ISBN : 287929584X
Éditeur : Editions de l'Olivier (2007)


Note moyenne : 3.71/5 (sur 146 notes) Ajouter à mes livres
Dépassée par les évènements, Marie se sent mal dans sa vie. Seuls, son mari et ses enfants semblent la rattacher à sa vie. Mais, lorsqu'elle rencontre des immigrés clandestins, elle décide de les aider en leur donnant tout ce qu'elle possède : vêtements, argent... S'enf... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par muet-comme-un-carpe-diem, le 23 juillet 2009

    muet-comme-un-carpe-diem
    L'œuvre d'Olivier Adam est jalonnée de ces Bras cassés sur lesquels la vie s'acharne encore et encore et qui pourtant continuent à avancer vaille que vaille, foutu pour foutu,quitte à instiller dans leur vie cette poésie dont le quotiden semble manquer si cruellement.
    L'héroïne de A l'abri de rien vient de perdre son emploi de caissière car elle a envoyé paître un client qui comme tant d'autres passait ses nerfs sur elle et qui avait tout du petit chef vicieux qui pourrit la vie de tout le monde. du coup, la voilà confinée entre les quatre murs de cette maison de lotissement où elle vient d'emmenager avec son mari Stéphane et leurs deux enfants Lucas et Lise.
    Marie et Stéphane s'aiment mais c'était planqué sous la graisse du quotidien et des emmerdes, une couche comme on en a tous. Marie lui est redevable de l'avoir ramassée à la petite cuiller lorsque sa soeur Clara est morte dans un accident de voiture avec un groupe d'amis mais elle n'en peut plus de cette vie où tout n'est qu'uniformité, où les yeux sont vides, les gestes absents, où ceux qu'elle croise ont l'air tout comme elle d'ailleurs de robots, de créatures déshumanisées à force d'encaisser, de faire face aux fins de mois difficiles et aux soucis en tout genre sans espoir que cela puisse changer ne serait-ce qu'un peu.
    Elle s'essaie de s'accrocher à la façon de cette mère dans La Petite Chartreuse de Pierre Péju qui chaque jour parcourt un peu plus de kilomètres en voiture en attendant l'heure d'aller chercher sa fille à l'école. Comme elle un jour elle finit par ne pas y aller.
    Pourquoi ? Parce qu'en découvrant le centre d'aide qui distribue des repas chauds aux Sans Papiers qui attendent de trouver le moyen de passer en Angleterre, elle a fini par donner un coup de main. Elle y a retrouvé Jallal qui l'avait aidé à changer sa roue sous une pluie battante et qu'elle n'avait pas su remercier parce que comme tout le monde elle avait peur de ces hommes qui luttent contre le froid et errent autour de la ville entre deux rafles et passages à tabac, entre deux bagarres.
    Peu à peu, elle délaisse son foyer, ses enfants et son ami pour passer de plus en plus de temps avec Jallal, Drago, Béchir et les autres. Entre deux souvenirs de sa jeunesse insouciante avant la mort de Clara où elle passait son temps à danser, à boire et à se frotter aux jeunes Anglais venus faire la fête sur le littoral français, Marie s'investit de plus en plus aux côtés de Josy et d'Isabelle.
    Des distributions devant la mairie, elle en vient à suivre les démarches de demande d'asile, à aider Isabelle qui accueille illégalement mais on ne peut plus humainement quelques Kosovars chez elle tous les soirs pour qu'ils puissent prendre une douche, faire une partie de cartes, danser, rire, boire un peu d'alcool en dépit des interdits religieux, dormir au chaud et oublier un peu leurs infortunes.
    Alors forcément cet engagement finit par avoir de plus en plus de répercussions sur son couple, ses enfants, sa vie sociale. le quartier la montre du doigt, les camarades de son fils aîné qui trouvaient déjà que Lucas était trop couvé par sa mère et ne se privaient pas de lui faire sentir, se déchaînent littéralement lorsqu'elle vient en aide aux réfugiés. Son mari risque de perdre lui aussi son emploi car il commence à péter un plomb devant l'attitude de sa femme.
    Marie est-elle comme tous ces gens qui viennent faire un don au centre d'aide plus pour qu'on leur dise qu'ils sont formidables que par réelle solidarité ? Qu'est-ce qui la lie aussi fortement à ce militantisme dont elle ignorait tout hier ? Jusqu'où ira t-elle ? Finira-t-elle par rentrer dans le rang ?
    Olivier Adam est passé maître pour mettre à ciel ouvert les failles des individus et de notre société. Ses phrases qui oublient les virgules comme on oublie de respirer sont comme la pluie, elles griffent mais c'est salutaire.


    Lien : http://muet-comme-un-carpe-diem.over-blog.com/article-12071912.html
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    • Livres 2.00/5
    Par zorazur, le 16 janvier 2012

    zorazur
    Beau roman, beau personnage de femme maltraitée par la vie, désarçonnée, et qui va se trouver une raison de vivre en faisant face et prenant à bras le corps un problème de société et d'actualité qui va lui donner l'occasion de se mobiliser, de se dévouer, de se trouver.
    Pourquoi, mais pourquoi, l'auteur - et il n'est hélas pas le seul - se croit-il obligé d'adopter des familiarités de style et le vocabulaire qui va avec (et là je ne parle même plus de familiarité, mais de grossièretés accumulées, la plupart du temps totalement inutiles et superflues), au détriment de la qualité d'écriture, pour rendre ses personnages plus proches, plus vrais, plus crédibles ? Malheureusement ce n'est pas une condition obligée pour faire un bon roman, et çà ne marche pas à tous les coups. Dans un bon roman le récit, l'action, le rythme, les personnages, n'ont pas de besoin de çà (du moins pas à si forte dose) pour capter le lecteur. Ce n'est qu'une facilité dans laquelle on tombe comme dans un piège, cela ne fait que desservir notre langue, et je trouve çà dommage.
    Mais je comprendrai que tous les lecteurs ne partagent pas mon avis.
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    • Livres 1.00/5
    Par oiselle, le 01 février 2012

    oiselle
    Je viens de terminer "A l'abri de rien" mais je n'étais pas certaine de réussir à le lire jusqu'au bout. Ce personnage de femme au fond de la dépression, qui est sur le fil de sa vie, dont son petit garçon s'occupe comme si c'était elle son enfant, ça m'a mis très mal à l'aise. Cette femme qui laisse ses enfants l'attendre des heures à midi ou le soir, qui les laissent se morfondre d'inquiétude, ça m'a vraiment dérangé.
    Elle m'a fait souvent l'effet d'une mère de famille qui s'ennuyait à la maison (excusez-moi pour celles que je choque) et qui avait besoin de se trouver un dérivatif, d'ailleurs à un moment sa copine Isabelle lui fait elle aussi cette remarque. Bien sur c'est difficile pour elle qui a perdu sa soeur, elle trouvait que l'enfance et l'adolescence c'était mieux qu'être adulte, ...mais à force de regarder ainsi en arrière, elle devait avoir un sacré torticolis !
    ...en plus pour revenir au point de départ où elle était quelque temps auparavant...bref, tout ça pour ça !
    Le style et l'écriture ne sont pas transcendants non plus. Non honnêtement, je n'ai pas aimé ce livre
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    • Livres 3.00/5
    Par carre, le 22 janvier 2012

    carre
    Marie, au chômage, s'ennuie dans une vie insipide et sans avenir. Un jour, elle aperçoit un groupe de Kosovars. Elle va alors découvrir le sort des sans papiers et trouver un sens à sa vie. Elle va consacrer tout son temps à l'aide apportée par une association, négligeant mari et enfants. Mais est 'elle à l'abri du danger ? Redonnera t'elle un sens à sa vie ?
    Olivier Adam continue à scruster l'âme humaine, en perte de repêres, d'espoir, d'idéaux. Sans complaisance, il nous mets face à la misère humaine avec brutalité et nous questionne sur le mal. Avec un récit poignant, et tourmenté.
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    • Livres 3.00/5
    Par Heureuse, le 21 avril 2011

    Heureuse
    Olivier Adam joue et rejoue souvent la même histoire. une femme qui s'enfonce dans la dépression et file droit vers la seule solution qui lui semble envisageable : le suicide. Je n'ai pas pu supporter de lire Falaises car la douleur qui en ressort me semble trop lourde à supporter. Peut-être parce que j'en suis trop proche.Je ne sais pas.
    Ici c'est encore clairement la même chose. Une mère de famille qui va mal. Qui va même très mal. Jusqu'à perdre pied. Un environnement gris, lourd, des nuages noirs, l'impression que l'horizon est définitivement bouché. Et Olivier Adam s'évertue à trouver l'issue, à trouer les nuages pour laisser passer le soleil. Je vois un petit garçon qui lutte avec sa plume pour sauver cette femme, lui donner un bout d'espoir, trouver une fin positive à cette histoire qu'il a construite.
    Certes il y a la peinture sociale avec les tourmentes que doivent traverser les immigrés clandestins. Mais pour moi ils ne sont qu'un point de passage dans la recherche qu'effectue Marie pour se trouver. Mais à force de vouloir se trouver on peut se perdre.
    Mais Marie ne s'est pas perdue : c'est vraiment ça que j'ai aimé dans ce roman. Son père d'encre a trouvé le chemin pour la sauver.
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Citations et extraits

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  • Par mandarine43, le 26 mars 2011

    [Incipit.]

    Comment ça a commencé ? Comme ça je suppose : moi, seule dans la cuisine, le nez collé à la fenêtre où il n'y a rien. Rien. Pas besoin de préciser. Nous sommes si nombreux à vivre là. Des millions. De toute façon ça n'a pas d'importance, tous ces endroits se ressemblent, ils en finissent par se confondre. D'un bout à l'autre du pays, éparpillés ils se rejoignent, tissent une toile, un réseau, une strate, un monde parallèle et ignoré. Millions de maisons identiques aux murs crépis de pâle, de beige, de rose, millions de volets peints s'écaillant, de portes de garage mal ajustées, de jardinets cachés derrière, balançoires barbecues pensées géraniums, millions de téléviseurs allumés dans des salons Conforama. Millions d'hommes et de femmes, invisibles et noyés, d'existences imperceptibles et fondues. La vie banale des lotissements modernes. À en faire oublier ce qui les entoure, ce qu'ils encerclent. Indifférents, confinés, retranchés, autonomes. Rien : des voitures rangées, des façades collées les unes aux autres et les gosses qui jouent dans la lumière malade. Le labyrinthe des rues aux noms d'arbres absents. Les lampadaires et leurs boules blanches dans la nuit, le bitume et les plates-bandes. La ville inutile, lointaine, et le silence en plein jour.

    Donc, ça commence comme ça : moi, le ventre collé au plan de travail, les yeux dans le vague, une tasse de thé brûlant entre les mains, il est trop fait, presque noir, imbuvable. De toute façon je déteste le thé. Devant la maison d'en face, deux femmes discutent. Elles ont les cheveux courts ou rassemblés en queue-de-cheval, les jambes moulées dans ces caleçons qu'on trouve au marché le dimanche. Elles attendent que leur homme rentre du boulot, leurs enfants de l'école. Je les regarde et je ne peux m'empêcher de penser : c'est ça leur vie, attendre toute la journée le retour de leurs gamins ou de leur mari en accomplissant des tâches pratiques et concrètes pour tuer le temps. Et pour l'essentiel, c'est aussi la mienne. Depuis que j'ai perdu mon boulot c'est la mienne. Et ce n'est pas tellement pire. Le boulot au supermarché c'était pas beaucoup mieux j'avoue.
    J'avale juste une gorgée et je vide tout dans l'évier, le liquide disparaît en éclaboussant les parois, aspiré par le siphon. Ça m'angoisse toujours cette vision. Ça n'a aucun sens, je sais bien. Mais on est tous bourrés de ces trucs qui nous bousillent l'existence sans raison valable.
    Le silence, par exemple. Ce jour-là comme n'importe quel autre il emplissait tout, me coinçait la gorge dans un étau. Je pouvais le sentir me figer les sangs, me creuser les poumons d'un vide immense. Un cratère sans lave. Un désert. Une putain de mer de glace.
    J'ai quitté la cuisine et je suis passée au salon, ou bien ai-je fait le tour des chambres. Je ne sais plus et ça n'a pas d'importance. Alors disons que c'était le salon. Je ne m'attarde pas là non plus. Il n'y a rien de spécial à en dire : des meubles noirs, deux fauteuils tournés vers la télévision, un canapé en tissu d'inspiration africaine et, devant la porte-fenêtre, l'étendoir où sèchent des tee-shirts, des slips, des pantalons, des chaussettes par dizaines. Un peu partout au sol, des jouets traînent et, sur la table basse, des cahiers de coloriage, des feutres, des paquets de gommettes. Je ne range jamais sauf le soir, juste avant que Stéphane rentre. Il appelle ça du désordre. Moi, je pense que c'est surtout de la vie. Il est chauffeur de bus scolaires. Quand on s'est rencontrés, il avait dix-huit ans. Il jouait au foot. Il sortait du centre de formation et venait juste d'intégrer l'équipe réserve. Chaque semaine, j'allais au stade. J'étais là dans les tribunes à me geler en espérant qu'il entre enfin sur la pelouse, qu'au moins une fois il quitte le banc des remplaçants. Dans son survêtement rouge et or, il fixait le terrain en se rongeant les ongles.
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  • Par luciolerouge, le 15 mars 2010

    Marie se sent perdue. Son mari, ses enfants sont le denier fil qui la relie à la vie.
    Ce fragile équilibre est bouleversé le jour où elle rencontre les "kosovars", ces réfugiés sont nul ne se soucie et qui errent, abandonnés, aux confins de la ville.
    Négligeant sa famille, Marie décide de leur porter secours. Et de tout leur donner: nourriture, vêtements, temps, argent, elle ne garde rien pour elle. Entraînée par une force irrésistible, elle s'expose à tous les dangers, y compris celui d'y laisser sa peau. Quatrième de couverture
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  • Par Orphea, le 28 août 2010

    Tout le monde les appelait les Kosovars, mais c'étaient surtout des Irakiens, des Iraniens, des Afghans, des Pakistanais, des Soudanais, des Kurdes. Certains étaient assis sur des cartons, les autres restaient debout par grappes, discutaient en attendant quoi ? Devant la mairie se dressait une tente immense, on l'avait installé à la fermeture du camp. Je n'ai jamais compris pourquoi ils l'avaient fermé, ce camp. Les choses n'avaient fait qu'empirer. Ils étaient toujours aussi nombreux, ils cherchaient toujours le moyen de passer en Angleterre, seulement maintenant ils étaient vraiment à la rue, livrés à eux-mêmes.
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  • Par fleurdusoleil, le 22 septembre 2009

    J'avais l'impression que mes enfants étaient désormais séparés de moi par une paroi de verre. Je pourrais toujours les regarder mais plus jamais les toucher ni leur parler. J'étais devenue étrangère. J'étais passée de l'autre côté.
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  • Par Orphea, le 28 août 2010

    Incipit

    Comment ça a commencé ? Comme ça je suppose : moi, seule dans la cuisine, le nez collé à la fenêtre où il n'y a rien. Rien. Pas besoin de préciser. Nous sommes si nombreux à vivre là. Des millions. De toute façon ça n'a pas d'importance, tous ces endroits se ressemblent, ils en finissent par se confondre.
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