Une fois de plus, attendez vous à lire un pavé de ma part!
J'ai ce livre dans ma PAL depuis bientôt 6 mois et je n'arrivais pas à me décider à le lire, sans vraiment savoir dire pourquoi. Finalement ma PAL ayant bien (trop) baissé, je n'avais plus vraiment le choix dans les titres dispos, alors je me suis lancée dans cette lecture.
Bilan, un livre qui se lit bien, mais sans plus. Quelques bons éléments, mais vraiment pas un coup de cœur.
Contrairement à beaucoup de lecteurs, j'ai vraiment aimé les premiers chapitres avant de décrocher au bout d'une centaine de pages. Visiblement c'est généralement le contraire. Bon je n'ai pas eu à me forcer pour finir (les deux derniers chapitres mis à part) mais je n'étais pas non plus impatiente de connaitre la suite.
Le prologue est surprenant mais permet d'entrer tout de suite dans le vif du sujet. J'ai alors beaucoup aimé les chapitres suivants, les premiers pas de Wanderer dans ce nouveau corps, ainsi que la description des différents mondes et l'organisation sociale des âmes.
Malheureusement on n'apprend pas grand-chose de nouveau par la suite. Il y avait une très bonne trame pour développer un univers de science-fiction complexe et structuré, mais elle n'a pas du tout été assez exploitée à mon goût, on retombe très vite dans quelque chose de très banal avec quelques touches « magiques » par-ci par-là. En outre j'ai trouvé certaines incohérences, en particulier au niveau du temps écoulé, où dans les règles qui régissent ce monde. Certes, dans un ouvrage de SF, on est dans l'imaginaire, donc à peu près tout est possible mais à la seule condition de garder une logique interne !
De même j'aurais vraiment aimé en savoir plus sur le passé de Mélanie et plus particulièrement sur les derniers mois avant sa capture et sa transformation.
Revenons-en à Wanderer, je me suis très vite attachée à elle, trouvant sa personnalité très intéressante, aimant son questionnement, ses hésitations, son inadaptation, mais dans le dernier tiers du livre, elle a finit par m'agacer avec son sens du sacrifice poussé à l'extrême, elle n'était plus du tout crédible et j'ai eu l'impression que l'auteure voulait à tout pris en faire une martyre digne d'admiration, sauf que c'est caricaturale et que ça n' a pas du tout pris avec moi. On tombe, dans cette dernière partie dans un pseudo-lyrisme totalement pathétique.
Mélanie en revanche m'a été antipathique tout au long du roman, sans évolution. Elle est d'un égoïsme mal dissimulé insupportable. Elle ne se demande jamais « que va-t-il penser/devenir ? » mais « que va-t-il penser/devenir, sans moi, moi, moi ? ». Très clairement c'est fatigant. Idem pour Jared, ce type est odieux (beaucoup plus détestable que Kyle selon moi, qui est d'ailleurs le seul personnage qui finira par me toucher réellement) et j'ai eu envie plus d'une fois, de lui éclater la tête le long d'un mur.
Quant à l'histoire d'amour entre ces deux là, non mais c'est d'une niaiserie déconcertante. La rencontre est déjà pas brillante mais avec la scène sur le canapé dans la cabane au début du roman on attend des sommets, c'est d'un ridicule sans nom et je me suis surprise à soupirer d'énervement. Affligeant vraiment, j'avais l'impression de voir un mauvais soap des années 80. Soit c'est vraiment mauvais, soit je suis devenue totalement aigrie/ insensible. Mélanie m'a aussi beaucoup trop rappelé Bella sur ce point là avec ses interrogations à deux sesterces « est-ce qu'il m'aime vraiment ? Est-ce que je suis assez bien pour lui ? Et bla, bla, bla » Quand je vous disais qu'elle ne pense qu'à elle ! du coup j'en viens à me demander ce que je penserais de
Twilight si je le relisais…
D'ailleurs ce n'est pas le seul passage qui m'a laissé un arrière goût de
Twilight, je pense par exemple à la scène, où l'on voit deux humains possédés ayant finalement un bébé humain, qu'ils ne transforment pas…
Prenons l'intrigue maintenant, tout est beaucoup trop convenu, prévisible. L'histoire avec Ian est cousue de fil blanc dès que ce personnage apparait, et la question que je me posais n'était pas « est-ce que » mais « quand », histoire d'avancer un peu !
Il y a aussi un gros souci dans la structure du roman qui induit des longueurs inutiles. La quête à travers le désert de Mélanie/ Wanderer aboutit beaucoup trop tôt, on se retrouve alors après cela avec quelque chose de très linéaire, limite ennuyeux, quand surviennent alors tout un tas de péripéties histoire de dynamiser le tout. Mais le problème c'est qu'on assiste à une accumulation d'événements sans lien, mal répartis, presque histoire de faire du « remplissage ».
Pour en revenir à la traversée du désert, cette scène manque totalement de réalisme, l'auteur n'a clairement jamais mis les pieds dans un tel environnement et la description de la marche avec le rapport à l'eau s'en ressent vraiment et est juste aberrante.
Quant aux deux derniers chapitres, outre le fait que le choix opéré par les humains soit éthiquement parlant plus que contestable, on atteint des sommets de ridicule et là, clairement je me suis forcée à lire ces dernières pages tout en pestant tous les quatre mots.
Bon, il y a quand même quelques éléments que j'ai beaucoup apprécié dans ce roman. En particulier le jeu sur les pronoms, rendus possible par la langue anglaise. Wanderer est désignée successivement à l'aide de « she » et de « it », selon les personnages et l'évolution du regard qu'ils portent sur elle. Je dois dire que ce côté est vraiment travaillé ; on sent une évolution cohérente et progressive, différente selon les personnages. Vraiment, le gros point positif de ce roman selon moi.
Côté mise en page, j'ai vraiment apprécié l'emploi de 3 polices d'écritures différentes, visant à distinguer récit, dialogues internes entre Wanderer et Mélanie, et souvenirs de Mélanie transmis à Wanderer. En particulier dans les premières pages, cela permet de ne pas être trop déroutée par la juxtaposition des différentes sources d'informations.
J'ai également beaucoup aimé les titres de chapitres, tous sous formes de participes passifs qui accentuent l'effet de « vampirisation » des âmes sur les humains, ou le contraire.
Enfin, ce livre m'a laissé aussi par moment un sentiment de malaise. En particulier le début lorsque l'on découvre que les âmes viennent vampiriser les hommes : avant l'insertion les hommes sont foncièrement mauvais et n'ont qu'une conscience mais pas d'âme. Bon ok, c'est peut-être mon côté croyante qui ressort, mais ça m'a mise mal à l'aise, même si ce sentiment n'a pas duré très longtemps.
De même, je me suis sentie super mal, lorsque Wanderer entre dans le labo de Doc' et découvre le massacre ; les âmes qu'il a, en vain, tenté d'extraire. Je dois avoir une imagination débordante mais je n'arrivais pas à me défaire de l'image d'un avortement. Je suis la seule à avoir vu ça comme ça ?
Mon billet est très violent, plus que je ne m'y attendais même, et pourtant, je dois dire que je n'ai pas détesté cette lecture, mais j'ai eu l'impression de perdre mon temps. Très clairement, une lecture qui m'aurait sans doute beaucoup plu il ya quelques mois/années, mais là je suis passée à autre chose.
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