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ISBN : 2253164852
Éditeur : Le Livre de Poche (2013)


Note moyenne : 3.84/5 (sur 147 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Avec Le Diable dans la ville blanche, Erik Larson a révélé un talent exceptionnel pour romancer l’Histoire. Après s’être intéressé à l’Exposition universelle de Chicago et au premier serial killer américain dans son précédent livre, il nous offre cette fois un superbe t... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par argali, le 20 août 2012

    argali

    Passionnée par la Seconde Guerre mondiale, j'ai accepté avec enthousiasme la proposition de Babelio de m'envoyer cet ouvrage d'Erik Larson. Je m'attendais à recevoir un roman, d'ailleurs la couverture parle de thriller politique. En fait, il s'agit d'un récit basé essentiellement sur les notes personnelles et diplomatiques de William Dodd, ambassadeur des Etats-Unis à Berlin de juillet 1933 à décembre 1937 et sur les journaux intimes de sa fille Martha. Plus d'une cinquantaine d'autres documents historiques ainsi que des romans ont été lus et compulsés par l'auteur afin de rendre une vérité historique totale.
    Journaliste, Erik Larson a réalisé un vrai travail d'historien ici, comparant, recoupant, confrontant les documents et vérifiant les sources qu'il cite d'ailleurs avec minutie tout au long du récit. Il lui aura fallu trois ans pour nous présenter ce témoignage exceptionnel qui se lit comme un roman. Il nous emporte au cœur de Berlin et nous montre la ville et les événements qui s'y déroulent avec l'œil d'un Américain démocrate et débonnaire, enclin à croire en la bonté de l'homme et désireux de ne pas offenser son hôte, l'Allemagne. Imprégné aussi d'un antisémitisme primaire courant aux Etats-Unis à l'époque.
    Professeur d'histoire de formation, il ne croit pas aux rumeurs, a besoin de confirmation et de faits tangibles pour accorder du crédit à ce qu'on lui rapporte. (Il est aussi nourri de clichés). Dès son arrivée, « il considère son rôle d'ambassadeur davantage comme celui d'un observateur et d'un rapporteur. Il croyait que par la raison et l'exemple, il serait capable d'exercer une influence modératrice sur Hitler et son gouvernement et en même temps, d'aider à pousser les Etats-Unis à sortir de leur isolationnisme vers un plus grand engagement sur la scène internationale. » En toutes circonstances, il se voudra objectif mais manquera souvent de diplomatie. Refusant l'ingérence, Dodd cherchera longtemps à préserver des relations cordiales avec la nation allemande pour laquelle il a beaucoup d'affection.
    A ses côtés, le consul George Messersmith est beaucoup plus radical et affolé. Il envoie de longs et fréquents rapports au Département d'Etat pour se plaindre des mauvais traitements dont sont victimes les Américains afin de le faire réagir officiellement. Mais la seule chose qui inquiète vraiment les hauts fonctonnaires, c'est le remboursement de la dette !
    Cependant, Dodd n'est pas aveugle et au fil du temps, se rend compte que la montée au pouvoir d'Hitler présage de jours sombres. Les termes qu'ils emploient dans ses écrits sont assez explicites. Un de ses discours lors d'un diner rassemblant des patrons d'entreprise libéraux restera d'ailleurs dans les annales. Mais toujours, il voudra croire en une rédemption possible, en une paix à préserver à tout prix.
    De son côté, sa fille Martha, insouciante et délurée, ne pense qu'à s'amuser, à sortir et à goûter aux beautés de la ville. Intelligente, ouverte, vive, elle se fait de nombreux amis, de toutes nationalités et aura également de nombreux amants. le récit de ses soirées, sorties culturelles et discussions nous font vivre un Berlin cosmopolite, au milieu du gratin de la nouvelle société berlinoise dynamique ou des correspondants de presse et diplomates de tout horizon et de toute idéologie. Elle aimait sortir dans les cafés du vieux Berlin, pas encore « normalisés » et historiquement riches. Les deux visions de la ville et de la vie quotidienne (celle de Dodd et celle de Martha) sont d'une complémentarité idéale pour bien cerner la complexité de la situation politique, économique et sociale de l'époque.
    La nuit des Longs Couteaux du 29 au 30 juin 1934 montrera enfin le vrai visage de la Bête. Dodd comprendra alors que les jeux sont faits et qu'il est trop tard.
    Vous l'aurez compris, cet ouvrage m'a passionnée. Il est essentiel pour aider à la compréhension de la « passivité » des Allemands et des nations alliées lors de la lente et minutieuse ascension d'Hitler au pouvoir. Pourquoi les Etats-Unis ont-ils laissé faire ? C'est la question que tous se posent encore aujourd'hui.
    A travers le climat politique de l'époque, les enjeux économiques, nationaux et internationaux, l'ordre et la méthode mis en place par Hitler (et ses troupes) pour asseoir son pouvoir à tous les niveaux et les promesses d'un avenir meilleur qu'il semble mettre en place, on comprend mieux l'aveuglement de certains, la non réactivités des autres et la peur paralysante qui empêcha d'agir les hommes de bien.
    Un récit exceptionnel et de grande valeur à lire absolument.
    Merci Babelio !!
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    • Livres 4.00/5
    Par latina, le 24 août 2012

    latina
    Dodd est intègre. Dodd a foi en l'Homme. Dodd croit au pouvoir des mots. Dodd a tort.
    Il est envoyé presque malgré lui Dans le jardin de la bête, à Berlin, en 1933. Il emmène sa famille : sa femme, son fils et sa fille, belle comme une déesse, mais pas farouche…Elle est tentée par l'expérience masculine, surtout lorsqu'ils sont blonds aux yeux bleus et qu'ils dégagent une aura de force. D'elle, on ne parle pas beaucoup, mais de son père, énormément. de ses collaborateurs, aussi, pas aussi impliqués que lui dans le conflit qui couve. Et de l'ambiance, cette ambiance insidieuse, malveillante, distillée par les paroles et les actes de la Bête : « Commença à se dessiner un vaste et complexe réseau d'espionnage, de terreur, de sadisme et de haine, auquel personne, officiel ou simple individu, ne pouvait échapper ».
    Dodd est le premier ambassadeur des USA dans l'antre de la haine. Ayez pitié de Dodd ! Il se bat, armé uniquement de ses idéaux, envers et contre tous, contre ses compatriotes qui veulent se cacher la terrible vérité, contre les nazis qui se moquent bien de lui, contre les espions, les malveillants, les jaloux.
    Ceci n'est pas un thriller. Ceci est une histoire vraie. Totalement vraie. Glaçante.
    J'ai été subjuguée par cet engrenage décortiqué dans ses moindres rouages où chaque personne, qu'elle soit Allemande ou Américaine, se fait manipuler par la Bête. Par ce nœud de vipères où grouillent les maux les plus honteux de l'espèce humaine. Car Hitler n'est pas le seul responsable de cette déréliction ; l'antisémitisme est partout, l'égoïsme, le repli sur soi, la rancune, le désir de vengeance habitent depuis longtemps le cœur de l'Homme.
    Ceci est une histoire révoltante. Totalement irrécupérable. Vraie.
    Merci à Babelio de m'avoir fait découvrir cette fascination morbide...
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    • Livres 4.00/5
    Par Eric75, le 17 septembre 2012

    Eric75
    Grâce à un récit émaillé de renvois vers des notes accumulées en fin de volume (représentant au total une petite centaine de pages), extrêmement fouillé et documenté, mais restant agréable à lire, on suit avec intérêt les déboires de William E. Dodd, ambassadeur américain, et de sa fille Martha, envoyés en 1933 par Roosevelt au cœur du régime nazi. On découvre comment la famille Dodd va réagir et évoluer face à l'installation de la dictature en Allemagne et à l'inéluctable ascension d'Adolf Hitler.
    Cette année là, Franklin D. Roosevelt a un problème. Bien plus préoccupé de politique intérieure et de New Deal, supposé rétablir l'économie du pays en crise, il doit désigner le nouvel ambassadeur d'Allemagne, car le poste est vacant. En dernier recours, faute de candidats volontaires ou disponibles, le poste est proposé à William E. Dodd, un obscur universitaire de 64 ans d'origine paysanne enseignant l'histoire à Chicago, dont le rêve secret est de trouver un emploi de fin de carrière plus pépère, pour pouvoir achever tranquillement la rédaction de son livre sur le « Vieux Sud ». Cool ! Pourquoi pas Berlin ? s'interroge Dodd, ces Allemands sont des types biens, extrêmement cultivés. Il se remémore avec un brin de nostalgie ses années estudiantines passées à Leipzig. Pourquoi pas Berlin ? se demande également sa fille, c'est l'occasion inespérée de larguer mon mari et mes amants qui me collent aux basques et de faire la connaissance de tous ces beaux mecs en uniforme qui participent au redressement de leur pays. Comme on va le découvrir bientôt, la fille de l'ambassadeur est un peu nunuche et un peu nympho, elle parviendra à se taper : des américains, des nazis, un chef de la gestapo, un français, un russe… et j'en passe ! Tout ça sur l'air entraînant du Horst-Wessel-Lied !
    Passons sur la suite du récit, abondamment décrite ici ou ailleurs dans d'autres critiques, que nous pourrons bientôt découvrir sous la forme d'un film-de-et-avec-Tom-Hanks (dans le rôle de William E. Dodd) mettant en scène Nathalie Portman (dans le rôle de Martha).
    On ne pourra que s'extasier devant le travail colossal accompli par Erik Larson qui a fouillé des montagnes d'archives à la recherche de la moindre lettre, du moindre témoignage, traquant les bribes de phrases, les descriptions vestimentaires, le contenu de placards, afin de connaître la quantité de vaisselle et de rince-doigts disponible lors des pince-fesses de l'ambassade (on n'échappera pas à cet inventaire qui est peut-être de trop mais illustre bien le souci du détail de l'auteur, confinant parfois à la maniaquerie).
    On naviguera à vue en tentant de suivre les sinuosités des parcours intellectuel, politique et amoureux de Martha Dodd, qui dans chacun de ces trois domaines ne recule devant rien et mélange habilement tous les critères pour décider, en bonne girouette, le sens du vent.
    On s'étonnera de l'aveuglement des chancelleries occidentales face à l'avènement du führer, qui a d'abord été pris pour un clown, et dont l'Allemagne allait, pensait-on, se débarrasser vite fait, après avoir pris la mesure du danger et avant qu'il ne puisse mettre en application ses thèses démentes à l'origine des millions de morts de la seconde guerre mondiale.
    On réfléchira, enfin, à l'isolationnisme de Roosevelt et du département d'Etat, peu attentifs à l'antisémitisme et à la nazification, aux bruits de bottes, à la « mise au pas » (Gleichschaltung) de l'Allemagne, hypocritement rassurés par la « volonté de maintenir la paix et l'ordre » exprimée par Hitler malgré les signes évidents de réarmement, et uniquement préoccupés, en gros, par le remboursement aux créanciers américains de la dette allemande (ne nous fâchons pas avec ce caractériel, sinon on ne reverra jamais notre pognon, semblent penser les « vrais » diplomates de l'époque, opposés à l'idéalisme naïf et dérangeant de ce parvenu de Dodd).
    La manipulation, la purge et les atrocités commises par Hitler et ses sbires pendant la Nuit des Longs Couteaux, à l'ambiance minutieusement restituée par le style aiguisé de l'auteur, seront parfaitement acceptées par la population allemande désormais mise au pas, et condamnées pour la forme par les puissances étrangères pétrifiées dans l'inaction. Dans le jardin de la bête, en ce 20 juin 1934, les longs couteaux sont sortis, et le sang n'a pas fini d'être versé…
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    • Livres 4.00/5
    Par mariech, le 15 décembre 2012

    mariech
    Berlin 1933 , William E . Dodd est nommé ambassadeur à Berlin un peu par hasard , en effet il n'a pas le profil habituel et a un train de vie plus modeste que tous les autres ambassadeurs .
    Il va partir avec sa propre voiture pour ne pas montrer qu'il aime le luxe , il part à Berlin avec sa femme , son fils et sa fille .
    Sa fille Martha est enchantée par ce dépaysement inespéré , à son arrivée en allemagne , elle est séduite par ses habitants et par la ville elle -même , c'est vrai que Berlin était une ville bien agréable avant la montée du nazisme .
    Au début du séjour tout se passe bien , mais peu à peu les choses changent insensiblement puis de manière accélérée . Dodd va essayer d'ouvrir les yeux de ses compatriotes mais il n'y arrivera pas , même Martha va se rendre compte malgré sa jeunesse que la situation se déteriore , et un jour lorsd'un fête organisée à l'ambassade américaine , la peur s'installe , les rares juifs présents sont mal à l'aise , ce sera leurs derniers instants de liberté .
    La montée du nazisme est bien décrite , cela va se faire de manière insidieuse et par paliers progressifs dans une époque de crise économique importante .
    Hitler va cristalliser la haine sur les juifs , qui il faut le souligner , étaient déjà assez mal vus .
    Il y a des passages édifiants , celui qui m'a le plus marqué est l'explication sur ' le sadisme ' , un officier allemnd , se rend compte qu'Hitler a attiré tous les psychopathes d' Allemagne et d' Autriche mais bien plus grave , a révelé des penchants sadiques chez des personnes comme vous et moi .
    Je n'avais jamais non plus entendu parler du procès contre Hitler , fait aux Etats -Unis , procès qui n'eut aucun retentissement , aucun effet contre Hitler , il est vrai que les moyens de communication étaient quasiment inexistants .
    Je me suis dit que Martha et son père étaient sans doute bien naïfs , puis j'ai un peu revu ma position , ils étaient dans une position de pouvoir absolu , être ambassadeur ou fille d'ambassadeur des Etats -Unis , ils ont été été les témoins d'une époque terrible mais ne pouvaient pas se douter de la gravité de la situation , ils ne pouvaient pas avoir qu'il vivaient alors dans une périodes des plus sombres .
    Le style n'est pas toujours à la hauteur , ce ne sera donc pas un coup de coeur mais malgré tout une lecture intéressante que je recommande pour un autre éclairage sur cette période .
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    • Livres 5.00/5
    Par tousleslivres, le 13 octobre 2012

    tousleslivres
    Je vous le dit tout de suite, c'est un énorme coup de cœur !!!
    Roosvelt, président des Etats-Unis, cherche un nouvel ambassadeur à nommer en Allemagne. Il voulait au plus vite trouver un ambassadeur pour Berlin et après avoir proposé le poste à de nombreux proches, comme Woodrow Wilson, Owen D. Yourg, Edward J. Fllunn, ils déclinèrent tous l'offre. Roosvelt réuni alors plusieurs de ses proches conseillés parmi ces collaborateurs se trouvait le secrétaire Daniel Roper, ami de longue date, il lance un nom, celui d'un de ses amis : William E.Dodd.
    William E.Dodd, né le 21 octobre 1869, enseignant d'histoire depuis 1909 à l'université de Chicago ambitionnait d'obtenir un poste exigeant mais qui lui procurerait une certaine envergure, un salaire et surtout qui lui laisserait du temps pour écrire. Il avait des vues sur un poste d'ambassadeur à Bruxelles ou aux Pays-Bas.
    William E.Dodd devient le premier ambassadeur américain en Allemagne nazie. Mais il est peu adapté à la diplomatie. Il n'est pas roublard ni hypocrite, en fait, tout ce qui est nécessaire pour mentir à l'étranger pour son pays ne lui convient pas.
    On voit bien que Dodd n'a rien du candidat type à un poste de diplomate. Il n'est pas riche. Il n'a aucun poids politique. Il ne fait pas partie des amis de Roosvelt. Mais il parle allemand et est censé bien connaître le pays. Il est historien au tempérament pondéré et sa connaissance personnelle de l'Allemagne peut se révéler précieuse.
    Lors d'un rendez-vous avec Roosvelt, Dodd se voit confier le problème de la dette de l'Allemagne (chose qui va le travailler pendant très longtemps) et ils perlent aussi du problème des juifs. On voir déjà à ce moment là, qu'il ne sera très certainement pas à la hauteur des exigences de Roosvelt.
    En effet Dodd par dans l'idée que son rôle d'ambassadeur serait celui d'un observateur et d'un rapporteur. Il croyait que par la raison et l'exemple, il serait capable d'exercer une influence modératrice sur Hitler et sur son gouvernement.
    Sa fille, Martha, est vite séduite par les leaders du parti nazi Rudolf Diels, premier chef de la Gestapo, puis elle tombe amoureuse de Boris Winogradov qui va la convaincre d'employer ses charmes et ses talents au profit de l'Union soviétique.
    « Un documentaire qui se lit comme un thriller ... » Philipp Kerr. C'est un très beau documentaire sur la vie de cet ambassadeur Américain en Allemagne nazie. En effet l'auteur Erik Larson, américain, nous fait vivre pendant trois ans la famille Dodd. La vie de cet ambassadeur qui aura bien du mal à se faire accepter par ses pères dans ce monde très riche, il faut dire qu'il n'a pas accepté un très gros salaire, il a voulu garder celui qu'il avait en temps que professeur d'histoire, alors, lors des réceptions il faisait figure de « pauvre », donc décalé dans ce monde riche et m'as-tu-vu.
    Pour écrire ce livre, l'auteur, Erik Larson, a recoupé les notes, carnets, journaux de l'époque, que ce soit du coté américain que allemand. C'est un travail fastidieuse et très riche que l'auteur a entrepris pour ce livre, ce qui donne ce coté très riche en moments vécus réellement. Mais surtout il nous dévoile toute une partie de l'histoire qui nous est inconnu.
    Ce qui m'a choqué c'est toute la partie qui explique que les américains ferment les yeux sur ce qui se passe vis à vis des juifs et qu'ils ne veulent pas en parler ni communiquer dessus, c'est fou, je n'avais pas vu ça comme ça, jusqu'à maintenant...
    Un livre qui se lire très bien, même si on n'est pas féru d'histoire et surtout de cette période avant guerre.
    Il est très intéressant, à part peut-être quelques longueurs et explications un peu confuses, mais passé ça, j'ai vraiment beaucoup aimé !!!
    A livre absolument !!!

    Lien : http://tousleslivres.canalblog.com/archives/2012/10/13/25137039.html
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Citations et extraits

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  • Par latina, le 19 août 2012

    L'indicateur le plus visible de la mise au pas fut l'apparition brutale du salut hitlérien, ou "Hitlergruss".Il était suffisamment inédit aux yeux du monde extérieur pour que le consul général lui consacre une dépêche entière en date du 8 août 1933.
    Le salut, écrit-il, n'avait aucun antécédent moderne, à l'exception du salut des soldats en présence d'un officier supérieur, plus conventionnel.
    Ce qui distinguait particulièrement cette pratique, c'était que tout le monde était censé saluer, même dans les rencontres les plus banales. Les boutiquiers saluaient leurs clients. Il était exigé des enfants qu'ils saluent leurs maîtres plusieurs fois par jour. A la fin des représentations théâtrales, un rituel récent exigeait du public qu'il se lève et salue en chantant d'abord l'hymne national, puis l'hymne des SA (...).
    Le public allemand pratiquait le salut avec tant d'empressement que sa répétition incessante le rendait presque comique, surtout dans les couloirs des bâtiments publics où tout le monde, du plus humble messager au plus haut fonctionnaire, se saluait en criant "Heil Hitler", transformant la moindre escapade aux toilettes en une expédition épuisante.
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  • Par latina, le 22 août 2012

    Leur vie était gagnée par les miasmes qui imprégnaient largement la ville au-delà des murs de leur jardin.
    Une histoire avait commencé à circuler : un homme téléphone à un autre et, au cours de la conversation, demande : "Comment va l'oncle Adolf?" Peu après, la Gestapo débarque chez lui et exige qu'il prouve qu'il a réellement un oncle Adolf et que la question n'était pas une allusion codée à Hitler.
    Les Allemands devenaient de plus en plus réticents à séjourner dans des refuges de montagne collectifs, de peur de parler dans leur sommeil.
    Ils repoussaient les opérations chirurgicales à cause des effets secondaires de l'anesthésie qui dénouent la langue.(...)
    Après avoir vécu dans l'Allemagne nazie, Thomas Wolfe écrivit : "il y avait là un peuple tout entier...infesté par la contagion d'une peur omniprésente. C'était une sorte de paralysie insidieuse qui déformait et dégradait toutes les relations humaines."
    (...)
    On s'attardait au coin de la rue pour vérifier si les visages qu'on avait aperçus au carrefour précédent venaient de tourner ici aussi.
    Dans les situations les plus décontractées, on parlait avec prudence et on prêtait attention à qui vous entourait comme on ne l'avait jamais fait auparavant. Les Berlinois se mirent à pratiquer ce qu'on appelait "le coup d'oeil allemand" - der deutsche Blick - un regard rapide alentour quand on rencontre un ami ou une relation dans la rue.
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  • Par Eric75, le 17 septembre 2012

    Pour elle, cependant, la perspective de l'aventure qui les attendait balaya bientôt tout sentiment d'inquiétude. Elle savait peu de chose de la politique internationale et, de son propre aveu, ne se rendait pas compte de la gravité de ce qui se jouait en Allemagne. Elle voyait en Hitler "un clown qui ressemblait à Charlie Chaplin". Comme beaucoup d'autres à l'époque, aux États-Unis et ailleurs dans le monde, elle ne pouvait imaginer qu'il resterait longtemps en place ni le prendre au sérieux. S'agissant de la situation des Juifs, elle était partagée. Inscrite à l'Université de Chicago, elle avait connu "la propagande subtile et sous-jacente parmi les étudiants en première année" qui prônait l'hostilité à l'égard des Juifs. Martha constata "que même beaucoup de professeurs supportaient mal l'intelligence brillante de certains de leurs collègues ou étudiants juifs". Elle précise pour elle-même : "J'étais légèrement antisémite en ce sens : j'acceptais l'idée que les Juifs n'étaient pas aussi séduisants physiquement que les gentils et étaient socialement moins intéressants." Elle adhérait également au cliché selon lequel si les Juifs étaient généralement brillants, ils étalaient leurs richesses et se mettaient trop en avant. En cela, elle reflétait l'opinion d'une proportion surprenante d'Américains, comme ce fut noté dans les années 1930 par des professionnels de l'art naissant des sondages.
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  • Par canel, le 09 avril 2013

    Une étude des registres nazis a démontré que, sur un échantillon de 213 dénonciations, 37% relevaient non pas d'une conviction politique sincère mais de conflits privés, dont le déclencheur était souvent d'une insignifiance stupéfiante. Ainsi, en octobre 1933, le commis d'une épicerie dénonça à la police une cliente excentrique qui s'était entêtée à réclamer ses trois pfennigs de monnaie. Le commis l'accusa de n'avoir pas payé ses impôts. Les Allemands se dénonçaient les uns les autres avec un tel entrain que les cadres supérieurs du Parti pressèrent la population de faire preuve d'un plus grand discernement concernant les affaires à signaler à la police. Hitler le reconnut lui-même, dans une note au ministre de la Justice : "Nous vivons à présent dans un océan de dénonciations et de mesquinerie."
    (p. 99-100)
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  • Par latina, le 19 août 2012

    La Gestapo entretenait son image sinistre en conservant le secret sur ses opérations et ses sources d'information.Les gens recevaient par la poste des cartes, comme tombées du ciel, leur demandant de se présenter pour un interrogatoire. Ils étaient terrorisés. Malgré leur apparence ordinaire, ces convocations ne pouvaient être négligées ni ignorées. Elles contraignaient les citoyens à se rendre dans ce bâtiment absolument redoutable pour répondre à des délits dont ils n'avaient probablement aucune idée, au risque - souvent imaginaire mais dans certains cas tout à fait réel - d'être expédiés à la fin de la journée en "détention provisoire" dans un camp de concentration.
    C'était cette accumulation d'inconnues qui rendaient la Gestapo aussi terrifiante. "On peut échapper à un danger identifiable, remarque l'historien Friedrich Zipfel. Mais une police qui travaille dans l'ombre devient insaisissable. On ne se sent à l'abri nulle part. Sans être omniprésente, elle "risque toujours" d'apparaître, de fouiller, d'arrêter. Le citoyen inquiet ne sait plus à qui se fier."
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