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Babelio défie la rentrée littéraire


Avez-vous déjà lu... toute la rentrée littéraire ?

Impossible, dites-vous ? Pas si sûr...

Cette année encore, Babelio vous propose de mettre la main à la pâte pour participer à un grand défi collectif : critiquer l'intégralité de la rentrée littéraire.

Le principe est simple : vous trouverez sur cette page la liste de tous les livres qui paraissent à l'occasion de la rentrée 2018, classés par état : ceux déjà critiqués sur Babelio et ceux qui ne le sont pas encore. Ensuite, il s'agit simplement de vous faire plaisir en critiquant les ouvrages de votre choix, tout en essayant de vous concentrer sur ceux qui n'ont pas encore été critiqués.

Que vous en lisiez un, deux, ou trente, chaque critique compte. L’an dernier, nous avions critiqué 85% de la rentrée. Tous ensemble, nous parviendrons peut-être à faire mieux cette année !

Pour échanger sur vos choix d'ouvrages, partager vos avis et plus généralement parler ensemble du défi, n'hésitez pas à rejoindre le groupe de discussion dédié.

Parés pour l'aventure ?

NB : Certains de ces livres seront présents dans l’opération Masse Critique de rentrée, mais pour le reste, on compte sur vos lectures personnelles !


LES TITRES DE LA RENTREE DÉJÀ CHRONIQUÉS (319) Voir plus

ILS ATTENDENT LEUR PREMIERE CRITIQUE (245) Voir plus

Critiques et avis
Au loin
  20 septembre 2018
Au loin de Hernán Diaz
Le roman commence en Suède, dans une famille de fermiers misérables dont la terre appartient à un riche propriétaire. Quand l'occasion se présente de faire sortir ses fils de leur triste condition, leur père n'hésite pas un instant. C'est ainsi qu'Hakan et Linus prennent la route avec pour but rejoindre les Etats Unis, plus précisément New York. Le destin les séparera à Porthmouth. Hakan embarquera par erreur sur un bateau en partance pour la Californie, laissant derrière lui son frère aîné.



Arrivé à San Francisco, Hakan se donne comme objectif de traverser les Etats Unis pour rejoindre New York où il espère retrouver Linus : "L'aube n'était qu'une intuition, une certitude encore invisible, mais Hakan s'élança vers elle à toute jambes, le regard rivé sur ce lointain qui ne tarderait pas à rougeoyer et lui montrer la direction menant à son frère".



Le jeune homme commence, un peu par hasard, par suivre une famille de pionniers venus chercher fortune à l'Ouest, appâtés comme tant d'autres par la perspective de trouver de l'or. Il cheminera à leurs côtés quelques temps puis se trouvera embarqué dans une autre galère... Je ne vais pas vous dérouler l'intégralité des aventures d'Hakan mais sachez qu'il rencontrera successivement toutes sortes de personnages truculents et hors du commun. Ces rencontres, tantôt bénéfiques, tantôt néfastes, influenceront le déroulement de son existence.



Sur la route des pionniers (sur laquelle il avance à contre sens), dans le désert ou au milieu des canyons, le voyage d'Hakan est parsemé d’embûches. J'ai partagé ses joies et ses peines, ses réussites et ses échecs. Je l'ai vu évoluer au fil du temps. Sa vie intérieure a gagné en profondeur, sa conscience s'est affinée. C'est un personnage profondément attachant, que j'ai quitté à regret au terme d'un très beau voyage. Je ne l'oublierai pas de sitôt...



Un coup de cœur pour ce premier roman riche et captivant.
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Une si brève arrière-saison
  20 septembre 2018
Une si brève arrière-saison de Charles Nemes
Jacques est un sexagénaire qui peine à trouver un sens à a vie. Il n'assume pas son âge et ne sait que faire de son statut de retraité. Seule, la relation privilégiée qu'il entretient avec sa jeune nièce Adèle lui donne envie de se lever le matin : "Adèle avait la trentaine hédoniste, la paresse inventive et le même goût que tonton pour la musique de son adolescence à lui".



Mais attention, il ne faudrait pas croire que Jacques se laisse aller ! Il tente vraiment de sortir de son train-train. Par exemple, il a l'idée farfelue (et très amusante pour le lecteur) de séduire Christine Angot, qu'il a croisée plusieurs fois dans son quartier. Il ne la trouve pas spécialement attirante mais bon, c'est une sorte de défi. Et comme il se lance lui-même dans l'écriture (enfin il essaye !), Angot est, en quelque sorte, une future collègue.



La première partie du roman est vraiment très amusante. Jacques a un grand sens de l'autodérision et n'est pas du genre à s’apitoyer sur son sort. J'ai beaucoup souri et même éclaté de rire à plusieurs reprises. Le ton devient moins joyeux quand la nièce préférée de Jacques assiste au concert des Eagles Of Death Metal le 13 novembre 2015. L'humour se teinte de noir, mais il subsiste, bien dosé.



Dans la seconde partie du roman, "Une si brève arrière saison" apporte un éclairage intéressant sur le statut de victime. Il est question notamment des personnes qui n'ont pas été blessées dans leur chair durant les attentats mais dont les blessures, d'ordre psychologique, empêchent de vivre normalement : "Dans les conversations avec ses amis... se dessinait une hiérarchie inattendue des rescapés du Bataclan". Ceux qui étaient parvenus à s'enfuir le plus tôt...devenaient des victimes de deuxième ordre, comme si la durée de l'exposition au péril de mort relevait d'une quelconque vertu".



J'ai passé un très bon moment en compagnie de ce roman à la fois drôle, tragique et intelligent (ce n'est pas si simple de faire cohabiter tout cela dans un roman). Je ne suis pas certaine qu'il soit très médiatisé. Ce serait pourtant dommage que ce titre passe inaperçu car c'est un roman qui vaut plus que le détour.



A découvrir !
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La tête sous l'eau
  20 septembre 2018
La tête sous l'eau de Olivier Adam
Léa, la soeur d'Antoine, a disparu et depuis sa famille est totalement désunie. Lui n'a pas d'amis au lycée, son père fume et boit, il est en totale dépression, sa mère a quitté le navire pour aller vivre avec son agent immobilier, Alain, qu'Antoine déteste.

Et puis un jour, la police appelle, Léa a été retrouvée. Elle avait été kidnappée, séquestrée, maltraitée mais ne veut pas en parler, pas encore.

Pour Antoine, c'est un choc, il va tenter de comprendre ce qui lui est arrivé.



Un roman qui se lit comme un page turner. Comme Antoine, on veut comprendre ce qui est arrivé à Léa. Petit à petit des indices sont distillés et nous aident à entrevoir les secrets inavoués de Léa. Mais ce qui transpire dans le texte, se sont les relations au sein de la famille et leur évolution. Il y a eu un avant et il y a un après la disparition de Léa.

L'auteur a bien ficelé son scénario, on le lit comme on regarderait un bon thriller.

Si ce texte est destiné à la jeunesse, on ne le voit qu'à la longueur du roman car l'écriture d'Olivier Adam est la même quand dans ses romans de littérature générale. D'ailleurs, on retrouve un de ses personnages (celui des Lisières) Paul Steiner, le romancier dépressif ! On retrouve aussi la Bretagne et ses embruns, très souvent personnifiée chez l'auteur.

On passe un excellent moment.

On retrouve d'ailleurs



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Le paradoxe d'Anderson
  20 septembre 2018
Le paradoxe d'Anderson de Pascal Manoukian
Pour ma part l'histoire n'a pas grand intérêt, je vois la même, hélas, régulièrement aux infos. Ce n'est pas un livre vers lequel je serai allé et qui ne me laissera pas un grand souvenir.

Ce style de roman qui se veut sociétal, reflétant la réalité des fermetures d'usines dans les campagnes et leur conséquences sur la population locale, n'est pas du tout ma tasse de thé. Le tout agrémenté de messages politiques, avec tout le stéréotype des gentils ouvriers et des méchants delocalisateurs, des gentils grévistes et des méchants banquiers.

Et au milieu de tout ça, un couple qui cache le chômage de la mère et la grève du père, pour préserver l'univers familial et leur fille qui passe le bac et qui vit ses premiers émois. Bien sur, cette omission se révèle être une mauvaise idée qui leur reviendra en pleine figure.

Ce genre de sujet n'est pas fait pour moi, je passe mon tour. Petit point positif, je n'ai pas vu arriver la fin.
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Ásta
  20 septembre 2018
Ásta de Jon Kalman Stefansson
Àsta, enlevez le a final et vous obtenez amour en islandais, mais vous tenez surtout un des refrains du roman. C'est en effet d'amour dont il est souvent question dans ces tranches de vies familiales et amoureuses, entremêlées et souvent tumultueuses, donnant au final l'image d'une saga quelque peu dynamitée. Car si le début nous amène sur la conception d'Àsta par ses parents Helga et Sigvaldi, le parcours narratif ne sera pas linéaire loin de là, nous informe vite l'auteur : «Si tant est que ça l'ait été un jour, il n'est désormais plus possible de raconter l'histoire d'une personne de manière linéaire, ou comme on dit du berceau à la tombe. Dès que notre premier souvenir s'ancre dans notre conscience, nous cessons de percevoir le monde et de penser linéairement, nous vivons tout autant dans les évènements passés que dans le présent.»

Une narration rythmée par les souvenirs du père d'Àsta tombé d'un immeuble dont il repeignait la façade. Désormais étendu sur le trottoir il s'adresse (ou croit s'adresser) à cette norvégienne réconfortante, lui transmettant les épisodes de sa vie qui défilent dans sa mémoire au gré du vent. Une narration rythmée aussi par les lettres d'Àsta à un amour perdu, ou encore pari les nouvelles que nous donne l'auteur du récit depuis sa retraite au fin fond des fjords de l'Ouest, avec pour seul voisin un entrepreneur de tourisme local pour le moins envahissant. Autant dire que l'on navigue entre les époques et les personnes, sans se perdre pour autant, on construit le puzzle au diapason d'une prose toujours aussi poétique et lyrique, profonde, sous tension permanente de questionnement sur le sens de la vie.

Et c'est magique, comme toujours avec Jon Kalman Stefansson. La lecture est envoûtante sous les décors contrastés d'Islande. Les lumières d'été et les nuits d'hiver y sont comme des pendants de la vie et la mort, les personnages si humains prennent corps sous les étoiles qu'allume l'auteur.

Encore une bien belle réussite à mes yeux, pour un auteur (souvent associé au travail de son traducteur Eric Boury) dont je suis résolument fan.



« Je le mesure depuis maintenant six mois et un jour. Les résultats sont disponibles : il s'avère que mon manque de toi dépasse les limites du monde des vivants. En réalité, il les dépasse tellement qu'il engendre une certaine agitation jusque chez les défunts. »
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Les enfants de ma mère
  20 septembre 2018
Les enfants de ma mère de Jérôme Chantreau
Sélection 68premieresfois 2018-2

Nouvelle règle pour nos primo romanciers, nous lisons aussi leur second roman. j'avais déjà apprécié la lecture de cet auteur. J'avais aimé ces descriptions de la nature et de ce retour dans la maison familiale. Cette fois, avec ce si beau titre, il nous parle d'adolescents dans les années 80-90 à Paris. Le portrait d'une mère, qui quitte son mari en mai 1981 et éleve alors ses deux enfants seuls. Ses deux enfants mais aussi des amis de ceux ci ou alors des enfants perdus qu'elle héberge nourrit. Avec une belle écriture l'auteur nous parle très bien de ces années, de la vie de ces jeunes gens, de leur recherche. De belles pages aussi dans les rues de Paris, sur les toits de Paris, dans les parcs avec une bande son de l'époque. Un hommage et un beau portrait d'une mère, pas toujours idéale mais qui a laissé beaucoup et parfois trop de liberté à ses enfants.
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Onze jours
  20 septembre 2018
Onze jours de Lea Carpenter
Onze jours dans la vie d'une mère, onze jours d'attente, d'angoisse, de doutes, d'espoirs : une mère qui attend des nouvelles de son fils. Sara est la mère de Jason, elle l'a élevée seule, car son père, David était un employé du Pentagone, une sorte d'agent secret, mais pas un James Bond, un simple bureaucrate commercial pour les Etats Unis. Leur fils, après le choc du 11 septembre, déjà 17 ans, décide de s'engager dans l'armée américaine et en particulier, dans les SEALS, brigade spéciale de l'armée pour des missions spéciales sur des territoires spéciaux. Les guerres perdurent mais changent, la formation des militaires aussi. Des pages nous décrivent de façon clinique les méthodes apprises par ces jeunes gens et leurs préparations physiques, psychiques avant des missions sur des terrains inconnus. Ces hommes sont formés pour des missions très spéciales mais ils demeurent des hommes et en particulier des fils. A double voix, l'auteure nous parle de la société américaine, des guerres actuelles et des façons d'essayer de combattre de nouvelles formes de conflit. Ce texte est surprenant, viril, dans la description si méticuleuse et précise des formations de ces hommes et très sensibles quand c'est la voix de la mère. J'ai été un peu décontenancée par ces descriptions cliniques de cette formation et des rapports entre ces hommes. Un livre très prenant tout de même par ce portrait de mère en attente. Un premier roman surprenant et peut être quelques longueurs sur la "technique" militaire. Et ne pensez pas que les prénoms de nos personnages ont été choisis au hasard.

Merci au Picabo River Book Club et Léa et l'éditeur de m'avoir permis de lire ce livre
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Helena
  20 septembre 2018
Helena de Jérémy Fel
Un voyage atypique au cœur du Kansas.

La vie dans les zones rurales du sud des Etats-Unis n’est pas toujours de tout repos. La chaleur, les champs à perte de vue…et ce qui pourrait bien s’y cacher, les petites villes et leurs commérages. Bienvenue à Emporia. Les gens sont isolés. On s’y ennuie alors on y boit, on y fume, on passe le temps et parfois on finit par commettre des actes pas très catholiques. La plupart des habitants de cette bourgade ne rêve que d’une chose : la quitter. Sinon tous, les protagonistes du moins. Norma, la mère de famille courage dotée d’un instinct de survie remarquable puis ses fils Tommy et Graham. Si les deux premiers personnages n’ont que de vagues mais fortes envies d’ailleurs, Graham, lui, a un objectif bien précis : s’installer à New York avec sa petite amie et suivre des cours dans une prestigieuse école de photographie dans laquelle il vient d’être accepté.

L’ambiance tendue, parfois très tendue qui se dégage de ce roman est littéralement étouffante. Délicieusement étouffante. Car si j’ai trouvé quelques longueurs à la fin du premier quart du livre, j’ai très vite pris plaisir à suivre les personnages. Les événements ne sont pas toujours enchainé, néanmoins, l’atmosphère a su me saisir au point de me contenter. Je me suis retrouvée en clin d’œil au milieu des champs de maïs. Les pages se succèdent et je poursuis mon voyage en Amérique.

Chacun veut garder ses secrets. Mais ce n’est pas facile dans une petite ville…

Au cœur de l’histoire : les non-dits qui vont au fil des pages se révéler et prendre des proportions inattendues. Norma tente de faire face depuis des années à ce qu’est sa vie. Une vie qui ne ressemble en rien à ce à quoi elle aspirait en acceptant de fouler le sol du Kansas. Toutefois, en fermant les yeux sur certaines choses et en occultant les sujets les plus épineux, les jours passent et se ressemblent. Afin de mettre un peu de joie dans sa morne existence, Norma reporte ses actes manqués sur Cindy, sa petite fille au visage d’ange de huit ans. Le centre de ses attentions. Sans doute est-ce pour cette raison, pour sa façon d’agir avec sa fille, que j’ai été incapable de ressentir la poindre empathie pour son personnage. Elle l’aime c’est certain. Mais, à sa façon.

Ainsi Norma et sa famille vivent presque en marge de la société. En huis clos. Jusqu’à l’arrivée de Hayley….Certaines rencontres ne devraient jamais se produire. Elles donnent lieu à un enchaînement d’actes aux conséquences dramatiques et irréversibles.

Un thriller qui est aussi un roman de société sur la vie dans certaines bourgades rurales reculées du sud des Etats-Unis où l’ennui règne en maître absolu. Une histoire qui traite de multiples sujets. Lourds, très lourds. Pédophilie. Inceste. Et amour filial. Cet amour inégalable dont le manque ou, à l’inverse, le surplus peut commettre des ravages. Et bien sûr, une théorie qui se vérifie : une mère n’a pas de limite lorsqu’il s’agit de protéger ses enfants.

Le tout avec une noirceur implacable mais sans détails gores. Ce que j’apprécie grandement. L’auteur s’en tient à la dimension psychologique qu’il narre d’une plume de maître.

Petit bémol : j’ai l’impression d’être passée à côté du personnage d’Helena. Et vous ???

Un très bon moment de lecture alors que les pavés de 700 pages ne sont pas forcément dans mes goûts.
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Dix-sept ans
  20 septembre 2018
Dix-sept ans de Eric Fottorino
Ce roman d'Eric Fottorino est une fiction à forte dimension autobiographique. Cet auteur, dont la plupart des romans sont inspirés de sa vie, écrit ici sur sa mère qu'il nomme Lina.



A la fin d'un repas familial réunissant sa mère, Eric, ses deux frères et leurs épouses, Lina fait un aveu à ses enfants, elle leur révèle un secret qui l'étouffe depuis des années. Malgré le choc de la révélation, malgré la souffrance de sa mère, Eric reste froid... Sa relation avec sa mère a toujours été très compliquée, il a toujours manifesté une certaine distance envers cette mère qu'il n'a jamais pu appeler autrement que par son prénom. Une femme qui, durant toute son enfance, était soit absente, soit présente sans être vraiment là. "Elle était là mais elle était loin. Je ne comprenais pas ces sautes d'humeur, ces sautes d'amour."



Mais dans les semaines qui suivent, Eric ressent l'impérieux besoin d'aller à la découverte de l'histoire de cette mère qui ne lui a jamais prodigué qu'une "affection à éclipse", à la rencontre de cette femme qu'il ne connait pas. Il se rend alors à Nice, la ville où il est né, une ville où il n'a pas vécu puisque sa mère est repartie avec lui, juste après sa naissance, dans sa famille à Bordeaux. Il sait que sa mère s'était retrouvée enceinte de lui à dix-sept ans après être tombée amoureuse d'un juif marocain, Moshé. Il va arpenter les ruelles du vieux Nice, aller jusqu'au village d'Ascros où elle a passé la fin de sa grossesse. Il marche dans les pas de sa mère, l'imaginant à chaque coin de rue, imaginant les sentiments de Lina, jeune fille de dix-sept ans, seule, rejetée par sa famille, interrogeant ceux qui ont pu la connaitre.



Il va alors peu à peu comprendre ce qu'a vécu sa mère, fille-mère à dix-sept ans d'un père étranger et juif. Avec cette grossesse, honte et déshonneur s'abattent sur sa famille bien pensante, Lina est "livrée au gang des soutanes" avec la complicité des religieuses. Il va alors comprendre pourquoi il a ressenti un sentiment d'abandon toute sa vie, comprendre la place qu'a prise sa grand-mère et la place qui a été laissée à sa mère auprès de lui puisqu'il l'a longtemps considérée comme sa sœur.

"Le cours normal de mes sentiments avait été dévié comme on détourne un fleuve. Une mère, on l'aime sans réserve. Une sœur, on peut la détester.".

" Dès le commencement je n'ai pas été ton fils puisque tu ne pouvais pas être ma mère."



Ce roman très personnel raconte une quête identitaire. L'auteur comprend pourquoi et comment lui ont été volés ses parents et sa judéité. Il comprend la cause d'une relation larvée et le manque qu'il a ressenti toute sa vie. Je l'ai trouvé très émouvant dans sa recherche de preuves qu'il a été aimé par sa mère et dans ses regrets par rapport à la distance qu'il a toujours maintenue avec elle. On ressent aussi toute sa colère contre l'église, contre les préjugés de l'époque qui ont pesé si fort sur son destin. Il nous livre le portrait d'une femme blessée, victime, qui a été effacée, une femme complètement bouleversante. Non seulement cette histoire est très forte mais la plume d'Eric Fottorino est sublime, d'une infinie délicatesse, parsemée de phrases choc. Et la fin est d'une rare beauté... Gros coup de cœur pour ce roman et pour cet auteur que je découvre mais dont j'ai déjà acheté un des romans précédents tellement j'ai envie de plus le découvrir.
Lien : https://leslivresdejoelle.bl..
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Le dynamiteur
  20 septembre 2018
Le dynamiteur de Henning Mankell
Même quand on pense avoir lu tous les Mankell il y en a un qui sort...

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