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> Robert Jouanny (Éditeur scientifique)

ISBN : 2868699081
Éditeur : Actes Sud (1992)


Note moyenne : 4.16/5 (sur 77 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Oedipe, celui qui - jouet des dieux - a tué son père et épousé sa mère, quitte Thèbes aveugle et accablé par le poids de sa faute. Avec sa fille Antigone, il s'engage dans une longue errance qui le conduira à Colone, lieu de sa " disparition "... et de la clairvoyance. ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Madamedub, le 13 décembre 2012

    Madamedub
    Le décès d'un auteur est souvent, un peu tristement il faut le dire, l'occasion d'entendre parler et de faire parler de lui ; voire parfois même de le découvrir pour la première fois. Ce fut notre cas avec Henry Bauchau, écrivain belge, qui s'est éteint en septembre dernier, à l'âge de 99 ans. Poète, dramaturge, romancier, psychanalyste, Bauchau aura traversé le siècle en ayant plusieurs vies.
    Né en Belgique, enfant pendant la première guerre mondiale, il est mobilisé lors de la seconde et s'enfuit ensuite pour Londres. Passionné par le monde des livres, il s'installe à Paris à la fin des années 1940 pour monter une petite maison d'édition. Se lançant dans une psychanalyse, il ouvrira lui-même un cabinet à Paris dans les années 1970. La psychanalyse aura deux influences majeures sur la vie de Bauchau : elle lui « révèle » sa vocation d'écrivain, puis se marque ensuite dans le corps de son œuvre. C'est en effet de psychanalyse dont il va être en partie question dans cet article, puisque nous vous présentons Œdipe sur la route, premier volet de la trilogie consacrée par notre auteur à la ré-écriture de mythe (suivront Diotime et les lions, et Antigone).
    L'histoire commence à Thèbes dans l'Antiquité grecque : Œdipe n'est pas encore parti, mais le lien filial l'unissant à Jocaste, son épouse a déjà été révélé ; elle s'est déjà suicidée, et lui s'est déjà crevé les yeux. Il demeure à Thèbes, muré dans son silence, tandis que se trame la terrible bataille de succession entre ses deux fils Polynice et Étéocle, et Créon le frère de Jocaste, leur oncle. Puis Œdipe quitte Thèbes pour les routes de Grèce, en quête à la fois d'expiation et de sens ; très vite les gens des contrées voisines entendent la nouvelle, et il devient Œdipe le proscrit, dont personne n'ose s'approcher. Mais il ne voyage pas seul : sa fille Antigone l'a suivi, contre son gré, mais elle est là. Les premiers temps sont difficiles : rejeté partout où il se rend, le couple que forment père et fille avance dans ce qui ressemble à une errance. Œdipe, aveugle, marche en se laissant guider par une forme d'inspiration, il trébuche, s'épuise, et refuse de se laisser guider par Antigone, laquelle se voit condamnée à le suivre et à mendier pour lui. Puis leur chemin croise celui de Clios le bandit : après qu'Œdipe l'eut défait, il devient leur compagnon de voyage et de misère, non par devoir de vaincu, mais par besoin. Car Clios lui aussi est en errance, et il ne veut plus errer seul. Il voit en Œdipe une forme de figure tutélaire et il s'engage volontairement à suivre, à protéger et à servir le père et sa fille. Nos trois héros poursuivent alors une traversée initiatique à travers la Grèce, et peu à peu tout se transforme : les relations entre les protagonistes, toutes en nuances, ainsi que leurs relations avec les personnes qu'ils rencontrent. le couple proscrit se métamorphose en un trio de voyageurs porteurs d'aide et d'espoir pour ceux qui croisent leur chemin et partage un morceau de leur vie. Car même aveugle et chassé, Œdipe n'en demeure pas moins un homme à la stature immense, à l'autorité bien ancrée, à la sagesse qui se développe à mesure qu'il s'adapte à son absence de vue ; quant à Antigone, même sale et amaigrie, elle n'en demeure pas moins une femme courageuse et dévouée. Et nous les suivons sur les routes, nous sentant nous-mêmes parties prenantes au voyage. L'ouvrage, s'il est consacré il est vrai à Œdipe, place le lecteur plutôt « dans la peau » d'Antigone, et nous suivons avec elle cet homme, ce père, ce petit frère, cet amant rêvé, à travers son tragique destin.
    Contrairement à d'autres réécritures de mythes, la trilogie thébaine de Bauchau ne donne pas dans l'anachronisme : l'histoire est placée dans son temps, celui de la Grèce antique et mythologique, cette Grèce qui est la Grèce des dieux, celle des Cités en guerre les unes contre les autres, celle des piques et des lances et de la survie, celle de la conquête ; mais cette Grèce mythologique est aussi la Grèce des oracles et des guérisseurs, celle des chants prophétiques et poétiques, celle de la danse, du mystère, et de l'acceptation du fait que quelque chose de plus grand dépasse les êtres humains.
    Nous suivons donc nos héros à travers ce décor, dans un récit dont la trame générale est entrecoupée des récits personnels de certains personnages, et qui aident à comprendre la profondeur à la fois des personnages eux-mêmes et des relations qui se tissent entre eux. le récit de la vie Clios, dans lequel celui-ci parle à la première personne, est à cet égard notre favori.
    Nous tenons ici à rassurer les lecteurs potentiels : nul besoin d'être soi-même un expert de la mythologie grecque pour suivre et apprécier cet Œdipe sur la route. Bauchau fait les rappels historiques nécessaires, et par ailleurs l'histoire se contient en elle-même, indépendamment des références.
    Comme souligné précédemment, Bauchau ne fait pas d'anachronisme, certes ; mais il sera toutefois possible de percevoir des parallèles (impossible cependant en l'état de nos propres connaissances de savoir quel était véritablement le dessein de l'auteur) avec l'histoire de son temps et avec une certaine analyse des rapports de domination. En effet, ce qui se joue dans les conflits et conquêtes du passé plus récent que le passé antique, et également dans les tensions et relations entre pays et cultures de nos jours, et qui peut être apparenté à une forme d'impérialisme (que cet impérialisme trouve à s'exprimer par les armes ou par l'imposition d'une langue, dont on connaît les liens avec la culture et les façons de penser), se trouve dépeint dans les rapports entre peuples dans la Grèce antique sous la plume de Bauchau. Nous pouvons citer à titre d'exemple le récit de l'un des personnages à propos d'une guerre perdue par son peuple face aux Achéens (p.189 de l'Edition J'ai Lu) : « le péril était grand car les Achéens nous entouraient des images de leurs dieux, du récit de leurs conquêtes, et nous attaquaient jusque dans l'intimité de nos façons de vivre et de penser. (…) Ils ne nous menaçaient pas moins par le terrible usage qu'après avoir abandonné leurs dialectes ils faisaient de notre langue. Il y avait quelque chose de noble dans cet amour de nos vainqueurs pour le dernier et insaisissable trésor des vaincus. (…) Malheureusement, les Achéens ont toujours salué le combat comme le père de toutes choses. C'est cet esprit de domination et son impérieuse logique qu'ils ont introduit dans notre langue maternelle. »
    Si nous vantons tant le style de l'écriture que l'histoire en elle-même, tous deux très poétiques, nous avons toutefois éprouvé par moment une sorte de lassitude ; autrement dit, ce qui attire et plaît chez Bauchau –sa poésie, la délicatesse de ses descriptions, la grâce des personnages- finit aussi par devenir un peu pesant : trop de danses, trop de phrases prophétiques, trop de lyrisme, trop d'importance donnée à ce qui devient une forme de sentimentalisme. Au bout d'un moment, on se sent un peu étouffé par cet univers ou tout bout de bois recèle un trésor poétique, ou tout pas de marche se fait arabesque. Loin de nous placer en critique de cet auteur que par ailleurs nous adorons, disons simplement que nous « déplorons » ce « trop » qui, parfois, rend laborieuse la lecture.
    Enfin, concluons par une (tentative) de réflexion de portée plus générale. On retrouve dans cet Œdipe d'Henry Bauchau certains des thèmes phares des mythes que sont l'autorité, le lien familial, le devoir, la recherche intérieure et le pardon, la culpabilité, le sacrifice, la destinée des sociétés humaines, la quête du pouvoir – la folie aussi. Autant de thèmes chers également aux études psychanalytiques.
    La lecture de cet ouvrage aura alors eu l'intérêt de relancer une question qui parfois travaille certains lecteurs, qu'ils soient ou non détracteurs de la psychanalyse : l'explication du mythe d'Œdipe par Freud et la mise en avant du fameux complexe sont-elles la découverte d'une nouvelle discipline et la mise au jour de mécanismes quasi universels du fonctionnement de l'être humain ? Ou bien s'agit-il avec Freud seulement, après Sophocle, Sénèque, Corneille, ou bien encore Voltaire, et avant Cocteau, Sartre, Anouilh ou bien encore Bauchau, d'une « simple » ré-écriture d'un mythe, d'une nouvelle « déclinaison » moderne du mythe, selon l'expression fameuse de Claude Lévi-Stauss, d'une « simple » œuvre littéraire ?
    Est-ce là la « destinée » nouvelle du mythe -depuis la marque laissée par Freud- que de s'inscrire au plus profond de nous-mêmes pour que chacun tâche d'y voir ce qu'il cherche à y voir ? À vous lecteurs de décider.

    Lien : http://madamedub.com/WordPresse3/?ha_exhibit=total-recall-lincroyabl..
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    • Livres 5.00/5
    Par Charybde2, le 19 mars 2013

    Charybde2
    Le plaisir et le talent d'une lecture poétique d'un intense épisode de la mythologie
    Recommandé avec un enthousiasme déterminé par mon collègue de librairie et ami Charybde 3, « Œdipe sur la route » est un chef d'œuvre. Déjà grand amateur de Bauchau (et notamment de son « Régiment noir » et de son « Boulevard périphérique »), je ne connaissais jusqu'ici sa veine mythologique qu'à travers son théâtre : sa prose dans le domaine est exceptionnelle. Ce roman de 1990, qui sera suivi d'un « Diotime » et d'un « Antigone », s'appuie bien entendu largement sur les récits classiques du mythe, tout particulièrement l' « Œdipe à Colone » de Sophocle, mais n'hésite pas à les subvertir profondément pour en tirer un récit original et fort, retraçant les pas d'Œdipe aveugle, exilé, entre Thèbes et Colone, en compagnie de sa fille Antigone et d'amis improbables rencontrés sur le chemin...
    « Ismène lui a donné une gourde qu'elle a attachée à sa ceinture, Antigone, un bâton. Il le soupèse de la main, reconnaît avec plaisir un contact familier. C'est le bois de sa lancé préférée. Il pense : « C'est le cadeau d'adieu de mes fils. » Il oublie qu'Antigone manie, comme les garçons, la pique et la lance et qu'elle connaît toutes ses armes. »
    « Elle se demande s'il dort, elle entend qu'il dit à voix basse, comme s'il en éprouvait un peu de honte : « Antigone, je suis content que tu sois là. » Elle ressent aussi, à sa dimension, pense-t-elle, un sentiment de gloire. Elle entend son souffle régulier, il s'est endormi de son profond sommeil de marin. Pourquoi de marin ? de très loin remonte une parole très ancienne de sa mère : « Il ne faut pas oublier, ma chérie, que ton père est avant tout un marin. » Oui, Jocaste pouvait dire cela, mais comment est-ce que je puis le comprendre, moi, petite terrienne de Thèbes qui n'ai jamais été sur la mer ? »
    « Ils marchent tous les trois chaque jour en direction de la mer, chaque soir Antigone les quitte pour mendier et chercher un abri pour la nuit. Quand elle est partie, Clios allume le feu, soigne Œdipe et, après le repas, reprend son récit où il l'a laissé la veille. Œdipe l'écoute sans l'interrompre, sans rien dire, avec une attention extrême. C'est grâce à cette attention que Clios trouve le courage de retourner vers ces lieux, les plus sombres, les plus lumineux, les plus engloutis de sa vie car, s'il y revenait seul, il n'y découvrirait plus que des ruines. »
    Un texte d'une tranquille beauté, d'une incroyable mélancolie pourtant vivifiante. Un texte capable de faire venir aux yeux des larmes d'émotion, dans plusieurs registres, tout au long de ses 400 pages. Une immense réussite.
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    • Livres 4.00/5
    Par sylire, le 03 mars 2013

    sylire
    Henry Bauchau est un auteur belge, mort en 2012 à l'âge 99 ans. J'ai eu un pincement au coeur en lisant l'annonce de sa mort. J'espérais qu'il aurait encore le temps d'écrire quelques années. Je le croyais presque immortel...
    Il a commencé sa carrière d'écrivain relativement tard (45 ans) mais n'a cessé d'écrire jusqu'à la fin de ses jours. Assez peu connu jusqu'en 2008, il a obtenu un franc succès avec "Le Boulevard périphérique" (Prix Inter). C'est cette année-là que je l'ai découvert. Puis, j'ai lu "L'enfant bleu", un gros coup de coeur et plus récemment "déluge", que j'ai beaucoup aimé également.
    Chaque fois, Bauchau m'emporte dans son univers et je suis conquise. Très porté sur la psychanalyse, la création artistique, la folie, la mythologie, il peut dérouter le lecteur et le laisser au bord de la route. Mais quand on a la chance d'entrer dans son univers, c'est magique...
    Et maintenant, ce que j'ai pensé d'Oedipe sur la route.....
    Oedipe, désespéré d'avoir tué son père et épousé sa mère (sans avoir connaissance du lien de parenté au moment des faits) a décidé de quitter son royaume après s'être crevé les yeux. Antigone, une de ses filles, a choisi de l'accompagner sur les routes, ne pouvant se résoudre à le laisser partir seul.
    Oedipe ne peut se pardonner ses fautes et ne s'épargne pas, allant jusqu'aux limites de sa résistance physique. Pour Antigone ce périple est un voyage initiatique. La jeune fille doit mendier pour gagner de quoi manger. Parfois, le père et la fille font de belles rencontres, des gens qui font un bout de chemin avec eux, les aidant à surmonter les obstacles qui se présentent à eux. Comme dans d'autres romans de l'auteur, "L'enfant bleu" ou "déluge", par exemple, l'art occupe une place importante dans l'histoire. Oedipe et Antigone apprennent à sculpter et réalisent notamment une oeuvre gigantesque.
    Tous deux cheminent dans leur monde intérieur autant que sur les routes De Grèce et sans aucun doute tous deux arriveront au bout du voyage transformés....
    Ce n'est pas mon oeuvre préférée de l'auteur mais je suis très satisfaite de ma lecture. En choisissant "Oedipe sur la route", je souhaitais découvrir une autre facette de l'oeuvre de Bauchau, celle en rapport avec la mythologie. "Oedipe sur la route" est le premier opus d'une trilogie. Les deux autres volumes sont"Antigone" et "Diotime et les lions", deux titres que j'ai bien l'intention de lire maintenant. Je me suis attachée à Antigone et il me tarde de la retrouver...
    Une oeuvre singulière et un auteur à découvrir !


    Lien : http://sylire.over-blog.com/article-oedipe-sur-la-route-henry-baucha..
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  • Par wayana, le 30 août 2012

    wayana
    Œdipe, roi de Thèbes, parricide et incestueux se voit mis à la porte de sa cité tel un mendiant. Il part sur la route suivi par sa fille Antigone. Ce livre raconte cette route, ce parcours initiatique, cette quête pour parvenir à expier. Les arts vont l'accompagner dans ce sens : Œdipe va sculpter pour exorciser, Œdipe va chanter, il devient un aède, il devient un homme comme les autres. Très belle œuvre de Henry Bauchau pour qui fut marqué par l'histoire d'Œdipe et le destin tragique d'Antigone.
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    • Livres 4.00/5
    Par michelekastner, le 09 décembre 2012

    michelekastner
    Le roman, longue épopée errante, débute après la découverte par Jocaste et Oedipe des liens incestueux qui les unissent et de la malédiction qui pèsent sur eux et leurs enfants. Oedipe fuit Thèbes pour une longue marche, ses pas sont guidés par une force obscure, Antigone à sa suite. Ils sont accompagnés, guidés par des personnages mythiques ou légendaires, aux pouvoirs divins. Henri Bauchau réécrit et réinvente les années d'errance d'Oedipe dans la tragédie de Sophocle avec modernité, poésie, force et beauté : les personnages revivent puissamment sous sa plume extraordinaire.
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Citations et extraits

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  • Par ssab, le 10 novembre 2010

    Elle descend dans l'ombre de la falaise et sa froide lumière. Elle voit la barque qui jaillit, très blanche, de l'énorme roche et comment, pendant ces deux jours, ces deux nuits, Œdipe a incarné sa fille Antigone dans la pierre. Autour du front et des longs cheveux que le vent déroule, le mouvement de la pierre a formé une couronne d'écume. C'est donc ainsi qu'Œdipe la pense, qu'il la fait voir, animée d'une beauté qui n'est pas celle de Jocaste ni celle d'Ismène. Une beauté active, résolue, acharnée dans la confiance. Ce visage connaît la menace de la vague, son écrasante pesanteur, mais il ne s'abandonne pas à l'effroi. La pierre l'a voulu éclairée, et solide, comme le corps, qu'elle a sculpté elle-même et retrouve avec étonnement. Ce corps dont Œdipe a accentué la ligne audacieuse qui est à la fois celle d'un garçon vigoureux et d'une jeune fille élancée, plus intrépide que les jeunes filles de Thèbes. Soudé par l'effort aux corps des deux autres rameurs, il soutient avec eux l'entreprise de survivre. Œdipe l'a achevé par le surprenant visage où tout est donné à l'effort, à la respiration juste et dont aucun des traits ne sourit. C'est la tête entière, c'est le corps tout entier qui, comme le petit dieu usé du village, sont animés d'un sourire dont la lumière transparente émane directement de la pierre. Dans ce profil né d'une vision d'Œdipe, ce qui la frappe, ce qui l'émeut surtout c'est la limpidité. C'est donc ainsi, alors qu'elle se sent souvent si troublée, si incertaine, que son esprit et ses mains l'ont aimée. Elle entoure de ses bras le sourire invisible et présent qu'il lui a donné dans la pierre, elle se réconcilie un peu avec elle-même, elle sent qu'elle pourra peut-être, comme le lui a dit Diotine, devenir un jour Antigone.
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  • Par Orphea, le 15 janvier 2013

    Tout en sculptant, il pense à la Sphinx qui était, comme la vague, infiniment plus puissante que lui. C'est de sa force qu'il s'est servi pour l'emporter, en plongeant dans son obscurité le couteau des réponses. La Sphinx a disparu comme s'effacent les vagues. Il a cru en être la cause, il a accepté le triomphe, la reine, la royauté, sans voir qu'en face de lui une autre vague, bien plus haute, se soulevait déjà. Les hommes de la barque ne seront pas comme lui, ils sauront que cette vague n'est pas la seule, qu'il ne suffit pas de triompher d'elle et qu'il faut affronter la tempête tout entière avec sa succession de vagues pour retrouver le port.
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  • Par Orphea, le 15 janvier 2013

    Ce n'était pas la Sphinx qui tuait mais la peur.
    La peur des questions enfantines qui semblaient recouvrir un piège.
    Jour qui engendre la nuit. Nuit enceinte de la lumière.
    Vie qui commence à quatre pattes, s'élève à deux et trois survient.
    Comment croire que c'était la naissance, l'évidence fondamentale
    Quant à tant chercher la réponse, ils n'entendaient plus la question ?
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  • Par Orphea, le 17 janvier 2013

    Œdipe a repris des forces, ils repartent. Ils suivent une route hésitante, pleine de détours et de retours en arrière. Antigone ne s'inquiète plus de la lenteur ne de la pesanteur du pas d’Œdipe. Elle ne s'effraie plus de ses moments de vertige ni de la fréquence de ses chutes. Elle ne sait plus si c'est une maladie ou la route interminable qui pèse ainsi sur lui et provoque ce tremblement dans ses gestes et cette incertitude dans sa démarche. Elle accepte de le voir s'arrêter, chercher, changer constamment de direction comme s'il s'était heurté à d'invisibles obstacles. Il est entré dans un vaste labyrinthe dont il est seul à éprouver les aspérités et les risques. Ce n'est que par essais, tâtonnements et patientes tentatives qu'il pourra le traverser, mais elle est sure qu'il y parviendra.
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  • Par Oliv, le 30 mai 2012

    Parti de Corinthe, adolescent et ne possédant rien, j'y suis revenu capitaine, à la tête de deux bateaux dont un m'appartenait. Fier de ma réussite et de mon savoir, je me suis pris pour un homme accompli. Pire, pour un sage. C'est ainsi qu'ont commencé mes malheurs.

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Vidéo de Henry Bauchau

Présentation de l'exposition des dessins de Lionel, expo qui se tient jusqu'au 21 juillet 2012 au LaM de Lille. Ces dessins ont été donnés par Henry Bauchau. C'est Lionel qui a inspiré à Henry Bauchau "L'enfant bleu". On y voit entre autres, les labyrinthes.








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