Il y a deux camps antagonistes qui se sont déjà longuement exprimés quant à ce roman : ceux qui adhèrent, qui reconnaissent une vraie qualité littéraire à la plume de
Justine Levy, et ceux qui crient au ras-le-bol des confessions acides et haineuses des fils et filles de. Me voici dans le premier camp !
En lisant
Rien de grave, je n'ai jamais été gênée de pouvoir reconnaître les personnages publics qui y sont affublés d'un faux nom, j'ai complètement mis de côté ce côté people et ragots. Ce qui m'a beaucoup touchée, c'est la sincérité de Louise qui raconte ses failles, ses manquements, qui analyse ses comportements, qui s'exprime en toute candeur. Elle a ce côté con-con de la fille pourrie-gâtée qui subit pas mal de choses sans se rendre compte de ce qui se passe vraiment. Et puis un jour elle grandit, elle se rend un peu plus compte, et au lieu de se morfondre à nouveau et de se complaire dans l'examen de ses erreurs, elle raconte, ça peut servir à d'autres, de savoir comme c'est facile de se laisser aller. Un peu d'amertume au passage, mais encore, vraiment parce que c'est plutôt sain comme réaction, les regrets éternels.
Je crois qu'il ne faut pas chercher d'histoire particulière. Non , ce roman ne fait pas rêver . Oui , il ressemble à un journal intime. le style désarticulé est à l'image de sa narratrice . On sort des normes avec des virgules mal placées , des mots bredouillés, ou des tournures de phrases parfois douteuses...
Justine Levy écrit , joue avec son lecteur comme une enfant . Elle est dynamique ,spontanée , capricieuse , égoïste , et tout de même si fraiche, pure , belle. Ce livre est un brouillon de vie .
La vie n'est facile pour personne, même quand on est jeune, jolie, riche et plutôt intelligente.
C'est rassurant, au fond, non ?