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ISBN : 2259214851
Éditeur : Plon (2012)

Note moyenne : 3.64/5 (sur 66 notes)
Résumé :
Le 14 février 1989, Salman Rushdie reçoit une fatwa de Khomeini pour avoir écrit Les versets sataniques. En toute franchise et honnêteté, l'écrivain raconte sa clandestinité, son changement d'identité obligé et son combat pour retrouver une liberté. Il raconte sans tabou son quotidien sous surveillance armée et sa lutte pour obtenir soutien et compréhension du monde des médias ou des politiciens.
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Critiques, Analyses & Avis (33) Voir plus Ajouter une critique
UglyBetty
UglyBetty15 juin 2015
  • Livres 4.00/5
Blasphème,blasphème...Et pourtant elle tourne!
En 1632, Galilée dut abjurer son héliocentrisme devant l’inquisition du Saint-Office.
En 1644, le poète anglais Milton plaida " la liberté d’imprimer sans autorisation ni censure", dans son "Aeropagitica.".
En 1766, Voltaire défendit la mémoire du chevalier de la Barre qui, pour n’avoir pas ôté son chapeau devant une procession, fut torturé, décapité et brûlé avec le Dictionnaire philosophique.
Depuis, en terres d’Occident et des Lumières, nous croyions être débarrassés de ces entraves à la liberté d’expression. Douce illusion, quand :
En 1989, le fanatisme que Voltaire appelait " l’Infâme ", jeta sa griffe fétide, venue de l'Islam, sur un livre et son auteur.
Des versets sataniques à la sainte fatwa... Ce reflet obscur d'une société incapable de rationalité.
Une autobiographie dont le titre se confond avec celui de l'auteur,pour marquer une forme de schizophrénie.Cette ambiguïté,est entretenue tout au long du récit où l'auteur joue de son alter ego.
A bien des égards,le monde était sens dessus-dessous; plus d'un repère politiques et intellectuels sont en train de sauter. Et, ce qui rend ce roman passionnant,c'est qu'il témoigne, au raz du quotidien,d'un moment de bascule, alors difficilement perceptible.
C'est à cette époque,que les références politiques occidentales(nationales,socialistes,libérales...) furent défiées pour de bon par l'Islam radical et la puissance de son mouvement. Le concept d'Islamophobie est né.
En 1979, le philosophe Michel Foucault,dénonçait le problème de l'Islam, comme force politique pour les années à venir.
Dix ans plus tard quand les Ayatollahs,condamnent à mort un citoyen britannique,pour avoir écrit un roman impie,le fait sidérait encore.
Les attentats du 11 septembre n'avaient pas eu lieu. Le cinéaste Théo Van Gogh,n'avaient pas encore été assassiné.Les caricatures de Mahomet n'avaient pas encore mis le feu aux poudres.
Les locaux de Charlie hebdo,n'avaient pas encore brûlé et Cabu, Charb, Wolinski, et les autres dessinaient encore...
Avec les Versets sataniques,Rushdie se retrouve propulsé sur la scène internationale,pour y devenir plus qu'un romancier célèbre,le symbole de la lutte pour la liberté d'expression.
Un roman complexe où se mêlent "les mémoires,le document romancé et l'autoportrait non seulement de moi,mais aussi d'une époque",dit-il.
Je remercie grandement mon ami Ahasvérus pour la découuverte de cet auteur.
Le récit est long,oui,y a des détails dont on peut se passer,mais Rushdie est incontestablement un maître de l'écriture.
Just read.

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Theoma
Theoma03 mars 2013
  • Livres 4.00/5
En revenant sur son parcours et particulièrement sur ses dix années de « détention », l'auteur des Versets sataniques nous offre une profonde et brillante réflexion sur ce qui définit notre société. Une ode à la liberté d'expression et un plaidoyer contre sa régression actuelle.
Si l'affaire a été très médiatisée, entrer dans l'intime permet au lecteur de prendre conscience d'une réalité inconnue. Tout d'abord, se loger. La vie n'est pas comme la fiction. Aucun abri fourni et payé par l'état. Salman Rushdie doit lui-même trouver des endroits sûrs qui seront agréés par son équipe de sécurité.
L'impact de la fatwa non seulement sur l'écrivain mais sur son fils, sa famille, ses proches et le domaine de l'édition. le monde divisé en deux parties ; l'avant et l'après fatwa. Ceux qui brûlent des livres, ceux qui refusent de les vendre, ceux qui renoncent à les éditer, à les traduire, et ceux qui ont le courage de défendre cette liberté.
Le temps, très court, où les versets sataniques n'était qu'un roman et était jugé en tant que tel, les éditeurs étrangers frileux à publier le texte, l'aventure de la version poche, l'assassinat de deux traducteurs, la kabale de l'opinion publique qui se demande si l'auteur mérite les frais engagés par le contribuable pour le défendre, la difficulté d'entretenir une relation amoureuse dans une vie de musellement... L'extrême isolement d'un homme seul contre tous.
Un livre fouillé, détaillé, foisonnant, parfois trop. Comment lui reprocher cette nécessité urgente de tout dire, de tout expliquer ? le monde a parlé a la place de l'auteur durant tellement d'années. Je salue son courage de publier un livre qui risque de raviver la haine que de nombreux extrémistes lui portent (la prime pour la tête de Salman Rushdie lancée en 1989 s'élèvent aujourd'hui à 3,3 millions de dollars).
En tournant les pages, j'ai été frappée par le manque de réaction de l'Occident et je me suis souvent interrogée. Suite aux attentats du 11 septembre, l'islamisme est connu du plus grand nombre. Salman Rushdie aurait-il été condamné à mort aussi longtemps sans qu'aucun gouvernement ne s'y oppose officiellement si la fatwa avait été prononcée après 2001 ?
Quoi qu'il en soit, Joseph Anton n'est plus. Heureusement pour lui et pour nous.
Lien : http://www.audouchoc.com/art..
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Henri-l-oiseleur
Henri-l-oiseleur14 février 2016
  • Livres 5.00/5
"Joseph Anton, une autobiographie" est un grand et magnifique livre dont la traduction commençait mal, puisque l'auteur lui avait donné pour sous-titre, et indication générique, "a memoir", un mémoire, des mémoires, pas une autobiographie. Les mémoires (le traducteur ignore que le mot est masculin en français) sont un genre particulier , où le mémorialiste raconte ce qui, dans sa vie personnelle, est traversé et concerné par la grande histoire, celle des hommes et des sociétés. Il peut certes y parler de sa vie personnelle, voire intime, mais l'objectif n'est pas la confession subjective, parfois pleurnicharde, ni l'appel du pied au voyeurisme du lecteur. Ce parti-pris de dignité se voit dès le début, puisque l'auteur emploie la troisième personne, comme César, et non la première, sur laquelle Stendhal a dit tout le mal qu'il fallait en penser dans sa "Vie de Henry Brulard". Ce choix grammatical n'est pas seulement une affaire de dignité, il a une résonance dans l'histoire elle-même, puisque l'auteur est dépossédé de son nom, devenu insulte, pancarte brandie et objet de haine ("Rushdie") et doit vivre une semi-vie protégée de prisonnier ou de gardé à vue sous le nom de Joseph Anton, dont il signale sans regret le "décès" dès que les menaces islamiques s'atténuent. Ce dédoublement aliénant est le fond du livre, qui raconte comment Salman Rushdie reconquiert son droit de vivre sur terre que "Joseph Anton" lui déniait.
Une autre beauté, un autre intérêt de ce beau livre, sont d'ordre sociologique et politique. Salman Rushdie est membre de cette frange de la bourgeoisie anglo-indienne, extrêmement cultivée et à l'aise partout dans le monde, qui adopte pour marqueur socio-culturel des opinions politiques de gauche ou d'extrême-gauche. le livre est une galerie de grandes figures de l'intelligentsia politique, intellectuelle, artistique, de gauche, de Tony Blair ou Mandela à Harold Pinter ou Vaclav Havel, et bien d'autres grands noms politiquement corrects. Nous lisons bien un livre de mémoires : Saint-Simon nous fait vivre parmi les Grands à Versailles, et Rushdie, de même, parmi les grands des années 1980-2000, entre Londres, New-York et Hollywood. C'est dire qu'avant l'affaire des Versets Sataniques, l'auteur était à la pointe du combat pour "les damnés de la terre", immigrés musulmans d'Angleterre par exemple. Lui-même se définit comme un "immigré", d'ailleurs. Et c'est eux, à l'instigation de l'Iran (où une révolution de damnés de la terre a eu lieu) qui vont le haïr et le menacer de mort pendant de longues années. Il comprend, dit-il, la mauvaise grâce avec laquelle le gouvernement Thatcher ("de droite") le protège, mais il est assez honnête pour voir et découvrir qu'une large partie de cette gauche internationale, politicienne ou intellectuelle qui est sa patrie idéologique, lui donne tort, et donne raison à l'islam "des déshérités" et le voit comme un bourgeois oppresseur. Cela conduit cet auteur tiers-mondiste gauchiste à faire l'éloge de ... l'Amérique, patrie de la liberté, et à compatir avec elle aux attentats du 11 septembre, en de très belles pages finales du livre.
Enfin, ces mémoires sont une réflexion sur la littérature et sur la liberté d'expression. Ceci devrait intéresser le lecteur français de 2016, qui aura milité pour la liberté d'expression de ceux qui ont la parole (Charlie et autres) et qui a vu les derniers attentats islamiques en date. C'est dans sa réflexion sur la littérature que le gauchisme de Rushdie subit sa plus profonde transformation : il saisit la valeur humaine de la littérature, il parle d'elle en humaniste (l'humanisme est l'ennemi n°1 de toute la pensée de gauche néo-marxiste), en termes merveilleux qui font écho à ceux de son ami Milan Kundera, romancier victime du communisme dont les essais exaltent la liberté de l'imagination et le droit de blasphémer.
Enfin, la lecture de ce livre est à conseiller à toute personne qui veut en savoir plus sur les mécanismes de peur de l'islam à l'oeuvre dans nos pays et dans nos esprits. Cette peur, Rushdie la déchiffre en particulier dans les comportements et dans le vocabulaire que les médias, vecteurs principaux de la peur, nous imposent : les mots "respect", "islamophobie" ou "colère", en particulier, avec d'autres éléments de langage, font l'objet de remarques éclairantes.
Il y a encore une infinité de bonnes raisons de lire ce livre, dont la qualité littéraire et la profondeur d'écriture survivent bon an mal an à la traduction. J'ai insisté sur les aspects socio-politiques de ces Mémoires, au détriment d'autres facettes. Je suis habituellement opposé aux trop longues critiques, paraphrases et étalages, mais je crains d'avoir été trop long moi-même.
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Nadael
Nadael07 mars 2013
  • Livres 3.00/5
Le livre s'ouvre sur ce jour de la Saint-Valentin – en 1989 – où Salman Rushdie reçoit un appel téléphonique d'une journaliste lui annonçant que l'Ayatollah Khomeini venait de lancer contre lui une fatwa (décret religieux) suite à la publication de son dernier ouvrage, Les Versets sataniques. Les réactions vives de la communauté musulmanes ne se font pas attendre. Condamné à mort pour son irrespect envers le prophète Mahomet, l'écrivain est dans l'obligation de vivre caché durant de longues années. Sa tête mise à prix, la police britannique détache une équipe pour assurer sa protection au quotidien.
En accord avec le titre donné à son autobiographie – Joseph Anton, prénoms de Conrad et Tchekhov, nouvelle identité qu'il endossera pendant une dizaine d'années garantissant sa sécurité –, l'auteur s'exprime à la troisième personne. Une prise de distance nécessaire afin de narrer au mieux son histoire et qui fait de lui un personnage, une sorte de double.
Salman Rushdi revient sur ses origines, son enfance en Inde, sa famille, son départ pour l'Angleterre avec son père, ses brillantes études, ses premiers pas professionnels dans la publicité, et sa quête d'écriture, ses inspirations, son premier succès littéraire avec son livre Les enfants de Minuit. Extrêmement sincère, il évoque sans tabou l'ivrognerie de son père, les nombreuses femmes qui traversent sa vie, les maladies qui se déclarent autour de lui, ses angoisses, ses doutes, ses emportements... des détails qui alourdissent considérablement les propos et entraînent inévitablement l'ennui.
Il met en évidence les conséquences et la violence engendrée liées à la publication des Versets sataniques à travers le monde entier ; les assassinats de traducteurs et d'éditeurs et attentats perpétués dans les librairies, sa rencontre et le soutien d'écrivains, d'artistes et de hauts dignitaires de nationalités différentes, la difficulté de voir son fils Zafar, les changements de domicile fréquents, l'effroyable impression de se sentir prisonnier, ses relations avec les policiers qui le surveillent nuit et jour, son rapport à l'écriture, sa vie amoureuse durant cette période... le lecteur chemine avec lui sur ce parcours tortueux de 1989 à 2001.
Une autobiographie foisonnante remplie d'anecdotes de tout ordre (des plus légères aux plus bouleversantes), de lieux, de situations, de personnes connus et moins connus, d'intime, d'universel... Dans ce livre, Salman Rushdie se livre tout entier père, fils, amant, écrivain, apostat, athéiste, immigré. Un témoignage essentiel pour la liberté d'expression.
J'avoue que Joseph Anton m'est tombé des mains à plusieurs reprises au cours de ma lecture. La profusion de détails et de noms, des passages longs et ennuyeux, ma méconnaissance de l'oeuvre littéraire de Salman Rushdie ont entraîné de nombreux sauts de pages.

Lien : http://lesmotsdelafin.wordpr..
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ahasverus
ahasverus24 février 2015
  • Livres 4.00/5
En 1989, des Américains-lambda portaient des badges "JE SUIS SALMAN RUSHDIE" ; en 2015, des Français-lambda portaient des tee-shirt "JE SUIS CHARLIE". Décidément l'histoire n'a aucune imagination.
Entre 1989 et 2015 venait se caler le onze septembre. Il suffit actuellement de dire le onze septembre et l'on n'a plus à préciser ni le siècle, ni l'année parce que ce jour-là on a dit que ça ne serait jamais plus comme avant. On avait tort ! La fois d'après était comme la fois d'avant, elle-même déjà comme sa fois d'avant, elle-même déjà etc. le tout avec quelques variantes pour la forme : un peu d'inventivité dans l'horreur, dans l'arme, dans la cible, dans la nationalité et dans le décompte des victimes, dans le nombre du ou des bourreaux... Mais dans le fond rien n'a changé : c'est toujours, toujours, toujours la même histoire ! Toujours la même chanson ! Toujours le même combat entre la liberté et l'intolérance !
Ce bras de fer, Salman Rushdie en a été l'acteur à l'occasion de la publication de ses Versets Sataniques en 1988. Il l'a raconté à son fils Zafar dans son livre pour enfants, où il imaginait une princesse aux lèvres cousues et des créatures inquiétantes qui étouffaient le génie de la création, Haroun et la Mer des Histoires.
Ce combat contre le culte du silence, il nous le raconte, à nous les adultes, au travers de Joseph Anton. Il en appelle à Orange Mécanique, à Alice au Pays des Merveilles, à 1984 et à sa chambre 101, ainsi qu' aux Oiseaux d'Alfred Hitchcock pour illustrer son propos et frapper notre imaginaire.
Joseph Anton est la biographie d'un homme caché, mais d'un homme debout. Menacé de mort après la publication des Versets Sataniques pour cause de blasphème, Rushdie a vu le monde en général et en particulier changer autour de lui.
Rédigé à la troisième personne du singulier, l'autobiographie dit par le menu les années de clandestinité d'un homme imparfait mais déterminé à vivre libre et à s'exprimer. Avec talent et lenteur, Rushdie raconte le particulier et le général. Au-delà de l'autobiographie et de quelques pointes d'humour, il pose des questions et livre ses réflexions sur l'islam, sur la terreur et ses mécanismes. Si l'ennui est inévitable au fil des 900 pages du récit, on retient surtout la pertinence des observations de l'auteur, qui sont malheureusement d'une actualité brûlante. Salman Rushdie est un écrivain qui se mérite. Il écrit des pavés, mais ces pavés sont luisants. Il fait partie des grands du monde contemporain de la littérature, peut-être des futurs classiques. En attendant c'est sur le présent et sur notre position d'équilibre que ce livre apporte un éclairage saisissant qui nous invite à choisir entre liberté et obscurantisme.
En réponse aux Versets Sataniques fut créé le film pakistanais International Gorillay, mémorable nanar de 1990 dans lequel Salman Rushdie et le méchant Batu-Batu cherchent à provoquer la chute du Pakistan. Rushdie, après 2 heures 45 de film et un combat épique, y est foudroyé par des Corans volants. Ce film, manqua d'être censuré en GB. C'eut été dommage : la liberté d'expression doit répondre à la liberté d'expression et cette mise à mort cinématographico-divine, Salman Rushdie l'a bien cherchée !
Je conclurai par cette pensée réconfortante de Caroline Fourest : Qu'est-ce qu'ils sont cons ces intégristes. Ils voulaient vous faire taire. Ils ont abonné le monde à Charlie Hebdo.
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Les critiques presse (9)
Liberation22 décembre 2012
Salman Rushdie publie Joseph Anton. Une autobiographie, le récit de sa vie, plus de vingt ans après la fatwa lancée contre lui, la condamnation à mort décrétée publiquement par Khomeiny. Un récit dramatique et enchanteur - comme savent l’être les pages qui s’approchent du chef-d’œuvre
Lire la critique sur le site : Liberation
Lexpress05 décembre 2012
Au-delà du témoignage et du symbole pour la liberté d'expression, cette autobiographie plus conceptuelle qu'elle n'en a l'air confirme l'audace littéraire d'un auteur sans cesse en quête de renouvellement, et mérite d'être lue aussi pour la qualité du texte.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LaPresse03 décembre 2012
Un témoignage bouleversant et terriblement dérangeant.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Liberation19 novembre 2012
Salman Rushdie a choisi d’y parler de lui à la troisième personne pour donner à ce récit vrai les allures d’un faux roman.
Lire la critique sur le site : Liberation
Bibliobs22 octobre 2012
Si l'autobiographie de Rushdie est un choc, c'est d'abord parce qu'elle est un passionnant document sur l'écho que provoque un arrêt de mort dans le cerveau du condamné. Mais «Joseph Anton» [...] est aussi l'occasion, pour l'écrivain, d'interroger sa propre musulmanité, en racontant son enfance à Bombay et les origines de son patronyme [...].
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LesEchos08 octobre 2012
« Joseph Anton » est un document et un livre intimiste : comment vivre sa vie amoureuse et sa vie de père dans la clandestinité ? Comment rester un homme intègre, ne pas entraîner ses proches dans la dépression, la panique ? Ecrit dans un style urgent, sans tomber dans l'hystérie, c'est l'oeuvre d'un résistant, le livre digne d'un homme digne.
Lire la critique sur le site : LesEchos
LaLibreBelgique01 octobre 2012
Même si cette autobiographie est très longue (700 pages) et que l’auteur y cède à son travers de multiplier les noms et les détails, ce récit reste fondamental pour comprendre le monde.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Liberation01 octobre 2012
Le livre est passionnant pour les analyses qu’il contient de «la vague montante de l’obscurantisme», et sa défense inconditionnelle de la liberté d’expression. [... ] Il n’est pas seulement le récit détaillé de la prise d’otage d’un écrivain, neuf années durant, qui parvient à desserrer les barreaux de sa prison grâce à une mobilisation mondiale.
Lire la critique sur le site : Liberation
LePoint25 septembre 2012
C'est un livre unique. Haletant, précis, qui se lit à tombeau ouvert, dirait-on si l'on pratiquait le même humour que Salman Rushdie. Car c'est un livre, aussi, plein d'humour. Un thriller, également, une épopée, un livre politique, un roman d'amour, un hymne à la liberté, un roman glamour, écrit en noir et rose, [...].
Lire la critique sur le site : LePoint
Citations & extraits (63) Voir plus Ajouter une citation
Pirouette0001Pirouette000125 février 2014
Quand (…) était-il devenu irrationnel de détester la religion, quelle qu'elle soit, et de la détester avec force ? Depuis quand la raison était-elle redéfinie comme la déraison ? Depuis quand les histoires fantaisistes des superstitieux étaient-elles hors d'atteinte de la critique, de la satire ? Une religion n'était pas une race. C'était une idée, et les idées résistaient (ou s'effondraient) parce qu'elles étaient assez fortes (ou trop faibles) pour supporter la critique, non parce qu'elles en étaient protégées. Les idées fortes accueillaient volontiers les opinions contraires. (…) Seuls les faibles et les tyrans se détournent de leurs opposants, les insultent et, parfois même, leur veulent du mal.
+ Lire la suite
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Henri-l-oiseleurHenri-l-oiseleur10 février 2016
(Au député noir Bernie Grant). "Brûler des livres, avez-vous déclaré à la Chambre des Communes, un jour exactement après la fatwa, "n'est pas une question qui intéresse les Noirs". Les objections que soulève une telle pratique sont la preuve, disiez-vous, "que les Blancs veulent imposer leurs valeurs au monde." Je me rappelle que bien des leaders noirs, Martin Luther King par exemple, on été assassinés pour leurs idées. Appeler au meurtre d'un homme en raison de ses idées devrait dès lors apparaître à un observateur extérieur stupéfait comme une chose qu'un député noir devrait trouver horrible. Pourtant, vous n'avez pas protesté. Vous représentez, Monsieur, le visage inacceptable du multiculturalisme, sa transformation en idéologie du relativisme culturel. Le relativisme culturel est la mort de la pensée éthique, il défend le droit des prêtres tyranniques à exercer leur tyrannie, celui des parents despotiques à mutiler leurs filles, celui des bigots à détester les homosexuels ou les Juifs, parce que c'est inhérent à leur culture d'agir ainsi.

p. 279
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wellibus2wellibus208 juillet 2015
Mentez une fois à propos de quelqu'un et beaucoup ne vous croiront pas. Répétez le même mensonge un million de fois et c'est l'homme sur qui vous avez menti que plus personne ne croira.
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maylibelmaylibel27 octobre 2013
La planète ne cessait de rétrécir et désormais les gens, les communautés, les cultures ne vivaient plus dans de petites boîtes closes séparées les unes des autres. À présent toutes les petites boîtes étaient ouvertes et communiquaient, un homme pouvait perdre son emploi dans un pays à cause des manigances d’un autre homme qui spéculait sur les taux de change dans un pays lointain et dont il ne connaîtrait jamais le nom et ne verrait jamais le visage, et, comme les théoriciens de la nouvelle science du chaos nous l’avaient appris, quand un papillon bat de l’aile au Brésil, cela peut provoquer un ouragan au Texas. Au début, la première phrase des Enfants de minuit avait été : « La plupart des choses qui comptent dans notre vie se déroulent en notre absence. » Et même si en fin de compte il l’avait enfouie ailleurs au milieu du texte parce qu’il trouvait cette attaque trop à la manière de Tolstoï – et s’il y avait une chose que Les Enfants de minuit n’étaient pas, c’était bien Anna Karénine - , l’idée n’arrêtait pas de le tenailler. Comment raconter l’histoire d’un tel monde, un monde qui n’était pas toujours soumis au destin, où votre sort pouvait dépendre non pas de vos choix mais de ceux d’étrangers, dans lequel c’était l’économie qui pouvait devenir une figure du destin, ou une bombe ? (p. 88)
+ Lire la suite
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jeantahitijeantahiti08 novembre 2012
La littérature s'efforçait d'ouvrir l'univers, d'augmenter, ne serait-ce que légèrement, la somme de ce que les êtres humains étaient capables de percevoir, de comprendre, et donc, en définitive, d'être
La grande littérature s'aventurait aux frontières du connu et repoussait les limites du langage, de la forme, des possibilités pour que le monde se sente plus grand, plus vaste qu'auparavant. On était cependant à une époque où les hommes et les femmes étaient poussés vers des définitions plus étroites d'eux-mêmes, où ils étaient encouragés à revendiquer une seule identité, Serbes ou Croates, Isréliens ou Palestiniens, Hindous ou Musulmans ou Chrétiens ou Baha'i ou Juifs, et plus leur identité rétrécissait, plus le risque de conflit entre eux était grand.
La vision qu'avait la littérature de la nature humaine encourageait la compréhension, la sympathie, l'identification avec des gens différents, mais le monde poussait les gens dans la direction opposée, vers l'étroitesse, la bigoterie, le tribalisme, l'esprit de culte et la guerre....
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Videos de Salman Rushdie (38) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Salman Rushdie
Le 15 novembre 2012, François Busnel reçoit : Salman Rushdie pour Joseph Anton Mathias Énard pour Rue des voleurs Nahal Tajadod pour Elle joue

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-- François Busnel propose en direct chaque jeudi à 20h35 sur France 5, un magazine qui suit de près l'actualité littéraire avec pour seul mot d'ordre, le plaisir.
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