> Sylvère Monod (Éditeur scientifique)

ISBN : 2070388301
Éditeur : Gallimard (1999)


Note moyenne : 4.1/5 (sur 110 notes) Ajouter à mes livres
Roman de l'enfance et de l'adolescence, histoire d'une éducation, aventure psychologique et morale de portée universelle, Les Grandes Espérances, avant-dernière oeuvre achevée de Dickens, surprend par sa fraîcheur, le renouvellement constant de l'invention, le comique. ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Youplala, le 30 mai 2008

    Youplala
    Les espérances évoquées dans le titre sont celles de tous les personnages, du principal aux plus petits.
    Pip espère ainsi toute son enfance obtenir de l'argent afin de s'élever au-delà de sa condition de simple apprenti forgeron, puis durant son adolescence et l'âge adulte il espère rencontrer son illustre bienfaiteur dont il ne connaît rien. Par-dessus tout, il espère conquérir le coeur de la belle Estella, aussi inacessible que les étoiles dont elle porte le nom. Cependant, le lecteur se rend bien vite compte que quelque chose cloche dans tout cela car c'est un Pip ayant déjà vécu tout cela qui narre l'histoire; et il ne manque pas de faire des allusions quant à la folie de ses rêves.
    Les Grandes espérances sont également celles de Miss Havisham qui ne souhaite qu'une chose: se venger des hommes pour ce qu'ils lui ont fait endurer. Ce sont celles de Joe, le père adoptif de Pip (bien qu'il ne soit jamais nommé de la sorte). Ce sont celles de Wemmick, le clerc implacable et froid au travail, mais familier et sympathique une fois chez lui. Ce sont celles du terrible Orlick, un personne trouble et effrayant sans qu'on sache bien pourquoi. Et ce sont même celles, extrêmement bien cachées, de Mr Jaggers, l'avocat inflexible qui manifeste autant de chaleur humaine qu'un iceberg.
    Le style est vraiment très agréable, l'intrigue évolue bien sans qu'on s'impatiente (enfin, sauf le dernier quart), Dickens n'a pas oublié d'inclure une certaine dose d'humour - teinté de noir par moments (certaines scènes seraient très drôles dans un film par exemple) et l'histoire est en somme une fable sur l'argent qui corrompt même les meilleurs (en tout cas, c'est comme ça que je l'ai perçue).
    On retrouve même une bose dose de suspense, ce qui ne gâche rien.
    Un exemple:
    Dans le conte oriental, la lourde dalle qui doit tomber sur la couche d'apparat dans l'ivresse de la victoire est lentement extraite de la carrière, le tunnel où courra la corde destinée à maintenir la dalle à sa place est lentement creusé dans le roc pendant des lieues, la dalle elle-même est lentement soulevée et ajustée à la voûte, la corde est assujettie à la dalle, et va rejoindre à plusieurs milles de là le grand anneau de fer. Tous les préparatifs achevés à grand-peine, lorsque l'heure est venue, on éveille le sultan au milieu de la nuit, on lui met dans la main la hache aiguisée qui doit détacher la corde du grand anneau de fer; il frappe, la corde se rompt, disparaît dans le tunnel et la voûte tombe. De même pour moi; tous les travaux proches et lointains qui tendaient au même but étaient achevés; en un instant le coup fut frappé et le toit de ma forteresse s'écroula sur moi!
    Cependant, j'ai quelques petites remarques à faire. Ainsi, l'évolution de Pip paraît complètement improbable. Par exemple, lorsqu'il apprend qu'il est un riche héritier, Pip est un jeune apprenti forgeron d'environ quinze ans si je ne me trompe pas. A cet âge-là, on peut dire qu'un être humain est influençable, certes... mais avec déjà des bases bien établies concernant son comportement, son caractère, ses habitudes, ses connaissances, ses habilités, etc. Cela d'autant plus que dans les années 1860 et des brouettes, l'adolescence était un concept inexistant: à quinze ans on était adulte et on bossait pour gagner sa croûte, point barre.
    A cela il faut également ajouter qu'à cette époque-là, la distance entre les classes aisées et les classes pauvres était aussi facile à franchir qu'un gouffre béant. On pouvait difficilement passer d'un monde à l'autre à moins d'être pris très jeune à son milieu. Qu'à cela ne tienne!, pour Dickens, du jour au lendemain Pip prend des manières très mondaines et se comporte avec tous les tics d'un lord. Mouais...
    Néanmoins, cela ne gêne pas la lecture du roman donc cela importe peu.
    Par contre, venons-en maintenant à ce fameux dernier quart avec lequel je radote depuis tout à l'heure. Sans lui, le bouquin aurait été absolument génial. Sans lui, l'histoire aurait été tout à fait cohérente. Sans lui, je n'aurais pas eu envie d'entrer en communication avec Dickens dans l'au-delà pour lui demander ce qu'il lui avait bien pris de rédiger cette partie-là.
    Ce quart commence au moment où Pip apprend enfin, après un suspense insoutenable qui a fait craindre pour lui la pire des malédictions, qui est son mécène et comme celui-ci a obtenu son argent .
    On s'attend à un être épouvantable, un véritable Marquis de Sade mâtiné de Gilles de Rais! A vrai dire... ce n'est pas du tout ça et le soufflé retombe telle une vieille crêpe. Enfin... il est très probable que dans l'Angleterre Victorienne avoir une telle ascendance était pire que d'avoir un loup-garou dans la famille. Mais cela m'a laissé de marbre.
    A la suite de cette révélation s'ensuit alors un imbroglio tout à fait imbuvable sur le fait que cela soit atroce d'être en contact avec une personne pareille, ô mon dieu il faut s'en débarrasser, oh et puis non en fait c'est quelqu'un de super sympa, la pauvre a eu tant de malheurs... Re-mouais.
    J'ai particulièrement abhorré le retournement de situation "à la Molière" où l'on découvre les origines d'Estella. Ça n'apporte vraiment pas grand-chose à l'intrigue et ça dure une centaine de pages environ (dans mon édition). A la fin on ne peut pas s'empêcher de se faire la réfléxion "quoi? Tout ça pour ça? Mais ça n'apporte rien sauf une énorme digression!".
    Pis: après ce looooooong passage, l'histoire reprend et une fin douce-amère vient rapidement conclure le roman. Alors pourquoi nous avoir conté tout cela? J'ai peut-être raté quelque chose.
    Quant à la morale du roman, elle est simple: l'argent mal acquis ne profite jamais, qui plus est il a la capacité de corrompre même le meilleur des hommes. Seul le travail personnel permet à un individu d'avoir le repos de l'âme. Pourquoi pas? Après tout, nous sommes dans un roman victorien! ;-)
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par alaiseblaise, le 19 janvier 2012

    alaiseblaise
    "Le nom de famille de mon père étant Pirrip, et mon nom de baptême Philip, ma langue enfantine ne put jamais former de ces deux mots rien de plus long et de plus explicite que Pip. C'est ainsi que je m'appelai moi-même Pip, et que tout le monde m'appela Pip." "De grandes espérances" peut être à juste titre envisagé à part dans l'ensemble de l'oeuvre de Dickens. Il se distingue aussi bien des longs romans, par son format et sa relative concision, que des autres livres parus en magazine hebdomadaire, dont il évite la sécheresse excessive. Dans les années 1950, un jury d'homme de lettres français l'a élu meilleur roman étranger du XIXème siècle devant "Guerre et Paix" et "Crime et châtiment", et aujourd'hui encore on le cite fréquemment comme le meilleur livre de son auteur. Fait significatif : même les critiques peu favorables à Dickens lui concédent des qualités particulières, un peu comme ceux qui, n'aimant ni "L'Education sentimentale", "Ni Salammbô", ni "Bouvard et Pécuchet", reconnaissent les mérites de "Madame Bovary". En somme, le "classicisme", la maîtrise formelle des "Grandes Espérances", s'ils ne déchaînent Pas toujours l'enthousiasme, forcent au moins le respect." Ce Passage est extrait de la Passionnante biographie de Jean-Pierre Ohl, "Charles Dickens" qui vient de paraître dans la collection Folio-biographies. Charles Dickens finit d'écrire "Les Grandes espérances" en 1861. C'est l'un des derniers romans de l'auteur. Il meurt en 1870. L'œuvre est publiée pour la première fois sous forme de feuilleton de décembre 1860 à août 1861, dans le magazine créé et dirigé par Dickens "All the Year Round", et paraît ensuite en trois volumes chez l'éditeur londonien Chapman and Hall, en 1861. Non, Dickens n'est Pas un auteur réservé aux enfants ! Dickens c'est Kafka, Dostoïevski ou Beckett avant l'heure. C'est une "substance fluide et composée" (Chesterton), un romancier de génie, un "transmutant" du réel. C'est l'histoire du petit Pip, élevé "à la main" par sa soeur. Une sorte de biographie fictionnelle de cet enfant qui va grandir avec nous. Ce roman fourmille de personnages hauts en couleur comme souvent chez Dickens : Abel Magwitch le forçat, l'étrange Miss Havisham et sa fille Estella. Dickens sera malheureux en amour (malgré 11 enfants !) tout comme son héros Pip qui dit à propos d'Estella : "Je n'ai jamais connu une seule heure de bonheur en sa Compagnie, et pourtant, je ne cessais d'espérer le bonheur de vivre avec elle jusqu'à sa mort." le gentil et le méchant, le sage et le fou, le riche et le pauvre, la belle et le laid. Les archétypes à la Dickens sont là. L'héritage mystérieux d'une immense fortune (l'expression " grandes espérances " désigne une promesse d'héritage) va bouleverser sa vie...jusqu'aux plus belles espérances...jusqu'aux plus cruelles désillusions...Des manoirs lugubres, une campagne anglaise magique, un Londres sombre : "Londres. le Grand Four. le Coin des fièvres. Babylone. La Grande Verrue. La lanterne magique...remplie de plus de merveilles et de plus de crimes que toutes les cités de la terre." Si vous voulez visiter le Londres industriel et miséreux de cette fin du 19ème siècle, n'allez Pas vous perdre dans un savant, démonstratif et ennuyeux livre d'Histoire, suivez le guide romanesque, suivez Dickens. Des dialogues hilarants et cinglants...La misère et l'hypocrisie. Aventures et trahisons. Des larmes et des rires... Ah ! L'humour féroce de Dickens : inimitable ! Tout Dickens : magnifique ! Dickens, c'est la vie...dure et tendre, triste et joyeuse ! A lire absolument ! John Irving écrit : "D'ailleurs c'est le propre des grands romanciers, qu'il s'agisse de Dickens, de Hardy, de Tolstoï ou de Hawthorne et Melville. On parle toujours de leur style, mais en fait, ils exploitent tous les styles, n'en refusent aucun. Pour eux, l'originalité de l'expression est un phénomène de mode qui Passera. Les questions plus vastes et plus importantes, celles qui les préoccupent, leurs obsessions, resteront au contraire: l'histoire, les personnages, le rire, les larmes."
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
  • Par Ori, le 31 juillet 2009

    Ori
    Les Grandes espérances de Dickens, Folio classique
    Jeunesse du jeune Pip, petit forgeron élevé "à la cuillère" par sa soeur, pauvre issu d'un milieu pauvre, et destiné à le rester, jusqu'à ce qu'un donateur anonyme et généreux lui fasse cadeau d'une fortune importante qui lui donnera De grandes espérances pour lui et pour celle qui lui a donné envie d'en avoir, la froide Estella qu'il aime depuis son enfance. Grandes espérances qui n'aboutiront pas, comme on le devine rapidement, mais qui lui donneront une leçon de vie.
    Alors la lecture d'un pavé dickensien, à ma grande surprise, est facile, ce n'est pas un style difficile et même les chaos du rer ne m'ont jamais empêchée de suivre.
    Quant à l'histoire, je suis gênée avec les classiques du XIXème, c'est tellement triste, la vie qui n'épargne pas les gens qui détruit les espérances (avec les Rougon-Macquart, j'avais eu la même sensation), j'ai toujours l'impression que tout ce que je lis ne mène à rien, sinon à cette fin attendue et souvent sordide (malgré la petit lueur d'espoir à la fin de cette histoire-là). Et puis au début, j'étais déçue, je l'avoue parce que l'intrigue est quand même cousue de fil blanc (le donateur, on a deviné à 1000 kilomètres qui il est...)
    Mais alors qu'est-ce que je retiens de Dickens? Je vous répondrai ses personnages, parce qu'on en a une tripotée dans Les Grandes espérances et pas piqués des vers: Mlle Havisham, la vieille dame au coeur brisé qui vit dans l'ombre, la morte vivante dont la douleur va tout détruire, Estella le glaçon qui se sait glaçon et qui s'en moque, Wemmick, LE Dr Jeckyl et Mr Hyde qui n'est pas le même en privé et au bureau, oh qu'est-ce que j'ai ri avec lui et avec sa maison forteresse au pont-levis qu'on pourrait traverser juste en enjambant le fossé, Jaggers l'avocat des causes perdues, qui suppose quand ça l'arrange, sa scène finale avec Wemmick, quel bon moment! Et puis le gentil Joe, un peu bébête, même Pumblechock et sa suffisance et Wopsle et ses performances théâtrales hilarantes (même que je payerais pour les voir tiens!).
    Finalement le seul personnage qui ne m'a pas satisfaite, c'est le héros, Pip, je ne supportais pas de le voir s'enfoncer dans ses mauvais penchants (quelle suffisance de croire qu'il pourrait rentrer et épouser Bidddy, son reste!), s'enfoncer en se rendant compte qu'on s'enfonce, il n'y a rien de plus détestable, pour moi, chez un personnage, heureusement qu'à la fin il se ressaisit! Et son amour à la Swann, argh, ça m'énerve, "je sais que l'aimer est néfaste, mais je continue"!
    Finalement, Les Grandes espérances c'est une galerie de portraits cocasses et c'est en cela que j'ai bien aimé.
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Passionlectures, le 01 avril 2012

    Passionlectures
    Le jeune Pip est élevé durement par sa sœur et s'apprête à suivre la voie de son beau-frère, Joe, forgeron. Une noble dame excentrique, Miss Havisham, décide cependant de le prendre sous son aile et le fait venir régulièrement à Satis House, où il rencontre sa fille adoptive, Estella. Mais au moment décisif où Pip s'attend à ce que Miss Havisham fasse son éducation, celle-ci décide seulement de payer son apprentissage de forgeron auprès de Joe. Des années plus tard, alors que Pip, resté à la forge, est devenu un jeune homme, il est contacté par M. Jaggers, avocat londonien, qui lui annonce qu'il a désormais “De grandes espérances” : un généreux bienfaiteur, qui veut rester anonyme, souhaite élever Pip au rang de gentleman afin de lui léguer sa fortune. Pip arrive donc à Londres bien décidé à réussir, persuadé que derrière cet anonymat se cache Miss Havisham, qui prépare ainsi son héritier pour le marier à Estella. Mais sur beaucoup de sujets, Pip découvrira petit à petit que la vérité est bien loin de ce qu'il avait imaginé.
    Ce grand roman de Dickens est écrit à la première personne, du point de vue de Pip, et Dickens réussit bien à adapter son style d'écriture et ses cheminements de pensée à l'âge de son héros, bien que ce “je” m'ait un peu lassée à la longue. Toute la première partie se passe en effet lorsque Pip n'est encore qu'un enfant et nous voyons donc le monde par ses yeux. Par ce biais, Dickens fait de ce roman un réel roman d'apprentissage : en racontant son histoire, en nous livrant tous les ressorts de ses décisions, les mauvaises comme les bonnes, Pip se livre lui-même à une auto-critique en règle et tente de tirer les leçons de ses erreurs, en vain. Tout en introspection, le rythme du roman est assez lent, sauf dans la dernière partie où tous les morceaux du puzzle se rejoignent dans un grand souffle romanesque.
    Ce ne sont donc pas tant les rebondissements qui font l'intérêt de ce roman que l'incroyable galerie de personnages que nous offre l'auteur : Joe, le forgeron, illettré au grand cœur qui sera pendant des années le seul véritable ami de Pip, jusqu'à ce que ce dernier lui tourne le dos à cause de ses allures campagnardes ; Mr. Pumblechook, grotesque bourgeois du village de Pip, dont toute l'existence repose sur une réécriture de l'histoire à son avantage ; Miss Havisham, aux allures d'éternelle fiancée fantomatique dans sa robe de dentelle déchirée, qui entretient au fond de son cœur une haine farouche envers les hommes ; Estella, sa protégée, élevée dans cette haine mortelle, insensible aux sentiments que lui porte Pip ; Jaggers, l'avocat implacable et froid, que toute canaille de Londres vient réclamer comme défenseur ; Wemmick, son assistant, tout aussi implacable que son maître, sauf dans son foyer, où il se révèle le plus agréable des amis ; Herbert, l'ami dévoué et fidèle de Pip ; Magwitch enfin, le forçat que Pip aida un jour à s'enfuir et qui réapparaîtra sur sa route pour changer à jamais son destin…
    En dehors du piquant de Dickens pour le choix de ses personnages, j'ai été plutôt déçue du peu de choses qui se passent, notamment entre Pip et Estella, ou bien à propos de Miss Havisham. Je pense avoir eu, comme Pip, “De grandes espérances” qui ne se sont pas réalisées. Pip lui-même m'a semblé très désagréable et je n'ai pas réussi à éprouver de la compassion pour lui, ou même de l'intérêt. L'ensemble du roman m'a paru dominé par une tonalité assez triste et mélancolique dont je n'ai pu me défaire…

    Lien : http://passionlectures.wordpress.com/2012/04/01/de-grandes-esperance..
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    • Livres 5.00/5
    Par PtiteSouris, le 14 novembre 2011

    PtiteSouris
    Voilà mon premier Dickens !
    L'histoire : Pip est un jeune orphelin élevé par sa sœur, femme de caractère (c'est rien de le dire) et son mari, un forgeron gentil essayant d'éviter les ennuis au garçon. Pip est destiné à en devenir l'apprenti. Mais il est envoyé un jour à la ville pour distraire une dame un peu particulière : Mlle Havisham est une vieille fille, vivant depuis des années dans la robe qu'elle aurait dû porter le jour de son mariage, si le prétendant n'avait pas fui... Chez Mlle Havisham, il rencontre Estrella, une fille de son âge que Mlle Havisham élève pour faire souffrir les hommes. Estrella lui fait comprendre qu'il n'est qu'un moins que rien. Pip décide alors de devenir un jour un gentleman.
    J'avais peur que comme tous les classiques, ce livre soit ennuyeux, long... Et s'il est long (670 pages quand même), il est loin d'être ennuyeux, les péripéties inattendues s'enchaînent pour le jeune Pip et les nombreuses rencontres qu'il réalise permettent de dresser un portrait haut en couleur de la société du XIXe siècle en Angleterre. En outre Pip nous raconte lui-même son histoire, ce qui permet de le rendre attachant.
    Les Grandes espérances a quand même un petit côté moralisateur, qui n'a pas été sans me rappeler certaines lectures de mon enfance dans les bibliothèques roses et autres, telles la Comtesse de Ségur. Sans plonger dans le christianisme moralisateur de cette auteure, Charles Dickens a, me semble-t-il, un côté édifiant pour ses lecteurs : bien sûr nous suivons la jeunesse de Pip et celui-ci n'hésite pas à pointer du doigt toutes ses erreurs ; mais il montre également des personnages haïssables ou dépourvus de scrupules qui finissent mal ou sont punis (même le bienfaiteur de Pip, dont je tairais le nom, est puni en fin de compte). En même temps, il aurait été malaisé de réaliser un récit à la première personne sans aucun jugement de valeur sur les autres personnages....
    Enfin bon, un roman vraiment très intéressant, sans longue description (ou alors tellement bien intégrée qu'elles passent assez facilement), que je conseille à tous ceux qui voudraient lire du Dickens (malgré la longueur...)

    Lien : http://ptitesouris.hautetfort.com/archive/2011/11/14/les-grandes-esp..
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Citations et extraits

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  • Par Youplala, le 27 mai 2008

    Je vais te dire, reprit-elle avec le même murmure précipité et passionné, ce qu'est le vrai amour. C'est la dévotion aveugle, l'humiliation sans réserve, la soumission absolue, la confiance et la foi en dépit de soi-même et du monde entier, l'abandon de son coeur et de son âme tout entiers au bourreau - voilà comment j'ai aimé!
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  • Par skyso, le 27 février 2010

    Dieu sait que nous n'avons jamais à rougir de nos larmes, car elles sont comme une pluie sur la poussière aveuglante de la terre qui recouvre nos coeurs endurcis.
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  • Par Meduzantic, le 31 mars 2012

    Ce fut un jour mémorable pour moi, car il apporta de grands changements en moi ; mais c'est la même chose pour chacun. Figurez-vous un certain jour retranché dans votre vie, et pensez combien elle eût été différente. Arrêtez-vous, vous qui lisez ceci, et songez un moment à cette longue chaîne de fer ou d'or, d'épines ou de fleurs, qui ne vous eût jamais lié, si, à un certain et mémorable jour, le premier anneau ne se fût formé.
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  • Par Youplala, le 27 mai 2008

    Dans le conte oriental, la lourde dalle qui doit tomber sur la couche d'apparat dans l'ivresse de la victoire est lentement extraite de la carrière, le tunnel où courra la corde destinée à maintenir la dalle à sa place est lentement creusé dans le roc pendant des lieues, la dalle elle-même est lentement soulevée et ajustée à la voûte, la corde est assujettie à la dalle, et va rejoindre à plusieurs milles de là le grand anneau de fer. Tous les préparatifs achevés à grand-peine, lorsque l'heure est venue, on éveille le sultan au milieu de la nuit, on lui met dans la main la hache aiguisée qui doit détacher la corde du grand anneau de fer; il frappe, la corde se rompt, disparaît dans le tunnel et la voûte tombe. De même pour moi; tous les travaux proches et lointains qui tendaient au même but étaient achevés; en un instant le coup fut frappé et le toit de ma forteresse s'écroula sur moi!
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  • Par Youplala, le 27 mai 2008

    Les restes de ma pauvre soeur avaient été amenés par la porte de la cuisine et, comme c'était une règle de la cérémonie funèbre que les six hommes qui portaient la bière fussent étouffés et aveuglés sous une horrible housse de velours noir bordée de blanc, l'ensemble avait l'air d'un monstre aveugle à douze jambes humaines qui se traînait gauchement sous la direction de deux gardiens, le postillon et son camarade.
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'Our Mutual Friend', Charles Dickens. Livre audio, non traduit, non sous-titré. Part 16








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