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ISBN : 2728805148
Éditeur : Ulm (21/02/2015)

Note moyenne : 5/5 (sur 1 notes)
Résumé :
Cris rassemble les nouvelles de la période du 4 mai 1919 où s’épanouit le mouvement pour la Nouvelle culture, qui revendique l’usage de la langue vernaculaire et s’en prend au moralisme confucéen. Certaines d’entre elles, comme le « Journal d’un fou », publiée dans Nouvelle jeunesse en 1918, ou « L’édifiante histoire d’A-Q », sont devenues canoniques. D’autres, comme « Terre natale » ou « L’opéra de village », représentent sur un mode élégiaque la Chine rurale du ba... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
steka
  22 mai 2015
Lu Xun est le plus grand écrivain chinois du Vingtième siècle. Voilà une affirmation qui pourrait paraître pour le moins tendancieuse, voir carrément excessive. Pourtant, sauf découverte assez peu probable d'une oeuvre demeurée inconnue jusqu'à cette date, il se trouvera assez peu de monde en mesure de la contester sérieusement.
Lu Xun en aurait été lui-même le premier surpris et pour qui connait un peu le personnage, il en aurait même été fortement déçu car ce constat va tout à fait à l'encontre de ce qu'il espérait pour la Chine, pour son évolution. Mais le pessimisme que lui-même se reprochait constamment, qu'il considérait comme une sorte de tare accrochée à sa personnalité, comme un frein, s'est finalement révélé parfaitement fondé. La Chine du XXème siècle s'est démontrée comme un espace fort peu favorable à la création littéraire sous quelque forme que ce soit et au-delà à la liberté d'esprit.
Pour qui connait la grande richesse culturelle passée du monde chinois, il a en effet quelques raisons de s'en surprendre. Après tout, les deux précédents millénaires n'avaient eux-mêmes laissés qu'une place assez restreinte à la liberté des idées : les dynasties impériales qui s'y sont succédées estimant toujours que la volonté de vouloir penser par soi-même était une manifestation extrêmement fâcheuse qu'il fallait restreindre à tous prix.
Pourtant, seule la bureaucratie totalitaire d'inspiration Orwellienne qui prit le pouvoir en Chine quelque temps après la mort de Lu Xun, semble y être pleinement parvenue ; faisant table rase de la culture dans un processus de destruction permanent qui se poursuit encore aujourd'hui. Ne laissant place qu'à quelques balbutiements protestataires immédiatement réprimés.
Reste donc, quasiment comme seul rescapé de son siècle en Chine en tant que pensée autonome, Lu Xun ; qui à lui tout seul doit donc se faire la voix de cette détresse et d'une certaine manière du silence de tous les autres. Ne pouvant plus le faire taire, la domination en Chine s'est donc beaucoup préoccupé de le falsifier et de déformer sa parole dans ses Éditions d'État ; allant même jusqu'à lui faire faire, post-mortem, l'éloge du « grand timonier ».
Tentant de garder le contrôle jusque sur les différentes traductions parues dans le monde en les confiant à des affidés du système ; pour l'affadir et en retirer le potentiel subversif.
Il est donc difficile de découvrir le vrai Lu Xun, sa grandeur discrète derrière la statuaire officielle.
Ce recueil de ses principaux textes en est l'occasion idéale.
"A partir de ce moment-là je goûtai un ennui que je n'avais jamais éprouvé. A l'époque je n'en comprenais pas la raison ; ensuite il me sembla qu'il s'expliquait ainsi : si les propositions de quelqu'un rencontrent l'approbation, il sera encouragé à avancer, si elles rencontrent l'opposition, il sera encouragé à lutter, mais si ses cris, lancés parmi des inconnus, ne suscitent aucune réaction, dans un sens ou dans l'autre, il se retrouve impuissant au milieu d'une terre vaine infinie - quelle tristesse ! Alors, je donnai à ce que j'éprouvais le nom de solitude."
Lu Xun dans « Cris »
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
stekasteka   24 mai 2015
Préface à l'édition anglaise de "Mauvaises herbes" (novembre 1931)
Ainsi, on pourrait dire que la plupart de ces textes sont de petites fleurs pâles abandonnées au bord de l'enfer; ils ne sont évidemment pas beaux. Mais même cet enfer, nous allions devoir le perdre. C'est ce que je compris en observant de près les discours et le ton de quelques héros éloquents et farouches qui n'avaient pas encore, alors, pleinement réalisé leurs ambitions. C'est alors que j'écrivis "Le bon enfer perdu".
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stekasteka   19 janvier 2015
Chez Lu Xun, le pessimisme radical de la pensée se conjugue avec l’optimisme de la volonté. Le désespoir est la seule certitude raisonnable ; l’absence d’espoir ne saurait toutefois justifier l’inaction. Il faut donc marcher. (Simon Leys)



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stekasteka   22 mai 2015
Cependant, pourquoi suis-je si seul à présent ? Est-il possible que même la jeunesse du monde se soit évanouie, que tous les jeunes aient sombré dans la vieillesse ?
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Video de Lu Xun (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Lu Xun
Interview with Zhou Lingfei, Lu Xun's grandson
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