ISBN : 2851978985
Éditeur : L'Herne (2009)


Note moyenne : 3.89/5 (sur 9 notes) Ajouter à mes livres


" La figure de Jack l’Éventreur est absolument légendaire. Nul ne l’a jamais vu, ou plutôt les personnes qui l’ont vu n’ont jamais pu le décrire car on a retrouvé que leurs corps, horriblement mutilés.

Ceux et celles qui ont rêvé de lui, c... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 3.00/5
    Par fleurdusoleil, le 02 octobre 2010

    fleurdusoleil
    Robert Desnos est un poète français, né le4 juillet 1900 à Paris et mort du typhus le 8 juin 1945 au Camp de concentration de Theresienstadt, en Tchécoslovaquie à peine libérée du joug de l'Allemagne nazie.
    Autodidacte et rêvant de poésie, Robert Desnos est introduit vers 1920 dans les milieux littéraires modernistes et rejoint en 1922 l'aventure surréaliste. Il participe alors de manière éclatante aux expériences de sommeils hypnotiques et publie avec Rrose Sélavy (1922-1923) ses premiers textes qui reprennent le personnage créé par Marcel Duchamp.
    Dans les années 1924-1929, Desnos est rédacteur de La Révolution surréaliste mais rompt avec le mouvement quand André Breton veut l'orienter vers le Communisme. Il travaille alors dans le journalisme et, grand amateur de musique, il écrit des poèmes aux allures de chanson et crée avec un grand succès le 3 novembre 1933, à l'occasion du lancement d'un nouvel épisode de la série Fantômas à Radio Paris la Complainte de Fantômas .
    Le poète devient ensuite rédacteur publicitaire mais concerné par la montée des périls fascistes en Europe, il participe dès 1934 au mouvement frontiste et adhère aux mouvements d'intellectuels antifascistes, comme l'Association des écrivains et artistes révolutionnaires ou, après les élections de mai 1936, le "Comité de vigilance des Intellectuels antifascistes".
    En 1940 après la défaite il redevient journaliste pour le quotidien Aujourd'hui, et dès juillet 1942 fait partie du réseau de Résistance AGIR. Il poursuit ses activités de Résistance jusqu'à son arrestation le 22 février 1944. Il est déporté à Buchenwald et passe par d'autres camps avant de mourir à Theresienstadt, en Tchécoslovaquie : épuisé par les privations et malade du typhus, il y meurt le 8 juin 1945, un mois après la libération du camp par les Russes. La dépouille du poète est rapatriée en France, et Robert Desnos est enterré au cimetière du Montparnasse à Paris.
    Son œuvre comprend un certain nombre de recueils de poèmes publiés de 1923 à 1943 - par exemple Corps et biens (1930) ou The Night of loveless nights (1930) - et d'autres textes sur l'art, le cinéma ou la musique, regroupés dans des éditions posthumes. (http://wapedia.mobi/fr/Robert_Desnos)
    Mon avis :
    J'ai commencé cet article par une biographie de Robert Desnos car ce petit livre de 45 pages ne peut se comprendre et s'apprécier quand “rencontrant” son auteur.
    Les éditions L'Herne ont repris dans cet ouvrage les articles écrits par Robert Desnos pour le journal Paris-Matinal.
    Tout débute en 1928 par un fait divers macabre : la découverte à Saint Denis d'une femme atrocement mutilée. Ce drame fait revenir à la surface le fantôme d' un personnage tristement célèbre et mystérieux : Jack l'Eventreur.
    Je ne vais pas vous retracer ses méfaits car je pense que tous les connaissent. Il est intéressant de souligner que lorsque ces articles sont publiés, il y a 40 ans que Jack l'Eventreur a sévi en Angleterre. Ce qui laisse supposer qu'il est peut-être encore en vie ou mort récemment, et que les lecteurs du journal ont vécu de près ou de loin cette période sombre.
    Mais revenons à notre livre. Robert Desnos s'inspire donc d'un meurtre récent pour alimenter sa chronique. Il retrace le chemin criminel et macabre de ce tueur au scalpel comme au travers de son ombre. Il ne cite que les différents meurtres, avec poésie et noirceur, sans impliquer la police et très peu les victimes. Seul Jack est présent dans ses écrits. On a l'impression de voir par les yeux d'un témoin invisible.
    IL affirme aussi qu' un homme, qui souhaite rester anonyme, l'aurait contacté et lui aurait affirmé connaître l'identité et les motivations de l'homme que l'on a surnommé “ Jack the ripper”. Cette rencontre a lieu dans l'esprit de Desnos pour le plus grand plaisir de ses lecteurs, mais tout ceci s'est-il réellement produit ? Existe-il une corrélation entre les écrits de Desnos et la réalité ? Réalité ou fiction ? Là est tout le génie de ce grand poète !
    Ce texte se lit rapidement et avidement. Il est très divertissant, mais il n'est pas instructif pour celui qui souhaite affiner ses connaissances sur Jack l'Eventreur.
    Ce n'est pas un livre qui se raconte mais un livre qui se lit !
    Merci à BABELIO et aux éditions de L' Herne pour ce partenariat.




    Lien : http://ecritureetpoesie.canalblog.com/archives/2010/10/02/19221180.h..
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    • Livres 4.00/5
    Par purplevelvet, le 03 octobre 2010

    purplevelvet

    Si j'ai choisi ce livre en particulier parmi les propositions de Masse Critique, c'est au départ, par envie de découvrir une autre facette de l'écriture de Desnos, que je connais et apprécie pour son recueil " Corps et biens" en particulier. Un poète de la mouvance surréaliste, qui écrit avec beaucoup de liberté, un sens de l'humour parfois assez noir, une inventivité et, en même temps, une simplicité qui en font , peut être le plus facilement abordable des surréalistes. Je ne connaissais pas ses écrits journalistiques, et je dois dire que c'est avec plaisir que j'ai retrouvé dans ce petit livre ce qui me plaît dans son écriture. C'est assez difficile à expliquer. C'est avant tout une question d'ambiance.
    Jack l'Eventreur, donc, compile une série d'articles publiées par Desnos dans le journal Paris Matinal en janvier/février 1928. Une date qui correspond grosso modo à la fin du cinéma muet/ début du cinéma parlant. Pourquoi le mentionner? J'y viendrais un peu plus tard.
    A partir d'affaires criminelles contemporaines, Desnos décide de consacrer une série d'articles à Jack l'Eventreur, le célèbre meurtrier anglais qui commis une dizaine d'assassinats particulièrement sanglants entre 1887 et 1889. Une sombre affaire restée impunie, et encore relativement récente pour le lecteur de 1928. Mais déjà suffisamment lointaine pour avoir fait naître dans les esprits pas mal de fantasmes et de conjectures. Disons le tout net, ce n'est pas Robert Desnos qui lèvera le voile sur l'identité de Jack l'éventreur, son propos n'est pas là. Une première série d'articles rapporte les différents crimes perpétrés par l'éventreur, mais sur un mode novateur pour l'époque. Desnos mentionne à peine les enquêtes menées par la police et place son lecteur, en quelque sorte, en "caméra subjective", dans la peau d'un anonyme qui serait témoin des crimes ( voilà pourquoi je parlais de cinéma un peu plus haut). L'écriture est en fait très cinématographique: on suit les déplacements du Jack, de la victime insouciante partie acheter une boîte de cachous, pensant à ce qu'elle va faire plus tard dans la journée... l'auteur s'intéresse surtout à reconstituer " l'avant", ces quelques minutes décisives avant le crime. Et c'est une approche assez intéressante. Et c'est en cela que je trouve cette écriture très cinématographique. La première image qui me vient à l'esprit à la lecture, c'est M le maudit, déambulant dans les rues de la cité industrielle en sifflotant sur le pavé luisant à la recherche d'une prochaine victime. M le Maudit date certes de 1931, et n'a donc pas pu influencer Desnos, mais, ce n'est peut-être pas un hasard, un autre film, muet celui là, et datant de 1927 peut aussi en être rapproché. Il s'agit de "The Lodger", premier grand film de celui qui allait s'imposer comme maître du genre: Alfred Hitchcock himself. Brouillard, pavés luisants... c'est exactement cette ambiance que l'on retrouve transposée avec brio ( et un humour noir assez absurde qui sied parfaitement au cadre anglais) dans l'écriture de Desnos.
    C'est encore plus flagrant dans la seconde partie du récit: après en avoir fini avec les meurtres, et exposé sa théorie d'un Jack l'éventreur esthète du crime, Desnos fait intervenir un personnage mystérieux, venu d'on ne sait où, qui l'aurait contacté afin de lui communiquer des renseignements sur Jack l'éventreur, et confirmer la théorie des meurtres "pour l'art". Vrai personne, vraie rencontre, affabulateur ou encore personnage fictif? Nous ne le saurons pas, pas plus que nous saurons son identité, si ce n'est qu'il s'agit d'un écossais qui aurait bien connu Jack l'éventreur. Toujours est-il que là aussi, c'est très intéressant. L'homme semble transporter avec lui l'ambiance du Londres de la fin du XIX° siècle et sa simple apparition dans le décor du paris des années 20 suffit à transformer les lieux en bas-fond londonien.
    En conclusion: un petit livre très intéressant, non forcément pour ce qu'il raconte, mais pour la manière de le raconter, qui exploite, je n'en démordrais pas, avec efficacité les images du cinéma encore jeune. Et aussi, un excellent moyen pour découvrir l'écriture de Desnos, plus accessible que sa poésie, mais également empreint du même sens de l'absurde et de l'humour noir . le seul bémol que l'on puisse donner, c'est le prix, 8€50, un peu élevé quand même pour un récit d'une petite quarantaine de pages, même si, heureusement la qualité est au rendez vous, papier crème épais et encre bleu sombre.

    Lien : http://chezpurple.blogspot.com/2010/10/jack-leventreur-robert-desnos..
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    • Livres 5.00/5
    Par lilyetseslivres, le 17 novembre 2010

    lilyetseslivres
    En 1928, le meurtre d'une femme sauvagement assassinée à Saint Denis inspire à Robert Desnos, alors journaliste à Paris Matinal, une suite d'articles sur les « grandes épopées criminelles du siècle dernier », dont bien évidemment celle du fameux «Jack l'Eventreur».
    Méticuleusement, le poète, journaliste, entreprend de conter par le menu et très précisément les onze crimes que perpétra l'infâme Jack dans le quartier de Whitechapel à Londres entre le 1er décembre 1887 et le 10 septembre 1889.
    L'enquête est minutieuse, Desnos s'informe très précisément, s'appuyant notamment sur les photos des femmes suppliciées, contant par le menu les sévices endurés. Journaliste juqu'au bout des ongles, il n'omet rien. Et pourtant, cette suite d'articles réunie en un petit recueil, dépasse bien largement le cadre strictement journalistique. Desnos est avant tout écrivain et poète, et s'il se penche sur le cas de Jack the Ripper avec tant de passion, c'est peut-être finalement avant tout, parce qu'il est une source d'inspiration essentiellement littéraire, quasi «esthétique». Desnos, ne s'en cache pas, évoquant même à l'occasion l'écrivain Thomas de Quincey et son Assassinat considéré comme l'un des beaux arts...
    (...)
    La suite, ci-dessous :
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  • Par rose, le 28 novembre 2010

    rose
    Des articles de Robert Desnos sur Jacques l'Eventreur (publiés par les éditions de L'Herne, merci Babélio !) : le poète y raconte dans une prose pleine de suspense et de pittoresque les crimes monstrueux avant d'appâter le lecteur avec un témoin qui a joint le journal : il a connu Jacques l'Eventreur... le poète joue au reporter et se plaît à laisser imaginer qu'il a peut-être côtoyé là quelques heures l'insaisissable assassin. Lu pour voir aborder le crime d'une autre façon que dans From Hell, que j'ai adoré, ce petit opuscule est savoureux par son atmosphère noire et poétique, et pour le rôle que se donne le narrateur, journaliste en quête d'un improbable scoop... le meurtrier, à la façon surréaliste, tue pour le geste, par défi contre les timorés. Une variation intéressante.

    Lien : http://rosealu.canalblog.com/archives/2010/11/28/19727792.html
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    • Livres 5.00/5
    Par Laruellebleue, le 01 novembre 2010

    Laruellebleue
    « Les crimes sadiques / Paris Matinal va commencer… après demain, mardi, une série d'articles sur deux affaires criminelles qui passionnèrent leur époque : Jack l'éventreur et Joseph Vacher, par Robert Desnos. On verra en rapprochant les exploits de ces deux terribles assassins de celui de l'auteur encore inconnu du crime de Saint-Denis, qu'au bout de quarante ans les procédés de certains criminels n'ont pas changé. »
    http://www.laruellebleue.com/5003/jack-leventreur-de-robert-desnos-ed-de-lherne/

    Lien : http://www.laruellebleue.com/5003/jack-leventreur-de-robert-desnos-e..
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Citations et extraits

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  • Par purplevelvet, le 03 octobre 2010

    "Le ciel était brouillé. Il bruinait encore. Sur l'asphalte étincelant se reflétaient les réverbères. Les tours de saint-Sulpice se perdaient lourdement dans une brume d'humidité. Je me retournais vers celui qui qui venait de poser sa main sur mon épaule, ne doutant pas un instant que ce ne fût celui que j'attendais. [...]. Nous marchâmes en silence jusqu'à la rue Guynemer dont la chaussée bitumée resplendissait comme un miroir des jeux des réverbères qu'elle réfléchissait. ce paysage familier me parut soudait mystérieux, et comme voué, en dépit de la présence des arbres de Luxembourg à toute la splendeur d'un pays uniquement minéral". (pp 37/ 39)

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  • Par lilyetseslivres, le 17 novembre 2010

    Terrible expérience que celle de cet homme entraîné à dépecer les femmes, terrible luxure que celle de cet homme dont le sang seul pouvait contenter l’appétit sensuel, terrible vie que celle de ce criminel qui, jamais découvert, toujours sur le point de commettre un nouvel exploit, vivait dans l’énervement continuel de ses nerfs et de sa sensualité, défiant victorieusement les forces de la loi et de la morale ordinaire.
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  • Par purplevelvet, le 03 octobre 2010

    "La figure de Jack l'éventreur est absolument légendaire. Nul ne l'a vu, ou plutôt, les personnes qui l'ont vu n'ont jamais pu le décrire, car on n'a retrouvé que leurs corps, horriblement mutilés [...] Jack l'Eventreur est sans doute mort maintenant, et mort impuni. il doit reposer dans un de ces calmes cimetières anglais où l'ombre rectiligne des cyprès se prolonge sur des gazons soigneusement peignés et sur des allées monotones. Chaque jour de la semaine s'appesantit davantage sur cette tombe mystérieuse. Les jeunes Anglaises, qui pour se rendre au temple protestant ou à l'église, traversent le cimetière, observent devant cette tombe comme devant les autres un silence recueilli. Et rien ne signale aux hommes que là, dans la paix tellurique, repose celui auquel on peut appliquer le titre de " génie du crime" (pp 8/9)
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  • Par Laruellebleue, le 01 novembre 2010

    « C’est alors qu’elle rencontra ce singulier promeneur. Il portait un costume bien rare à Whitechapel : seule la blancheur de sa cravate et de son plastron trouait le noir impeccable de sa cape et de son habit. Sur son chapeau de soie et ses souliers vernis, la fureur tremblotante des réverbères mettait de fugitifs reflets. »
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