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ISBN : 2290075310
Éditeur : J'ai Lu (2013)


Note moyenne : 3.4/5 (sur 274 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Dans son "Discours de la méthode", Descartes semble annoncer Le Corbusier quand il rêve de villes tracées au cordeau, délivrées du désordre médiéval, et qu'il compare l'empilement chaotique des savoirs hérités de la tradition à ces constructions de guingois encombrant l... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par mickbu, le 04 août 2013

    mickbu

    « le Discours de la méthode » est une véritable philosophie de la maîtrise de soi et des choses. Au savoir faussement assuré des scolastiques, Descartes oppose la connaissance de nos propres capacités, il s'agit désormais de savoir – non plus la docte de nos aînés en matière de vérité – mais de quoi l'esprit peut se rendre maîtres ; Descartes reconnait « la supériorité de l'inspiration sur les règles », le savoir contenu dans les livres ne constitue pas une connaissance, il est seulement un fait de mémoire s'incrémentant au gré de l'information. Il est à noter que Descartes éprouve un profond malaise à la sortie du prestigieux collège de la Flèche où l'enseignement scolastique des jésuites lui aura apporté une érudition sans conteste (Grec, Poésie, Mathématique, Philosophie, Théologie..), mais pour cet esprit aiguisé, ses éducateurs entichés de théologie ne font que transmettre des dogmes sans même les remettre en question, La morale est enseignée en soi, le vrai du faux sans distinction ; inapte à conduire efficacement notre manière d'agir et de raisonner, les « commandements » scolastiques dissocient l'homme de dieu, les idées de la réalités mais surtout l'homme pensant de l'homme concret, pour Descartes l'erreur provient de notre imperfection, elle n'est pas celle de Dieu – pour Descartes, dieu est un garant.
    La vérité réelle doit se distinguer de la vérité apparente ; tel est notre pouvoir dit Descartes : notre pensée, Penser par soi-même, c'est le pari du « Discours de la méthode », dans une lettre Descartes déclare « Il serait à souhaiter autant de certitude dans les choses qui regarde la conduite de la vie, qu'il en est requis pour acquérir la science », il est nécessaire alors d'adopter une démarche analytique vis-à-vis de nous-même : ci-gît l'ego-cogito, en recherchant les principes originels de notre connaissance avant de s'intéresser à son contenu : Descartes abhorrait les livres. Pour autant Descartes s'empêtre peut-être à ne chercher plus d'autres sciences que la sienne, celle contenue et intuitionnable à partir de la méthode. Il pense qu'on est plus sûre de ne pas se tromper en doutant qu'en affirmant (le doute hyperbolique), tel est le premier pas à franchir, le doute méthodique, lequel conduit, à partir des règles mathématiques, au décèlement du vrai, le réel se pense rationnellement, se calcule presque, c'est la nécessité d'interpréter, de structurer la définition galiléenne du cosmos. le « Je pense donc je suis » sert alors la manifestation du vrai, l'action, sans la déjouer ; et la philosophie Sartrienne (« l'en causa sui »).
    Descartes aura consacré sa vie à montrer sans voile, sans rien qui cache, la beauté des sciences, la nécessité d'un dévoilement, aventureux, où le fameux, le secret de l'humanité enferme sa brûlure, la moire qui l'absorbe entre nous, le monde, et l'empêche de voir tel qu'il est.
    Descartes aura toujours conservé son indépendance d'esprit, il peut être brandi en héros de la Philosophie.
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    • Livres 5.00/5
    Par xaviegilbert, le 16 mai 2010

    xaviegilbert
    Il faudrait, pour comprendre Descartes, et toute la philosophie, en finir avec l'idée de systèmes, comme des grandes façons de voir le monde. Il faudrait en finir avec l'usage du terme "cartésianisme" donc pour bien vouloir lire Descartes avec des yeux épurés de préjugés scolaires. Et donc ne pas dire ce qu'on peut lire souvent dans les commentaires ou les critiques. En somme, cesser de croire qu'on sait, cette arrogance de la vulgarisation et du commentaire. Bien malin serait celui qui prétendrait en quelques lignes résumer un des textes les plus importants publiés, la pensée d'un des plus grands penseurs...
    Comme tout le monde peut le voir, il s'agit d'un "discours de la méthode" et non d'un traité. Descartes ne prétend pas établir sur le papier une vérité, mais bien expliquer son chemin, sa méthode, car il l'a lui-même expérimenté, comme tout bon et vrai philosophe.
    Quelle méthode ? Dans quel but ? Bien le comprendre nécessite d'œuvrer en philosophie, de chercher et de lire et méditer beaucoup, de vivre aussi des expériences propres.
    Et par "liberté", il faut être prudent dans les explications. Descartes s'est peut-être simplement efforcé de se débarrasser des idées "pourries" du dehors (voir la métaphore du panier de pommes) par le doute d'une pensée redevenue libre.
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    • Livres 4.00/5
    Par Pingouin, le 03 août 2012

    Pingouin
    Que rajouter qui n'ait déjà été dit sur ce qui est peut-être le plus célèbre des "discours" ? Pas grand chose à mon avis, aussi, je me contenterai de vous résumer brièvement l'objet ainsi que la raison d'être du livre.

    D'abord, la préface le précise, il s'agit d'aborder l'ouvrage non pas en tant qu'exposition d'une philosophie, mais en tant que la préparation de celle-ci. En effet, Descartes se voit contraint, en apprenant la condamnation de Galilée pour ses idées bien trop vraies pour l'époque, d'opérer des coupes conséquentes sur ce que que devait être l'ouvrage à la base. Sa physique se basant sur les récentes découvertes de Galilée - l'héliocentrisme et le mouvement de la terre -, il ne peut se permettre de corroborer ces thèses et risquer lui aussi la condamnation. Il s'arrange donc pour se contenter de labourer la terre sans vraiment planter quoi que ce soit, ses graines étant dépendantes d'idées qu'il n'a pas le droit de soutenir.
    Il va simplement nous exposer sa méthode philosophique, qui doit selon lui permettre à quiconque l'emploie d'augmenter progressivement sa connaissance, par degré dit-il. Alors cette méthode, brièvement, quelle est-elle ?
    On peut dire qu'il fait de la philosophie une science, non pas en tant qu'il crée des concepts à l'aide de formules scientifiques, mais en ce sens qu'il cherche une vérité, de laquelle découlera des vérités, sa méthode est scientifique, mais il l'applique à la philosophie. Il ne veut pas de "peut-être" et en a assez des philosophies qui ne se basent que sur des éventualités, il voit le stoïcisme comme un superbe palais bâti avec du sable et de la boue. Cette première vérité sera le cogito.
    Cogito ergo sum, je pense donc je suis, l'action de douter nécessite que je pense, mais si je pense, il faut que je sois, que je sois une substance pensante. Voilà la première brique de l'immense bâtisse que Descartes érigera.
    Au vu des évènements européens, Descartes se contente donc du minimum, pour autant, ce n'est pas un mal, puisque cela lui permet de préparer l'assimilation de sa philosophie. Si sa pensée était une œuvre, le discours de la méthode en serait sans doute l'introduction.

    Un ouvrage très intéressant donc, puisqu'il est la base philosophique d'un penseur qui aura profondément influencé toute la pensée européenne puis mondiale, le cogito est un universel auquel tous se sont confronté d'une manière ou d'une autre. Un ouvrage accessible, bien que son XVIIème siècle nous impose un style vieillot, des tournures de phrases alambiquées, bien que parfois très jolies.
    A lire en tant qu'il est une des bases de la philosophie moderne, mais très insuffisant pour qui veut se réclamer d'une connaissance acceptable de la pensée cartésienne.
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    • Livres 3.00/5
    Par vincentf, le 09 octobre 2011

    vincentf
    Suis-je cartésien? Oui et non, sans doute, comme souvent. La méthode séduit : n'admettre comme base de pensée que ce dont on est absolument sûr, que ce qui est prouvé sans être la conséquence de quoi que ce soit d'autre. Bien sûr, le risque, c'est le scepticisme, parce que rien, peut-être, n'est absolument sûr. Descartes a une certitude : "Je pense". Il en déduit l'être : "Je suis". Pourquoi ce primat de l'âme sur le corps ? Pourquoi pas "je sens, donc je suis" ? Si je sens, c'est que je pense que je sens. Tout, selon Descartes, doit passer par la raison pour que je puisse affirmer que cela est. Cette confiance absolue dans la raison ne me convainc pas. Il me semble (et ce "sembler" est déjà non cartésien) que la raison n'est qu'une dimension, qu'un aspect de notre pensée et de notre être, que l'imbrication du corps et de l'esprit, reconnue par Descartes, ne hiérarchise pas grand chose. La méthode de Descartes, si elle semble (toujours "sembler"...) marcher dans les sciences pures, et est en cela une révolution de notre rapport au monde, ne donne, en philosophie, rien de si solide qu'on ne puisse le remettre en question. Sa preuve de l'existence de Dieu nie la capacité d'invention de l'esprit humain, et je ne sais toujours pas si Dieu est. Je passe peut-être à côté de cette philosophie et, à tout bien réfléchir, je ne suis sans doute pas cartésien.
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    • Livres 4.00/5
    Par GuillaumeTM, le 29 mars 2013

    GuillaumeTM
    A l'origine, Descartes devait écrire un tout autre livre, ce texte devait d'ailleurs en être que l'introduction, il se ravisa donc lorsqu'il apprit la condamnation de Galilée par l'Eglise romaine.
    Cet essai marque un tournant important dans l'histoire de la philosophie parce qu'il s'écarte littéralement de la tradition scolastique qui était en vigueur jusqu'ici. Descartes explique sa méthode particulière pour philosopher et chercher la vérité en s'inspirant de la logique mathématique sur un mode empirique, ce qui passe par le doute, le "Cogito". Il met en exergue pour cela quelques conseils qui sont :
    -- Ne jamais recevoir aucune chose pour vraie, éviter la précipitation.
    -- Diviser chacune des difficultés à examiner en autant de parcelles afin de mieux les résoudre.
    -- Conduire par ordre ses pensées en commençant par les choses les plus simples et monter peu à peu dans la difficulté.
    Dans la partie suivante, il met en place trois maximes qui sont le seuil de départ sur lequel s'appuyer comme évidence :
    -- Obéir aux lois et aux coutumes de son pays.
    -- Etre le plus ferme et le plus résolu en ses actions.
    -- Ne croire en rien d'autre qu'à ses pensées.
    Tout cela est certes intéressant, mais Descartes commet quelques bourdes symptomatiques de son époque. il pense que l'homme est l'épicentre du monde ("nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature"), il croit que les animaux n'ont pas de conscience ("l'animal-machine"), il dissocie le corps de l'esprit, ce qui passerait aujourd'hui pour une absurdité et je vous passerai sa conception de la circulation du sang. Quant au fameux "Cogito ergo sum", je pense donc je suis, ce n'est qu'une tautologie puisque la conscience réside à l'intérieur de l'être, mais c'est aussi un solipsisme car il exclue totalement qu'autrui puisse être aussi une source de connaissance pour soi.
    C'est un bon livre pour débuter en philosophie et qui inspira énormément ses successeurs.
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Citations et extraits

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  • Par adilosa, le 22 août 2013

    "il est certain que, si nous considérons tous les biens qui sont hors de nous comme également éloignés de notre pouvoir, nous n'aurons pas plus de regrets de manquer de ceux qui semblent être dus à notre naissance, lorsque nous en serons privés sans notre faute, que nous avons de ne posséder pas les royaumes de la Chine ou du Mexique; et que faisant, comme on dit, de nécessité vertu, nous ne désirerons pas davantage d'être sains, étant malades, ou d'être libres, étant en prison, que nous faisons maintenant d'avoir des corps d'une matière aussi peu corruptible que les diamants, ou des ailes pour voler comme les oiseaux. Mais j'avoue qu'il est besoin d'un long exercice, et d'une méditation souvent réitérée, pour s'accoutumer à regarder de ce biais toutes les choses; et je crois que c'est principalement en ceci que consistait le secret de ces philosophes, qui ont pu autrefois se soustraire de l'empire de la fortune et, malgré les douleurs et la pauvreté, disputer de la félicité avec leurs dieux. Car, s'occupant sans cesse à considérer les bornes qui leur étaient prescrites par la nature, ils se persuadaient si parfaitement que rien n'était en leur pouvoir que leurs pensées, que cela seul était suffisant pour les empêcher d'avoir aucune affection pour d'autres choses; et ils disposaient d'elles si absolument, qu'ils avaient en cela quelque raison de s'estimer plus riches, et plus puissants, et plus libres, et plus heureux, qu'aucun des autres hommes qui, n'ayant point cette philosophie, tant avorisés de la nature et de la fortune qu'ils puissent être, ne disposent jamais ainsi de tout ce qu'ils veulent."
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  • Par adilosa, le 20 août 2013

    "ainsi, au lieu de ce grand nombre de préceptes dont la logique est composée, je crus que j'aurais assez des quatre suivants, pourvu que je prisse une ferme et constante résolution de ne manquer pas une seule fois à les observer.

    Le premier était de ne recevoir jamais aucune chose pour vraie, que je ne la
    connusse évidemment être telle : c'est-à-dire, d'éviter soigneusement la précipitation et la prévention; et de ne comprendre rien de plus en mes jugements, que ce qui se présenterait si clairement et si distinctement à mon esprit, que je n'eusse aucune occasion de le mettre en doute.

    Le second, de diviser chacune des difficultés que j'examinerais, en autant de parcelles qu'il se pourrait, et qu'il serait requis pour les mieux résoudre.

    Le troisième, de conduire par ordre mes pensées, en commençant par les objets les plus simples et les plus aisés à connaître, pour monter peu à peu, comme par degrés, jusques à la connaissance des plus composés; et supposant même de l'ordre entre ceux qui ne se précèdent point naturellement les uns les autres.

    Et le dernier, de faire partout des dénombrements si entiers, et des revues si
    générales, que je fusse assuré de ne rien omettre."
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  • Par adilosa, le 12 août 2013

    " Mais je croyais avoir déjà donné assez de temps aux langues, et même aussi à la lecture des livres anciens, et à leurs histoires, et à leurs fables. Car c'est quasi le même de converser avec ceux des autres siècles, que de voyager. Il est bon de savoir quelque chose des moeurs de divers peuples, afin de juger des nôtres plus sainement, et que nous ne pensions pas que tout ce qui est contre nos modes soit ridicule, et contre raison, ainsi qu'ont coutume de faire ceux qui n'ont rien vu. Mais lorsqu'on. emploie trop de temps à voyager, on devient enfin étranger en son pays; et lorsqu'on est trop curieux des choses qui se pratiquaient aux siècles passés, on demeure ordinairement fort ignorant de celles qui se pratiquent en celui-ci."
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  • Par adilosa, le 20 août 2013

    "il me semblait que le plus utile était de me régler selon ceux avec lesquels j'aurais à vivre; et que, pour savoir quelles étaient véritablement leurs opinions, je devais plutôt prendre garde à ce qu'ils pratiquaient qu'à ce qu'ils disaient; non seulement à cause qu'en la corruption de nos moeurs il y a peu de gens qui veuillent dire tout ce qu'ils croient, mais aussi à cause que plusieurs l'ignorent eux-mêmes, car l'action de la pensée par laquelle on croit une chose, étant différente de celle par laquelle on connaît qu'on la croit, elles sont souvent l'une sans l'autre. Et entre plusieurs opinions également reçues, je ne choisissais que les plus modérées : tant à cause que ce sont toujours les plus commodes pour la pratique, et vraisemblablement les meilleures, tous excès ayant coutume d'être mauvais; comme aussi afin de me détourner moins du vrai chemin, en cas que je faillisse, que si, ayant choisi l'un des extrêmes, c'eût été l'autre qu'il eût fallu suivre."
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  • Par adilosa, le 24 août 2013

    "Toutefois, leur façon de philosopher est fort commode, pour ceux qui n'ont que des esprits fort médiocres; car l'obscurité des distinctions et des principes dont ils se servent est cause qu'ils peuvent parler de toutes choses aussi hardiment que s'ils les savaient, et soutenir tout ce qu'ils en disent contre les plus subtils et les plus habiles sans qu'on ait moyen de les convaincre. En quoi ils me semblent pareils à un aveugle qui, pour se battre sans désavantage contre un qui voit, l'aurait fait venir dans le fond de quelque cave fort obscure; et je puis dire que ceux-ci ont intérêt que je m'abstienne de publier les principes de la philosophie dont je me sers: car étant très simples et très évidents, comme ils sont, je ferais quasi le même, en les publiant, que si j'ouvrais quelques fenêtres, et faisais entrer du jour dans cette cave, où ils sont descendus pour se battre."
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