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ISBN : 287929584X
Éditeur : Editions de l'Olivier (2007)


Note moyenne : 3.64/5 (sur 431 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Dépassée par les évènements, Marie se sent mal dans sa vie. Seuls, son mari et ses enfants semblent la rattacher à sa vie. Mais, lorsqu'elle rencontre des immigrés clandestins, elle décide de les aider en leur donnant tout ce qu'elle possède: vêtements, argent... S'enfo... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par marina53, le 21 mai 2013

    marina53
    Marie est une jeune femme, mariée à Stéphane, chauffeur de bus, mère de deux adorables enfants, Lucas et Lise. Elle ne travaille plus depuis qu'elle a fait une dépression dont Stéphane l'en a sortie et s'ennuie chez elle. Elle croule sous les tâches quotidiennes et banales qui lui pèsent de plus en plus chaque jour. Ils vivent dans un lotissement de pavillons aux maisons toutes identiques et aux rues mortes. Marie ne s'intéresse plus à rien, délaisse sa maison et se remet péniblement de la mort de sa soeur Clara, tuée dans un accident de voiture.
    Les fins de mois étant difficiles, rien ne va plus dans cette maison. Stéphane lui reproche sa désinvolture et son insouciance.
    Un soir, alors qu'elle tombe en panne de voiture, elle est secourue par un homme presque tombé du ciel qui lui la répare. Il repart sans décliner son identité et sans réclamer quoi que ce soit.
    Au hasard de ses promenades au bord de mer, elle retombe sur lui. Elle se rend compte que c'est un Kosovar, qu'il vit dans la rue et fait tout son possible pour pouvoir rejoindre l'Angleterre. Prise au dépourvu par Isabelle qui l'entraine dans les tentes et lui demande de l'aide pour la distribution des repas, elle le fait sans réfléchir et cela lui apporte finalement un sens à donner à sa vie. Elle se sent enfin utile et continuera ainsi à venir en aide à tous ces gens en détresse humaine et sociale...
    Confrontée à la misère humaine, bien plus forte que la sienne, Marie fait partie de ces gens qui se donnent à fond dans ce qu'ils entreprennent et cela leur permet de donner un sens à leur propre vie. Olivier Adam signe ici le portrait d'une femme dont la vie calme et parfois triste lui rendait finalement une bien pauvre image d'elle-même.
    A l'écriture hachée et tendue, des phrases sans virgules marquant un certain rythme et l'urgence de la situation, ce roman fait la part belle aux beaux sentiments. A la fois poignant, parfois cruel, ce récit d'une grande intensité nous plonge dans la vie, ou plutôt la survie, parfois l'horreur des Kosovars. Entre lucidité et désespoir, Olivier Adam nous livre un roman réellement touchant.
    Nous ne sommes … A l'abri de rien...
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    • Livres 3.00/5
    Par mariech, le 16 août 2012

    mariech
    Marie l'héroine du roman va rencontrer par hasard ' un sans papiers ' , elle va prendre le problème de plein fouet sans prendre de recul , en fait , elle est incapable d'en prendre .
    Elle va tout donner pour cette cause , en mettant même de côté sa vie de famille , heureusement pour elle , son entourage veille sur elle .
    Un roman déroutant sur ce problème de société des sans papiers mais aussi sur ce qui sépare la normalité de la folie , car Marie est une femme qui ne connaît pas de demi-mesure , qui va essayer de sauver des inconnus jusq'à se perdre elle-même .
    J'ai un avis assez mitigé sur ce roman , j'ai moyennement apprécié .
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    • Livres 4.00/5
    Par cecilestmartin, le 28 septembre 2014

    cecilestmartin
    Un livre douloureux dont on ne sort pas indemne. Marie, mariée et mère de deux enfants - Lucas et Lise - traverse une période difficile, dont on comprend qu'elle n'a pas débuté la veille. Au chômage, elle est en pleine dépression, erre toute la journée dans son petit pavillon gris, au jardin à l'abandon, les jours succédant à l'ennui. Elle n'a d'énergie pour rien, le quotidien ne constitue qu'une longue série de tâches dont elle ne parvient à s'acquitter. Epoux et enfants observent cette détresse sans pouvoir la soulager.
    Par hasard, elle se trouve confrontée à des migrants (on imagine sans peine que l'action se déroule à Calais ou dans ses environs) qui subsistent grâce au bénévolat de quelques locaux très investis. Marie va venir aider Isabelle, une femme qui donne de son temps et de sa personne pour venir en aide à des hommes dans la misère.
    Le contexte - l'humanitaire, la clandestinité, la fermeture du camp - ne constitue que la toile de fond du désespoir de Marie ; ce n'est qu'un prétexte qui vient renforcer, comme un écho, la souffrance psychique de la narratrice qui se noie, au fil des pages, que rien ne retient de sombrer définitivement, même pas des enfants dont la propre souffrance est très bien amenée.
    C'est triste, c'est dur, le style est impeccable. On compatit aux efforts désespérés de Marie pour sortir la tête de l'eau (deuxième métaphore autour de la noyade, mais le roman sent le sel de l'océan, la froideur du climat et le vent glacé) et on se prend à espérer un sursaut, un deus ex machina qui la guérira, comme si "guérir" d'une dépression était, pour le temps d'un roman au moins, facile.
    J'ai aimé, donc.
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    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe, le 17 février 2012

    brigittelascombe
    Et toujours cette atmosphère glauque limite étouffante, ces personnages à la dérive que l'on retrouve dans Falaises (roman autobiographique où Olivier Adam évoque le suicide de sa mère après un séjour en psychiatrie et les conséquences de cet acte sur ses fils) et dans Passer l'hiver(Goncourt de la nouvelle 2004) où les écorchés vifs par la vie arrivent à un point de non retour.
    C'est ce point là, ce vide existentiel de Marie happée par "la vie banale des lotissements modernes" entre ANPE,gamins,lessives, dettes et ennui qui va signer sa lente désagrégation.
    Un mari aimant Stéphane,"chauffeur de bus scolaires", une petite Lise "belle comme un coeur", Lucas "son petit bonhomme" la tiennent debout malgré médicaments et "antécédants".
    Mais l'équilibre fragilisé par la perte de sa soeur dans sa jeunesse se laisse vite perturber par les conditions de vie sordides, sur les plages du Nord toute proches, des "Kosovars", ces types "épuisés", "démunis", ces réfugiés maltraîtés par la police alors qu'ils tentent de rejoindre l'Angleterre.
    L'amitié d' Isabelle (au douloureux passé), qui a ouvert un "centre d'aide" en toute illégalité, sa rencontre avec Jallal, Béchir, Drago...son implication dans leur cause ne suffira pas à la reconstruire et à combler la faille sous-jacente. Comme "un ciel de mer du Nord. Versatile.Imprévisible", elle "peut changer", car l'on est "A l'abri de rien", ni elle, ni son mari qu'elle déstabilise,ni ceux qu'elle secourt.
    Une écriture changeante aussi,percutante, parfois poétique,ou émaillée de mots crus, qui sort des tripes comme un appel au secours.
    Olivier Adam, aux multiples romans (souvent primés) est un grand!
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    • Livres 2.00/5
    Par soleil23, le 15 mai 2012

    soleil23
    Je reviens sur cette histoire car une question a la page 12 m'a intrigue : C'est quoi les choses qui bousillent la vie ?
    Marie, le personnage principal a essaye d'y repondre comme moi d'ailleurs au fil de la lecture.
    Cette femme nous raconte sa vie si ennuyeuse, son quotidien qui ressemble a un caroussel qui n'arrete pas de tourner au meme rythme, elle nous raconte la monotonie de chaque jour avec moult details. Est ce pour la plaindre ou pour ne pas lui tenir rigueur ?
    Je suis partagee entre l'une et l'autre !!!!
    Ennui, espoir et desillusion.
    Deprime, depression et on decouvre peu a peu la raison comme on effeuille un artichaut.
    La premiere partie du roman a reussi a retenir mon attention mais depassee la 80eme page, je commence a m'ennuyer. Je n'ai pas aime que l'auteur soit reste superficiel dans son recit sur un sujet aussi profond que la misere et la decheance humaine.
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Citations et extraits

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  • Par mamansand72, le 30 juin 2015

    - Qu’est-ce que vous avez à me regarder comme ça ? J’ai gueulé. Vous me faites chier. Vous comprenez, vous me faites chier !
    Je crois que je me rendais compte de tout, à quel point j’avais l’air d’une folle et combien je le devenais. Je crois qu’à l’instant où je prononçais ces mots, je savais ce qu’ils avaient d’irréparables. Lise s’est mise à chouiner et la vue de Lucas la prenant dans ses bras, lui murmurant de ne pas s’en faire, que j’avais des soucis que j’étais pas méchante que je les aimais, ça m’a juste donné envie de hurler et de me cogner la tête contre les murs.
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  • Par mamansand72, le 30 juin 2015

    J’étais au bord des larmes. Il s’est lancé et de sa voix sourde et inquiète et cassée, il a répété ce qu’il venait de dire et c’était bien ça qu’il avait dit, ces mots-là qu’il avait prononcés, j’avais bien entendu, il ne voulait pas que ça recommence.
    - Pourquoi tu dis ça, mon ange ?
    Il n’a rien répondu et j’ai caressé sa joue, son visage. Il se retenait de venir se lover contre moi et ça m’a déchiré de sentir cette retenue chez lui, cette distance. La peur qu’il avait de me perdre. Et cette façon qu’il avait de lire en moi comme dans un livre, de sentir quand ça n’allait pas, que je commençais à dérailler, que la terre se fissurait sous mes pieds. Je crois que la plupart du temps, il sentait le vent se lever bien avant moi.
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  • Par mamansand72, le 30 juin 2015

    A coups de poing de crosse de matraques, les flics les ont sortis de là, et les chiens ses sont jetés sur leurs mollets. Ils les ont traînés par les bras, les pieds, les cheveux. J’ai vu leurs dos et leurs ventres frotter contre le bois. Et le bruit sourd des coups sur leurs corps, le raclement de leurs os sur le plancher, le choc de leurs crânes sur les marches j’entends tout encore, il suffit que je ferme les yeux et je revois tout, je me tenais là pétrifiée, effarée les yeux écarquillés et la bouche ouverte. J’ai dû laisser échapper un cri.

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  • Par mamansand72, le 30 juin 2015

    Je le revois fumer ses cigarettes brunes d’un air rêveur, lire le journal dans le canapé du salon ou bien contempler l’horizon par la fenêtre de la cuisine, les yeux plissés, une tasse de café refroidi entre les mains. Qui était-il au fond ? Que cachait-il sous ces couches de silence, la bonté de son regard ? Je n’ai jamais su. On ne sait jamais de toute manière. Jamais rien de personne. Du fond des choses à l’intérieur de chacun. Tout n’est toujours que surface, orées, lisières.
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  • Par mamansand72, le 30 juin 2015

    Je crois qu’au fond je suis comme tous ces gens qu’on a ramassés à la petite cuiller un beau matin. Et qui s’en sentent redevables (à vie) pour toujours. La première main qui s’était tendue après la mort de Clara (sa sœur), des années après, c’était la sienne. Ça aurait pu être celle de n’importe qui, je crois que je l’aurais prise. Et qu’encore aujourd’hui j’en baiserais le moindre doigt avec gratitude.
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