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ISBN : 2259214851
Éditeur : Plon (2012)


Note moyenne : 3.63/5 (sur 43 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Le 14 février 1989, Salman Rushdie reçoit une fatwa de Khomeini pour avoir écrit Les versets sataniques. En toute franchise et honnêteté, l'écrivain raconte sa clandestinité, son changement d'identité obligé et son combat pour retrouver une liberté. Il raconte sans tabo... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Theoma, le 03 mars 2013

    Theoma
    En revenant sur son parcours et particulièrement sur ses dix années de « détention », l'auteur des Versets sataniques nous offre une profonde et brillante réflexion sur ce qui définit notre société. Une ode à la liberté d'expression et un plaidoyer contre sa régression actuelle.
    Si l'affaire a été très médiatisée, entrer dans l'intime permet au lecteur de prendre conscience d'une réalité inconnue. Tout d'abord, se loger. La vie n'est pas comme la fiction. Aucun abri fourni et payé par l'état. Salman Rushdie doit lui-même trouver des endroits sûrs qui seront agréés par son équipe de sécurité.
    L'impact de la fatwa non seulement sur l'écrivain mais sur son fils, sa famille, ses proches et le domaine de l'édition. le monde divisé en deux parties ; l'avant et l'après fatwa. Ceux qui brûlent des livres, ceux qui refusent de les vendre, ceux qui renoncent à les éditer, à les traduire, et ceux qui ont le courage de défendre cette liberté.
    Le temps, très court, où Les Versets sataniques n'était qu'un roman et était jugé en tant que tel, les éditeurs étrangers frileux à publier le texte, l'aventure de la version poche, l'assassinat de deux traducteurs, la kabale de l'opinion publique qui se demande si l'auteur mérite les frais engagés par le contribuable pour le défendre, la difficulté d'entretenir une relation amoureuse dans une vie de musellement... L'extrême isolement d'un homme seul contre tous.
    Un livre fouillé, détaillé, foisonnant, parfois trop. Comment lui reprocher cette nécessité urgente de tout dire, de tout expliquer ? le monde a parlé a la place de l'auteur durant tellement d'années. Je salue son courage de publier un livre qui risque de raviver la haine que de nombreux extrémistes lui portent (la prime pour la tête de Salman Rushdie lancée en 1989 s'élèvent aujourd'hui à 3,3 millions de dollars).
    En tournant les pages, j'ai été frappée par le manque de réaction de l'Occident et je me suis souvent interrogée. Suite aux attentats du 11 septembre, l'islamisme est connu du plus grand nombre. Salman Rushdie aurait-il été condamné à mort aussi longtemps sans qu'aucun gouvernement ne s'y oppose officiellement si la fatwa avait été prononcée après 2001 ?
    Quoi qu'il en soit, Joseph Anton n'est plus. Heureusement pour lui et pour nous.

    Lien : http://www.audouchoc.com/article-joseph-anton-salman-rushdie-1158451..
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    • Livres 3.00/5
    Par Nadael, le 07 mars 2013

    Nadael
    Le livre s'ouvre sur ce jour de la Saint-Valentin – en 1989 – où Salman Rushdie reçoit un appel téléphonique d'une journaliste lui annonçant que l'Ayatollah Khomeini venait de lancer contre lui une fatwa (décret religieux) suite à la publication de son dernier ouvrage, Les Versets sataniques. Les réactions vives de la communauté musulmanes ne se font pas attendre. Condamné à mort pour son irrespect envers le prophète Mahomet, l'écrivain est dans l'obligation de vivre caché durant de longues années. Sa tête mise à prix, la police britannique détache une équipe pour assurer sa protection au quotidien.
    En accord avec le titre donné à son autobiographie – Joseph Anton, prénoms de Conrad et Tchekhov, nouvelle identité qu'il endossera pendant une dizaine d'années garantissant sa sécurité –, l'auteur s'exprime à la troisième personne. Une prise de distance nécessaire afin de narrer au mieux son histoire et qui fait de lui un personnage, une sorte de double.
    Salman Rushdi revient sur ses origines, son enfance en Inde, sa famille, son départ pour l'Angleterre avec son père, ses brillantes études, ses premiers pas professionnels dans la publicité, et sa quête d'écriture, ses inspirations, son premier succès littéraire avec son livre Les enfants de minuit. Extrêmement sincère, il évoque sans tabou l'ivrognerie de son père, les nombreuses femmes qui traversent sa vie, les maladies qui se déclarent autour de lui, ses angoisses, ses doutes, ses emportements... des détails qui alourdissent considérablement les propos et entraînent inévitablement l'ennui.
    Il met en évidence les conséquences et la violence engendrée liées à la publication des Versets sataniques à travers le monde entier ; les assassinats de traducteurs et d'éditeurs et attentats perpétués dans les librairies, sa rencontre et le soutien d'écrivains, d'artistes et de hauts dignitaires de nationalités différentes, la difficulté de voir son fils Zafar, les changements de domicile fréquents, l'effroyable impression de se sentir prisonnier, ses relations avec les policiers qui le surveillent nuit et jour, son rapport à l'écriture, sa vie amoureuse durant cette période... le lecteur chemine avec lui sur ce parcours tortueux de 1989 à 2001.
    Une autobiographie foisonnante remplie d'anecdotes de tout ordre (des plus légères aux plus bouleversantes), de lieux, de situations, de personnes connus et moins connus, d'intime, d'universel... Dans ce livre, Salman Rushdie se livre tout entier père, fils, amant, écrivain, apostat, athéiste, immigré. Un témoignage essentiel pour la liberté d'expression.
    J'avoue que Joseph Anton m'est tombé des mains à plusieurs reprises au cours de ma lecture. La profusion de détails et de noms, des passages longs et ennuyeux, ma méconnaissance de l'oeuvre littéraire de Salman Rushdie ont entraîné de nombreux sauts de pages.


    Lien : http://lesmotsdelafin.wordpress.com/2013/03/07/joseph-anton-une-auto..
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    • Livres 4.00/5
    Par som, le 17 mars 2013

    som
    Londres, 14 février 1989, Salman Rushdie s'apprête à sortir. Un coup de téléphone de la BBC va changer définitivement le cours de vie. A des milliers de kilomètres de là, l'ayatollah Khomeiny vient de lancer une fatwa. Rushdie est accusé d'avoir osé blasphémer le Coran et le Prophète dans ses « Versets sataniques ».
    Dès lors, l'écrivain vit en permanence sous la protection de la police. Insidieusement, il est traité non plus comme une victime, mais comme un clandestin, presque un criminel à qui l'on va demander de renoncer à tout ce qui constitue l'essence de la vie d'un homme libre, jusqu'à sa propre identité. Dorénavant pour que Salman Rushdie vive, il faudra qu'il devienne Joseph Anton, le nouveau nom qu'il s'est choisi à partir de deux de ses auteurs favoris (Conrad et Tchekhov). En plus du risque réel encouru, la fatwa constitue un révélateur de la médiocrité et de l'hypocrisie de certaines belles âmes.
    Ce long témoignage (plus de 700 pages sur papier bible tout de même) raconte par le menu ses longues années de traque et d'errance. Il fourmille de détails incroyables, parfois rocambolesques : ah les problèmes techniques posés par une Jaguar blindée !
    Si l'on dépasse cet aspect documentaire à l'américaine et le style baroque de Rushdie (ce qui est une question de goût, personnellement j'aime), on ne peut qu'être saisi par les principaux fils conducteurs du récit : la défense de la liberté d'expression, le mystère de la création artistique bien sûr, mais surtout la manière dont on peut continuer à vivre, aimer, penser lorsqu'on vous impose de vivre sous des contraintes fortes !
    Rushdie y répond brillamment, sur un ton ironique, parfois humoristique, toujours percutant. Même s'il prend le temps de citer et remercier toutes les personnes qui l'on aidé, il ne laisse aucune place à la langue de bois. Il ne lâche, ni ne renonce à rien sur le fond. En dépit des menaces qui pèsent aujourd'hui encore sur sa vie, Rushdie est et demeure un homme libre, un écrivain pour qui, seuls la connaissance et le débat arriveront à repousser la bêtise, la violence et l'obscurantisme. Respect, admiration et chapeau bas !
    Un seul bémol peut être, avoir lu ce livre trop rapidement dans le cadre du prix des lectrices de Elle, alors que ce texte mérite vraiment qu'on lui accorde beaucoup plus de temps.
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    • Livres 4.00/5
    Par mimipinson, le 09 décembre 2012

    mimipinson
    Ouvrage copieux, de prime abord, Joseph Anton fait un peu peur. En réalité, il se lit facilement, grâce à une plume agréable, un style accessible (précision utile, je n'avais jamais lu Salman Rushdie), et un bon découpage de l'ouvrage.
    Joseph Anton, c'est sous ce pseudonyme que Salman Rushdie a vécu caché durant de nombreuses années, ne relate que les années noires de Salman Rushdie à partir du jour où sa tête fut mise à prix par les religieux islamistes iraniens.
    Cette autobiographie limitée fourmille de détails, et de précisions ; l'auteur semble avoir tenu des carnets minutés tant ses faits et gestes ainsi que ceux de son entourage, semble avoir consigné ses émotions, états d'âmes.
    Ce qui frappe, c'est avant tout la machine infernale qui se met en branle dès l'annonce de sa mise à mort. Les services de protection fondent sur lui, pour le mettre sous cloche quasi hermétique. Toute sortie fera l'objet d'âpres négociations pour (parfois) parvenir à (relative) satisfaction, ou le plus souvent aboutir à renoncement ou résignation. Il mènera une vie d'errance qui aurait fait craquer plus d'un être humain. Lui, en dépit de ses découragements, de ses moments de doute, de maladresse dont tout homme aux abois est capable, n'a en réalité jamais baissé les bras. Est-ce la dureté de l'exil dès l'âge de 14 ans qui l'a préparé à lutter, est-ce ses profondes convictions pour la liberté d'expression, de penser, de prier, de croire ou non? Est-ce l'amour de ce petit bonhomme, Ahar, son fils, supportant tout sans broncher.
    La lutte pour la liberté est un souci de tous les instants. Chaque moment acquis est une victoire.
    Salman Rushdie va devoir faire avec les amis fidèles qui seront nombreux, les écrivains engagés qui jamais le laisseront à son triste sort ; il connaîtra aussi les traitres, la presse anglaise qui lui sera hostile, les politiques plus soucieux de la diplomatie que de la liberté d'expression, les éditeurs ou traducteurs courageux qui paieront parfois de leur vie pour que l'auteur puisse être lu par le plus de personnes possible.
    Pas simple d'être un écrivain, un homme, un mari, et un père quand il faut se cacher en permanence…
    Curieusement cette autobiographie est écrite à la troisième personne, comme pour bien se démarquer de celui qui sous les traits de Joseph Anton, était lui, mais pas tout à fait lui …
    L'ouvrage est très prenant, et difficile à lâcher. Et si parfois quelques longueurs se font sentir, elles se feront vite oublier…car j'ai eu la liberté de les lire !!!



    Lien : http://leblogdemimipinson.blogspot.fr/2012/12/joseph-anton-une-autob..
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    • Livres 3.00/5
    Par miriam, le 09 décembre 2012

    miriam
    Après les violences meurtrières à la suite de ce film que personne n'a vu, des caricatures de Mahomet, ce livre invite à la réflexion intellectuelle et politique, sur la liberté d'expression, la laïcité.
    J'ai donc passé une bonne semaine en compagnie de Rushdie: 725 grandes pages!
    Joseph (Conrad) Anton (Tchekov) est le pseudonyme de l'auteur des Versets Sataniques sous la menace de la fatwa de Khomeiny. Comment vivre dix ans caché, sous la protection des Services secrets de Sa Majesté? Je m'attendais donc à un roman d'aventure, d'espionnage - genre le Carré mais en vrai . Dix ans d'Histoire, du 14 février 1989 au 11 Septembre 2001. Dix ans de luttes d'influence, de tractations avec l'Iran de Khomeiny puis de ses successeurs pour annuler la fatwa, rencontres avec Margaret Thatcher, John Major, puis Tony Blair, avec Clinton... Voyages clandestins ou annoncés de Londres à New York mais aussi Oslo, du Chili à la Nouvelle Zélande. Mesures de sécurité oppressantes, parfois cocasses.
    C'est aussi un panorama de la littérature contemporaine. le livre s'ouvre sur la messe en l'honneur de Chatwin, ami de Rushdie. Si Rushdie a pu survivre à la condamnation à mort iranienne c'est d'abord grâce à l'affection et à la mobilisation des écrivains amis. le lecteur est donc entraîné à la suite de Salman et rencontre les plus grands auteurs anglophones ou non: Harold Pinter et Graham Greene de Styron à Paul Auster, Susan Sontag aux Etats Unis, Nadine Gordimer, Gunther Grass et même Borges. Ecrivains indiens de langue anglaise aussi: Arundati Roy et tant d'autres. Dix ans de littérature et de mobilisation sans relâche pour la liberté d'expression.
    C'est l'histoire d'un homme, déraciné, d'une double culture, héritier d'une riche culture indienne, élève des meilleurs écoles britanniques. origines, son patronyme de Rushdie venait d'Averroès Abul Walid Muhammad ibn Ahmad Ibn Rushd qui défendait déjà la liberté de la philosophie loin du carcan des théologiens. Années d'apprentisage à Rugby, école élitiste où "il existait trois erreurs fatales que l'on pouvait commettre, mais si l'on n'en commettait que deux sur trois on pouvait être pardonné. les erreurs étaient les suivantes : être étranger, être intelligent, être mauvais en sport. [...]Il les commit toutes les trois."

    C'est avant tout l'histoire d'un écrivain dont le métier est l'écriture. Il nous livre le processus d'écriture de ces livres les plus fameux, ses sources d'inspiration, les clés de ses romans. J'ai furieusement envie de relire Les Enfants de minuit que j'avais énormément aimé autrefois après ces précieux enseignements. Militant de la liberté d'expression, il veut d'abord être reconnu pour ses écrits.
    J'ai dévoré les 250 premières pages. Je me suis un peu ennuyée quand il décrivait par le menu toutes les tracasseries des policiers et les mesquineries d'un certain milieu londonien, mesquineries aussi de son ancienne femme dont on n'a vraiment pas envie de connaître les rancœurs. Rushdie ne nous fait grâce de rien, ni de ses entrevues successives avec les responsables des services secrets ou les fonctionnaires de Sa Majesté, mes hésitations des éditeurs qui refusent de sortir l'édition en poche des Versets sataniques et hésitent à publier ses autres romans . Après tout, trois attentats ont touché traducteurs et éditeurs étrangers au Japon, en Norvège et en Italie! Il détaille aussi les efforts de ses amis, du PEN-club américain, du parlement européen des écrivains, De Bono et U2...il ne veut oublier personne. La lectrice a décroché parfois au milieu du livre. Et pourtant j'ai poursuivi, happée par l'enjeu et aussi par l'art de l'écrivain.



    Lien : http://miriampanigel.blog.lemonde.fr/
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Critiques presse (9)


  • Liberation , le 22 décembre 2012
    Salman Rushdie publie Joseph Anton. Une autobiographie, le récit de sa vie, plus de vingt ans après la fatwa lancée contre lui, la condamnation à mort décrétée publiquement par Khomeiny. Un récit dramatique et enchanteur - comme savent l’être les pages qui s’approchent du chef-d’œuvre
    Lire la critique sur le site : Liberation
  • Lexpress , le 05 décembre 2012
    Au-delà du témoignage et du symbole pour la liberté d'expression, cette autobiographie plus conceptuelle qu'elle n'en a l'air confirme l'audace littéraire d'un auteur sans cesse en quête de renouvellement, et mérite d'être lue aussi pour la qualité du texte.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • LaPresse , le 03 décembre 2012
    Un témoignage bouleversant et terriblement dérangeant.
    Lire la critique sur le site : LaPresse
  • Liberation , le 19 novembre 2012
    Salman Rushdie a choisi d’y parler de lui à la troisième personne pour donner à ce récit vrai les allures d’un faux roman.
    Lire la critique sur le site : Liberation
  • Bibliobs , le 22 octobre 2012
    Si l'autobiographie de Rushdie est un choc, c'est d'abord parce qu'elle est un passionnant document sur l'écho que provoque un arrêt de mort dans le cerveau du condamné. Mais «Joseph Anton» [...] est aussi l'occasion, pour l'écrivain, d'interroger sa propre musulmanité, en racontant son enfance à Bombay et les origines de son patronyme [...].
    Lire la critique sur le site : Bibliobs
  • LesEchos , le 08 octobre 2012
    « Joseph Anton » est un document et un livre intimiste : comment vivre sa vie amoureuse et sa vie de père dans la clandestinité ? Comment rester un homme intègre, ne pas entraîner ses proches dans la dépression, la panique ? Ecrit dans un style urgent, sans tomber dans l'hystérie, c'est l'oeuvre d'un résistant, le livre digne d'un homme digne.
    Lire la critique sur le site : LesEchos
  • LaLibreBelgique , le 01 octobre 2012
    Même si cette autobiographie est très longue (700 pages) et que l’auteur y cède à son travers de multiplier les noms et les détails, ce récit reste fondamental pour comprendre le monde.
    Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
  • Liberation , le 01 octobre 2012
    Le livre est passionnant pour les analyses qu’il contient de «la vague montante de l’obscurantisme», et sa défense inconditionnelle de la liberté d’expression. [... ] Il n’est pas seulement le récit détaillé de la prise d’otage d’un écrivain, neuf années durant, qui parvient à desserrer les barreaux de sa prison grâce à une mobilisation mondiale.
    Lire la critique sur le site : Liberation
  • LePoint , le 25 septembre 2012
    C'est un livre unique. Haletant, précis, qui se lit à tombeau ouvert, dirait-on si l'on pratiquait le même humour que Salman Rushdie. Car c'est un livre, aussi, plein d'humour. Un thriller, également, une épopée, un livre politique, un roman d'amour, un hymne à la liberté, un roman glamour, écrit en noir et rose, [...].
    Lire la critique sur le site : LePoint

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Citations et extraits

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  • Par Pirouette0001, le 25 février 2014

    Quand (…) était-il devenu irrationnel de détester la religion, quelle qu'elle soit, et de la détester avec force ? Depuis quand la raison était-elle redéfinie comme la déraison ? Depuis quand les histoires fantaisistes des superstitieux étaient-elles hors d'atteinte de la critique, de la satire ? Une religion n'était pas une race. C'était une idée, et les idées résistaient (ou s'effondraient) parce qu'elles étaient assez fortes (ou trop faibles) pour supporter la critique, non parce qu'elles en étaient protégées. Les idées fortes accueillaient volontiers les opinions contraires. (…) Seuls les faibles et les tyrans se détournent de leurs opposants, les insultent et, parfois même, leur veulent du mal.
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  • Par jeantahiti, le 08 novembre 2012

    La littérature s'efforçait d'ouvrir l'univers, d'augmenter, ne serait-ce que légèrement, la somme de ce que les êtres humains étaient capables de percevoir, de comprendre, et donc, en définitive, d'être
    La grande littérature s'aventurait aux frontières du connu et repoussait les limites du langage, de la forme, des possibilités pour que le monde se sente plus grand, plus vaste qu'auparavant. On était cependant à une époque où les hommes et les femmes étaient poussés vers des définitions plus étroites d'eux-mêmes, où ils étaient encouragés à revendiquer une seule identité, Serbes ou Croates, Isréliens ou Palestiniens, Hindous ou Musulmans ou Chrétiens ou Baha'i ou Juifs, et plus leur identité rétrécissait, plus le risque de conflit entre eux était grand.
    La vision qu'avait la littérature de la nature humaine encourageait la compréhension, la sympathie, l'identification avec des gens différents, mais le monde poussait les gens dans la direction opposée, vers l'étroitesse, la bigoterie, le tribalisme, l'esprit de culte et la guerre....
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  • Par maylibel, le 27 octobre 2013

    La planète ne cessait de rétrécir et désormais les gens, les communautés, les cultures ne vivaient plus dans de petites boîtes closes séparées les unes des autres. À présent toutes les petites boîtes étaient ouvertes et communiquaient, un homme pouvait perdre son emploi dans un pays à cause des manigances d’un autre homme qui spéculait sur les taux de change dans un pays lointain et dont il ne connaîtrait jamais le nom et ne verrait jamais le visage, et, comme les théoriciens de la nouvelle science du chaos nous l’avaient appris, quand un papillon bat de l’aile au Brésil, cela peut provoquer un ouragan au Texas. Au début, la première phrase des Enfants de minuit avait été : « La plupart des choses qui comptent dans notre vie se déroulent en notre absence. » Et même si en fin de compte il l’avait enfouie ailleurs au milieu du texte parce qu’il trouvait cette attaque trop à la manière de Tolstoï – et s’il y avait une chose que Les Enfants de minuit n’étaient pas, c’était bien Anna Karénine - , l’idée n’arrêtait pas de le tenailler. Comment raconter l’histoire d’un tel monde, un monde qui n’était pas toujours soumis au destin, où votre sort pouvait dépendre non pas de vos choix mais de ceux d’étrangers, dans lequel c’était l’économie qui pouvait devenir une figure du destin, ou une bombe ? (p. 88)
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  • Par Nadael, le 07 mars 2013

     Il était immigré. Il était un de ceux qui avaient échoué dans un endroit qui n'était pas celui où il avait débuté. L'immigration arrachait toutes les racines traditionnelles de l'individu. La personne enracinée prospérait dans un endroit qu'elle connaissait bien, suivait des habitudes et des traditions qui lui étaient familières ainsi qu'à sa communauté, parlait sa propre langue au milieu de gens qui en faisaient autant. De ces quatre racines, le lieu, la communauté, la culture et la langue, il en avait perdu trois.
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  • Par Tagrawla, le 28 octobre 2013

    Quelque chose de nouveau était entrain de se produire, la montée d'une nouvelle intolérance. Elle se répandait à la surface de la terre mais personne ne voulait en convenir. Un nouveau mot avait été inventé pour permettre aux aveugles de rester aveugles : l'islamophobie. Critiquer la violence militante de cette religion dans son incarnation contemporaine était considéré comme du fanatisme. Une personne phobique avait des positions extrêmes et irrationnelles, c'était donc elle qui était fautive et non pas le système religieux qui revendiauait plus d'un milliar d'adeptes à travers le monde. Un milliard de croyants ne pouvaient pas avoir tort, les critiques devaient donc être ceux qui avaient l'écume aux lèvres. Quand, voulut-il savoir, était-il deveni irrationnel de détester la religion, quelle qu'elle soit, et de la détester avec force ? Depuis quand la raison était-elle redéfinie comme la déraison ? Depuis quand les histoires fantaisistes des superstitieux étaient-elles hors d'attente de la critique, de la satire ? Une religion n'était pas une race. C'était une idée, et les idées résistaient (ou s'effondraient) parce qu'elles étaient assez fortes (ou trop faibles) pour supporter la critique, non parce qu'elles en étaient protégées. Les idées fortes accueillaient volontiers les opinions contraires. (...) C'était l'islam qui avait changé et non pas les gens comme lui, c'était l'islam qui était devenu allergique à toute une large série d'idées, de comportements et d'objets.
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Vidéo de Salman Rushdie

Salman Rushdie : Twitter, Facebook et Internet .
Le 22 septembre, le "Nouvel Observateur" a réuni deux écrivains, Salman Rushdie et David Grossman, pour un dialogue à bâtons rompus. Dans cet extrait vidéo, Salman Rushdie parle de Twitter, Facebook et Internet : " Ce qui me dérange, avec Internet, c?est la question de l?anonymat qui a permis l?éclosion d?une génération de gens très brutaux et discourtois".








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