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ISBN : 2330022743
Éditeur : Actes Sud (2013)


Note moyenne : 3.47/5 (sur 30 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :

Il a toujours vu la photo de son père sans jamais se poser de question. Et brusquement, l'adolescent de seize ans s'interroge sur ce père mort à sa naissance. C'était un suicide, il le sait, mais sa mère n'aime pas en parler. Sans ave... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par herveGAUTIER, le 01 avril 2014

    herveGAUTIER

    N°561 – Mars 2012
    UNE AUTRE ÉPOQUE – Alain-Claude Sulzer – Éditions Jacqueline Chambon.
    Traduit de l'allemand par Johannes Honigmann.
    Les photos sont sans doute les seules choses qu'on conserve des êtres chers qui ont disparu. le narrateur, un garçon suisse de dix sept ans, trouve un cliché de son père mort quelques semaines après sa naissance. Il est intrigué par cette photographie, s'interroge sur celui ou celle qui l'a prise, sur l'image de cet homme, sur la montre qu'il porte au poignet... Il plane sur cette disparition un épais mystère, comme un non-dit puisqu'il n'était pas malade et n'avait pas été victime d'un accident. Sa mère, remariée depuis, finit, un peu gênée, par lui avouer son suicide. Il prend donc à l'adolescent l'envie d'en savoir davantage sur cet homme, Emil, ce père absent. Entre l'explication et l'oubli, l'adolescent hésite.

    Il y a toute une allégorie du temps à travers la montre que son père portait à son poignet sur la photo et que l'adolescent récupère. Elle indique la durée mais aussi décompte à l'envers la recherche de ce père inconnu et mystérieux. C'est une sorte d'itinéraire balisé avec en arrière plan la figure tutélaire du géniteur, son histoire, ses amis et amants, les raison apparentes de sa disparition, la présence fuyante de la mère ...
    Le narrateur découvre que celui qui a pris la photo est son parrain André, qu'il n'a jamais vu et qui n'a jamais cherché à prendre contact avec lui bien qu'il ait été un ami d'enfance de son père. Cela ressemble à un long parcours initiatique à travers Paris où habite ce parrain qu'il va rejoindre. Il fait connaissance avec son père par le truchement de clichés et de cartes postales qu'Emil a envoyées à André, il y a longtemps. L'adolescent pressent que son père était différent des autres enfants de son âge puisqu'il a été interné dans une clinique suisse quelques temps avant son baccalauréat. Était-il fou ou suicidaire ? Pourtant la correspondance que le narrateur découvre ne laisse rien transparaître de tel, bien au contraire. Dès lors il devient évident que ses parents étaient pour lui des étrangers à qui il ne cessait de s'opposer, surtout à son père qui le considérait comme inguérissable alors que les médecins de la clinique semblaient être d'un avis contraire. Pourtant ce séjour a été suivi de deux ou trois autres semblables et à cause de cela peut-être les relations entre Emil et André qui, après avoir été enflammées et secrètes se sont peu à peu distendues jusqu'à disparaître complètement. Les deux amis se ressemblaient pourtant beaucoup. Puis ce fut la rencontre avec Véronika, la secrétaire du docteur directeur de la clinique, leur mariage, amoureux pour elle qui désire un enfant, mais vécu par lui, devenu un peu malgré lui professeur, comme une sorte de refuge dans la normalité mais surtout pas dans la paternité. Il fait l'amour avec sa femme, mais c'est à d'autres qu'il pense, à des hommes, à André, à Sébastian, une jeune homme avec qui il vit une passade parallèle, enflammée et secrète... Il ne survivra cependant pas longtemps à cette hypocrisie organisée et trouvera dans la mort avec Sébastian, la seule issue possible.
    Grâce à de nombreux analepses, l'auteur tisse les histoires entrecroisées d'Emil et de son fils, déroule cette quête, présente le personnage de la mère presque en contre-jour. Amoureuse d' Emil et dans l'attente inquiète de leur enfant, elle n'a rien vu de la passion de son mari pour ce jeune garçon ni de l'éventuel chantage exercé par la mère de ce dernier. Bien des années après, elle souhaite oublier cette épisode de sa vie.
    L'écriture de Sulzer est agréable, juste dans le ton de ce roman feutré, sans emphase, tout en finesse . L'auteur nous décrit effectivement « Une autre époque », bien différente de celle que nous pouvons connaître aujourd'hui où l'homosexualité d'un enfant pouvait signifier son exclusion définitive de la cellule familiale. Encore que... Les tabous ont la vie dure !
    Après « Un garçon parfais »[Médicis étranger 2008] et « Leçons Particulières », ce roman clôt une trilogie. Cela a été un bon moment le lecture, une occasion de réflexion aussi sur la détresse humaine, sur la relation entre les gens, l'acceptation de la différence, le souvenir qu'on laisse après sa mort.

    © Hervé GAUTIER - Mars 2012.
    http://hervegautier.e-monsite.com 
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    • Livres 5.00/5
    Par jeandubus, le 23 septembre 2013

    jeandubus
    Une autre époque.
    Voilà un très beau roman qui se démarque de tant d'autres traitant de la quête du père, sujet ressassé, s'il en est, qui fait le miel du psychiatre,du « quelqu'un qu'on voit ».
    Ce père-là est mort. Son fils de 16 ans ne l'a pas connu, qui vit avec sa mère et son secret.
    Une recherche, une photographie, une montre sur un poignet et la métonymie est là, subtile, précieuse qui déroule l'en-quête sur l'homme qui la porta autrefois, à Une autre époque, dans les années cinquante, quand la
    « différence » (cf .la 4eme de C.) était passible d'amende ou de prison (l'homosexualité a été dépénalisée en France en 1981, avec l'abolition de la peine de mort) et quand la majorité était atteinte à 21 ans seulement (18 ans avec Giscard en 74). Pas si loin en fait.Non, pas si loin.
    L'histoire est belle de cet amour tout en douceur où La pornographie d'un index glissé sous le bracelet de cuir, là où la peau est cachée, plus tiède, plus humide, rappelle pour moi le livre éponyme de Gombrowicz où rien n'est forcé.
    Dans les années 70 le fils en quête est encore mineur, et nous parle d'un Paris exactement comme je l'ai connu, avec les halles de Baltard, la brasserie Zimmer et la brasserie Mollard. Il faut beaucoup de délicatesse pour faire une aquarelle avec des mots. Alain Claude Sulzer est un auteur délicat dans le meilleur sens du terme. Il aime ses personnages. Il les respecte.
    Il donne la parole au père qui , comment le dire, a « la chance » de pouvoir vivre une passion et d'en mourir. Non pas par peur de l'opprobre que cette passion pourrait entraîner mais tout simplement parce que les passions ne peuvent s'éterniser. Les amants meurent. Ceux de Shakespeare et de Choderlos de Laclos. Ceux de Sulzer.
    Le fils porte à nouveau la montre dont le bracelet a retrouvé sa souplesse, son tic-tac , et le souvenir du sang rythmant la veine .
    La mère parle.
    Pourquoi l'avoir laissée en dehors de tout ça ? Emil l'aimait assez pour lui dire. A cette époque-là, tout comme aujourd'hui, un homme courageux aurait pu dire à son épouse qu'il se consumait pour un autre. Elle aurait trouvé les mots. Elle aurait dénoué le piège. Les femmes savent faire cela.
    Il ne le fait pas et il meurt.
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    • Livres 3.00/5
    Par TRIEB, le 29 novembre 2013

    TRIEB
    Le narrateur de ce roman est fasciné par la photographie de son père, de ce père dont on lui dit qu'il s'est suicidé, à sa naissance. Pour en avoir le cœur net, il examine de plus près cette photographie et y découvre, mentionné sur le verso, une adresse : André Gros –Atelier de photographie .53 rue Blanche, Paris 9e
    Intrigué , le narrateur mène sa propre investigation, retrouve cet André Gros ,qui lui dévoilera , très progressivement , très graduellement les liens qu'il a pu entretenir avec son père :des liens inavouables, frappés à l'époque de la honte sociale, de la stigmatisation la plus sévère : les liens de l'homosexualité .Dans les entretiens que le narrateur obtient avec André , ce dernier lui fait entrevoir toutes les souffrances qui ont alors meurtri son père Emil Hott : la honte , la nécessité de se cacher, les nombreux séjours en clinique pour corriger cette anomalie , cette maladie : l'amour d'un individu pour un être du même sexe que lui .
    Le roman de Sulzer aborde ce thème, comme une sorte de mise au point très grossissante effectué par un zoom très puissant. On y découvre le sujet, Emil Hott, le père du narrateur, inclus dans la société de naguère, celle des années cinquante qui ne laissait guère de place, c'est le moins que l'on puisse dire, aux thèmes de société et à la libre exposition de ses orientations sexuelles.
    Le roman est pudique, André Gros y suggère même un moyen de supporter le regard des autres : « Je n'étais pas un modèle pour ton père. Je ne crois pas aux modèles .Il ne pouvait pas croire que mon mode de vie était moins pénible que le sien .Moi, tout ce que je peux faire, c'est dire que ça va, je ne peux convaincre personne. On peut rester indifférent à beaucoup de choses, surtout au regard des autres .Il faut juste éviter de se faire pousser hors des rails .Moi, j'y suis parvenu. Je crois que j'y suis parvenu. Pas ton père. »
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    • Livres 4.00/5
    Par tessgeffroy, le 28 février 2012

    tessgeffroy
    J'ai adoré ce livre !
    L'histoire commence par une simple photo, puis l'intrigue va crescendo en douceur et vers la désolation. le narrateur a bien du mal a gérer ses sentiments du début a la fin...
    On ne peut s'empêcher d'aimer tous ces personnages très fort mais tellement si faibles face a la vie !
    PROTEGER, est le mot qui me viens, tour a tour cet ado perdu dans le labyrinthe des amours "adultes", cette femme trompée, Emil transpirant de souffrance...
    Un très bon livre traitant d'un sujet malheureusement encore si tabou, tout en délicatesse, finesse....
    A près tout il ne s'agit que d'amour...
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    • Livres 2.00/5
    Par mgeffroy, le 14 mars 2012

    mgeffroy
    Bilan mitigé à la lecture de ce livre.
    Un adolescent, devant une photo de son père suicidé alors qu'il n'avait que quelques semaines, cherche à en savoir plus sur cet homme. Il va peu à peu remonter la trace de son père et découvrir son homosexualité. Ce sujet et celui de l'intolérance (nous sommes dans les années 50) est traité avec beaucoup de délicatesse par Alain Claude Sulzer. Mais, par ailleurs, il nous entraîne dans des flash-back qui sont parfois écrit dans un style très pesant (pour ne pas dire lourd), notamment quand les parents d'Emil vont chercher leur fils à la clinique psychiatrique. Il m'est arrivé de m'ennuyer lors de longues descriptions, des rencontres qui n'en finissent pas, des personnages qui ne se parlent pas (mais qui prennent le temps de ne rien se dire)... J'aurais pu apprécier ce livre avec une centaine de pages en moins car l'histoire reste, malgré tout, prenante et les sujets abordés nous montrent la réalité d'une époque et les difficultés rencontrées par de jeunes adultes.
    Plus anecdotique, mais gênant pour moi, le choix (de l'éditeur je suppose) d'accoler une longue virgule aux Q majuscules. J'avais parfois l'impression que la page était truffée de tâches et mon œil revenait trop souvent sur cette absurdité typographique pour que la lecture soit totalement fluide.

    Lien : http://avelbre.fr/?p=1983
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Citations et extraits

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  • Par solange, le 19 février 2011

    Il ne croit pas qu'elle puisse découvrir un jour le pot aux roses. Entre eux s'ouvre une abîme infranchissable. L'objet qui semble les souder est en réalité la lame qui les sépare. Il n'est pas n'importe où en pensée, mais exactement là où il veut être. Il ne vagabonde pas, il est concentré sur quelque chose d'autre que sa femme.

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  • Par tessgeffroy, le 28 février 2012

    Il ne pouvait pas croire que mon mode de vie était moins pénible que le sien. Moi, tout ce que je peux faire, c'est dire que ça va, je ne peux convaincre personne. On peut rester indifférent a beaucoup de choses, surtout au regard des autres.Il faut juste éviter de se faire pousser hors des rails. Moi j'y suis parvenu. Je crois que j'y suis parvenu. Pas ton père.

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  • Par TRIEB, le 29 novembre 2013

    Je n’étais pas un modèle pour ton père. Je ne crois pas aux modèles .Il ne pouvait pas croire que mon mode de vie était moins pénible que le sien .Moi, tout ce que je peux faire, c’est dire que ça va, je ne peux convaincre personne. On peut rester indifférent à beaucoup de choses, surtout au regard des autres .Il faut juste éviter de se faire pousser hors des rails .Moi, j’y suis parvenu. Je crois que j’y suis parvenu. Pas ton père
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  • Par solange, le 19 février 2011

    Ils repoussaient l'idée de changer quelque chose à leur liaison sans avenir, jusqu'à ce qu'elle finisse par leur paraître immuable. Au point qu'ils n'osaient même plus en parler.

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Vidéo de Alain Claude Sulzer

Alain Claude Sulzer - Une mesure de trop .
Alain Claude Sulzer vous présente son ouvrage "Une mesure de trop" aux éditions Jacqueline Chambon. Traduit de l'allemand par Johannes Honigmann. Rentrée littéraire 2013. http://www.mollat.com/livres/sulzer-alain-claude-une-mesure-trop-9782330022488.html Notes de Musique : "Night Palette" by Peter Rudenko (http///alonetone.com/author)








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