Note moyenne : 3.43/5 (sur 7 notes)
Aux bords du Gange : Et autres nouvelles4Ajouter à mes livres
La jeune Kusum, devenue veuve à huit ans, revient dans sa famille aux bords du Gange. Discrète, dissimulée par ses vêtements de deuil, elle grandit sans que nul ne la remarque.
Jusqu'au jour, où un Sanyasi vient s'installer dans le temple Shiva > voir plus
Six nouvelles composent ce recueil. Chacune dresse le portrait d'un personnage, dans une Inde intemporelle. Cela pourrait être aujourd'hui, mais il s'agit probablement du début du XXème, qu'importe. Ces intrigues à la fois mystérieuses et vraisemblables emmènent le lecteur au coeur de ce pays à la culture foisonnante. Une lecture agréable, trop courte à mon goût. Encore une fois, il est difficile d'en parler sans en dire trop...
La plume de Tagore est à la fois poétique et incisive. On suit avec plaisir le destin de ses personnages. On s'émeut, on s'insurge, on s'indigne parfois, mais toujours avec plaisir.
Du fantôme du jeune fille malheureuse en amour à la légende de l'avare qui enterre un de ses proches et son argent pour mieux retrouver ce dernier dans une autre vie en passant par l'histoire d'un amour impossible entre deux amants ou encore l'amour d'une soeur pour son frère aîné et son courage pour le défendre, ces nouvelles ont le don de faire voyager son lecteur dans le pays des traditions et de l'imagination. Un petit bonheur ! Je suis vraiment ravie d'avoir découvert (enfin !) Tagore, et je ne compte pas m'arrêter là dans la découverte de son œuvre !
Un auteur à découvrir ...C'est dommage qu'ils n'ont pas ajoutés un glossaire pour expliquer les mots exotiques présents dans ce texte...
Cela permet de découvrir la culture de l'Inde (religion, repas, rites)
Dans la plupart des nouvelles, on retrouve des personnages avares, d'autres plus altruistes...Des amours interdits...Des destins brisés...
Ces petits livres à prix attractifs sont parfais pour découvrir un auteur, sans se lancer dans un gros pavé ou une compilation de cinquante nouvelles ! Dans ce livre, il y en a tout de même six car les nouvelles de Tagore sont assez courtes. Elles nous emmènent en Inde il y a presque cent ans, dans une Inde plutôt rurale. Ces nouvelles s'apparentent à des contes, avec des personnages d'enseignants, de mères de famille, de paysans, de juges, de médecins. Les thèmes en sont la famille, les mariages arrangés, les amours interdites, la trahison, l'avarice... L'écriture est concise, mais pas sèche, pleine de sensibilité et d'intérêt pour les personnages qui sont plus que de simples esquisses malgré la brièveté des textes. Une petite touche de fantastique ou une morale parfois malmenée leur donnent un ton particulier qui pousse à y revenir. Une découverte pleine de délicatesse !
Profitant d’un jour de congé, je rendis visite à Ram Lochan. La matière de notre entretien a disparu de ma mémoire ; sans doute fut-il question de la situation misérable de l’Inde actuelle. il ne s’agissait d’ailleurs pas d’émouvoir mon interlocuteur ni même d’éveiller en lui un intérêt intense. Le sujet était de ceux qui permettent à chacun une heure ou deux tout en fumant une houka.
A cours de la conversation, j’entendis un tintement à peine perceptible de bracelets, le bruit d’une robe froissée, le son étouffé d’un pas ; et je ressentis nettement l’impression que deux yeux e fixaient avec curiosité de la chambre voisine à travers une baie entr’ouverte.
A l’instant même surgirent du fond de ma mémoire deux yeux - deux grands yeux tout imbibés de confiance, de candeur et de tendresse juvénile - des prunelles sombres - des cils noirs et épais - un regard calme et fixe. Et soudain, une force invisible broya mon cœur sous une étreinte de fer et le fit palpiter d’une douleur intolérable.
Je rentrai à la maison, mais la douleur ne voulait pas lâcher prise. Vainement, je m’efforçais de lire, d’écrire ou de m’adonner à quelque occupation ; je ne pouvais secouer le poids qui comprimait les fibres de mon cœur.
Dans la chambre qui avoisinait notre dortoir d'enfants, pendait un squelette. La nuit, ses os cliquetaient sous le jeu de la brise. Le jour, nous nous plaisions à les entrechoquer.
Les femmes saisissent très vite les voies de l'amour. Sasi s'aperçut immédiatement que Joygopal ne s'intéressait nullement à Nilmani. Aussi prit-elle l'habitude de cacher son frère de son mieux, de le tenir à l'écart du regard froid et distant de son mari. L'enfant devint ainsi le trésor auquel elle se consacrait en secret, l'objet de son affection solitaire.
Extrait de "Charulata" de Satyajit Ray, adapté de "Nastanirh" de Rabindranath Tagore. Le personnage principal, Charu, chante "Fule Fule Dhole Dhole" de Tagore