant Annabel St. George et la personnalité d'Annabel St. George, son visage, sa voix, ses goûts et dégouts, ses souvenirs, ses sautes d'humeur constituaient une petite réalité vacillante qui, bien que proche de la nouvelle Annabel, n'en faisait pas partie, ne se fondait pas, pour former une Annabel centrale, avec la doublure étrangère qui, dans la chambre Corrège de Longlands, face aux jardins privés de la duchesse, aspirait à n'être qu'une personne. A certains moments, la quête de sa véritable identité l'inquiétait ou la décourageait à tel point qu'elle était heureuse d'y échapper pour remplir automatiquement les devoirs de sa nouvelle condition. Mais pendant les intervalles, elle s'acharnait à se cherche et ne se trouvait pas.
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WilkinsonWilkinson   04 septembre 2015
"[...]la plus grande erreur, c'est de croire que nous savons toujours pour quelle raison nous agissons...Sans doute le maximum que nous puissions savoir consiste-t-il dans ce que les vieilles gens appellent "l'expérience". Mais celui ou celle qui l'acquiert n'est plus la personne qui a accompli des actes incompréhensibles. Je suppose que tout le problème vient de ce que nous changeons à chaque instant alors que nos actions, elles, demeurent."
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ogressedeparisogressedeparis   01 octobre 2012
Peut-on, par exemple, imaginer quelque chose de plus joli ou qui convienne mieux à une dame qu'une jupe d'alpaga noir, drapée un peu comme la tenture d'une fenêtre, révélant une seconde jupe de serge pourpre, le tout surmonté d'une jaquette de popeline noire, à manches larges, garnie de mousseline aux poignets, et d'un petit canotier, comme celui que, sur son portrait , l'impératrice Eugénie portait à la plage de Biarritz?
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pasiondelalecturapasiondelalectura   28 avril 2014
La gouvernante (anglaise) avait constaté que les fleurs ne poussaient pas en abondance aux États-Unis, du moins pas en été. En hiver, à New York, elles s'entassaient à la vitrine des fleuristes: fougères plumeuses, lilas mauves, roses géantes rouges ou crème, que les riches s'envoyaient les uns aux autres dans de longues boîtes en carton blanc. Quelles moeurs étranges ! Les dames qui échangeaient en plein hiver ces cadeaux ruineux vivaient tout l'été sans une fleur, ou rien de mieux qu'une touffe de verdure rabougrie devant leur porte, voire un pied ou deux des inévitables hortensias. (page 72)
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ogressedeparisogressedeparis   01 octobre 2012
Ma foi, je reconnais que nous avons le flirt dans le sang et chez nous, personne ne condamnerait une fille pour une telle vétille.
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Videos de Edith Wharton (30) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Edith Wharton
Des Américaines à Paris de Gérard Bonal aux éditions Tallandier
Mary Cassatt, Natalie Barney, Renée Vivien, Winnaretta Singer, Isadora Duncan, Gertrude Stein, Alice Toklas, Romaine Brooks, Edith Wharton, Anne Morgan, les soeurs Klumpke? le Paris de la Belle Époque vibre sous les assauts de ces Américaines éprises de liberté. Elles sont riches, artistes, philanthropes. Elles peignent, écrivent, dansent, jouent de la musique, tiennent salon, aiment. Paris est une fête pour ces femmes aux moeurs libres qui fuient l?Amérique puritaine. le salon de la princesse de Polignac où se retrouve toute l?avant-garde musicale, Fauré, Ravel et Debussy ; l?atelier de la rue de Fleurus où Gertrude Stein arbitre le match Picasso-Matisse ; le temple de l?amitié de Natalie Barney, rue Jacob, où l?on croise Colette, André Gide, Ernest Hemingway, Adrienne Monnier, Jean Cocteau? Autant de lieux qu?elles ont rendus célèbres dans le monde entier grâce à leur énergie et leur talent.
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