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> Charles Guittard (Éditeur scientifique)
> Robert Pignarre (Traducteur)

ISBN : 2080710230
Éditeur : Flammarion (1999)


Note moyenne : 3.84/5 (sur 336 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Est-il vraiment besoin de rappeler l'histoire de ce qu'il convient de considérer comme l'une des plus intenses tragédies grecques ? Électre, fille d'Agamemnon et de la reine Clytemnestre, n'a de cesse de réclamer la mort de sa mère, qu'elle... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Nastasia-B, le 27 septembre 2012

    Nastasia-B
    C'est peu dire qu'Antigone est l'une des plus célèbres Tragédies grecques (parmi celles qui nous sont parvenues, à savoir, fort peu, volontairement détruites au IIème siècle sous l'Empereur Hadrien par des autorités morales anonymes, les « pédagogues grammairiens », qui ont décidé lesquelles devaient être transmises à la postérité. de la sorte, ces éminences grises ont dégraissé Eschyle, Sophocle et Euripide, pour ne citer que ces trois-là, de 87 % de leurs productions, soit les 44 pièces survivantes sur 348 à l'origine).
    Ainsi donc, parmi ces survivantes, Antigone n'est pas une tragédie canonique, mais LA tragédie canonique. Ce n'est pas pour rien qu'Hegel s'est appuyé en particulier sur celle-ci pour parler de la tragédie grecque en général.
    Le poids du religieux dans la Grèce de Sophocle est difficile à appréhender de nos jours et c'est vraiment un exercice délicat que d'essayer de comprendre dans le détail les visées réelles de l'auteur. L'une des questions civiques et morales soulevée par la pièce est celle de l'obéissance à l'ordre émanant de la hiérarchie, même s'il va à l'encontre de nos convictions. Dit autrement, doit-on exécuter un ordre s'il est immoral ? Je doute que la lecture d'Antigone soit au chevet de beaucoup de nos militaires ou policiers, pourtant, c'est une vraie question. Il en va de même pour tout fonctionnaire. On sait ce que Vichy, pour ne parler que de ce régime, a été capable de faire. Les fonctionnaires de Vichy avaient-ils lu Antigone ? À méditer…
    Voilà donc, Antigone, fille du célèbre Œdipe, qui vient de perdre ses deux frères bien aimés. L'un se battant pour Thèbes, l'autre contre. Thèbes obtient la victoire, et Créon, le roi de Thèbes, offre des funérailles dignes à celui qui a donné sa vie pour Thèbes, mais interdit qu'on laisse reposer l'autre frère selon les rites, car jugé comme traître, doit pourrir sur place ou être dévoré par des bêtes. Antigone, elle, refuse cette sentence et décide de braver l'interdit. Sa sœur, Ismène, elle, fait l'autre choix.
    L'autre axe qui me semble majeur dans la pièce est celui de l'orgueil qui nous empêche de revenir sur une parole prononcée afin de ne pas « perdre la face ».
    Je dirai simplement qu'à propos de faces perdues, Créon, se jugeant dans son bon droit, pour ne pas avoir voulu revenir sur sa décision risque d'en perdre bien d'autres de faces…
    En somme, une bien belle tragédie, qu'il nous est parfois difficile de recontextualiser, mais dont certaines questions conservent toute leur raison d'être et leur verdeur, même après vingt-cinq siècles et quelques autodafés, mais cela n'est presque rien, tout juste mon minuscule avis, ma toute petite vérité, et j'aime autant laisser à Sophocle le mot de la fin :
    "Ne laisse pas régner seule en ton âme l'idée que la vérité, c'est ce que tu dis, et rien d'autre. Les gens qui s'imaginent être seuls raisonnables et posséder des idées ou des mots inconnus à tout autre, ces gens-là, ouvre-les : tu ne trouveras en eux que le vide."
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    • Livres 4.00/5
    Par colimasson, le 19 mai 2013

    colimasson
    Dans la famille maudite, je voudrais les descendants du roi de Thèbes. On connaît tous le mythe d'Œdipe (merci Freud) mais Ismène nous le rappelle d'entrée de jeu pour rafraîchir les mémoires frivoles : « Notre père est mort réprouvé, déshonoré ; lorsqu'il s'est lui-même découvert criminel, il s'est arraché les yeux et sa femme, qui était sa mère, s'est pendue ». On ne rigole pas tous les jours avec Sophocle, surtout lorsque la malédiction semble ne jamais devoir prendre fin : « Et voici nos deux frères qui se sont entre-tués, ne partageant entre eux que la mort, les infortunés ! »

    Antigone et Ismène ne sont même pas autorisées à rendre hommage à leur frère Polynice en lui accordant une cérémonie funéraire digne de ce nom. Au même moment, en effet, le roi Créon pose un décret interdisant de célébrer cet ennemi de la cité. Ismène et Antigone sont d'accord pour reconnaître que cet édit est une absurdité prétentieuse et arrogante ; toutefois Ismène s'y soumet dans les actes tandis qu'Antigone refuse d'obéir et rejette sa sœur, qu'elle considère comme une traîtresse. Créon est au service absolu des vivants contre la dignité des morts ; Antigone est totalement dévouée à ses morts contre les vivants.
    L'affrontement entre ces deux volontés contradictoires paraît inéquitable, mais de nombreux personnages vont s'interposer entre Antigone et Créon pour tenter de les raisonner et de les encourager à faire preuve d'un peu plus de flexibilité. C'est surtout auprès du roi que les personnalités se succèdent : d'abord le Garde, puis Hémon, le fils de Créon, qui doit épouser Antigone, et enfin Tirésias le devin. Rien n'y fait. Créon ne flanche pas, persuadé d'avoir raison envers et contre tous, plein d'une confiance aveugle et dévouée au régime politique qu'il a mis en place pour « le bien public ». Créon fait placer Antigone et Ismène en réclusion avant de les condamner au sort fatal qui leur échoie.
    L'outrage causé aux morts est grand mais une faute plus terrible encore est commise lorsque Créon refuse de croire aux mauvais présages divins adressés à Tirésias. Trop pragmatique et fier pour croire aux signes, Créon écopera du sort qu'il mérite. Encore une fois, comme dans Ajax, ce n'est que lorsque les instincts pécheurs commencent timidement à se remettre en question que la punition s'abat sur eux. La malédiction se perpétue…

    Antigone est une pièce subtile qui présente des personnages nuancés, aussi divers et changeants que la multitude des relations existant entre un mort et un vivant. Aux deux extrémités du spectre, on trouve Antigone et Créon. Entre eux se succèdent Ismène, qui obéit aux lois de la cité sans renier pour autant son rapport aux morts et aux dieux ; le Coryphée, aussi versatile qu'il est dénué de jugement ; Hémon, qui respecte son père et qui exige que, par respect réciproque pour son fils, celui-ci tienne compte de son avis ; le Garde qui préfère l'obéissance divine à l'obéissance terrestre mais qui préfère avant tout sa vie à n'importe quelle autre valeur ; enfin Tirésias qui se fait l'intermédiaire censé entre Dieu et le pouvoir terrestre. Sophocle permet ainsi de lancer une réflexion mouvante sur le pouvoir politique, l'obéissance, la constance et la priorité des valeurs sur lesquelles se fondent un gouvernement et un individu. Réflexion qui ne cesse d'évoluer au cours de cette –pourtant- courte pièce car Sophocle, en passant d'un personnage à un autre, se fond avec leurs convictions et nous surprend en nous donnant l'impression de ne donner foi qu'à un seul d'entre eux, avant de faire preuve de tout autant de véhémence à défendre les convictions d'un autre. Si la morale d'Antigone n'a rien de surprenant dans sa sagesse, la façon dont Sophocle nous y fait parvenir est tumultueuse et ne cesse de capter l'entière attention de son lecteur. Agile mélange entre réflexion et sentiment, cette question de la définition politique aurait-elle pu être mieux résumée que par le désespoir de Crédon ? « Hélas ! hélas ! ô dure épreuve d'être un homme ! » C'est peut-être cette dernière dimension de l'émotion, qui manque aux réflexions politiques plus récentes, qui fait la richesse d'Antigone.


    Lien : http://colimasson.over-blog.com/article-antigone--442-de-sophocle-11..
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    • Livres 3.00/5
    Par kllouche, le 14 janvier 2013

    kllouche
    Je continue d'explorer les pièces de théâtre antiques en me plongeant cette fois-ci dans Antigone de Sophocle. J'avais déjà lu l'Antigone de Jean Anouilh et l'Antigone d'Henry Bauchau, ainsi qu'Antigone 256 de Jacques Cassabois. Trois réécritures mais jamais l'œuvre original ? On fait tous des erreurs dans la vie ... Vous l'aurez quand même compris, le mythe d'Antigone, ça me connait.
    Au début de la lecture, je me suis quand même demander si je ne l'avais pas déjà lu. Ce n'est pas impossible que dans un passé lointain, très lointain, je l'ai déjà lu mais alors je n'en gardais quasiment aucun souvenir. Difficile à dire.

    A la fin d'Oedipe roi, le roi Oedipe était contraint de s'exiler. Créon, son beau-frère, prend la tête de Thèbes. Pendant ce temps-là, les deux fils d'Oedipe, Etéocle et Polynice se battent pour devenir le nouveau roi. Ils finissent par s'entre-tuer. Etéocle reçoit de dignes funérailles alors que Polynice est laissé à même le sol, à la merci des rapaces affamés. Créon interdit à quiconque dans la cité de rendre les hommages qui lui sont du sous peine de mort.
    Antigone débute sur la jeune femme, sœur des deux frères morts, priant Ismène, son autre sœur, de l'aider à enterrer leur frère pour qu'il puisse rejoindre le pays des morts. Ismène refusant, Antigone est contrainte de braver l'ordre de Créon seule. Alors qu'elle procède à l'ensevelissement du corps de Polynice, elle est découverte. Créon la condamne à mort. le fils de Créon, Hémon qui était fiancé à la jeune femme, ne peut supporter cette perte et se suicide. Eurydice, mère d'Hémon, apprenant le décès de son fils, met également fin à ses jours.
    L'aspect religieux est vraiment omniprésent. Il est toujours fait référence au destin, à la volonté des dieux, aux rites à respecter. J'avoue que je trouve que c'est un peu trop mais ça fait complètement parti de la culture thébaine. J'ai déjà plus apprécié les informations que nous révèle cette pièce sur le statut des femmes dans l'Antiquité. Une femme n'existait pas en tant que personne légale. Elle existait mais uniquement à travers son représentant masculin. Par exemple, avant son mariage, elle était sous la responsabilité de son père (Antigone sous la charge tutélaire d'Oedipe). Si celui-ci venait à mourir, la garde passe au plus proche membre masculin de la famille, soit ici Créon. Mais comme Antigone est fiancée à son cousin Hémon, elle est censée être partagée entre Créon et Hémon. Ce tuteur est supposé la représenter légalement en cas de procès et défendre ses intérêts, mais on se rend bien compte dans cette pièce qu'il y avait des abus de la part des tuteurs et que les femmes n'étaient en fait jamais vraiment protégées.
    Créon est le personnage qui m'a le plus marquée. Encore plus même qu'Antigone. C'est un personnage orgueilleux, hypocrite et avide de pouvoir. On déteste le détester tant il est cruel. Il était déjà en parti responsable de la chute d'Oedipe. Dans cette pièce, il devient aussi le meurtrier indirect d'Antigone, de sa femme Eurydice, et de son fils Hémon. Il fait genre 'je veux aider à sauver Thèbes et ses habitants en démasquant les responsables de leurs malheurs', alors qu'en fait sa seule motivation est la quête du pouvoir. Il prétend placer l'intérêt de l'Etat avant ses propres devoirs. Au moment du "procès" d'Antigone, il prétend faire ce qui est mieux pour la ville, agir en tant que roi plutôt qu'en tant que gardien de la jeune fille, ce qui l'obligerait à prendre sa défense.
    Bref, vous l'aurez compris, je ne peux pas l'encadrer.
    Je pense avoir fait le plein de Tragédies pour un bout de temps. Mon cotât de morts par mois en matière de littérature a déjà été largement dépassé. Je lirai surement les autres pièces de Sophocle, mais pas tout de suite. Si vous ne connaissez pas, allez-y, lisez le. Mais avec modération. C'est 'marrant' tant s'en est tragique.

    Lien : http://mariae-bibliothecula.blogspot.fr/2013/01/antigone-de-sophocle..
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  • Par Aela, le 16 février 2011

    Aela
    Un débat sur la nature du pouvoir politique qui reste toujours d'actualité.
    Et pourtant, c'est une oeuvre très ancienne:
    Sophocle (495- 406 avant JC) a vécu l'apogée du siècle de Périclès, la grande période du classicisme grec. Avec Sophocle la tragédie s'oriente vers le drame de l'individu aux prises avec des forces contraires.
    Tel est le cas d'Antigone, héroïne qui a inspiré cette pièce:
    Antigone, fille d'Oedipe, se dresse contre l'autorité de Créon, roi de Thèbes qui a refusé les honneurs funèbres à Polynice, frère d'Antigone. En effet Polynice et Etéocle, tous deux fils d'Oedipe, viennent de s'entretuer en se disputant le pouvoir.
    C'est une tragédie qui campe un homme désarmé par la puissance d'une femme qui ose le braver et qui, lucidement, revendique la mort; ce faisant, elle fait oeuvre de résistance et impose d'autres valeurs qui rendent dérisoires les ordres de Créon.
    La figure d'Antigone a inspiré d'autres créateurs comme Cocteau, Anouilh et Brecht.
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    • Livres 5.00/5
    Par Pirouette0001, le 06 septembre 2014

    Pirouette0001
    Quelle merveille ! J'avais oublié que j'aimais autant la tragédie grecque.
    En admiration devant l'Antigone d'Anouilh, j'ai refait le chemin à l'envers pour retrouver les prémices de cette oeuvre. Et sans être la même chose, c'est tout aussi beau. J'ai oublié beaucoup de mes lectures de jeunesse et je pense poursuivre le plaisir de leur redécouverte.
    N'hésitez pas, c'est tout à fait lisible au jour d'aujourd'hui et cela rend humble de penser que finalement tout a déjà été dit il y a bien longtemps.
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Citations et extraits

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  • Par ay_guadalquivir, le 07 février 2011

    "Regardez-moi, vous qui habitez la cité de la terre paternelle
    C'est le dernier chemin
    Que je parcours, et c'est le dernier soleil
    Dont je vois la lumière :
    Ce ne sera jamais plus. Oui, celui qui fait
    Le lit de tous, Hadès, m'emmène vivante
    Au rivage
    De l'Achéron, et je n'ai pas eu ma part
    Nuptiale, je n'ai pas eu devant la maison d'un fiancé
    Quelqu'un pour me chanter
    Le chant nuptial : non, je serai la fiancée de l'Achéron."
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  • Par colimasson, le 02 juin 2013

    HEMON. – […] Père, ton bonheur m’est plus cher que tout : un père florissant fait l’orgueil de ses enfants comme de beaux enfants sont l’orgueil de leur père. Mais montre-toi moins absolu dans tes jugements ; ne te crois pas l’unique détenteur de la vérité. Ceux qui pensent avoir seuls reçu la sagesse en partage ou posséder une éloquence, un génie hors de pair, on découvre à l’épreuve l’inanité de leurs prétentions. Même pour un grand clerc, il n’y a pas de honte à s’instruire sans cesse et à réformer ses jugements.
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  • Par Nastasia-B, le 14 janvier 2013

    Me voilà donc ici, sans plaisir pour moi, sans plaisir pour vous, je le sais : nul n'éprouve de tendresse pour un porteur de mauvaises nouvelles.

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  • Par colimasson, le 04 juin 2013

    TIRESIAS. – […] Or je dis que la cité souffre de ton fait. Nos autels, tous les foyers où l’on sacrifie, sont pleins de lambeaux que les oiseaux et les chiens ont arrachés à la dépouille de l’infortuné fils d’Œdipe. Les dieux n’agréent plus les prières des sacrifiants ni la flambée des cuisses immolées, et les oiseaux ne font plus éclater des cris de bon augure, car ils ont dévoré le sang coagulé d’un cadavre. Réfléchis, mon fils. Tout le monde est sujet à se tromper, et l’on n’est point pour autant un insensé ni un malheureux, pourvu qu’on ne s’obstine pas dans sa faute.
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  • Par Nastasia-B, le 21 décembre 2012

    ISMENE : Mais c'est dès le principe qu'il faudrait renoncer à chercher l'impossible.
    ANTIGONE : Va, continue à raisonner ainsi, et tu auras ma haine, (...). Va donc, et laisse-nous, moi et ma sottise, courir notre risque.

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Extrait théâtre "OEDIPE ROI" Texte de Sophocle adapté. Réalisé par Guy Leonardi











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