> Charles Guittard (Éditeur scientifique)
> Robert Pignarre (Traducteur)

ISBN : 2080710230
Éditeur : Flammarion (1999)


Note moyenne : 3.62/5 (sur 91 notes) Ajouter à mes livres
Est-il vraiment besoin de rappeler l'histoire de ce qu'il convient de considérer comme l'une des plus intenses tragédies grecques ? Électre, fille d'Agamemnon et de la reine Clytemnestre, n'a de cesse de réclamer la mort de sa mère, qu'elle... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (10)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 4.00/5
    Par nastasiabuergo, le 16 avril 2012

    nastasiabuergo
    C'est peu dire qu'Antigone est une des plus célèbres Tragédies grecques (parmi celles qui nous sont parvenues, à savoir, fort peu, volontairement détruites au IIième siècle sous l'Empereur Hadrien par des autorités morales anonymes, les « pédagogues grammairiens », qui ont décidé lesquelles devaient être transmises à la postérité. de la sorte, ces éminences grises ont dégraissé Eschyle, Sophocle et Euripide, pour ne citer que ces trois-là, de 87 % de leurs productions, soit les 44 pièces survivantes sur 348 à l'origine).
    Ainsi donc, parmi ces survivantes, Antigone n'est pas une tragédie canonique, mais LA tragédie canonique. Ce n'est pas pour rien qu'Hegel s'est appuyé en particulier sur celle-ci pour parler de la tragédie grecque en général.
    Le poids du religieux dans la Grèce de Sophocle est difficile à appréhender de nos jours et c'est vraiment un exercice délicat que d'essayer de comprendre dans le détail les visées réelles de l'auteur. L'une des questions civiques et morales soulevée par la pièce est celle de l'obéissance à l'ordre émanant de la hiérarchie, même s'il va à l'encontre de nos convictions. Dit autrement, doit-on exécuter un ordre s'il est immoral ? Je doute que la lecture d'Antigone soit au chevet de beaucoup de nos militaires ou policiers, pourtant, c'est une vraie question. Il en va de même pour tout fonctionnaire. On sait ce que Vichy, pour ne parler que de ce régime, a été capable de faire. Les fonctionnaires de Vichy avaient-ils lu Antigone ? À méditer…
    Voilà donc, Antigone, fille du célèbre Œdipe, qui vient de perdre ses deux frères bien aimés. L'un se battant pour Thèbes, l'autre contre. Thèbes obtient la victoire, et Créon, le roi de Thèbes, offre des funérailles dignes à celui qui a donné sa vie pour Thèbes, mais interdit qu'on laisse reposer l'autre frère selon les rites, car jugé comme traître, doit pourrir sur place ou être dévoré par des bêtes. Antigone, elle, refuse cette sentence et décide de braver l'interdit. Sa sœur, Ismène, elle, fait l'autre choix.
    L'autre axe qui me semble majeur dans la pièce est celui de l'orgueil qui nous empêche de revenir sur une parole prononcée afin de ne pas « perdre la face ».
    Je dirai simplement qu'à propos de faces perdues, Créon, se jugeant dans son bon droit, pour ne pas avoir voulu revenir sur sa décision risque d'en perdre bien d'autres de faces…
    En somme, une bien belle tragédie, qu'il nous est parfois difficile de recontextualiser, mais dont certaines questions conservent toute leur raison d'être et leur verdeur, même après vingt-cinq siècles et quelques autodafés, mais cela n'est presque rien, tout juste mon minuscule avis, ma toute petite vérité, et j'aime autant laisser à Sophocle le mot de la fin :
    "Ne laisse pas régner seule en ton âme l'idée que la vérité, c'est ce que tu dis, et rien d'autre. Les gens qui s'imaginent être seuls raisonnables et posséder des idées ou des mots inconnus à tout autre, ces gens-là, ouvre-les : tu ne trouveras en eux que le vide."
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (18 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par patachinha, le 13 juillet 2010

    patachinha
    Fabuleuse pièce de théâtre, à elle seule elle recelle de trésors de vérité. Je l'ai littéralement dévorée, depuis le temps que je voulais la lire... en effet qui n'a jamais entendu parler d' Antigone, ne serait-ce que dans son année de terminale en cours de philosophie?
    C' est entre autres à travers cette pièce que notre monde contemporrain s' est façonné!
    Imaginez d' ou à bien pu naître l' idée qu' il était parfois juste et nécessaire de désobéir aux lois injustes? Que toute loi légitimement entrée en vigueur n' est pas forcément juste comme le régime de Vichy ou les lois nazis... Les exemples sont encore bien trop nombreux de nos jours...
    Notre Antigone aura eu le coeur tiraillé entre la nécessité d' obéir aux lois du souverain roi Créon, des lois faites par l' homme et donc nécessairement imparfaites, et ce malgré que le Roi descendait des Dieux; et la loi divine celle qui imposait aux hommes d'ensevelir leurs morts. Face à la mort de son frère, jugé comme un traître par Créon, Antigone ne put se résoudre à laisser son frère comme proie aux animaux... En même temps, respectueuse des lois humaines, elle savait qu' il fallait nécessairement mourir par la suite...
    Beaucoup par manque d' intérêt et de culture ne se rendent pas compte à quel point notre vie est imprégnée du monde grec et romain, du moins pour nous européens et accessoirement le monde occidental aujourd' hui; voyez à travers cet exemple que de telles idées, de tels concepts philosophiques et politiques ne sont que la copie de génies d' il y à plus de 2000 ans!
    Cette pièce maintient aujourd' hui encore toute son actualité et suscite l' intérêt d' un large public. En outre elle a été l' objet d' études et continue de l' être; par ailleurs elle a été de nombreuses fois réécrite et adaptée comme dans Antigone de Jean Anouilh. Enfin, et ce bien logiquement, cette pièce continue de faire l'objet de nombreuses adaptations théâtrales...
    C'est dire à quel point il est primordial que vous la lisiez!!
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par Aela, le 16 février 2011

    Aela
    Un débat sur la nature du pouvoir politique qui reste toujours d'actualité.
    Et pourtant, c'est une oeuvre très ancienne:
    Sophocle (495- 406 avant JC) a vécu l'apogée du siècle de Périclès, la grande période du classicisme grec. Avec Sophocle la tragédie s'oriente vers le drame de l'individu aux prises avec des forces contraires.
    Tel est le cas d'Antigone, héroïne qui a inspiré cette pièce:
    Antigone, fille d'Oedipe, se dresse contre l'autorité de Créon, roi de Thèbes qui a refusé les honneurs funèbres à Polynice, frère d'Antigone. En effet Polynice et Etéocle, tous deux fils d'Oedipe, viennent de s'entretuer en se disputant le pouvoir.
    C'est une tragédie qui campe un homme désarmé par la puissance d'une femme qui ose le braver et qui, lucidement, revendique la mort; ce faisant, elle fait oeuvre de résistance et impose d'autres valeurs qui rendent dérisoires les ordres de Créon.
    La figure d'Antigone a inspiré d'autres créateurs comme Cocteau, Anouilh et Brecht.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par nathalie_MarketMarcel, le 28 mai 2012

    nathalie_MarketMarcel
    Les affrontements et les déchirements des personnages sont très modernes : Créon incarne la garde de la cité, rigide par caractère et par fonction, il se doit de dominer les passions, le peuple, la jeunesse et les femmes. Tour à tour Antigone, Hémon, le devin Tirésias viennent s'affronter à lui, dans de longues argumentations et des échanges vifs, qui n'ont pas vieilli. Comme dans Ajax on retrouve cette thématique des devoirs dus aux morts, car règle dernière de la cité.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (0 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par ay_guadalquivir, le 15 avril 2011

    ay_guadalquivir
    La lecture d'un tel classique, à la hauteur des plus grands textes fondateurs, renvoie inévitablement à un référentiel encombrant au moment d'y plonger les yeux. Outre qu'elle a traversé les âges et imprimé sa marque dans la nature même de l'homme européen, Antigone reste une oeuvre de transmission magnifique. A ne citer qu'Anouilh ou Freud, on mesure déjà la force d'un tel texte, alors que son référentiel - dieux, destin, pouvoir - s'est radicalement transformé. Et pourtant, on ne lit pas Antigone comme on lit l'Iliade. La place de l'Homme dans le pouvoir et face aux dieux n'en est pas très éloignée. Mais on lit sans doute Antigone dans la densité des personnages, leurs interactions qui ont construit pour partie nos structures familiales. La structure classique du texte, le rôle du Choryphée, la poésie épique en font un texte magnifique.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (4 votes positifs)

> voir toutes (20)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par nathalie_MarketMarcel, le 28 mai 2012

    Créon
    Malheureux que je suis,
    L’adversité m’ouvre les yeux… Sur mes épaules
    un dieu pèse de tout son poids,
    il me frappe, il me pousse
    dans l’atroce chemin,
    renversant, piétinant le bonheur de ma vie !
    Hélas ! hélas ! ô dure épreuve d’être un homme !
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par nathalie_MarketMarcel, le 28 mai 2012

    N’oublie pas que nous sommes femmes et que nous n’aurons jamais raison contre des hommes.
    Citation de qualité ? (0 votes positifs)
  • Par ay_guadalquivir, le 07 février 2011

    "Regardez-moi, vous qui habitez la cité de la terre paternelle
    C'est le dernier chemin
    Que je parcours, et c'est le dernier soleil
    Dont je vois la lumière :
    Ce ne sera jamais plus. Oui, celui qui fait
    Le lit de tous, Hadès, m'emmène vivante
    Au rivage
    De l'Achéron, et je n'ai pas eu ma part
    Nuptiale, je n'ai pas eu devant la maison d'un fiancé
    Quelqu'un pour me chanter
    Le chant nuptial : non, je serai la fiancée de l'Achéron."
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (9 votes positifs)
  • Par nastasiabuergo, le 15 avril 2012

    Ne laisse pas régner seule en ton âme l'idée que la vérité, c'est ce que tu dis, et rien d'autre. Les gens qui s'imaginent être seuls raisonnables et posséder des idées ou des mots inconnus à tout autre, ces gens-là, ouvre-les : tu ne trouveras en eux que le vide.
    Citation de qualité ? (10 votes positifs)
  • Par nastasiabuergo, le 15 avril 2012

    Jamais n'a grandi chez les hommes pire institution que l'argent. C'est l'argent qui détruit les États ; c'est lui qui chasse les citoyens de leurs maisons ; c'est lui dont les leçons vont séduisant les cœurs honnêtes, leur font embrasser l'infamie.
    Citation de qualité ? (8 votes positifs)

> voir toutes (13)

Video de Sophocle

>Ajouter une vidéo
Vidéo de  Sophocle

Extrait théâtre "OEDIPE ROI" Texte de Sophocle adapté. Réalisé par Guy Leonardi











Acheter sur Amazon

Faire découvrir Antigone par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Quiz

    Rions avec Le Cid (Corneille)

    Je suis jeune, il est vrai ;

    •   mais aux ânes benêts, le râleur n’attend point le nombre des années.
    •   mais à mon Amédée la chaleur de mon corps et mes boutons d’acné.
    •   mais aux âmes bien nées la valeur n'attend point le nombre des années.
    •   mais j’amène à mon nez, malgré les persifleurs, ma langue dépliée.

    10 questions - 75 lecteurs ont répondu
    Thème : Le Cid de Pierre Corneille

    Créer un quiz sur ce livre.