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ISBN : 2253191604
Éditeur : Le Livre de Poche (2014)


Note moyenne : 3.85/5 (sur 168 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
La ville de Wind Gap dans le Missouri est sous le choc : une petite fille a disparu. Déjà, l'été dernier, une enfant avait été sauvagement assassinée...

Une jeune journaliste, Camille Preak, se rend sur place pour couvrir l'affaire. Elle-même a grandi à ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par gruz, le 05 décembre 2013

    gruz
    Voilà un thriller tout en ambiance, pas de rebondissements à profusion, pas d'agent des forces de l'ordre comme personnage principal, mais une journaliste.
    Comme elle l'utilisera également dans son second roman, le fond de commerce de Gillian Flynn, c'est une violence dans la description de personnages tourmentés et d'une Amérique profonde à la dérive.
    Sur la base d'une enquête classique, qui est même mise en retrait lors d'une bonne partie du bouquin, l'auteur axe l'histoire (écrite à la première personne) sur une "héroïne" écorchée (en sens propre comme au figuré), étalant sa souffrance psychologique tout au long des 300 pages.
    L'histoire de ce drame familial est particulièrement malsaine, d'une violence psychologique inouïe, de nombreux passages font froid dans le dos rien qu'à voir l'état de délabrement mental du personnage et de la société qui l'entoure.
    Les femmes de cette petite ville sont toutes plus ou moins atteinte psychologiquement, du fait d'un désœuvrement et d'une perte des repères. Les hommes quant à eux sont relégués pour la plupart au rang de gentils demeurés.
    Mais rien de simpliste dans cette description. L'analyse psychologique est du force rare, d'une brutalité peu commune, le tout particulièrement bien rendu par l'écriture sèche et précise de l'auteur.
    Un magnifique roman, dérangeant, qui se lit sans temps mort. A ne pas conseiller aux âmes sensibles, la violence des mots nous atteint plus puissamment que les scènes baignant dans le sang d'autres romans.
    Les prémisses de l'œuvre de Flynn, qui est devenu depuis une voix incontournable de ce genre de thrillers qui fait la part belle à la psychologie des personnages.
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    • Livres 3.00/5
    Par spleen, le 13 septembre 2014

    spleen
    Premier roman de Gillian Flynn , Sur ma peau est racontée par Camille Preaker, jeune journaliste d'un petit journal de Chicago.
    Elle est envoyée par son chef dans sa ville natale de Wind Gap dans le Missouri pour tenter d'écrire un scoop sur la disparition d'une petite fille qui sera rapidement retrouvée assassinée , ceci quelques mois après le meurtre d'une autre fillette , avec , détail sordide et peu ordinaire , l'extraction des dents chez les deux victimes.
    Camille n'est pas spécialement ravie de revenir sur les lieux où elle a grandi et de se retrouver dans sa famille avec sa mère, Adora , personnage égoïste et dont la fortune et la position sociale renforcent la puissance malfaisante et Amma, sa demi-soeur , une adolescente perverse.
    Elle y rencontre bien sûr ses anciennes camarades, devenues des caricatures de provinciales paumées .
    L'enquête n'est pas l'élément essentiel du roman, c'est le plongeon dans le passé de Camille qui garde sur la peau les séquelles de sa vie antérieure et demeure un être tourmenté , descente aux enfers entrainée par sa mère dont elle cherche en vain l'amour .
    Les descriptions des soirées des ados, l'avilissement du corps de la femme à peine sortie de l'enfance , tout fait froid dans le dos et on cherche en vain une once d'humanité dans cette bourgade américaine, on comprend pourquoi Camille a fui ...
    Tout cela entraine un sentiment de malaise, au delà de la simple intrigue policière .
    Gillian Flynn a un style très efficace pour nous plonger dans cette ambiance nauséabonde, cette sensation vient peu à peu sinon je pense que j'aurai abandonné ce livre avant la fin mais cela gâche tout de même le plaisir du lecteur, il faut le dire ...
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    • Livres 3.00/5
    Par lehane-fan, le 25 septembre 2011

    lehane-fan
    Premier roman de Gillian Flynn tres prometteur !
    Camille Preak est desormais une jeune journaliste trentenaire bossant à Chicago . En effet , c'est avec soulagement qu'elle s'est émancipée de sa bonne ville natale de Wind Gap : Missouri , fuyant une adolescence marquée par le déces de sa jeune soeur malade Marian et le désamour de sa mere . Mais son passé chargé de fantomes va tres vite la rattraper lorsque son patron et ami Curry décide de l'y renvoyer afin de couvrir la disparition d'une petite fille , une autre y ayant deja été retrouvée morte l'an passé .
    Sur ma peau présente deja les prémices de ce que sera l'excellent " Les lieux sombres " . L'action y est plutot rare mais Flynn met l'accent sur la psychologie ultra fouillée des personnages qui , il faut bien le dire , sont tout sauf des modeles de normalité . Si tant est qu'un modele de normalité puisse etre défini . Bouquin d'ambiance donc ou les secrets de famille semblent etre un sujet cher à l'auteur , un bon sujet au final .
    Ici , Flynn nous dépeint une petite bourgade typique du Middle West Américain ou la boisson , l'ennui et les regrets semblent etre les seules occupations du coin . Tout le monde connait tout le monde . Tout le monde bave sur tout le monde . La frontiere entre ami et ennemi est souvent ténue .
    Camille va y évoluer tant bien que mal , tentant de faire bonne figure face à une mere ayant fait des rapports conflictuels un mode de vie épanouissant et une demi-soeur - Amma - tenant plus du démon que de l'ange du haut de ses 13 ans. Un passé trouble qui se dévoile peu à peu , des disparitions de fillettes inquiétantes , un climat malsain dans une bourgade paumée font de ce bouquin un bon thriller psychologique meme si l'on est encore loin d'un Ellory . Je passerais volontairement sur l'inévitable et tres dispensable romance entre Camille et Richard le super-flic diligenté pour résoudre cette enquete .Vu , revu , répétitif et énervant .
    La bonne surprise : la psychologie tres poussée des personnages : Une Camille hantée par son passé et devant à nouveau y faire face , une mere castratrice , une demi-soeur qui souffle le chaud et le froid et représentant , à mes yeux , l'un des personnages les plus interessant de ce roman de par son comportement , des habitants chargés de rancoeur et d'amertume...Rien à redire sur les acteurs de ce drame mais là ou le bat blesse , c'est le rythme . Un grand bouquin doit , sans forcément jouer sur la carte du gore , vous tenir continuellement en haleine ; maintenir une certaine tension psychologique a l'instar d'un soufflé qui ne doit jamais retomber hors là , j'ai été parfois agacé par un faux rythme trop souvent récurrent . Ce bouquin épuré de quelques passages ennuyeux et inutiles y aurait gagné en nervosité et intensité . Dernier gros bémol , un final que l'on sent venir à des kilometres malgré une fin à tiroirs plutot astucieuse .
    Sur ma peau , à défaut d'etre un énorme thriller , est un premier polar oppressant et dérangeant plutot réussi et c'est deja pas mal ! le meilleur reste à venir...

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    • Livres 4.00/5
    Par Amnezik666, le 26 novembre 2012

    Amnezik666
    Pour un premier roman on peut dire que l'auteure place la barre haut, elle nous brosse un portrait sans concessions d'une bourgade en apparence paisible mais rongée par les non-dits, les mensonges et l'hypocrisie, où la jalousie peut pousser aux pires extrêmes. Gillian Flynn plonge aussi dans les tréfonds de l'âme de ses personnages, bien sûr celle de Camille est disséquée (d'autant que le récit est à la première personne) mais on perçoit aussi les autres intervenants par le biais de son regard et de son analyse de journaliste sans prétention mais perspicace qui, après avoir voulu oublier le passé dans la douleur, cherche à le noyer dans l'alcool.
    Cet aspect psychologique se greffe parfaitement à l'intrigue à proprement parler ; même si le rythme n'est pas forcément haletant l'ambiance reste pesante, de même on ne peut pas vraiment dire que l'intrigue connaisse moult rebondissements mais elle parvient à nous scotcher au bouquin. J'ai dévoré le bouquin le temps d'un weekend (et encore sans forcer le rythme).

    Lien : http://amnezik666.wordpress.com/2012/11/26/bouquins-gillian-flynn-su..
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    • Livres 4.00/5
    Par Delex, le 29 juin 2012

    Delex
    Un résumé intrigant, et me voici plongé dans l'ambiance créée par Gillian Flynn.
    A Wind Gap, petite ville du Missouri, deux jeunes filles ont disparu en deux ans. La première avait été retrouvée morte au bout de quelques jours. Après la disparition de la deuxième, la journaliste de Chicago, Camille Preaker, qui est originaire de la petite ville, y est envoyée pour couvrir l'affaire.
    La situation crée rapidement un climat de psychose dans la ville : tous les pères sont près à tuer le premier inconnu qui s'approcherait de leurs filles.
    Pendant tout le roman, les sentiments de Camille sont tiraillés entre le fait d'être revenu dans sa ville natale d'une part, et d'être obligée d'écrire des articles sur cette horrible affaire d'autre part.
    Mais, Camille est également une femme un peu perturbée qui a souffert toute sa jeunesse du manque d'amour maternel et qui, depuis la mort de sa sœur, quand la journaliste n'avait que treize ans, s'écrivait des mots sur la peau au couteau.
    L'histoire est un cocktail d'alcool, de drogue, de sexe et de violence dont on ne trouve l'origine qu'à la toute fin du livre.
    A défaut de trouver dans ce livre des scènes d'action, la psychologie des personnages y est très présente, des personnages qui sont tous plus atypiques les uns que les autres.
    Dès son apparition, je n'ai pas du tout aimé le personnage d'Amma, la demi-sœur de Camille, une adolescente de treize ans qui est capricieuse et qui fait preuve d'une méchanceté incroyable envers ses amies, sa sœur, mais également d'autres personnes de la ville.
    J'ai également trouvé qu'il y avait beaucoup de violence, sûrement trop, pour une petite ville d'un peu plus de 2 000 habitants, il m'est même arrivé de vouloir comparer ce roman au film Sin City.
    Enfin, comme tout bon thriller, on a une fin très déconcertante.
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Citations et extraits

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  • Par verobleue, le 12 avril 2011

    Je me coupe, voyez-vous. Je me taillade la peau. Je l'incise. Je la creuse. Je la troue. Je suis un cas très particulier. Je n'agis pas ainsi sans raison : ma peau hurle. Elle est couverte de mots - cuire, bonbon, minou, boucles -, comme si un élève de cours préparatoire avait appris à écrire sur ma chair avec un canif. Parfois - parfois seulement - j'éclate de rire. Quand je sors de la baignoire et que, du coin de l'oeil, j'aperçois sur le flan d'un mollet ; "babydoll". Quand j'enfile un pull et que soudain, "nocive" flashe sur mon poignet. Pourquoi ces mots-là en particulier? Des milliers d'heures de thérapie ont inspiré quelques idées à de brillants cliniciens. Il s'agit souvent de mots à connotation féminine. Ou bien négative. J'ai gravé sur ma peau un certain nombre de synonymes pour "anxieux" : onze en tout. Tout ce que je sais, c'est que, sur le moment, c'était crucial de voir ces lettres sur moi - et pas simplement de les voir, mais de les sentir, aussi. Comme cette brûlure sur ma hanche gauche : jupon.
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  • Par pyrostha, le 16 janvier 2011

    Dans quelque débat que ce soit, je n'étais jamais vraiment de mon côté.


    Oui, je suis là, ai-je dit, et ça a été un choc de découvrir à quel point ces mots me réconfortaient. Quand je panique, je les prononce à voix haute. Je suis là. En général, je n'ai pas l'impression d'être là. Je me sens comme quelqu'un qu'une simple bourrasque de vent tiède suffirait à effacer, à faire disparaître à jamais, sans laisser de trace. Certains jours, je trouve cette pensée apaisante ; d'autres, elle me glace.
    Cette sensation d'impondérabilité vient, je pense, du fait que je sais si peu de choses sur mon passé - c'est du moins les conclusions auxquelles a abouti le psy, à la clinique.
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  • Par Aproposdelivres, le 24 octobre 2013

    Je portais un pull neuf, d'un rouge agressif, hideux. On avait beau être le 12 mai, le thermomètre avait chuté sous la barre des dix degrés et après quatre jours à grelotter en petite chemise, plutôt que de fouiller dans mes cartons de fringues d'hiver, j'étais allée acheter de quoi me couvrir dans un magasin qui faisait des promos. Le printemps à Chicago.
    J'étais dans mon box tendu de toile de jute, devant l'ordinateur, le regard rivé sur l'écran. Mon papier du jour traitait d'un cas aussi sordide que banal. On avait retrouvé dans le South Side quatre mômes, âgés de deux à six ans, enfermés dans une chambre avec deux ou trois sandwiches au thon et un quart de lait. Cela faisait trois jours qu'ils étaient parqués là, à s'agiter sur la moquette comme des poules en cage, au milieu de la nourriture et des excréments. Leur mère s'en était allée tirer sur une pipe, et les avait tout bonnement oubliés. Ce sont des choses qui arrivent. Pas de brûlures de cigarette, ni d'os brisés. Juste une étourderie, irrattrapable. J'avais vu la mère après son arrestation : Tammy Davis, une femme de vingt-deux ans, blonde et grasse, avec une grosse pastille de fard rose sur chaque joue. Je l'imaginais sans peine affalée sur un canapé déglingué, en train d'arrondir les lèvres sur la pipe, d'inhaler une bouffée âcre. Ensuite, tout ce mettait à flotter dans sa tête : oubliés les mômes, loin derrière ; elle revoyait ses années collège, où elle était la plus jolie - une ado de treize ans qui mettait du gloss et mâchait des chewing-gums à la cannelle avant d'embrasser ses prétendants.
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  • Par spleen, le 07 septembre 2014

    Oui, je suis là, ai-je dit, et ça a été un choc de découvrir à quel point ces mots me réconfortaient. Quand je panique, je les prononce à voix haute. Je suis là. En général, je n'ai pas l'impression d'être là. Je me sens comme quelqu'un qu'une simple bourrasque de vent tiède suffirait à effacer, à faire disparaitre à jamais, sans laisser de trace. Certains jours , je trouve cette pensée apaisante; d'autres, elle me glace.
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  • Par Emrys39, le 09 octobre 2014

    Les infirmières nous donnaient des médocs pour soulager nos peaux fourmillantes. Et d'autres médocs pour apaiser nos cerveaux incandescents. Deux fois par semaine, nous avions droit à une fouille au corps, au cas où nous aurions caché un objet tranchant et nous participions à des séances de groupe censées, en théorie, nous purger de notre colère et de notre haine de soi. De nous-même. A rejeter la faute à l'extérieur.
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