Pour les aficionados, vous savez que
L'Hiver du monde est la suite tant attendue de
La Chute des géants, deuxième tome du livre intitulé le Siècle. Pour les autres, dorénavant vous le savez aussi et vous avez donc plutôt intérêt à commencer par le tome 1 avant de lire celui-là.
Dans ce deuxième tome
Ken Follett nous fait revivre la montée du nazisme, la seconde guerre mondiale, et le début de la reconstruction de l'Europe. On y retrouve, en arrière plan, les mêmes personnages que dans le tome 1 et c'est leur descendance qui est au coeur de l'histoire. On voyage à travers le monde via nos personnages russes, allemands, américains et anglais et on redécouvre l'Histoire selon des angles différents. J'aime beaucoup.
Comme d'habitude,
Ken Follett manie avec brio faits historiques et fiction. Mais c'est quoi son secret ? Pourtant il n'y a pas, à franchement parler, d'éléments transcendantaux dans son écriture. Il arrive toutefois à nous transporter et nous faire revivre l'Histoire comme si on y était et surtout comme personne d'autre ne sait le faire. Les gentils sont gentils, beaux, intelligents, futés, engagés et les méchants sont méchants, moches, bêtes et violents. On sait d'emblée qui va tomber amoureux de qui, qui va pardonner à qui, qui va se venger de qui… mais ce qu'on ne sait jamais c'est quand et comment ça va se passer. Malgré cette simplicité apparente, nous avons affaire à des personnages travaillés, engagés, attachants et intéressants. le résultat est génial.
En ce qui concerne le côté historique, aucune fausse note, tout y est. Sur une toile de fond historique on ne peut plus maîtrisée, des histoires d'amour, des amitiés hors du commun, des combats politiques, des actes de résistance, d'espionnage et des batailles sans précédent vont être menés par nos héros, fervent défenseurs de la liberté et de la démocratie. Ça prend aux tripes. Il y a de la prise de risque. J'avais l'impression de lire un vrai roman d'espionnage parfois, superbe !
La manière dont est présentée la montée du nazisme est hyper intéressante, un espèce de fléau qui parcourt l'Europe et que chaque pays essaie d'endiguer à sa manière. Chacun essaie d'éteindre le feu qui risque de transformer l'Europe entière en brasier.
Ken Follett insiste également sur le calvaire vécu par ces millions d'allemands, pour la plupart pris en otage terrorisés, terrifiés, victimes de la dictature et de la malheureuse image qu'il renvoie au monde. Il y a des scènes dures et c'est là où on se dit que notre Ken c'est un professionnel qui sait de quoi il parle.
Petit bémol sur la fin de la guerre qui arrive trop vite et également sur la découverte des camps de la mort dont ne parle pas assez. Quelques moments un peu fastidieux aussi lors des élections anglaises mais ça c'est très personnel.
Pour résumer (et c'est un exercice assez difficile avec
Ken Follett), vous allez frissonner, rire, sourire, vous attendrir, frémir d'horreur, trembler, avoir peur, pleurer selon votre degré de sensibilité, vous demander comment tout cela a t-il été possible, ne plus lâcher votre livre…
C'est justement cela que l'on demande à un bon livre. Non seulement vous ne vous ennuierez pas une seule seconde, mais en plus vous réviserez cette période noire de notre Histoire en y prenant du plaisir. Elle est pas belle la vie ?