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EAN : 9782266254830
160 pages
Éditeur : Pocket (02/06/2016)

Note moyenne : 3.14/5 (sur 11 notes)
Résumé :
Gaby Bobobska aura trente-neuf ans dans trois jours. Quand il apprend à la radio que c'est précisément la moitié de la vie d'un homme (du moins selon les statistiques), il décide de tirer sa révérence pour son anniversaire, car Gaby a le cœur gros et promène un chagrin d'amour aussi lourd que sa carcasse de cent soixante-dix kilos. Il vide son compte en banque et s'embarque dans une ultime virée pour partir en beauté, essayant de satisfaire, enfin, son gigantesque a... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Lademoiselleauxcerfs
  30 novembre 2016
Gaby est un homme en surpoids, il n'en a pas toujours été ainsi. Lorsqu'il était plus jeune, son coeur battait pour une charmante vendeuse en boulangerie chez qui il se rendait. Les aller-retour dans ce lieu si gourmand lui ont valu quelques kilos en plus, et de pire en pire. À 39 ans moins un jour, une grande remise en question sur lui-même est exposée. L'homme meurt approximativement aux alentours de 78 ans. Peut-il continuer cette vie avec ces 170 kilos ?
Gaby est un homme assez triste et allergique au bonheur. Son poids ne lui facilite guère la vie. Je me suis prise d'amitié pour cet homme auquel la joie n'est pas au rendez-vous. Ce personnage semble si tendre avec tant d'amour à donner. Je dirais même que j'ai eu compassion de lui. Mon coeur se brisait lorsqu'il se sentait triste. J'aurai voulu aidé Gaby et lui donner un peu de bonheur.
Le rythme est constant durant toute la lecture. L'auteur sait captiver le lecteur durant toute l'histoire grâce aux mots agréablement bien utilisés. La plume de François d'Épenoux est intéressante dans le sens où ce livre simple devient vite une lecture spéciale et belle. le seul petit reproche que j'aurai à faire est qu'il ne se passe pas grand chose et que cela ralentit par moment le rythme.
Ce petit roman a de fortes chances de faire son effet à des lecteurs en quête de légèreté. L'auteur a fait un travail très doux et très reposant sur un sujet plutôt triste qu'est l'obésité. Il l'a abordé de manière caricaturale parfois, très métaphorique également (et les métaphores étaient vraiment sublimes). Ce petit livre est reposant et il l'est encore plus lorsque le lecteur s'attache au personnage principal.
Ce mois-ci a été plutôt chaotique dans mes lectures mais je suis ravie de voir qu'un roman de 148 pages a su relever le niveau. Après des livres que je n'ai pas aimés, je cherchais quelque chose de frais et de léger que François d'Épenoux a su m'offrir. Je suis ravie de finir le mois en beauté.
Lien : https://lademoiselleauxcerfs..
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Patroth
  17 janvier 2021
Petit roman qui se lit plutôt vite ; même si c'est plutôt léger , l'histoire est un peu triste au final , le sujet aborde l'obésité , mais aussi les regrets que l'on peut avoir pour ne pas avoir "Oser" ...
le personnage principal est assez attachant et sympathique ...
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fabriceverdure
  23 août 2020
Belle écriture, la volonté de plaire à une personne sans lui dire mais en se laissant prendre par le tourbillon de manger frénétiquement... joli voyage entre réel, espoir de vivre et avouer ses sentiments sans qu'ils soient trop tard.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
genougenou   11 septembre 2016
Retour une heure auparavant. Nous sommes le 20 septembre 2002, un dimanche. Comme il le fait une fois l'an, Gaby a gagné Versailles pour se rendre au chevet de la vieille femme, maintenant septuagé¬naire. Le voilà garé devant les grilles du parc. Du haut de leur majesté, les cèdres ancestraux semblent narguer la condition humaine des visiteurs, dont l'existence ne se mesure qu'en piètres décennies. L'endroit est assez luxueux, une sorte de résidence des flots bleus avec vue imprenable sur la mort.
Au rendez-vous fixé, Gaby frappe à la porte, entre dans le studio et se dit voilà : j'ai devant moi le balu¬chon du dernier voyage, toute une vie dans une pièce, quatre pans de mur noués autour d'une canne de vagabonde sédentaire. Autour de lui, quelques lointains portraits de proches, deux ou trois meubles de famille, des bonbons et des cachets, un téléphone à grosses touches semblable à ceux que l'on offre aux enfants en phase d'éveil. Au milieu trône un lit.
«Gaby, c'est toi ?» demande une voix venue de l'extérieur.
Gaby trouve que ça pue, sans doute l'odeur rance des brioches qu'elle n'a pas touchées, le jus acide des fruits maintenant pourris dans lesquels elle n'a pas osé mordre. Toute cette vie déjà périmée. C'est trop tard, à présent, voilà ce qu'il pense. Va falloir qu'elle laisse derrière elle tous ces jolis souvenirs. Va falloir qu'elle parte, en somme. En prenant soin d'avaler ses médicaments, d'être à l'heure pour le dîner - ce soir c'est fête, il y a du flan aux cerises - et de faire un petit pipi avant d'aller se coucher pour une poi¬gnée d'heures, ou de siècles, ce sera selon.
«Gaby ?»
Gaby lui en veut de lui jeter à la gueule l'image de ce qu'il va devenir un jour. Pour le reste, il est content de lui avoir trouvé une place dans cet éta¬blissement de bonne tenue. Ce n'est certes pas somptueux, mais c'est suffisant. Le personnel se montre aux petits soins pour ces gamins aux cheveux blancs. Les escaliers aux larges marches se prêtent indulgemment à leurs ultimes escapades - un bridge dans le salon, un bingo dans la salle de télévision. Chaque studio possède sa terrasse «privative» (dixit le catalogue). C'est justement là que sa mère est installée.
«J'arrive, maman. Une seconde.»
Allongée sur son pliant, elle tient tête à un soleil dont elle sait que, bientôt, il va briller sans elle. L'ombre la gagne, ça lui fait du bien, mais c'est l'ombre quand même. Et si Gaby ne peut s'empêcher d'y voir comme une préfiguration, ce n'est pas tant cela qui l'affecte que certains détails accablants : les jambes de sa maman, blanches, prises dans des chaussettes de contention de couleur chair; la marque de l'élastique sous les genoux; ce pauvre décolleté décharné; ses dents tachées de rouge à lèvres, clownerie impardonnable chez celle qui fut une aristocrate coquette; les veines de sa main, enfin, saillantes, dont l'aspect funestement sombre lui donne au moins l'illusion qu'il y coule vraiment du sang bleu.
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genougenou   12 septembre 2016
Gaby sent se porter sur lui tous les regards présents - des regards de crocodiles au ras de l'eau du marigot. Aussi vite qu'il peut, il traverse le grand hall d'entrée, ignorant tout des solitudes juxtaposées qui tiennent à l'œil ; tout des fausses grappes accrochées à des treilles pour rendre plus avenant le réfectoire couleur saumon ; tout de ce décor conçu pour être nettoyé aussi bien des bactéries que des grabataires. En fait, il a la rage autant que la nausée. C'est dire si la Martiniquaise postée à l'accueil lui parait soudain comme la plus belle des femmes du monde: jeune parmi ces vieillesses édenté, plantureuse parmi ces maigreurs, souriante parmi ces édentés, elle respire ces îles où il y a des plages, du rhum et du soleil. A ce moment précis, Gaby donnerait tout pour se jeter à ses genoux, [ ... ] et de le laisser sortir de cette prison dont elle est la gardien complaisante.
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genougenou   11 septembre 2016
" -Je t'ai apporté des Figolu.
- Tu as bien fait.
- Je les trouves plus tendre que les autres biscuits.
- Ne t'inqiète pas pour moi... Contrairement à certaines, j'ai encore la dent dure...
- Je vois ça... Tu penses à qui ?
- A ma voisine de réfectoire, Gisèle Richard. Figure-toi qu'elle nous a perdu deux incisives en plein macaron avant-hier...
- Ils était peut-être trop cuit...
- Penses-tu, c'est elle qui est cuite ! Enfin, comme je dis souvent, les molaires des uns...
- ... Font le bonheur des autres... Elle te plaît, celle-là, pas comme Gisèle Richard..."
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genougenou   11 septembre 2016
C'est dans sa voiture, en écoutant la radio, que Gaby Bobobska prend connaissance des dernières statistiques de I'Insee : soixante-dix-huit ans d'espérance de vie pour les hommes en France. En temps normal, la nouvelle ne lui ferait ni chaud ni froid -pas davantage, du moins, que n'importe quelle information humaine ou terrestre. L'ennui, c'est qu'en l'occurrence il revient juste de l'hospice. Il y a rendu visite à sa mère, parmi des vieillards qui, eux, n'espèrent plus rien de la vie depuis longtemps, sinon, précisément, une longévité dont ils semblent avoir fait l'enjeu d'un concours morbide.
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genougenou   12 septembre 2016
... Quand à la planète, après la grande fête des trente glorieuse et la fin du XXe siècle, elle n'a plus grand-chose à promettre, sinon de devenir un buffet dévasté, couvert d'assiettes mal vidées, de bouquets clairsemés et d'oiseaux empaillés, trempé de verres renversés et de glaçons fondus, avec, d'un côté, des peuples bien décidés à finir les restes à coups de coteau et, de l'autre, réfugiés sur les hauteurs de leurs cavernes de Megève pour ce protéger de la montée des eaux, des australopithèques milliardaires, nus sous leur fourrures, frottant leurs pierres précieuses pour faire jaillir un dernier feu avant de s'entre-dévorer.
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