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ISBN : 2070120643
Éditeur : Gallimard (2008)


Note moyenne : 3/5 (sur 55 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Dominique Rossi, ancien militant gauchiste, fonde à la fin des années quatre-vingt le premier grand mouvement de lutte et d'émancipation de l'homosexualité en France.

Willie est un jeune paumé, écrivain scandaleux à qui certains trouvent du génie.
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Juste-Lire-Avec-Plaisir, le 25 mars 2010

    Juste-Lire-Avec-Plaisir
    Nous avons tous entendu parler du Sida, en long, en large et en travers. Sans pour autant savoir réellement comment cela s'est passé lorsque tout a commencé. L'auteur nous emmène dans le monde de ceux qui au début ont été le plus touchés, les homosexuels. On a même parlé à un moment de « cancer homosexuel » pensant qu'ils étaient les seuls à être touchés.
    Ce que j'ai trouvé intéressant, c'est que les personnages principaux ne sont pas confrontés à un choix binaire comme nous pourrions le penser. Ce n'est pas seulement se protéger et vivre ou ne pas faire attention et mourir, toute une notion de liberté entre également en jeu et c'est ce point de vue qui m'a beaucoup plu. La liberté de choisir de vivre ou de mourir, de se protéger ou non, de pouvoir faire l'amour sans entendre parler sans cesse de prévention.
    J'aurais toutefois aimé que les personnages soient un peu moins stéréotypés, je parle surtout du personnage de Willie. Il est arrogant mais fragile, déroutant, énervant, insolent, parfois franchement infect. Un peu trop, dirons-nous.
    Cependant, c'est ce côté-là de lui qui donne de l'importance à la haine qu'il accorde à son ancien amant, Dominique. Cette guerre entre eux deux est une part importante de ce livre, j'ai été parfois choquée, étonnée, triste même de voir à quel point les choses peuvent changer. Mais il est intéressant de voir comme une maladie et surtout des points de vue divergents peuvent changer les hommes.
    Ensuite la différence entre les homosexuels et les hétérosexuels me semble énorme dans ce livre, comme un immense fossé. Mais il est vrai qu'il faut remettre les choses dans leur contexte et comprendre que dans les années 80-90, le regard sur l'homosexualité n'était pas le même qu'aujourd'hui.
    Ce qui est assez déroutant quelquefois c'est le fait que le narrateur soit une femme. Etant donné que les personnages sont tous les trois des hommes, c'est parfois étrange de voir se dérouler l'histoire sous les yeux d'une femme mais cela apporte quelque chose en plus. Cela nous permet d'être plus objectif, nous devenons un peu comme elle, à observer ces trois hommes évoluer, changer, vivre.
    Ce qui m'a déplu, c'est qu'il est parfois trop question de politique, de militantisme et à un moment, cela peut paraître pesant. De même, j'ai parfois été gênée par l'écriture, surtout lors des dialogues. Trop de familiarité, parfois de la vulgarité et une manière de s'exprimer assez particulière.
    Cependant, je ne regrette pas du tout d'avoir lu ce livre. Il est très facile à lire et l'histoire abordée de ce point de vue est vraiment intéressante.
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    • Livres 3.00/5
    Par Manu, le 23 février 2010

    Manu
    Paris n'est pas exclusivement un musée géant, ni un bar à pute. Non, pas seulement, ce fut aussi le théâtre de la communauté gay dans les années 80-90, pour s'effacer lentement mais sûrement les années suivantes. le quartier mythique du marais n'est aujourd'hui plus qu'un ensemble de bistrots et restaurants pour bobos où se retrouvent les hommes amoureux d'autres hommes. Tristan Garcia veut nous raconter par le biais de quatre personnages d'un milieu révolu l'histoire du véritable Paris gay, celui d'il y a quinze ou vingt ans. Non, le jeune auteur ne l'a pas vécu, mais il est suffisamment renseigné et n'hésite pas, avant même que le livre ne commence à nous avertir : « Les personnages de ce roman n'ont jamais existé ailleurs que dans les pages de ce livre. » mais que s'ils nous semblent pourtant si proche de personnes réelles c'est que « plongés dans des situations parfois comparables, personnes et personnages n'agissent pas autrement. ».
    La meilleure part des hommes n'est pas un essai, mais bien un roman de fiction, nous voilà tout de suite rassurés. Nous suivrons Élisabeth, femme travaillant dans les pages cultures de Libé et (trop ?) proche du milieu gay. Elle connaît tous les grands penseurs de la société homosexuelle parisienne : Willy, un jeune paumé qui se fera une joie de détruire ce qui l'a construit ; Dominique, la figure du père pour le jeune Willy et patron d'un certain Stand-Up (hum…) apôtre de la prévention sur le SIDA et enfin l'amant de la journaliste, Leibowitz, ancien gauchiste passé de l'autre côté de la barricade et qui finira par soutenir Chirac puis Sarkozy.
    Tristan Garcia ne se concentre que sur les personnages antagonistes de Dominique, le patriarche et de Willy, le jeune fou ne voulant que la destruction des institutions, tout en ne tournant qu'autour de la narratrice. La haine de Willy pour Dominique l'amènera bien entendu à sa perte alors que ce dernier renait de ses cendres. Une épopée qui n'a rien d'original, mais l'intérêt de ce premier roman n'est pas là, les véritables héros ne sont autre que le SIDA et les années folles pour la communauté gaie parisienne. Essayant de nous plonger dans les coulisses d'un milieu, qui — comme tous les milieux — fascine et nous permettant d'accepter une histoire N'AYANT de sens et d'intérêt que par son existence, le lecteur y croit sans réellement être convaincu, un peu comme un reportage sur M6. Nous sommes au plein cœur d'un environnement dur, où tous les coups bas sont possibles, où les gentils sont méchants et où les méchants sont gentils, mais où l'ensemble est totalement cloisonné, où tout le monde est à SA place. La psychologie des personnages n'existe pas vraiment, ils ne sont qu'une fonction : le type qui retourne sa veste, le papa rassurant et garant de la bonne morale et le jeune fou se détruisant tout en brisant les personnes autour de lui. le sujet avait tout pour plaire, le tout est d'ailleurs plutôt réussi. Ne manque qu'un peu d'éclectisme.
    Tristan Garcia choisit pour nous conter cette histoire un rythme rapide, entrecoupé sans arrêt par un chapitrage trop imposant cassant la construction du roman. le choix n'est pas anodin et renforce le côté télévisuel du roman, nous rappelant que oui, ce livre est une fiction, qu'il ne raconte pas la réalité, comme il nous avait prévenus dès le départ. Reste que ce rythme gâche parfois le récit, nous empêchant de nous y plonger totalement, de ressentir ce qu'éprouvent les protagonistes. Il aurait peut-être été bon de laisser quelques fois l'action brute de côté pour nous émouvoir, pour comprendre, pour nous interpeller.
    La meilleure part des hommes est une satisfaisante introduction à un milieu, un de plus, que nous ne maitrisons pas encore, de par sa jeunesse. Mais le récit souffre d'un manque de temps pour que nous y croyions absolument. Un premier roman plutôt agréable dans l'ensemble, mais qui nous laisse une impression d'inachevé et dont le manichéisme est trop important pour en être réellement satisfait. Si vous êtes intéressé par la période et le sujet, vous ne serez surement pas déçu, Garcia vous y promènera et vous prendra par la main pour visiter cet environnement que l'on ne connaît pas.

    Lien : http://www.leblogdemanu.com/livres/la-meilleure-part-des-hommes-de
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    • Livres 1.00/5
    Par Mamzelle, le 21 janvier 2009

    Mamzelle

    Écrire un roman sur une période, un contexte socio-économico-sanitaire et une communauté que l'on n'a pas connu est certes une prouesse qui se doit d'être soulignée.
    Mais écrire sur un tel sujet, à savoir la traversée des années Sida au sein de la communauté homosexuelle parisienne et ses ramifications politico-intellectuelles nécessite tout de même de se documenter un peu plus que sur la seule biographie des hommes sur lesquels on calque ses personnages…
    Dans “La meilleure part des hommes”, Tristan Garcia nous parle donc des années 80-2000, de l”arrivée” du SIDA, de la communauté homosexuelle et des grands figures de l”époque.
    Car on identifie facilement, sous les traits de Dominique Rossi, Didier Lestrade (fondateur d'Act Up), sous les traits de William Miller, Guillaume Dustan et sous les traits de Jean-Michel Leibowitz, Alain Finkielkraut.
    Le problème est qu'il en parle sans arriver à nous faire ressentir quelque chose.
    Je suis également née au tout début des années 80, comme l'auteur, je ne peux donc pas non plus me positionner en experte de cette période mais il me semble qu'elle a été suffisamment riche en codes, en concepts, en tendances, en découvertes, en idéologies, en personnages pour qu'elle “se ressente” quand on en parle.
    Là, il n'en est rien.
    Le contexte historique et social est grisâtre, en filigrane et les personnages ne réhaussent rien.
    Qui pourrait vraiment croire que le narrateur est une femme, journaliste d'une trentaine d'années? Aucune empathie, aucun accent de vraisemblance, voire de vérité dans ce qu'elle est sensée vivre et surtout ce à quoi elle est sensée assister.
    Le style est désordonné, on dirait une épreuve non corrigée, l'abus de langage parlé, cru, certainement voulu par l'auteur, finit par lasser, que cela soit l'œil ou le cerveau.
    Tristan Garcia a peut-être voulu faire du Bret Easton Ellis à la française, multipliant les codes sexe, drogue, salissures, sang, trash à souhait mais le problème est que, si le trash d'Ellis fait vendre, c'est parce qu'il y a un vrai talent d'écrivain derrière.
    Cet ouvrage m'a donc ennuyé, je me suis forcée à le finir, ce qui m'arrive assez rarement pour être précisé et j'ai eu l'impression qu'on essayait de me faire passer des vessies pour des lanternes.
    Non, en rajouter des tonnes sur l'aspect crade et tordus des personnages ne rattrapera pas leur manque de relief de base. Non.
    Est-ce à dire qu'il y a tout à jeter ? N'allons pas jusque là, un premier roman reste toujours un premier roman, attendons la confirmation ou l'infirmation du deuxième voulez-vous?
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    • Livres 3.00/5
    Par Malaura, le 10 juin 2011

    Malaura
    Collègue de Doumé, amie de Willie et amante de Leibo, Elisabeth Levallois raconte comment les relations - amoureuses, amicales ou intellectuelles - qu'elle entretenait avec les 3 hommes les plus importants de sa vie se sont, avec les années sida, irrévocablement délitées, jusqu'à transformer en haine absolue l'amour que se portaient Doumé et Willie.
    Dans le milieu underground parisien, Willie paiera cher son rêve de gloire ainsi que son inconsciente, exubérante et inconséquente jeunesse.
    A travers le portrait de 4 personnes, acteurs ou témoins de leur temps, Tristan Garcia rappelle à notre souvenir nostalgique ce qu'ont été les années sida.
    De 1980 au début des années 2000, il revisite cette époque gaie et tragique, marquée par l'émergence des mouvements homosexuels et stigmatisée par la maladie.
    Une période où l'insouciance a fait place à un débat politisé, médiatisé, conflictuel et générationnel, que l'auteur réussit à aborder avec beaucoup d'à propos dans une langue fortement orale et très contemporaine.
    Un premier roman prometteur.
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    • Livres 1.00/5
    Par ChezLo, le 29 janvier 2009

    ChezLo
    de Tristan Garcia
    Roman - 305 pages
    Editions Gallimard - août 2008
    Prix de Flore 2008
    Des hommes c'est souvent la meilleure part que l'on retient, parce qu'ils nous l'ont présentée au cours de leur vie. Parfois, La meilleure part des hommes est celles qu'ils ont cachée, tue, enfouie, en dévoilant au contraire leur côté odieux à la face du monde. C'est le cas de William Miller, jeune homosexuel rebelle, provocant, dangereux aussi par son comportement irresponsable. C'est Elizabeth qui nous en parle, qui nous conte la vie de cet homme, et aussi de Dominique Rossi, activiste dans le milieu gay, et enfin de Leibowitz, son amant. Ces trois hommes de sa vie ont connu leur heure de gloire, leur réputation, leur influence dans les mondes culturel, politique ou militant. Mais leurs vies privées, déchirées par les ravages du Sida, des conflits interreligieux, furent le théâtre de passions et de trahisons déchirantes. Elizabeth en est témoin.
    Un style parlé très contemporain, une déferlante de dialogues, d'anecdotes, de tranches de vies. De drames. J'arrive pas à dire que j'ai aimé ce livre, loin de m'avoir emballée, j'ai trouvé la lecture assez laborieuse.
    Extrait :
    "J'étais plutôt seule.
    Doumé disait souvent à Will en lui caressant la nuque, lentement : "On est heureux, c'est con, hein, on n'en fout pas une rame."
    Il continuait d'écrire des articles pour Libé, mais sa vie c'était Stand désormais. J'avais pris sa place pour le culturel, au journal. J'écrivais un peu sur tout, je travaillais beaucoup.
    Je ne sais pas comment ils ont été heureux, c'est précisément le genre de choses privées qui ne sont plus ce qu'elles sont quand on les voit de dehors, quand on en parle et quand on les écrit."
    Certains passages m'ont plus laissée admirative.
    Extrait :
    "Les hommes dont la meilleure part n'est pas le coeur, mais tout autour d'eux, leurs actes, leurs paroles, et tout ce qui s'ensuit, leurs parents, et leurs héritiers - ils se survivent, leur disparition n'est finalement qu'une péripétie de leur plus longue durée, à nos yeux.
    Quant à La meilleure part des hommes qui la gardent dans leur coeur, faute de mieux, jusqu'à la dernière heure, elle vit mais aussi elle meurt avec eux."
    William est un écrivain provocateur, prônant l'amour sans protection malgré la séropositivité d'un partenaire. Comme lui. Personnage choquant, égoïste en apparence, assumant sa maladie et ses souffrances, refusant tout conformisme, il impressionne. Il semble que seule la narratrice Elizabeth reste la seule compréhensive et indulgente quand tous ses amis et amants sont devenus ses ennemis.
    Evidemment très ancré dans la similitude avec l'histoire réelle de la fin du siècle dernier, je l'ai lu sans réaliser à quelles personnes réelles les personnages faisant référence. Seul l'organisme Stand, mouvement de lutte et d'émancipation de l'homosexualité en France, m'a évoqué clairement Act Up. Mais mes connaissances limitées ne me permettaient pas de pousser plus loin les rapprochements.
    Il s'avère donc que ce William Miller renverrait de manière implicite à Guillaume Dustan, Leibowitz à Alain Finkielkraut , Dominique Rossi à Didier Lestrade. J'aurai appris des choses.

    Lien : http://chezlorraine.blogspot.com/2009/01/la-meilleure-part-des-homme..
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Citations et extraits

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  • Par rkhettaoui, le 14 mai 2013

     Rétrospectivement, je vois bien les années où le fric devenait une valeur sociale démocratique, où la Bourse, l’apparence, le look, le toc, le mauvais goût s’exprimaient dans une grimace généralisée de la planète, au grand jour. Esthétique pub de néons et de premiers écrans d’ordinateur Atari, fuseaux fuchsia, PAO et synthétiseurs. Le clinquant. 

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  • Par rkhettaoui, le 14 mai 2013

    Être fidèle à quelque chose de passé, parfois, même et parce que c’était passé. Le livre était court, parsemé de citations de Husserl, Levinas, Ricœur, Kundera et même Derrida. On salua cette érudition et puis beaucoup de gens se l’achetèrent. C’était le bon coup à offrir à une nana, ça c’est sûr.

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  • Par rkhettaoui, le 14 mai 2013

    Le temps, le vrai temps, bien sûr, n’était pas la succession d’instants où l’on penserait : je l’aime, puis je l’aime pas, puis je l’aime, mais une durée promise — aimer, c’était s’engager à aimer même quand on n’aimait plus tout à fait, par respect pour la promesse d’avoir voulu toujours aimer.

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  • Par rkhettaoui, le 14 mai 2013

    Quand tu fais ton temps, tu ne t’en aperçois pas, tu fais l’avenir. Un jour, tu t’aperçois que cet avenir que tu construis, c’est juste ce qui va devenir un jour passé, dépassé, c’est le fait d’être, c’est le fait d’incarner une époque, un temps, un moment, et là c’est fini, oui. C’est mal fini.

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  • Par rkhettaoui, le 14 mai 2013

    Les temps modernes ont le culte de la relation éphémère, de la liberté de choisir ses partenaires, la désillusion face à l’essentiel, et nous avons tous autant que nous sommes perdu le sens de la promesse. Promettre, c’est engager l’avenir, l’avenir de toute une vie dans un moment, un seul.

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Tristan Garcia - Les cordelettes de Browser .
Tristan Garcia vous présente son ouvrage "Les cordelettes de Browser" aux éditions Denoël. Rentrée littéraire automne 2012.http://www.mollat.com/livres/tristan-garcia-les-cordelettes-browser-9782207113622.htmlNotes de Musique : "Photosphere" by Charles Atlas (http://www.charles-atlas.com/)








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