Pour Christian Bobin, l'écriture est à l'image du vent qui se lève et se couche. L'épuisement solennel, l'imprévu. C'est un privilège et un esclavage. « Quelque chose a eu lieu dont j'ignore tout et je voudrais écrire ce livre pour dire cette chose, pour que l'événement... > voir plus
J'ai toujours craint ceux qui ne supportent pas d'être seuls et demandent au couple, au travail, à l'amitié voire, même au diable ce que ni le couple, ni le travail, ni l'amitié ni le diable ne peuvent donner : une protection contre soi-même, une assurance de ne jamais avoir affaire à la vérité solitaire de sa propre vie. Ces gens-là sont infréquentables. Leur incapacité d'être seuls fait d'eux les personnes les plus seules au monde.
L'amour n'est pas un sentiment. Tous nos sentiments sont imaginaires et, si profonds soient-ils, nous n'y rencontrons que nous-mêmes c'est-à-dire personne. L'amour n'est rien de sentimental. L'amour est la substance épurée du réel, son atome le plus dur. L'amour est le réel désencombré de nos amours imaginaires.
Travailler sur la langue c'est agir sur le monde : si les nazis ordonnaient aux déportés de ne jamais parler de "cadavre" mais de "marionnette" devant l'amoncellement de corps martyres, c'est parce qu'il est plus aisé de brûler des marionnettes qu'un être humain.
... Quand le mensonge vient dans la langue, la mort pousse dans les chairs. C'est bien parce que certaines paroles nous tuent que d'autres paroles peuvent nous ressusciter.
Ecrire c'est affaire de musique plus que de sens, c'est affaire de silence plus que de musique. Mon vrai désir ce n'était pas écrire, c'était de me taire. Ce désir est un désir d'autiste ce désir est un désir d'artiste